Macky Sall face
Conclusion
synthèse ». Né de parents toucouleurs, il a grandi à Fatick, au cœur du Sine, le pays sérère sénégalais, s’est marié à une femme sérère de culture wolof, et parle couramment trois langues locales du Sénégal (le pulaar, le wolof et le sérère). Il s’est voulu l’un de ces nouveaux leaders d’une Afrique ambitieuse, conquérante, résolue à tourner la page de l’instabilité et de la médiocrité. Dans le continent africain comme au sein des sommets du G8, auxquels il est un invité régulier, il a porté, dans son style peul réservé, une parole discrète mais volontariste.
Macky Amadou Abdoul Boubou Sall, descendant des Sebbés Kolyaabés, une dynastie de guerriers courageux, a fait face à l’adversité pour triompher du pouvoir d’Abdoulaye Wade. Arrivé à la tête de ce petit pays prestigieux de 15 millions d’habitants, niché sur la façade atlantique de l’Afrique, reconnu pour sa vitalité démocratique, sa stabilité sociale et sa diplomatie volontariste, il a essayé d’amplifier les acquis.
Les fruits n’ont toutefois pas tenu toutes les promesses des fleurs. Il a fait ce qu’il a pu sur les fronts de la gestion économique, de l’action sociale, de la construction des infrastructures, de la sécurité territoriale, des relations extérieures… Mais il ne lègue pas à son successeur un pays émergent, doté d’une autonomie énergétique et alimentaire, industrialisé, modernisé, débarrassé de la pauvreté et de la dépendance économique et géopolitique de l’Étranger. En dépit de sa volonté de changer les choses, il ne restera pas dans l’Histoire comme étant le leader qui a sorti le Sénégal du sous-développement et l’a inscrit dans la modernité sociologique et politique. Son pedigree trop politicien, son obsession de conserver le pouvoir, son manque d’audace dans le choix des hommes et des femmes, son incapacité à mettre fin au clientélisme et à la corruption… ont enlisé son action à la tête de l’État qui risque, en l’espace d’une génération, de se perdre dans les dédales du temps.
Il lui reste la lourde responsabilité de quitter le pouvoir dans le respect de la règle d’alternance instaurée par la Constitution,
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CHEIKH YÉRIM SECK
d’organiser une élection transparente qui consolide la réputation démocratique du Sénégal, de transmettre pacifiquement le pouvoir à son successeur dans des conditions qui permettant une saine continuité de l’État…
Il reviendra à son successeur d’introduire le Sénégal dans l’ère pétrolière et gazière, d’intensifier le financement du développement, d’apporter la prospérité aux Sénégalais dans un Sénégal sécurisé… Si le pays a un présent douloureux, il a en effet un avenir prometteur. Le futur du Sénégal doit se construire à travers quatre axes stratégiques : l’ancrage définitif dans la démocratie et la bonne gouvernance, l’exploitation optimale du pétrole et du gaz, la transformation numérique et digitale, la prise en compte des couches vulnérables dans la répartition des richesses.
L’ancrage dans la démocratie n’a aucune utilité s’il signifie la pérennisation du modèle actuel qui voit des oligarchies partisanes s’affronter et se succéder les unes aux autres. Celle qui l’emporte se préoccupe quasi-exclusivement de distribuer des positions à ses membres, de remplir leurs poches, de régler leurs comptes aux dirigeants des oligarchies qui cherchent à la supplanter… Cette démocratie sous-développée, qui promeut tout sauf l’intérêt général et l’État de droit, doit cesser. Il faut une démocratie de développement fondée sur un dispositif institutionnel par lequel, comme dit Montesquieu, « le pouvoir arrête le pouvoir ».
Pour ce faire, il faut une Assemblée nationale forte, débarrassée de députaillons qui ne devaient pas y être et qui y sont par la volonté du chef de leur parti ou coalition politique auquel ils obéissent au doigt et à l’œil. Comme pour l’élection du président de la République, les députés doivent remplir ces conditions d’éligibilité : être titulaire d’un diplôme universitaire de niveau bac+2 au moins, être chef d’une entreprise viable ou fonctionnaire de la hiérarchie B a minima, avoir subi une formation d’au moins six mois en légistique, en procédure législative, en introduction au droit, dans un Institut parlementaire créé au sein de l’Assemblée
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