Procès contre les animaux - Curiosités judiciaires et historiques du Moyen-Âge
Chapitre 22
Pour une semblable exécution faite en 1435 à Tronchères, village de Bourgogne, le carnacier (le bourreau) reçut égale-
ment une somme de soixante sous 22.
Les formalités étaient si bien observées dans ces sortes de procédures, que l’on trouve au dossier de l’affaire du 18 avril 1499, ci-dessus mentionnée, jusqu’au procès-verbal de la signi-fication faite au pourceau dans la prison où l’on déposait les condamnés avant d’être conduits au lieu d’exécution.
On procédait aussi par les mêmes voies judiciaires contre les taureaux coupables de meurtres. Dans la poursuite on ob-servait des formalités identiques avec celles que nous venons d’indiquer.
En effet, écoutons l’auteur de l’Histoire du duché de Valois
qui rapporte23 le fait suivant :
« Un fermier du village de Moisy laissa échapper un tau-reau indompté. Ce taureau ayant rencontré un homme, le perça de ses cornes ; l’homme ne survécut que quelques heures à ses blessures. Charles, comte de Valois, ayant appris cet accident au château de Crépy, donna ordre d’appréhender le taureau et de lui faire son procès. On se saisit de la bête meurtrière. Les offi-ciers du comte de Valois se transportèrent sur les lieux pour faire les informations requises ; et sur la déposition des témoins ils constatèrent la vérité et la nature du délit. Le taureau fut condamné à être pendu. L’exécution de ce jugement se fit aux fourches patibulaires de Moisy-le-Temple. La mort d’une bête expia ainsi celle d’un homme.
22 Annuaire du département de la Côte d’Or pour l’an 1827, par Amanton, 2e partie, p. 91.
23 Carlier, t. 2 p. 207.
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