Notre plus doux secret
Lorsque Jonas arriva au stade de Fredericton…
13.
Lorsque Jonas arriva au stade de Fredericton le soir même, le soleil agonisait à l’horizon dans un flamboiement de pourpre, d’indigo et de safran.
« Dieu, qu’elle est jolie ! » s’extasia-t-il en levant la tête vers les gradins, où se tenait Shannyn.
Assise à l’écart des autres spectateurs, elle regardait Emma dribbler et applaudissait à tout rompre chaque fois que la fillette ou l’une de ses coéquipières marquait un but.
Le cœur étreint d’une intense émotion, Jonas gravit les quelques marches qui menaient à la tribune d’honneur et s’immobilisa à moins d’un mètre de la jeune femme.
— Ah ! tu… tu es enfin de retour, balbutia-t-elle avant de sauter sur ses pieds et d’enfouir nerveusement ses doigts dans les poches de son cardigan. Je ne savais pas que tu allais rentrer à Fredericton aujourd’hui.
— Pardon de ne pas t’avoir téléphoné, riposta-t-il sans oser la prendre dans ses bras ni lui effleurer le front d’un baiser. J’aurais dû t’appeler au début de la matinée et t’avertir de mon arrivée.
— Qui t’a informé que j’étais au stade ?
— Ta voisine. Elle m’a vu frapper à ta porte une bonne dizaine de fois et a eu pitié de moi.
— Emma va être ravie que tu sois venu admirer ses talents de footballeuse. Depuis ton départ, elle n’a pas arrêté de me dire que tu lui manquais et qu’elle avait hâte de te faire un gros bisou.
— Vous aussi, vous m’avez manqué.
— C’est vrai ?
— Tout ce qu’il y a de plus vrai. Ces huit dernières semaines, je n’ai pensé qu’à vous deux et, maintenant que je suis de retour à Fredericton, je regrette de vous avoir obligées à patienter.
— Tu n’as pas à t’en vouloir de quoi que ce soit. Tu as quitté la région parce que tu avais de graves problèmes que tu ne pouvais pas résoudre en restant à la base de Gagetown.
— Avant d’entamer une psychothérapie, j’avais effectivement besoin de m’éloigner un peu et de me retrouver en tête à tête avec moi-même, mais cela ne m’a pas amusé de devoir encore m’enfuir et te laisser tomber.
— Tu ne t’es pas véritablement enfui puisque tu m’as avertie de ton départ et que j’ai eu le temps de te souhaiter bonne chance !
— Ce qui n’avait pas été le cas la fois précédente.
— Je ne te le fais pas dire !
— Grâce au spécialiste que je suis allé consulter, j’ai compris pour quelle raison j’avais largué les amarres il y a six ans et j’aimerais que nous en discutions.
— Là, tout de suite ?
— Non. Je ne suis pas pressé à ce point.
— Dès la fin du match, nous irons bavarder à Little Haven et tu me raconteras comment s’est passée ta…
— Tu as vu le penalty que j’ai tiré, maman ? coupa Emma après avoir quitté le terrain à la vitesse d’une fusée. Il était réussi, hein ?
Puis, apercevant son père à l’entrée de la tribune, elle se jeta dans ses bras.
— Salut, papa ! cria-t-elle, ivre de joie.
— Bonsoir, mademoiselle la star du ballon rond, répondit-il en la serrant sur son cœur. Combien de buts as-tu marqués ce soir ?
— Deux.
— Et qui a gagné ?
— Les Tigresses. Mes copines et moi, on est les meilleures footballeuses du Canada.
— Rentrons vite à la maison avant que tu n’attrapes la grosse tête, petite fanfaronne, lança Shannyn à Emma avec une tendre indulgence.
— Qu’est-ce que c’est, une fanfaronne ? s’informa la fillette, que le mot semblait avoir plongée dans un abîme de perplexité.
— Une personne qui se croit supérieure aux autres et qui adore se vanter de ses exploits. Tu ne trouves pas que tu manques un peu d’humilité ?
