Marécages (Les)
Chapitre 21
Papa tint parole. Personne ne le vit plus jamais boire un seul verre d'alcool. Il retourna travailler dans nos champs et au salon de coiffure. Et, en peu de temps, son âme recommença à habiter notre maison.
Ce jour-là, après nous avoir fait cette promesse à Tom et à moi, il chauffa de l'eau et fila prendre un bain dans le tub numéro dix, sur la véranda de derrière.
On patienta dans la cuisine. On avait l'impression d'attendre que Lazare se relève d'entre les morts – et je suppose que c'était un peu ça, dans un sens. Parce que lorsque la porte s'ouvrit et qu'il entra dans la pièce, c'était comme s'il venait de ressusciter.
Il se tenait droit. Son visage était rasé de près. Il avait la peau rose. Ses cheveux étaient lissés en arrière, il portait des vêtements propres et tenait à la main son meilleur chapeau jaune.
Il prit maman dans ses bras et l'embrassa longuement sur la bouche. Nos parents avaient toujours été câlins entre eux, mais ils évitaient de faire ça devant nous, et on n'était pas habitués à ce genre de manifestations.
Quand ils se séparèrent, ils souriaient. Papa mit son chapeau, me regarda et annonça :
— Harry, j'ai besoin que tu m'accompagnes.
— Je viens avec vous ! s'exclama Tom.
— Non, chérie. Seulement Harry. C'est presque un homme, maintenant, et j'ai besoin de lui.
Je ne peux pas vous dire ce que signifia pour moi cette déclaration.
Je montai donc avec lui dans la voiture et on se rendit chez Mme Canerton.
La porte de sa maison n'était pas fermée à clé, mais ce n'était pas aussi étrange que ça à l'époque. On ne verrouillait pas tout comme aujourd'hui. C'était inutile.
Papa fouilla les différentes pièces. Je restai dans le salon en examinant les livres sur les étagères et en repensant à l'enthousiasme littéraire de Mme Canerton. J'en retrouvai un certain nombre que j'avais lus. Aussitôt, je me sentis encore plus triste.
Quand papa revint, il secoua la tête.
— Aucune trace de lutte nulle part. Elle est sortie de son plein gré. Ce type l'a peut-être attrapée alors qu'elle était quelque part à l'extérieur, ou peut-être qu'elle le connaissait et qu'elle a accepté de l'accompagner. Et si c'est le cas, ça fait beaucoup de suspects dans cette ville, vu qu'elle connaissait tout le monde.
On se rendit dans la cour de derrière où elle garait son automobile. Elle n'était pas là.
— Eh bien, voilà déjà quelque chose, murmura papa. Ça signifie qu'elle l'a prise. Soit elle a fait monter ce type en chemin, soit il était avec elle quand ils sont partis d'ici.
— Cecil pourrait savoir, dis-je. Il la fréquentait un peu.
— J'étais en train de penser la même chose.
On a donc fait un saut au salon. Aucun client. Cecil, assis dans le fauteuil de coiffeur de papa, lisait un magazine policier.
Il parut surpris de voir mon père propre comme un sou neuf et habillé correctement.
— Et si tu me coupais les cheveux, Cecil ? lui demanda-t-il en ôtant son chapeau.
Cecil descendit du fauteuil et jeta le magazine sur la table avec les autres.
— Avec plaisir. T'as bonne mine, Jacob.
Papa s'installa. Cecil lui plaça un drap sur les épaules et se mit au travail.
— Tu es au courant, pour Louise ? dit papa.
— Eh bien, on ne peut pas vraiment dire qu'on se voit beaucoup, en ce moment, elle et moi. Qu'est-ce qu'il lui arrive ?
— Elle est morte, Cecil.
Les ciseaux s'immobilisèrent. Cecil fit le tour du fauteuil, se posta devant mon père et le dévisagea.
— C'est pas vrai ! Papa secoua la tête.
— J'en ai peur. J'aurais préféré ne pas t'annoncer ça aussi brutalement, mais comment faire autrement ? On a trouvé son corps dans la rivière. Ce maniaque l'a eue.
