L’Iroko

Mélissa Lavergne · Chapitre 8 sur 10

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L’Iroko

Dununba

Cette danse, exécutée à l’origine par des hommes,

était l’occasion de se disputer la suprématie

d’une classe d’âge. Très souvent, les combats

se terminaient dans le sang. Aujourd’hui,

on associe plutôt ce rythme aux grands

rassemblements ainsi qu’aux fêtes d’arrivée

et de départ d’un invité de marque.

 

Un coup dans le ventre.

C’est ce que j’ai ressenti quand je l’ai découvert. Ta boîte de courriels ouverte, un titre m’avait sauté aux yeux. « Des nouvelles de moi », qu’il était écrit. Banal, je sais. Rien pour provoquer cet intense vertige qui m’a aussitôt envahie.

N’eût été la signataire.

Léa, une amie d’enfance. Vous ne vous connaissiez pas avant nous, il n’était pas normal que vous communiquiez ainsi, de façon autonome, comme si un lien entre vous faisait sens, comme si cet échange était légitime.

Je me suis assise devant l’écran, la respiration en apnée, puis j’ai cliqué sur son nom.

Mots d’envie et d’espoir déguisés. De résilience calculée. Mots d’un récent passé d’où j’avais été évincée. La pomme, visiblement croquée.

Les mots de notre mort annoncée.

Mes entrailles serrées, retournées, puis serrées encore. C’était de loin le plus grand des vertiges, et aussi le pire.

Toi, ma page blanche, mon allié, mon roc, mes oreilles attentives, mon avenir, mon cœur, tu m’avais trahie, flouée, abandonnée.

Tu avais manipulé nos trois réalités : la tienne, la sienne, la mienne. Emmêlées dans un tricot douloureux.

Me laissant seule devant la bête. Seule pour tout affronter. Tout réparer.

Mon tambour comme unique allié.

Et si lui aussi venait à m’abandonner ?

*

La teinte grisâtre des murs sales de l’hôpital se marie parfaitement à l’ambiance déprimante de l’endroit. Seule dans le couloir de l’unique étage, un soluté planté dans une grosse veine du bras gauche, j’attends qu’un médecin me visite pour diagnostiquer le mal atroce qui me déchire l’abdomen. Momo et Ignace ayant rapidement quitté les lieux après m’y avoir déposée, je me retrouve en parfaite adéquation avec mon ressenti profond : seule, isolée. La chaleur est encore plus accablante ici que dehors, en plein soleil, aucune parcelle de vent ne se rendant jusqu’à moi. Pas de ventilateur, aucune climatisation. Rien. L’infirmière-réceptionniste m’apporte une eau embouteillée et tente de son mieux de me réconforter dans un français aussi approximatif que touchant. Des larmes silencieuses débordent sur mes joues brûlantes au contact de cette douceur inespérée, se mêlant à l’abondante sueur de mon visage. Les minutes d’une journée complète s’égrènent au ralenti avant que, tout juste au retour de la lune, le médecin arrive enfin.

Je suis prête à toute éventualité. Comme si cette journée mariant douleur et solitude m’avait fait perdre espoir en une suite heureuse. Comme si je n’allais plus jamais rentrer chez moi. Comme si j’étais perdue, le spectre de la mort me valsant sournoisement derrière les pupilles.

— Vous avez des parasites, ma chère, qu’il m’apprend d’une voix caverneuse de basse. Vous avez bu de l’eau non filtrée ?

Le souvenir déjà flou de mon passage dans la chambre d’Abou me revient à l’esprit.

— Je pense que oui… Peut-être, oui.

Je me sens soudainement ridicule. Un autre problème que j’aurais pu éviter.

