Sur les terres de Kianah - 1
Chapitre 3
La princesse Illah s’entraînait avec beaucoup d’ardeur sous un soleil de
plomb. Ce petit bout de femme massacrait littéralement le mannequin de
bois sur lequel elle donnait de plus en plus de coups d’épée.
Son maître d’armes habituel étant sur le champ de bataille, la princesse
devait se contenter de s’entraîner avec le mannequin. Aucun soldat de la
garde royale n’aurait osé s’entraîner avec la princesse, de peur de la blesser
et de s’attirer les foudres de la reine par la suite.
Un jeune homme de grande taille et à la stature imposante rappelant celle
du roi, s’approcha de la princesse lentement. Lorsqu’il fut à portée de voix,
il cria :
– Princesse Illah, ne vaudrait-il pas mieux pour ce pauvre bout de bois
que vous vous entraîniez avec quelqu’un d’autre ?
Elle ne cessa pas de frapper le mannequin, mais riposta à son
interlocuteur :
– Je voudrais bien pouvoir m’entraîner avec un soldat de chair plutôt
qu’avec cette chose de bois, mais aucun soldat ne veut se risquer à
s’entraîner avec moi.
– Je me doute bien de la raison de ce refus.
– Oui, moi aussi, dit la princesse à bout de souffle lorsqu’elle cessa de
frapper le mannequin. Ils ont peur de me faire mal et de se faire tancer par
ma mère. Bande de poltrons !
Le jeune homme éclata de rire. Le visage de l’étranger ranima des
souvenirs d’enfance chez la princesse et elle reconnut son interlocuteur.
– Édouard ? C’est bien toi ? s’écria-t-elle.
– Oui, princesse terreur, c’est bien moi.
La princesse se jeta au cou de celui qu’elle adorait : son plus cher ami,
son cousin, le fils de son oncle Éthan, Édouard.
Il était parti avec l’armée faire ses classes dans le nord du pays depuis
quelques années. Il en revenait transformé et avait même une cicatrice qui lui barrait l’œil droit.
Illah le regarda dans les yeux et revit tous ses merveilleux souvenirs
qu’ils avaient partagés ensemble. Elle lui prit la main et l’emmena s’asseoir
sous un grand chêne. Puis elle le bombarda de questions :
– Qu’est-ce qui t’est arrivé ? Comment était-ce, le Nord ? Qu’as-tu appris
de nouveau ? Qu’est-ce qui est arrivé à ton œil ?
Le jeune homme leva les mains en demandant grâce devant le flot de
questions, puis il dit en riant :
– Tu n’as pas changé, ma cousine, tu es toujours aussi curieuse et aussi
directe. Je vais répondre à tes questions, mais seulement si tu acceptes un
défi.
– De quel genre ?
– Je vois que tu as appris à manier l’épée de façon admirable, et puisque
tu en as marre de te battre contre un mannequin de bois, je te propose un
match amical contre moi. Si tu me bats, je réponds à tes questions, si je te
bats, tu réponds aux miennes.
– D’accord, déclara la jeune femme trop heureuse de ce défi. Prépare-toi
à souffrir, mon cousin ; ton père a été un maître très exigeant et il ne m’a
pas laissé la moindre chance parce que j’étais une fille. J’attends la même
chose de ta part.
– Tu ne veux pas que je te laisse une toute petite chance ? demanda
Édouard.
– Non. Ton père m’a dit et répété pendant mes leçons qu’un ennemi qui
se bat pour sa vie n’a qu’un seul objectif : prendre la vie de l’autre. Donc, je
ne dois pas te laisser la moindre chance, et toi non plus. J’y tiens.
– D’accord, mais sache que je ne te ferai pas de mal, du moins pas
volontairement…
– C’est parfait, je n’en attendais pas moins de ta part.
– Toutefois, princesse, nous allons prendre les épées d’entraînement. Je
veux bien te donner une bonne raclée, mais si je devais te blesser
sérieusement, c’est mon père qui me botterait les fesses…
– Je comprends, Édouard. Prends celle-là, lui dit la princesse en lui
lançant une épée qui n’était pas aiguisée et dont le bout était arrondi. En
garde, mon cousin ! Prépare-toi à défendre ton honneur.
