Procès contre les animaux - Curiosités judiciaires et historiques du Moyen-Âge

Chapitre 47

employée par l’Église 47. »

À l’appui de ces assertions, l’auteur cite des exemples de semblables anathèmes, tels que ceux de Dieu envers le serpent et le figuier ; il en rapporte plusieurs comme ayant eu lieu à des époques récentes.

Il parle d’une excommunication prononcée par un prêtre contre un verger où des enfants venaient cueillir des fruits, au lieu de se rendre au service divin. Ce verger demeura stérile jusqu’au moment où l’excommunication fut levée à la demande

de la mère du duc de Bourgogne48.

Chasseneuz signale aussi l’excommunication fulminée par un évêque contre des moineaux qui auparavant souillaient de leurs ordures l’église de Saint-Vincent et venaient troubler les

fidèles49.

 

47 Folio 16, verso, nos 116 et 117.

48 Folio 17, n° 120.

49 Folio 17, n° 123. Guillaume, abbé de Saint-Théodoric, qui a écrit la vie de saint Bernard, rapporte que ce saint, prêchant un jour dans l’église de Foigny (l’une des premières abbayes qu’il avait fondées en 1121 dans le diocèse de Laon), des mouches en quantité prodigieuse s’étaient introduites dans cette église, et par leurs bourdonnements et leurs courses indécentes, troublaient et importunaient incessamment les fi-dèles. Ne voyant d’autre remède pour arrêter ce scandale, le saint s’écria : Je les excommunie (eas excommunico) ; et le lendemain toutes les mouches se trouvèrent frappées de mort. Leurs corps jonchèrent les pa-vés de la basilique, qui fut pour toujours délivrée de ces irrespectueux in-sectes. Ce fait devint tellement célèbre et inspira tant de vénération dans tous les pays circonvoisins, que cette malédiction des mouches passa en proverbe parmi les peuples d’alentour. (Theophili Regnaudi opera,

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