— C'était pas Mose ! souffla Cecil. Tu avais bien dit que c'était pas Mose !
Cecil traversa la pièce et se laissa tomber sur une des chaises des clients ; il fit cliqueter plusieurs fois ses ciseaux d'un air absent.
— Je pensais qu'elle et moi, on aurait pu se marier, tu sais. Mais ça n'a pas marché. Elle ne voulait pas s'engager. Elle a arrêté de me voir. Je pense encore à elle. Je crois que j'étais amoureux. Bon Dieu. Comment est-ce possible ? Ce n'était pas une de ces prostituées qui traînent par là-bas !
— Je me disais que tu aurais peut-être entendu parler de quelqu'un d'un peu bizarre qui lui aurait tourné autour ? Que tu soupçonnais un truc pas clair ?
— Non. Jacob, ça t'embête si je ne te coupe pas les cheveux tout de suite ? Je ne me sens pas très bien.
Papa hocha la tête.
— Pas de problème, Cecil. J'ai des choses à faire. J'avais juste pensé que tu me renseignerais tout en me coiffant. Je suis sorti du trou. Je viendrai bosser plus régulièrement. Je sais que ça diminuera un peu tes gains, mais je voulais que tu le saches.
— Je suis content pour toi, assura Cecil, en faisant claquer ses ciseaux. Seigneur. Louise.
— Repose-toi un moment, conseilla papa, en ôtant le drap et en se levant. C'est pas la ruée aujourd'hui. Si tu ne te sens pas assez en forme, rentre chez toi.
— Ça ira, Jacob. Je vais juste rester assis un instant…
Mon père remit son chapeau.
— D'accord, mon vieux.
Une fois à la voiture, papa me dit :
— Retourne là-bas chercher une bouteille de lotion capillaire à la noix de coco, tu veux bien, fils ? Puisque je vais me récurer de nouveau, autant sentir bon.
J'obéis. À mon arrivée, Cecil s'était réinstallé dans le fauteuil avec son magazine.
Il l'abaissa quand j'entrai.
— C'est affreux, non ? murmura-t-il.
— Papa veut de la lotion.
— Sûr. Sa préférée, c'est celle à la noix de coco. Elle est au bout de l'étagère, là-bas.
Je pris la bouteille, le saluai, puis je le quittai. J'éprouvais un chagrin terrible pour Mme Canerton, mais j'étais content aussi que mon père aille mieux. Et j'appréciais l'idée qu'il sente bon pour maman.
On a filé chez M. Sumption. Quand on se gara dans sa cour, il sortit de la maison et il s'approcha de la voiture. Papa en descendit et resta à côté.
M. Sumption demanda :
— Tu ne l'as pas tué ?
— Non, répondit Papa. Mais ça n'a pas été faute d'essayer.
— Je ne connais pas de pire salopard que Nation. Faire ce qu'il a fait à ce vieux Noir, et en être fier ! Difficile de comprendre un type comme ça.
— Et on perdra pas notre temps à ça… Je te prie de m'excuser de t'avoir abandonné là-bas.
— J'ai pas eu à marcher très longtemps, Jacob.
— On veut étudier les lieux, Clem. Ça ne te gêne pas, n'est-ce pas ?
— Pas du tout.
M. Sumption crut sans doute qu'il allait nous accompagner, mais papa, sans le lui dire vraiment, lui fit comprendre qu'il voulait être seul avec moi.
Pendant qu'on descendait vers leurs W.C. et la rivière, papa expliqua :
— On l'a lavée, Harry, et c'était probablement une erreur de ma part. Dans le cas contraire, on en aurait sans doute appris davantage en examinant le corps. Si j'avais un peu plus d'éducation, j'y aurais pensé. À ce moment-là, la seule chose qui m'est venue à l'esprit, c'était cette femme si gentille couverte de cette crasse… Déshabillée. Tailladée. Jetée là comme des ordures…
On dégringola sur la rive et on s'arrêta près des excréments. L'odeur était monstrueuse. Les mouches, dérangées, s'élevèrent en un nuage bleu-noir. L'eau avait baissé, mais elle était encore brune et toujours très rapide.
