Macky Sall face

CHEIKH YERIM SECK · Chapitre 15 sur 20

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Macky Sall face

Conclusion

 

 

Dans la longue trajectoire de l’Histoire, il arrive que le destin d’un homme épouse et se confonde avec celui d’une nation. Mais pour une durée limitée dans le temps, car l’homme passe et la nation demeure. Au cours de la deuxième décennie du 21 e siècle et d’une poignée d’années qui ont suivi, les historiens retiendront que le gouvernail du paquebot Sénégal, déformation à travers les siècles de Sunugal (qui veut dire « notre pirogue » en wolof, la langue la plus parlée du pays), était entre les mains d’un capitaine dont l’histoire familiale et personnelle le disposait peu à la station la plus élevée.

Mais, Dieu, ayant décrété son arrivée au pouvoir, un alignement des planètes extraordinairement favorable l’a propulsé à la tête du Sénégal, le 3 avril 2012. À 51 ans. Il est le premier président de notre République né après l’indépendance, donc éclos, formé et élu par un État débarrassé des chaînes de la colonisation. Le symbole est suffisamment fort pour être relevé. Macky Sall s’est retrouvé devant le défi de faire son histoire, de faire l’histoire du Sénégal sous sa direction, de faire sa partition de l’Histoire… Sur le flanc sud du pays où sévissait une rébellion armée depuis 1982, il a réussi la prouesse de faire taire les armes et de réduire un irrédentisme quarantenaire à une simple nuisance sécuritaire en extinction. Macky Sall est le fils d’Amadou Abdoul Boubou Sall qui quitta sa région d’origine en 1946, fidèle à la tradition de transhumance de ses ancêtres éleveurs. C’est donc dans l’ADN du président du Sénégal de déborder des frontières de son pays. Voilà

CHEIKH YÉRIM SECK

 

sans doute pourquoi il a, de main de maître, sans verser une seule goutte de sang, orchestré la transmission du pouvoir en Gambie, après la contestation par Yahya Jammeh de sa défaite à la présidentielle de décembre 2016. Après avoir installé le vainqueur, Adama Barrow, dans son fauteuil, à la faveur d’une diplomatie muette mais dissuasive, il a jeté un pont sur le fleuve, gravant dans le béton armé et le fer la jonction irréversible des peuples sénégalais et gambien, reliant pour toujours la Casamance au reste du Sénégal, assurant pour longtemps la continuité territoriale de notre pays…

En Guinée-Bissau comme au Liberia, son action discrète mais efficace a contribué au dénouement de processus démocratiques apaisés, remportés par des amis du Sénégal. L’arrivée au Palais de Bissau de son poulain Umaro Sissoco Embalo a permis de priver définitivement la rébellion casamançaise de « profondeur stratégique ».

Élu président en exercice de l’Union africaine par ses pairs, il a inscrit son action dans un agenda de restauration de la paix dans les nombreux foyers de tension en Afrique, du Mali au Tchad, de la Libye au Soudan… Son attachement à la paix dans le monde découle de son histoire personnelle. Macky Sall n’est pas né dominateur ni oppresseur. Sa mère, Coumba Diawly Hassan Thimbo, a épuisé ses forces dans la vente de cacahuètes pour épauler un époux aux revenus modestes. Éclore dans un environ-nement aussi défavorisé aiguise le sens de la solidarité, mais aussi l’aversion face à l’injustice, surtout sociale. Le disque dur de Macky Sall est formaté par l’impératif de justice sociale. Son logiciel mental a un mode de fonctionnement que révèlent les instruments de sa gouvernance comme la Couverture maladie universelle, la Bourse de solidarité familiale, le Programme d’urgence de développement communautaire (PUDC), le Pro-gramme de modernisation des villes du Sénégal (Promovilles)…

Dans Le Sénégal au cœur, son livre à relent autobiographique paru début 2019, il se définit comme « un Sénégalais de

 

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