– Avec plaisir, princesse terreur… dit le jeune homme taquin.
En entendant encore une fois le surnom que son cousin lui donnait
lorsqu’ils étaient enfants, la jeune femme eut une toute petite hésitation, qui
fut suffisante à Édouard pour l’attaquer sur son flanc droit, là où elle ne s’y
attendait pas.
Elle para le coup à la dernière seconde et se concentra totalement sur
celui qui se tenait devant elle. Elle commença par le jauger. Elle le testa
pour trouver sa faiblesse et elle lui fit quelques feintes afin de voir jusqu’où
il était prêt à aller.
Édouard était plus grand qu’elle d’un peu plus d’une tête, donc sa portée
était très longue. Mais la jeune femme était rapide et petite, donc une cible
difficile à attraper. Elle fit courir le jeune homme, le fit tourner, l’obligea à
la poursuivre. La princesse était en excellente forme physique et elle avait
du souffle. L’adrénaline lui donnait une vigueur extraordinaire. Édouard dut
quelques fois reculer devant sa cousine. Il devait bien reconnaître qu’elle
était très douée et qu’Éthan l’avait bien entraînée.
La jeune femme changea tout à coup son épée de main, ce qui changea
aussi son jeu de pieds. Le jeune homme fut pris au dépourvu pendant un
court instant. « Elle est ambidextre, d’accord… elle va être un peu plus
coriace que prévu », se dit-il intérieurement. Illah se mit à faire tournoyer
son épée au-dessus de sa tête à une vitesse vertigineuse. Édouard fit l’erreur
de quitter la jeune femme des yeux pour regarder l’épée. Elle en profita
pour lui envoyer un bon coup de pied à l’estomac, ce qui fit perdre
l’équilibre au jeune homme. Mais il ne se laissa pas avoir si facilement. Il
se remit d’aplomb juste au moment où la jeune femme envoyait son épée
vers son cou. Il para l’attaque et la désarma. Le coup fut si puissant que
l’épée de la princesse lui glissa des mains. Édouard posa sa lame sur la
gorge de la jeune femme et lui dit :
– Vaincue, princesse terreur ?
– Oui, Édouard, tu m’as battue, dit-elle, déçue.
Le jeune homme fut tout de même galant. Il ramassa l’épée et la lui tendit
en offrant son bras à la princesse. Ils retournèrent s’asseoir sous le vieux
chêne, où ils passèrent l’après-midi à se raconter leur vie durant les
dernières années.
La reine Iza-Mel avait assisté au combat entre sa fille et son neveu depuis
la fenêtre de son bureau. Elle avait souri de fierté en voyant Illah envoyer
un coup de pied au ventre du jeune homme. Elle avait bien failli vaincre son
cousin, un si grand jeune homme. La reine était également très fière que sa
fille ait bien pris la défaite. Un comportement digne d’une reine, se dit Iza-
Mel.
Toutefois, la reine ne se faisait pas d’illusion : la princesse ne serait
jamais reine de Ganthal, même si elle avait tout ce qu’il fallait pour remplir
avec brio ces fonctions exigeantes. Et Iza-Mel devait reconnaître que sans
l’intervention de la princesse, Lord Lebel ferait encore la pluie et le beau
temps au conseil. Sa traîtrise n’aurait jamais été mise au jour.
La reine sourit en pensant que c’était son enfant qui avait réussi à clouer
le bec à celui qui avait été pendant des années à l’origine de bien des
conflits au conseil. Grâce au tempérament emporté de Illah, plus personne
n’aurait peur de ce conseiller traître et couard.
Toutefois, la découverte de la traîtrise de Lord Lebel amenait un autre
problème. Le code était clair quant à la sanction donnée pour le crime de
haute trahison : la peine de mort. Iza-Mel devait informer le roi que le
président du conseil avait été déchu de son titre et qu’il était accusé de
crimes graves envers le royaume, mais elle devait le faire en catimini.
Si l’ennemi avait réussi à mettre la main sur un homme comme Lord
Lebel, il devait y avoir d’autres espions. Iza-Mel devait faire attention à ce
que la nouvelle de la mise en état d’arrestation du conseiller ne soit pas
ébruitée, sinon Trévor saurait que son espion avait été pris. Les informations détenues par Lord Lebel n’auraient après cela plus aucune
valeur.