— C'est drôle que toutes ces bonnes choses qu'on mange soient si infectes quand elles ressortent, ajouta papa.
— Il l'a cachée ici, papa ?
— Je ne crois pas. À mon avis, elle a juste dérivé jusque-là. Elle n'était pas morte depuis si longtemps. Quelques jours.
— À peu près au même moment où Miss Maggie a été assassinée ?
— Ça se pourrait.
— Cette nuit-là, je suis allé chez Mme Canerton. Je voulais lui rendre un livre. Elle était absente. Tu crois que c'était déjà fini pour elle ?
— C'est possible, Harry. À voir l'état de la rivière, elle peut y avoir été balancée il y a déjà un moment, et puis cette crue l'a charriée jusqu'ici. Je doute que son assassin ait traversé la propriété de Clem pour abandonner le cadavre ici… C'est possible, bien sûr, mais ça me semble un risque inutile. Jusqu'ici, il les a planquées dans les marais.
— Tu sais ce que je pense ? dis-je.
— Que les meurtres de Miss Maggie et Mme Canerton sont très proches dans le temps. Et tu as vu la voiture de Red, que nous avons retrouvée, mais pas lui. Tu penses que ce pourrait être lui, le coupable. C'est ça ?
— Oui, monsieur.
Papa sortit sa pipe de la poche de sa chemise, la bourra légèrement et l'alluma.
— Je suppose que Red aurait pu tuer sa mère parce qu'elle lui a appris une vérité qu'il n'a pas appréciée, mais ça ne signifie pas qu'il s'en soit pris à Louise. N'empêche que c'est une sacrée coïncidence, n'est-ce pas ?
— Red a peut-être laissé sa voiture là-bas, avant de descendre la rivière en barque, papa.
Il hocha la tête, tira quelques goulées de sa pipe, puis la tapota contre sa semelle pour la vider.
— En effet. Le problème, c'est que je n'arrive pas à imaginer Red en train de faire ça… Je le connais depuis toujours. C'est déjà assez difficile de penser qu'il a peut-être tué Miss Maggie… Seigneur, j'ai même du mal à croire qu'il était noir ! Avec son physique ?
— C'est pourtant ce que nous a confié doc Tinn.
Papa rangea sa pipe dans sa poche et contempla la rivière.
— Doc Tinn ne semble pas spécialement porté sur les commérages. Et c'est vrai que les choses collent plus ou moins, quand on y réfléchit. Et si on se souvient des sentiments de Red pour les Noirs, je le vois bien perdre la boule en découvrant qu'il en est un lui-même. En fait, il a très bien pu le découvrir beaucoup plus tôt et se mettre dans une telle rage qu'il s'est attaqué à ces femmes de couleur…
— Y'avait une Blanche parmi les victimes, lui rappelai-je.
— Vrai. Mais c'est ça qui a peut-être servi de déclencheur.
Je lui rapportai les explications de doc Tinn sur ce genre de tueurs et les idées qu'il avait là-dessus, le fétichisme et tout ça…
Papa écouta attentivement puis il ramassa une pierre et la jeta dans le courant.
— Et si on suivait un peu la rivière tous les deux ? proposa-t-il alors.
On remonta donc sur la berge et on prit le sentier qui courait le long de la Sabine. Il était étroit et il fallait se frayer un passage entre les branches et les broussailles qui l'encombraient. Les arbres étaient serrés et sombres, et ils étaient encore gorgés de toute l'eau du récent déluge ; ils dégoulinaient et on avait l'impression de traverser des nuages.
Je regardais mon père du coin de l'œil. Les gouttes avaient trempé son chapeau jaune et sa chemise. Il me paraissait grand, de nouveau, comme s'il avait poussé de dix bons centimètres en un rien de temps…
On avait du mal à distinguer la rivière, mais on l'entendait gronder comme un lion satisfait, à quelques pas, au-delà d'un mur épais de végétation. Au milieu des parfums sucrés des pins, elle dégageait une odeur de poissons en décomposition, de terre mouillée, et d'autres choses inconnues.