— Non. L’arbitre m’a dit que j’étais une vraie championne et que j’avais joué comme une pro.
— Il a bien fait de te féliciter, princesse, déclara Jonas, les yeux rieurs. Tu as un tel talent que, si tu continues à t’entraîner sérieusement, tu pourras participer à la Coupe du monde dans une quinzaine d’années et collectionner les trophées.
— Arrête de la flatter, lui conseilla Shannyn, heureuse de le voir plaisanter, ou ses chevilles vont se mettre à enfler.
— Ce qui serait dommage pour toi, répliqua-t-il avec une égale légèreté, car il faudrait que tu lui offres de nouvelles chaussures à crampons.
— Viens vite à la maison, papa, jeta Emma en prenant son père par la main et en le guidant vers le parking. Maman a acheté des chips, du pop-corn et de la limonade.
— Mon rêve ! s’exclama Jonas dès qu’il eut aidé la fillette à s’asseoir dans le cabriolet de Shannyn et à boucler sa ceinture de sécurité.
— Où as-tu garé ton pick-up ? lui demanda la jeune femme après s’être glissée derrière le volant.
— A deux pas d’ici, répondit-il. Pars la première, je te rejoins.
— D’accord, mais ne traîne pas en chemin si tu ne veux pas mourir d’inanition. Chaque fois qu’elle rentre du stade, Emma meurt de faim !
***
— Enfin un peu de tranquillité ! lança Jonas à Shannyn quand ils se retrouvèrent seul à seule sur la terrasse du cottage à la nuit tombée. Cette petite chipie d’Emma était tellement excitée ce soir qu’elle a failli me déchirer les tympans à force de crier et de jacasser. Comment t’y es-tu prise pour la calmer ?
— Je lui ai lu son histoire préférée jusqu’à ce qu’elle s’endorme.
— Celle qui s’intitule Je t’aimerai toujours ?
— Oui. Elle adore les jolies romances dont les héroïnes sont de ravissantes jeunes femmes au cœur pur et les héros, de preux chevaliers en armure blanche qui volent à leur secours au moindre danger. Elle est à l’âge où on croit au bonheur idéal et aux contes de fées mais, en grandissant, elle s’apercevra qu’un tiers des mariages se soldent par un divorce et que les baguettes magiques n’existent pas.
— Es-tu sûre que l’amour éternel soit une utopie ?
« Ne t’emballe pas, idiote ! se tança Shannyn en voyant une étrange lueur éclairer le regard de Jonas et en sentant un délicieux émoi l’envahir. Ce n’est pas parce qu’il s’est humanisé ces dernières semaines que tu dois laisser ton imagination vagabonder. Son métier de soldat est la seule chose qui le passionne et, dès qu’il en aura l’occasion, il repartira au combat. »
— Veux-tu que je t’offre un verre ? lui demanda-t-elle pour rompre le silence embarrassé qui s’était installé entre eux.
— Oui, merci. Je suis mort de soif.
— Que préfères-tu ? Une bière fraîche, un soda ou un thé glacé ?
— Une bière fraîche. Quand j’étais en mission à l’étranger et que je suffoquais de chaleur, il m’arrivait souvent de rêver d’un bon demi.
« Et de rien d’autre ? » faillit interroger Shannyn, le cœur gonflé d’espoir.
Mais, de crainte qu’un « non » catégorique ne vienne ruiner ses illusions et gâcher la soirée, elle bondit de son fauteuil et s’engouffra dans sa cuisine.
— Monsieur est servi…, lança-t-elle à Jonas en le rejoignant cinq minutes plus tard et en lui tendant l’une des deux petites bouteilles qu’elle avait sorties de son réfrigérateur.
— J’ai tellement de choses à t’expliquer, Shan, que je ne sais pas par où commencer, jeta-t-il après avoir renversé la tête en arrière et avalé une gorgée de blonde mousseuse.
