Procès contre les animaux - Curiosités judiciaires et historiques du Moyen-Âge
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Tel était le mode de procédure observé devant le tribunal ecclésiastique dans les poursuites contre les insectes ou autres animaux nuisibles à la terre.
La consultation de Chasseneuz, dont nous venons de don-ner une courte analyse, acquit à son auteur, qui n’était alors qu’avocat à Autun, une grande réputation comme jurisconsulte ; elle lui valut, vers 1510, d’être désigné par l’officialité d’Autun, comme avocat des rats et de plaider leur cause dans les procès qu’on intenta à ces animaux par suite des dévastations qu’ils avaient commises en dévorant les blés d’une partie du territoire bourguignon.
Dans la défense qu’il présenta, dit le président de Thou, qui
rapporte ce fait52, Chasseneuz fit sentir aux juges, par d’excellentes raisons, que les rats n’avaient pas été ajournés dans les formes ; il obtint que les curés de chaque paroisse leur feraient signifier un nouvel ajournement, attendu que dans cette affaire il s’agissait du salut ou de la ruine de tous les rats. Il dé-montra que le délai qu’on leur avait donné était trop court pour pouvoir tous comparaitre au jour de l’assignation ; d’autant plus qu’il n’y avait point de chemin où les chats ne fussent en embus-
52 Historarium, lib. IV, ann. 1550. Contrairement au témoignage de ce grave historien, on a prétendu que ce n’était point Chasseneuz qui avait été désigné à cette époque par l’officialité d’Autun pour plaider en faveur des rats. Toutefois ce point de controverse historique nous semble indifférent dans la circonstance qui nous occupe. Peu importe en effet que ce soit Chasseneuz ou tout autre avocat qui ait été chargé de cette dé-fense. Mais ce qu’il est intéressant de constater ici, c’est qu’à l’occasion de faits semblables à ceux que nous venons de signaler, les officialités étaient dans l’usage de nommer un avocat d’office aux animaux poursui-vis devant la juridiction ecclésiastique. Voilà ce qui est hors de contesta-tion.
– 24 – cade pour les prendre. Il employa ensuite plusieurs passages de l’Écriture sainte pour défendre ses clients, et enfin il obtint qu’on leur accorderait un plus long délai pour comparaitre.