— On cherche quoi, papa ?
— Aucune idée, fiston.
On marcha une heure ou deux à travers les arbres et les broussailles et on examina l'eau quand on pouvait, pour essayer de trouver je ne savais quoi.
— Doc Tinn m'a expliqué un truc l'autre fois, dans la glacière, dit papa. Quand un corps est roulé par la rivière, il est tout égratigné sur le ventre, parce que c'est dans cette position que le courant l'entraîne. Louise n'avait pas ce genre de marques. Juste les coups de couteau de ce dingue. Devant la maison de Clem et sur environ trois kilomètres en amont, il n'y a que du sable. Bien sûr, avec toute cette pluie, l'eau a dû charrier pas mal de pierres et de graviers, mais vu l'état du cadavre, je pense qu'on l'a jetée à la flotte en amont de cette zone sablonneuse. Il n'y a qu'un autre endroit avec des fonds sableux, et il est à des kilomètres, et entre là-bas et ici, il n'y a que des rochers et des graviers…
— Je ne comprends rien à ce que tu racontes.
— Réfléchis ! On l'a forcément mise à l'eau quelque part à la hauteur du fond sablonneux. Sinon, avec la force du courant, elle aurait eu des marques de gravier sur le corps.
— C'est sûr ?
— Hélas, non, mais c'est logique.
— Et le sable est ici ?
— Ouaip. Je parie qu'elle était par là. Autre chose, il n'y a que deux ou trois bons endroits où le tueur a pu s'en débarrasser. Le reste de la berge est presque impraticable avec tous ces arbres et ces enchevêtrements de broussailles. Un type assez décidé aurait pu passer n'importe où, bien sûr, en se battant avec la végétation. Mais si, comme je le soupçonne, ce monstre connaît bien les lieux, je me dis qu'il a préféré un de ces coins faciles d'accès.
Le soleil avait du mal à pénétrer dans l'épaisseur de la forêt et, tandis que la journée avançait, il faisait de plus en plus sombre autour de nous. Là où les branches n'étaient pas inextricablement entremêlées et où les cimes des arbres s'ouvraient, la lumière dégoulinait en grosses gouttes d'un rouge doré comme des morceaux de pommes trempés dans du miel.
Le sentier finit par s'élargir et on pénétra sur une large bande de terrain dégagé qui descendait jusqu'à une espèce de petite plage de sable.
— D'habitude, l'eau est si claire ici qu'on peut voir le fond, dit mon père.
Mais pas aujourd'hui. La Sabine était marron et elle moussait, entraînant à toute allure des branches d'arbre et des bouts d'écorce.
— Qu'est-ce qu'il y aurait à voir, de toute façon ? grognai-je.
Papa sourit.
— Je n'en sais rien. Mais j'ai comme dans l'idée que l'assassin s'est débarrassé aussi de la voiture de Mme Canerton. Il a déjà pris un gros risque en se montrant avec elle dans cette automobile, que ce soit lui ou elle qui conduise. Mais après l'avoir tuée, il a été obligé d'abandonner son véhicule. Je ne serais pas surpris qu'il l'ait fait dans un de ces endroits dont je te parle. On n'a aucun mal à descendre en bagnole jusqu'à la rive par ce large sentier. Et il n'y a que deux ou trois autres portions de berge où c'est possible.
— Mais comment est-il rentré chez lui, ensuite ? demandai-je.
— Je n'en sais encore rien, fiston. Mais pour moi, c'est quelqu'un qui planifie tout. Dans le passé, il n'a jamais pris la voiture de ses victimes. Le fait est que ces pauvres filles n'en avaient pas. Cette fois, il semble qu'il l'ait fait. Donc, il descend ici, il tue Louise, il la balance à l'eau, ligotée comme il aime ; mais la voiture l'encombre, alors il la fait rouler dans la rivière, ou il la laisse simplement quelque part.
— Comme l'auto de Red.
