Procès contre les animaux - Curiosités judiciaires et historiques du Moyen-Âge

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Le théologien Félix Malléolus, vulgairement appelé Hem-merlin, qui vivait un siècle avant Chasseneuz et qui avait publié

un traité des exorcismes53, s’était également occupé, dans la se-conde partie de cet ouvrage, de la procédure dirigée contre les animaux. Il parle d’une ordonnance rendue par Guillaume de Saluces, évêque de Lausanne, au sujet d’un procès à intenter contre les sangsues, qui corrompaient les eaux du lac Léman et en faisaient mourir les poissons. Un des articles de cette ordon-nance prescrit qu’un prêtre, tel qu’un curé, chargé de prononcer les malédictions, nomme un procureur pour le peuple que ce procureur cite, par le ministère d’un huissier, en présence de témoins, les animaux à comparaître, sous peine d’excommunication, devant le curé à jour fixe. Après de longs débats cette ordonnance fut exécutée le 24 mars 1451, en vertu d’une sentence que l’official de Lausanne prononça, sur la de-mande des habitants de ce pays, contre les criminelles sangsues, qui se retirèrent dans un certain endroit qu’on leur avait assi-gné, et qui n’osèrent plus en sortir.

Le même auteur rend compte aussi d’un procès intenté dans le treizième siècle contre les mouches cantharides de cer-tains cantons de l’électorat de Mayence, et où le juge du lieu, devant lequel les cultivateurs les avaient citées, leur accorda, at-tendu, dit-il, l’exiguïté de leur corps et en considération de leur

 

53 Traciatus de exorcismis. Ce traité se trouve dans le volume inti-tulé Clarissimi viri juriumque doctoris Felicis Hemmerlin cantoris quondam Thuricencis variæ oblectationis opuscula et traciatus. 1496, petit in-folio en caractères gothiques. La partie dans laquelle l’auteur parle des procès contre les animaux, a pour titre : Alias traciatus exor-cismorum, seu adjurationum.

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