— On ne vous a pas prévenue des risques ? Vous savez, votre organisme n’a pas ce qu’il faut pour digérer notre eau. On va vous garder pour la nuit, pour que votre état se stabilise, puis demain vous pourrez retourner chez vous avec quelques médicaments. Ça vous va, mademoiselle ? Oh ! allez, il faut pas pleurer comme ça ! qu’il me lance devant un torrent que je n’arrive pas à contenir. Il faut s’endurcir un peu, ou bien ? Ça va aller. Mais oui, je vous le promets. Allez, on est ensemble. Wontanara !

La voix chantante et le regard enveloppant, il me serre l’épaule de sa paluche réconfortante, puis m’adresse un clin d’œil bienveillant avant de tourner les talons pour poursuivre sa courte tournée de l’hôpital en apparence toujours désert.

*

Des pas bruyants crépitent sur le sol. Un rythme à quatre sons. Irrégulier. Comme il est bon d’entendre autre chose que le cliquetis inégal du néon. La musique s’approche de mon lit de camp étriqué. Hadja et Abou. Ils sont venus. Mes amis. Là, pour moi.

Hadja prend ma main, palpe mon front encore bouillant, sourit. Un hymne silencieux.

Abou tangue, un sourire discret illuminant son visage harmonieux. Ses yeux profonds captent la lumière de l’halogène bruyant, me rappelant la raison initiale de mon attirance pour lui. Son re gard est gracieux, mais, surtout, il est bon.

Le silence de mes amis réconciliés m’enveloppe d’une courtepointe réconfortante, me procurant une certaine légèreté. Juste assez pour m’éloigner, l’espace de quelques précieuses minutes, du pessimisme crasse qui me torturait jusqu’alors, obscur écho à mes douleurs abyssales.

Je devrai parler à Abou pour clarifier le lien qui nous unit. Je ne suis pas prête pour lui. Pas prête pour ça. Le grand bouleversement avec tout ce qu’il implique. Je suis endeuillée d’un autre. Je culpabilise de l’avoir utilisé comme une bouée émotionnelle pour ne pas sombrer, noyée dans les souvenirs encore trop récents d’une trahison dévastatrice. Je m’en veux d’avoir fait luire à ses yeux une possibilité que je ne saurai honorer.

Je me déteste de lui avoir fait miroiter la fuite canadienne sans le vouloir, résultat automatique de mon intérêt amoureux sincère mais volatil. De lui avoir laissé le temps de s’imaginer le rêve, le mieux, l’ailleurs, au bout de nos doigts abîmés.

Je m’abhorre d’incarner à ma façon une autre version de l’histoire de Peter.

Je devrai parler à Abou.

Mais pas ce soir.

Je n’en ai ni la force ni le courage.

Ni la force ni le courage.

*

La voiture est la même, toujours bleu fatigué, ses ailes toujours aussi astiquées, et la même cassette humoristique y roule en boucle, plein volume. Je n’y comprends toujours rien, mes oreilles engourdies par le bruit blanc des gars qui s’esclaffent, auquel s’ajoute celui des rires pré enregistrés. La voiture est la même, pourtant tout semble avoir changé. L’attitude d’Ignace et Momo, la ville, le climat lourd des pluies imminentes, mon regard.

Une imposante présence militaire laisse présager le pire, bien que je n’arrive pas à imaginer ce que cela puisse vraiment signifier. Des tanks caricaturaux grandeur nature – ceux-là mêmes qu’on fait danser l’un contre l’autre, enfants, en donnant vie à l’arsenal de G.I. Joe – se mêlent à l’habituelle horde de motos sur les grandes artères du quartier. Des soldats, l’air grave, do minent par dizaine les chars d’assaut, mitraillette à la main. Une arrogance les enveloppe d’une aura assassine, faisant rejaillir un souvenir de mon abrupte arrivée au pays. Ignace m’explique qu’on a limogé le premier ministre installé à la tête du gouvernement depuis les émeutes meurtrières de l’automne, et ça ne passe pas. Les militaires craignent que ce soit une tactique du président pour éviter de respecter les ententes de paix négociées alors par ledit ministre avec la population en grogne. L’insta bilité est tangible, telle ment que j’ai l’impression de pouvoir l’agripper de mes mains affaiblies.