— Exact. Je vais te dire, mon garçon. En renonçant à la bouteille, j'ai l'impression d'être capable de recommencer à penser. Tu ne me détestes pas, hein ?
— Non, monsieur. Pas même un petit peu.
— Alors tout va bien.
On reprit le sentier étroit qui longeait la Sabine et, peu après, on arriva à une autre petite plage. Elle ressemblait assez à la précédente mais, ici, on voyait, sous l'eau, des broussailles écrasées. Le soleil faisait étinceler comme des diamants polis le sable qu'elles emprisonnaient.
Et plus loin, il y avait le toit d'une voiture. C'était, bien entendu, celle de Mme Canerton.
— Tu avais raison, papa.
— Ouais, dit-il. Voilà probablement ma première véritable réussite dans le métier de détective.
Le lendemain, papa se fit aider par quelques hommes pour sortir l'automobile de l'eau. À l'intérieur, ils trouvèrent deux livres détrempés, La Machine à explorer le temps et Croc-blanc. Ainsi qu'une flasque métallique contenant un fond de whisky et un flacon de pilules contre la migraine, prescrites par doc Stephenson à en croire l'étiquette.
Pour papa, Mme Canerton avait décidé de passer chez nous m'apporter deux nouveaux bouquins. Celui qui l'avait tuée l'avait suivie dans sa propre voiture, puis il l'avait abordée par la ruse ou lui avait fait une queue de poisson… Ou alors, c'était quelqu'un qu'elle connaissait. Pour qui elle se serait arrêtée sans problème.
Ensuite, ce type l'avait tuée et ligotée, puis il s'était débarrassé d'elle et de son véhicule. Sa bagnole à lui était probablement à proximité, et il lui avait été assez facile de la récupérer pour rentrer chez lui…
Ça paraissait logique et ça me rendait malade.
Si Mme Canerton venait me voir ce jour-là, alors je me sentais en partie responsable de sa mort. J'avais l'impression que le ciel me tombait dessus. Quelques mois auparavant, j'étais un enfant heureux et sans souci. Je ne savais même pas que c'était la Grande Dépression, et encore moins qu'il existait des meurtriers en dehors des magazines que je lisais dans notre salon de coiffure – et aucun de ces personnages imaginaires ne commettaient les horreurs du Tueur des Marécages. Et papa avait beau être un type super, sincère et loyal – malgré un bref moment d'égarement – il n'avait rien d'un Doc Savage.
Dans les histoires policières, les flics et les détectives privés voyaient un indice ou deux et ils reconstituaient le puzzle. Ils résolvaient une affaire sans rien laisser dans l'ombre. Dans la vie réelle, au contraire, les indices abondaient, mais au lieu de permettre de solutionner un mystère, ils compliquaient tout.
Le résultat, c'était qu'on n'en savait beaucoup plus aujourd'hui que le soir où j'avais trouvé cette pauvre femme attachée à un arbre avec du barbelé.
Entre-temps, j'avais appris que les personnes que je connaissais – ou croyais connaître – avaient des problèmes et des vies particulières. Mes parents avaient un passé. J'avais vu mon père plonger, et je soupçonnais qu'à un certain moment de son existence, maman avait dérapé, elle aussi – un épisode célébré sans doute par un tatouage sur l'avant-bras de Red Woodrow, qui avait disparu.
J'avais découvert que papa était « irascible » et que M. Nation pouvait supplier et pleurer, et que ses fils couraient vite.
Miss Maggie était la mère de Red et Red était peut-être un assassin. Mais l'avait-il tuée ainsi que Mme Canerton par la même occasion ? Et si oui, pourquoi ? Et où était-il maintenant ?
Des gens que je croisais régulièrement s'étaient révélés étranges et féroces. Ils avaient pendu Mose et nous avaient roués de coups, mon père et moi.
Oh, oui, à cette époque, je n'aurais pas été surpris de découvrir qu'on avait moyen d'atteindre la lune en grimpant au sommet de l'arbre le plus haut et qu'avec une bonne paire de ciseaux, on pouvait la couper en deux !
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