L'homme rapaillé
L’octobre
L’homme de ce temps porte le visage de la flagellation et toi, Terre de Québec, Mère Courage
dans ta longue marche, tu es grosse
de nos rêves charbonneux douloureux
de l’innombrable épuisement des corps et des âmes
je suis né ton fils par en-haut là-bas
dans les vieilles montagnes râpées du nord j’ai mal et peine ô morsure de naissance
cependant qu’en mes bras ma jeunesse rougeoie
voici mes genoux que les hommes nous pardonnent nous avons laissé humilier l’intelligence des pères nous avons laissé la lumière du verbe s’avilir jusqu’à la honte et au mépris de soi dans nos frères nous n’avons pas su lier nos racines de souffrance à la douleur universelle dans chaque homme ravalé
je vais rejoindre les brûlants compagnons
dont la lutte partage et rompt le pain du sort commun dans les sables mouvants des détresses grégaires
nous te ferons, Terre de Québec
lit des résurrections
et des mille fulgurances de nos métamorphoses de nos levains où lève le futur
de nos volontés sans concessions
les hommes entendront battre ton pouls dans l’histoire c’est nous ondulant dans l’automne d’octobre c’est le bruit roux de chevreuils dans la lumière l’avenir dégagé
l’avenir engagé
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