La station, en obliquant vers la rue d’Ousmane, contourne un tank, puis s’arrête devant la maison pour me laisser sortir. Les gars, eux, restent dans la voiture et poursuivent leur route jus qu’au marché pour s’approvisionner en essence et en riz, au cas où adviendrait une grève générale. « On n’est jamais trop prévoyants », m’ont-ils dit avec un pâle résidu d’affection dans l’œil. Malgré la situation singulière, je ne perçois au cune trace de peur, de stress ou encore d’anxiété dans leurs gestes détendus. Ils se préparent au pire, un pire auquel ils sont habitués, désensibilisés par des siècles de conflits armés. Un pire normalisé, ordinaire. L’instabilité politique devenue attendue, presque courante. De l’ordre de la fatalité. Comme le sont corruption, pauvreté, coupures répétées d’eau ou d’électricité. Comme le sont aussi les plus beaux des hymnes de koras, balafons, gongomas, bolons, krins, dunduns, djembés. Constat dur, mais indéniable. Le su blime qui embrasse la misère, inextricables dans une étreinte lascive, fusionnés au point de ne plus pouvoir se séparer, se distinguer. Pôles qui vont de pair. Et moi, Blanche-blonde, fille-femme, Occidentale gâtée, je ne m’y retrouve plus. Je m’y perds. Me liquéfie dans un malaise insupportable, enfermée dans une réalité trop dure à porter pour mes frêles épaules. La musique à elle seule ne suffit plus à me mener vers cet autre inatteignable, incompréhensible et hermétique. Un fossé se creuse. Hadal.

L’ouverture à l’autre est-elle en soi suffisante pour réussir à bien le comprendre ?

Sans même un regard pour Rima, je monte me terrer dans ma chambre. Dormir. Protégée de la ville et de ses images de guerre.

J’avale une pilule pour me débarrasser des parasites qui me torturent encore les boyaux et, les yeux fermés, je fais la liste alphabétique des gens que j’ai hâte de retrouver chez moi, en commençant par la lettre B…

*

À bord d’un tap-tap déjà plein à craquer, Aïcha et Abou m’emmènent tout près de l’aéroport, au lieu d’un sabar organisé plus tôt aujourd’hui en réaction à la grogne militaire. Une intense frénésie se ressent à travers la ville entière. On sent qu’à n’importe quel moment tout pourrait éclater. La menace d’une insurrection de l’armée gronde fort, donnant finalement raison aux avertissements du gouvernement canadien, que ma mère m’a relayés sans relâche. Mais, jusqu’à demain, tout n’est encore qu’à imaginer puisque les soldats ont laissé au président vingt-quatre heures pour répondre à leurs doléances. J’essaie au mieux de saisir les enjeux politiques avec tout ce qu’ils peuvent avoir de nuances, mais ma compréhension des choses demeure sommaire, incapable que je suis de départager les nombreuses sphères décisionnelles du gouvernement : armée, police, équipe présidentielle, ministres… Une chose, par contre, m’apparaît évidente : l’armée n’en peut plus de la corruption du système en place ni des conditions miséreuses de la population. Un éclatement est très plausible, et, s’il advient, je ne pourrai rien pour m’en soustraire. Comme la centaine de morts et de blessés n’ont rien pu faire l’an dernier quand les émeutes populaires ont éclaté partout au pays.

Si les soldats omniprésents ne représentent encore qu’un mirage de violence, une graine d’effroi naît en moi, faisant grandir mon sentiment de solitude déjà envahissant. Personne d’autre ne semble céder à la peur. Parce que, comme on me le dit avec aplomb, « le changement ne peut guère s’acquérir par l’inaction ». L’ombre d’un soulèvement se dessine donc à l’horizon, mais avant de le laisser marquer nos vies, une soirée où tout est permis se prépare pour la jeunesse de Conakry, assoiffée de légèreté et pressée, comme moi, de s’engourdir dans la musique.