— Dis-moi d’abord ce que tu as fait le lendemain de la fête nationale.
— J’ai demandé à mes supérieurs de m’accorder une longue permission pour raison de santé et je suis allé consulter un psychiatre dont j’avais trouvé l’adresse sur internet.
— Où exerce-t-il ?
— A des dizaines de kilomètres de Fredericton. Lui parler de mes problèmes n’a pas été facile, car cela m’a obligé à revivre des scènes d’horreur que j’aurais préféré oublier, mais je dois reconnaître que la thérapie a donné d’assez bons résultats.
— Tu vas mieux aujourd’hui ?
— Beaucoup mieux. Depuis que j’ai réussi à exprimer ce que j’éprouvais, j’ai l’impression de m’être déchargé d’un grand poids.
— Dès que je t’ai aperçu ce soir, j’ai senti que tu avais changé.
— A quoi l’as-tu deviné ?
— A ton sourire. Pour une fois, il n’était ni forcé, ni moqueur, ni condescendant.
Jonas avala une nouvelle gorgée de bière et regarda les étoiles brasiller au-dessus du jardin.
— Sais-tu où je suis allé ce matin ? lança-t-il à Shannyn.
— Non, répondit-elle en levant la tête et en humant avec délices les subtils parfums que charriait la brise.
— Je me suis rendu dans la ville natale de Chris, comme mon thérapeute me l’avait conseillé.
— Tu n’as pas eu peur de raviver ton chagrin ?
— Si, mais tout s’est bien passé. Avant d’arriver au cimetière, j’avais acheté deux mokas brûlants parce que Chris et moi aimions boire du café très chaud à notre réveil, et le simple fait d’avoir renoué avec cette bonne vieille habitude m’a aidé à tenir le coup. Dès que j’ai vu sa tombe, je me suis excusé d’avoir manqué à ma parole et de ne pas avoir pu être là le jour de son enterrement.
— Tu lui avais promis d’assister à ses obsèques ?
— Oui. Un soir où nous avions échappé de justesse à la mort, il m’avait demandé de ne pas le laisser tomber en cas de malheur et je m’y étais engagé sans me douter que je serais cloué dans un lit d’hôpital au moment de ses funérailles et qu’il me serait impossible de présenter mes condoléances à sa famille.
Jonas s’interrompit une seconde, le regard soudé au velours sombre du ciel, puis enchaîna d’une voix où ne perçaient plus ni regret ni tristesse :
— Pendant que je parlais à Chris, sa fiancée est arrivée au cimetière et nous avons eu une longue conversation, elle et moi.
— Comment s’appelle-t-elle ?
— Nessa. Chris devait l’épouser à son retour au Canada et lui offrir une jolie maison, mais le destin en a décidé autrement.
— L’avais-tu déjà rencontrée ?
— Non. Avant de sauter sur cette saloperie de mine, Chris m’avait dit qu’elle avait acheté sa robe de mariée et, pour le taquiner, je lui avais répondu qu’il avait intérêt à se méfier parce que les femmes étaient très versatiles et que sa dulcinée risquait de le plaquer s’il ne se dépêchait pas de rentrer au bercail.
— Que va devenir Nessa maintenant que tous ses rêves se sont brisés ?
— Elle a l’intention de partir travailler à Ottawa ou à Toronto et de refaire sa vie. Malgré l’immense chagrin que lui a causé la mort de Chris, elle garde le sourire et espère être heureuse un jour.
— Elle ne regrette pas de s’être fiancée à un soldat qui préférait aller flirter avec le danger aux quatre coins du monde que de rester en sécurité au Canada ?
— Au contraire ! Elle se félicite d’avoir aimé un homme aussi exceptionnel que Chris et n’éprouve aucune amertume. En l’écoutant parler, je me suis aperçu que j’avais commis une grossière erreur autrefois.
Le visage sculpté par un rayon de lune, Jonas tourna la tête vers Shannyn et laissa planer entre eux un long silence, que rompaient de loin en loin les hululements d’un hibou.
