Procès contre les animaux - Curiosités judiciaires et historiques du Moyen-Âge
Chapitre 37
jurisconsulte du seizième siècle37. L’auteur de cette consulta-tion, ou plutôt de ce traité ex professo, était Barthélemi de
Chasseneuz ou Chassanée38, successivement avocat à Autun, conseiller au parlement de Paris et premier président du parle-ment d’Aix.
Après avoir parlé dès le début de l’usage où sont les habi-tants du territoire de Beaune de demander à l’officialité d’Autun l’excommunication de certains insectes plus gros que des
mouches, et appelés vulgairement hurebers (huberes) 39, ce qui
37 Cet ouvrage, qui se trouve dans les Concilia D. Bartholomœi a Chasseneo, Lugduni, 1588, in-folio, est intitulé Concilium primum quod tractatus jure dici potest, propter multiplicatem et reconditam doctri-nam, ubi tuculenter, et accuratè tractatur questio illa : de excommuni-catione animalium insectorum.
38 « On l’appelle communément Chassanée, dit le président Rou-hier (tome Ier de ses œuvres, page XIX, note 2), ce qui vient de ce que lui-même, dans les dernières éditions de ses ouvrages, s’appelait Bartholo-mœus a Chasseneo ; mais son vrai nom, que j’ai rétabli ici, se trouve non seulement dans une inscription qu’il rapporte lui-même et dans son con-trat de mariage que, j’ai vu en original ; mais encore dans ce distique qu’il mit au-devant de la première édition de son commentaire sur notre cou-tume (de Bourgogne) :
Hedua nunc tenet auctorem Bartholomœum, quem
Yasiacus genuit, nomine de Chasseneuz. »
39 En 1460, ces insectes occasionnèrent de si grands ravages dans les vignes, que pour y remédier il fut décidé avec les gens d’Église à Di-
– 18 – leur est toujours accordé, Chasseneuz traite la question de sa-voir si une telle procédure est convenable. Il divise son sujet en cinq parties, dans chacune desquelles il saisit l’occasion d’étaler l’érudition la plus vaste et souvent la plus déplacée ; mais cette habitude, comme on le sait, était ordinaire aux écrivains de cette époque.