*

Les haut-parleurs crachent les aigus d’une distorsion de guitare électrique mêlée à un feed-back lancinant. L’ampli, dans un crépitement irrégulier, se joint au préconcert en renvoyant les vieux sons d’un clavier Yamaha édenté. De mon sourire immense, je remercie mes alliés de m’avoir traînée avec eux malgré ma douleur, ma fatigue et mes craintes grandissantes. Je suis ici chez moi, au centre d’une ludique guerre de décibels, le piaillement des musiciens rivalisant avec les saccades de rire nasillard des danseuses.

Un cercle de chaises se dessine sur la terre rougeâtre, laissant présager qu’il y aura bientôt en son centre une piste de danse. Aucun homme occupé à faire disparaître la poussière cette fois- ci ; nous sortirons encrassés de cette soirée, mais étourdis et heureux. Pendant que les jeunes affluent en grappes bondissantes, fringués à l’américaine – à des lieux des traditionnels boubous que j’ai jusque-là côtoyés dans les cérémonies –, les batteurs préparent consciencieusement leur attirail. À l’aide de demi-briques de béton trouvées çà et là, on cogne les cerceaux de fer des djembés qui maintiennent en place les peaux de chèvre, d’antilope, de vache ou encore de cheval, pour les tirer au possible, leur conférant ainsi la note la plus acérée, promesse d’une projection sonore optimale. Et quand aucun fragment de béton n’est disponible, c’est directement sur le sol qu’on frappe les anneaux métalliques. Les dunduns subissent le même traitement, à l’exception du dunumba, le plus gros des trois, sur lequel on projette plutôt des giclées d’eau tiède, question d’en abaisser la note médiane.

Quand les joueurs m’aperçoivent, tous m’apostrophent pour obtenir cette fameuse « colle » rapportée du froid ; une bande de tissu rugueux qu’on enroule autour des phalanges pour en protéger la pulpe. Envahie d’un enthousiasme qui m’avait dernièrement échappé, je dévale la butte, abandonnant les gradins pour l’arène. Enfin.

— Tiens, Madou, prends le rouleau au complet, cadeau !

— Vraiment ? Merci Martine ! Inou wali !

— Abou, ta copine va pas seulement regarder, ou bien ? Tu vas la faire jouer, j’espère !

Les garçons se toisent et éclatent d’un rire plus rassembleur que macho. Diaka, l’épouse du guitariste, me tend une chaise, accompagnant son geste d’une poignée de main bien sonore.

— Bonne arrivée, qu’elle me dit gentiment.

Je ne la connais pas bien, mais me vient à son contact une bouffée de tendresse, son attitude accueillante et amicale réussissant par sa simplicité à me gonfler le cœur.

Les sièges alignés et le kit de son rafistolé, les danseurs trépignent et les musiciens, impatients de lancer les festivités, mitraillent leurs instruments. Les yeux écarquillés, je tente, ébahie, de capturer d’une empreinte mentale ce moment de grâce.

Pripatapa pata, pripatapa pata ! Gongon gongon ! Gongongongon !