— Il y a six ans, reprit-il d’un ton grave, je me suis enfui de Fredericton parce que j’étais conscient des risques que couraient les tireurs d’élite et que je ne voulais pas t’obliger à vivre dans la hantise d’un accident. Imagine un peu ce qui se serait passé si nous nous étions mariés à la fin de l’été et que j’avais sauté sur une mine quelques semaines après t’avoir conduite à l’autel ! Soit j’aurais été tué et tu te serais retrouvée veuve du jour au lendemain, soit je serais resté handicapé et il aurait fallu que tu joues les infirmières. Dans les deux cas, tu aurais été malheureuse par ma faute et ça, c’était une idée que je ne pouvais pas supporter.
— Alors, tu as préféré te sauver comme un voleur que de m’épouser ?
— Exactement ! J’ai cru que tu serais plus tranquille sans moi et que je devais te quitter pour que tu n’aies pas à subir le même sort que toutes les femmes de soldat. Le matin de mon départ, j’étais convaincu que le meilleur moyen de te protéger était de rompre avant qu’il ne soit trop tard. Je me suis donc dépêché de boucler mes valises et j’ai pris le premier train à destination d’Edmonton.
Shannyn se rappela l’indicible chagrin qu’elle avait éprouvé à l’époque et essuya les larmes qui perlaient à ses cils.
— En agissant de cette façon, tu m’as brisé le cœur, lâcha-t-elle d’une voix ténue. Le jour où tu as décidé de t’enfuir, as-tu pensé au mal que tu allais me faire ?
— Non, avoua Jonas avec un petit sourire navré. Je savais que tu te plaisais en ma compagnie et que je te manquerais, mais je me suis dit que tu étais encore très jeune et que tu m’oublierais.
— Si tu crois qu’il faut avoir les cheveux blancs et être perclus de rhumatismes pour aimer quelqu’un, tu te trompes ! J’avais beau n’être qu’une gamine inexpérimentée et un peu trop romanesque quand je t’ai rencontré, je suis tombée amoureuse de toi au premier regard et ce que j’ai ressenti alors n’avait rien d’une tocade.
— Moi, j’ai succombé à ton charme dès que tes amies nous ont présentés l’un à l’autre au Square des Officiers et j’ai immédiatement deviné que notre histoire ne serait pas une passade.
— Que… qu’entends-tu par là ? balbutia Shannyn, le cœur soudain pris de folie.
— Que, le soir même où j’ai fait ta connaissance, j’ai su que tu étais la femme de ma vie, murmura Jonas en se penchant vers elle et en essuyant avec une infinie douceur ses jolis yeux brouillés de larmes.
— Pourquoi ne me l’as-tu pas dit ?
— Parce que j’ignorais ce que tu éprouvais et que je ne voulais pas avoir l’air d’un idiot. Si tu m’avais avoué que tu m’aimais, j’aurais été moins méfiant et moins réservé.
— C’est également par peur du ridicule et par fierté que je n’ai jamais osé te parler d’amour. Comme je croyais que les garçons très séduisants avaient une âme de don Juan et adoraient épingler à leur tableau de chasse les filles dans mon genre, je m’étais juré de me taire tant que tu ne te serais pas déclaré.
— A cause de notre manque de courage et de franchise, nous avons tous les deux accumulé les erreurs. Au lieu de te cacher mes sentiments et de m’enfuir, j’aurais dû me montrer sincère et te demander en mariage, quitte à me faire éconduire.
Shannyn regarda les myriades d’étoiles qui scintillaient au-dessus des toits de Fredericton ceindre d’un diadème princier le gros châtaignier à l’ombre duquel Emma avait l’habitude de se balancer, puis poussa un profond soupir.
— Si j’avais su il y a six ans que tu éprouvais envers moi autre chose qu’une simple attirance physique, jeta-t-elle d’une voix contrite, je t’aurais téléphoné après ton départ pour t’annoncer que j’étais enceinte.
