Procès contre les animaux - Curiosités judiciaires et historiques du Moyen-Âge
Chapitre 24
« Ce supplice ne termina pas la scène. Il y eut appel de la sentence des officiers du comte, comme juges incompétents, au parlement de la Chandeleur de 1314. Cet appel fut dressé au nom du procureur de l’hôpital de la ville de Moisy. Le procureur général de l’ordre intervint. Le parlement reçut plaignant le procureur de l’hôpital en cas de saisine et de nouvelleté, contre les entreprises des officiers du comte de Valois. Le jugement du taureau mis à mort fut trouvé fort équitable mais il fut décidé que le comte de Valois n’avait aucun droit de justice sur le terri-toire de Moisy, et que les officiers n’auraient pas dû y instru-
menter24. »
Cette condamnation n’est pas la seule de cette espèce. En 1499 un jugement du bailliage de l’abbaye de Beaupré, ordre de Cîteaux, près Beauvais, rendu sur requête et information, con-damna à la potence jusqu’à mort inclusivement un taureau « pour avoir par furiosité occis un joine fils de quatorze à quinze ans, » dans la seigneurie du Cauroy, qui dépendait de cette ab-
baye25.
Les chevaux étaient aussi poursuivis criminellement à rai-son des homicides qu’ils avaient commis. Les registres de Dijon constatent qu’en 1389 un cheval, sur l’information faite par les échevins de Montbar, fut condamné à mort pour avoir occis un
homme26.
24 Saint-Foix, dans ses Essais historiques sur Paris, t. V, p. 100, édition de 1776, rappelle également cet arrêt.
25 Voyage littéraire de deux bénédictins (D. Durand et D. Mar-tène). Paris, 1717, in-4e, 2e partie, p. 166 et 167. L’Histoire du duché de Valois, t. II, p. 207, mentionne aussi ce fait.
26 Annuaire du département de la Côte-d’Or pour l’an 1827, par Amanton, 2e partie, p. 91, note 1.
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