Le soliste ouvre le bal avec une version dé chaînée du rythme Yamama, plus rapide que je ne l’ai encore jamais entendu. Si la tradition musicale sert de matériau à une jeunesse avide de changement, elle est en ce lieu propulsée vers l’avant, ses codes déviés, sublimés. C’est la version 2.0 de tout ce que j’étudie depuis plus d’un mois déjà. Les échos kitsch du clavier mènent une franche bataille à la pureté immémoriale du balafon chromatique ; le bolon se fait enterrer par une basse électrique caverneuse, et le fuzz constant de la guitare électrique invite quiconque voudrait ajouter une kora à l’ensemble à y réfléchir par deux fois. Les tambours concou rent de vitesse, les tempi poussés à l’extrême par l’engouement féroce des danseurs devenus acrobates. Des porte-voix stridents appellent sporadiquement au calme pour que la soirée ne dégénère pas trop. Engourdie par cette orgie de sons, je flotte sur ma chaise pliante et prie pour qu’on ne me désigne pas comme éventuelle soliste, mes bras s’éreintant sur une partition trop avancée. Si je suis reconnaissante à l’extrême de partager ce moment précieux avec les meilleurs batteurs du quartier, je ne me sens pas à la hauteur de leur calibre olympique. Assommée autant par les tentacules de mon insécurité souterraine que par la vitesse de frappe inusitée de mes compagnons, je m’avoue rythmiquement vaincue. J’arrête de me battre contre moi-même et je cesse enfin d’essayer de prouver ma valeur, chose qu’aucun exploit musical ne pourrait au fond m’accorder. Résiliente, je laisse la place à un autre et m’éloigne de l’action, mais, au même moment, Salif arrive dans le cercle et m’ordonne de retourner taper. L’adolescent qui s’était installé à ma place se lève brusquement et me rend mon siège, frustré. Salif plante ses yeux dans les miens, son sourire comme maison, ses encouragements comme validation, et ses appels de tambour comme autant de promesses de guérison. De lui transpire la bonté pure d’un peuple duquel je n’aurai jamais été à la fois si proche et si loin ; sa grandeur d’âme réussissant à chasser toutes mes craintes de guerre civile l’espace d’un bref moment.

Réintégrée dans le groupe grâce au bpm modéré du rythme qu’a instigué le karamökhö ultime, je parviens à m’engourdir dans le tapage libérateur des peaux. Une ampoule géante se déchire sur ma paume, volant la vedette à mes crampes abdominales. Plaie béante à vif, sensation de tisons brûlants à chacune de mes frappes. Les larmes aux yeux d’une douleur répétée, je quitte cette fois pour de bon le cercle des batteurs, adoptant finalement le rôle d’une spectatrice passive.

— Hé ! Abou, Mme Traoré est partie, tu devrais peut-être t’en occuper si tu veux pas qu’un autre s’en charge à ta place, dê !

Piqué par la remarque moqueuse de Madou, Abou fait rouler son instrument sur le sol et quitte lui aussi la transe énergique. Le baiser public dont il m’affuble et les cris de joie naïfs que celui-ci entraîne provoquent en moi un malaise que je n’ai plus le choix d’aborder avec lui. Sa main dans la mienne, je l’éloigne du groupe pour affronter sans doute la plus tétanisante de mes peurs : celle de décevoir.

La gentillesse avec laquelle Abou accueille mon rejet m’impressionne. Comme s’il était dénué d’orgueil, d’ego.

— Je comprends, Martine, t’es pas prête. Je respecte ta décision et je t’apprécie pas moins pour autant, qu’il me répond quand je lui explique que j’ai le cœur brisé d’un autre.

Que j’ai cru trop tôt réussir à m’abandonner. À lui. Que je n’en suis pas capable.

Son indulgence, devant mon incapacité à marier ce rêve d’amour à ma réalité d’échaudée, m’enrobe d’un voile d’affection plus grand encore que la bluette qui s’était jusque-là dessinée entre nous. Comme si un lien filial venait de se créer. Là. Autour d’une rupture. Notre lien privilégié ne m’était pas arraché par mon désamour, il changeait simplement de nature. Comme les rythmes des anciens qui s’accéléraient sous les doigts d’une jeunesse affamée. Le fond demeurait, seul l’emballage se modifiait. Abou me respectait et ne remettait pas en question mon état, mon désir d’amitié, mon malaise romantique. C’était doux, c’était bon, c’était pour moi complètement nouveau. Je pouvais dire non sans être ensuite éclipsée, maltraitée, punie. Ainsi, il était possible de ne pas tout perdre d’un refus.

Une guerre civile éclaterait peut-être de main à Conakry, mais, ce soir, l’une des miennes s’était tue.

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