L'Épouvante
Avant-Propos
Il est maintenant de bon ton de déclarer que la dimension spatiale – interplanétaire ! – de la Science-Fiction appartient à un passé révolu et que toute la partie de la fiction spéculative procédant de cette thématique n’est qu’un tissu d’inepties fascinantes. Toute forme de généralisation est forcément bête. Car le rejet de la dimension exotique de la S-F revient à méconnaître purement et simplement la force de la parabole. Voilà qui me semble d’autant plus fâcheux que la S-F politique, considérée dans son sérieux inébranlable, qui n’en fait qu’une succession de déclarations d’intention ou de prises de position dénuées de nuances, devient tellement répétitive et si foncièrement ennuyeuse qu’on ne saurait en faire ses lectures quotidiennes.
C’est (peut-être) pour protester contre la paupérisation de la thématique en matière de S-F française que je me suis (enfin) décidé, après un long détour dans la « militance récurrente », à entreprendre la rédaction d’un roman d’aventures exotiques. On y trouvera, et c’est arrivé consciemment et volontairement, un certain nombre d’influences (ou plutôt de références !) : La canonnière du Yang-Tsé (The Sand Pebbles) de Richard Mc Kenna, bien sûr, mais également Le Désert des Tartares de mon maître, Dino Buzzati.
Cela dit, L’Épouvante, dont la première version fut publiée dans la revue Fiction, est, je le répète, un roman d’aventures. Mais c’est également un réquisitoire contre l’armée et le colonialisme. Si je suis arrivé à démontrer que l’on peut écrire un livre politique sans parler de centrales nucléaires (et pourtant j’habite à moins de trente kilomètres de Fessenheim !) ni de polices parallèles, j’aurai gagné mon pari !
D.W.
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