— Est-ce réellement par peur du ridicule et par fierté que tu n’as pas osé m’appeler ? l’interrogea Jonas.
— Oui. J’étais persuadée que tu ne m’aimais pas et que tu te croirais obligé de m’épouser pour réparer tes torts. A cause de mon orgueil et de ma stupidité, tu n’as pas eu la chance de voir grandir Emma, et elle qui rêvait d’avoir une vraie famille a été privée de son papa.
— Ce qui est fait est fait et, comme mon psychothérapeute me l’a expliqué au début de la semaine, il est inutile de ressasser le passé. Maintenant que nous avons reconnu nos erreurs, nous devons cesser de regarder derrière nous et aller de l’avant.
— Bien que tu ne sois pas devin, as-tu une petite idée de ce que l’avenir nous réserve ?
— Pas encore. Tout ce que je sais, c’est que je vais repartir dès ce week-end et que je serai absent pendant quelques jours.
— Avec qui as-tu rendez-vous ?
— Avec mes supérieurs. J’ai des décisions à prendre en ce qui concerne la suite de ma carrière au sein de l’armée et plus tôt je serai fixé sur les intentions de l’état-major, mieux cela vaudra.
La phrase, lancée d’un ton ferme, sonna comme une menace aux oreilles de Shannyn.
— Pourquoi es-tu triste ? lui demanda Jonas en jaillissant de son fauteuil et en l’obligeant à se lever.
— Parce que j’avais presque oublié que tu étais rétabli et que tu allais devoir abandonner ton poste d’instructeur, répondit-elle, la gorge nouée. Tu es soldat dans l’âme et tu le resteras jusqu’à ton dernier souffle, n’est-ce pas ?
— Oui. Je me suis engagé à vingt-deux ans et je ne me vois pas travailler dans le civil.
— C’est bien ce qui m’effraie. La vie que tu mènes est tellement hasardeuse que je n’arrêterai pas de me ronger les sangs chaque fois qu’on t’enverra en mission au bout du monde. As-tu pensé à ce que j’éprouverais si tu étais tué au combat et que les autorités militaires venaient m’informer de ton décès ? A la différence de Nessa, je n’aurais peut-être pas le courage de continuer à avancer, vaille que vaille. Quant à Emma, je n’ose pas imaginer comment elle réagirait dans ce genre de situation. Elle t’est très attachée et ne supporterait pas qu’il t’arrive malheur.
« Promets-moi que tu vas renoncer à tes rêves de gloire et cesser de prendre des risques, acheva Shannyn en elle-même. Promets-le-moi, je t’en supplie… »
Mais, aveugle au regard implorant dont elle l’enveloppait, Jonas quitta la terrasse d’un pas résolu et ne se retourna vers la jeune femme qu’après avoir franchi la grille du jardin.
— Quelle que soit ma prochaine affectation, il faudra que nous restions en contact pour le bien d’Emma, lui lança-t-il.
— Ne t’inquiète pas, répliqua-t-elle en s’obligeant à sourire. Je n’ai aucune envie de la perturber.
— Lorsqu’elle se réveillera demain matin, embrasse-la de ma part et dis-lui que je reviendrai la voir bientôt.
— Jusqu’à quand seras-tu absent ?
— Je ne sais pas. Cela dépendra du nombre d’entretiens que je devrai avoir avec mes supérieurs. Dès que je le pourrai, je te téléphonerai.
— D’accord, je… j’attendrai ton coup de fil, articula péniblement Shannyn.
Puis, une fois que Jonas eut regagné son pick-up et quitté Maple Street à la vitesse de l’éclair, elle se laissa tomber dans un fauteuil et fondit en larmes. Avant de lui parler de sa carrière, il s’était certes excusé de l’avoir abandonnée six ans plus tôt mais, à aucun moment, il n’avait conjugué le verbe « aimer » au présent.