La reine demanda qu’on lui envoie Lord Korin des Services secrets. Elle
avait besoin de savoir certaines choses et elle voulait lui demander quelques
conseils.
Iza-Mel regarda par la fenêtre à nouveau. Sa fille était toujours assise
sous le chêne avec son cousin et ils semblaient tous les deux en grande
conversation. Cela rassura la reine : elle ne voulait pas que sa fille se sente
mal d’avoir perdu son combat contre le jeune homme. Illah avait un
caractère très vif et elle était très orgueilleuse. Une défaite aurait bien pu
faire tomber l’atmosphère du château en entier sous le coup d’un orage
caractériel de la princesse.
Des petits coups discrets frappés à la porte du bureau ramenèrent Iza-Mel
à la réalité. Lord Korin entra dans la pièce de sa démarche féline et
silencieuse. Il s’inclina devant la reine et prit place dans un fauteuil
confortable devant le bureau. La reine lui offrit une tasse de thé, que le
conseiller accepta, puis elle lui demanda :
– Lord Korin, dites-moi depuis combien de temps durait le manège de
Lord Lebel et pourquoi vos services ne se sont aperçus de rien.
Le conseiller changea de position dans son fauteuil, signe traduisant que
la question ne lui plaisait pas. Il y répondit tout de même.
– Majesté, nos services ont pour fonction d’espionner l’ennemi. Nous
n’avions aucune raison de douter de la franchise d’un membre du conseil.
Nous avons toujours tenu pour acquis que ceux qui étaient nommés
conseillers étaient au-dessus de tout soupçon, surtout le président du conseil
en personne.
– Je vois. Donc, vous avez été berné par un homme en qui nous avions
tous entièrement confiance. J’ai été bernée, moi aussi, mais un point me
trouble particulièrement, Lord Korin.
– Lequel, Majesté ?
– Lorsque Lord Castille a avoué la supercherie de Lord Lebel, on a dit
que vous aviez été tous menacés de représailles sur vos familles. Pourquoi à
ce moment-là n’avez-vous pas mis quelques-uns de vos espions sur le cas
de Lord Lebel ?
– Je l’ai fait, Majesté. J’ai fait mon devoir, répondit le maître-espion avec
conviction, irrité par les questions de la reine.
– Bien, et qu’avez-vous appris ? demanda la reine.
– Eh bien, Majesté, j’ai appris par mes agents de l’ombre que Lord Lebel
avait des habitudes que je pourrais qualifier de singulières et qu’il
rencontrait une personne mystérieuse dans une maison close du village de
Ziro, tout près de la zone de guerre.
– Avez-vous identifié cette personne ?
– Non, Majesté. Malheureusement, mes agents ont seulement pu
identifier la jeune femme avec qui Lord Lebel avait des entretiens privés.
L’autre personne, qui était un homme, nous sommes convaincus de ne pas
pouvoir l’identifier. Chaque fois qu’un de mes agents s’approchait
suffisamment pour l’apercevoir, le mystérieux personnage s’en allait et
disparaissait sans laisser de traces.
– Depuis le moment où vous avez mis vos espions sur la piste de Lord
Lebel jusqu’au conseil où il a été démasqué, vous n’avez jamais identifié ce
personnage mystère ?
– Non, Majesté, pour mon plus grand déplaisir, je dois le reconnaître. Je
ne suis pas fier de mon échec, mais je ne cesserai pas de chercher.
La reine quitta son siège et retourna à la fenêtre pour réfléchir. La
situation était encore plus complexe qu’elle ne le pensait. Si le mystérieux
inconnu apprenait la disgrâce de Lord Lebel, que se passerait-il ? Il
disparaîtrait et il serait impossible de connaître son identité. La reine reporta
son attention sur Lord Korin qui n’avait pas bougé d’un poil, mais qui
observait la reine de son œil scrutateur. Elle lui dit :
– Lord Korin, il faut trouver un moyen de prévenir le roi de la traîtrise de
Lord Lebel, et ce, sans délai. Nous devons trouver une astuce discrète, sinon le personnage que vous n’avez pas réussi à identifier va se volatiliser
dans la nature, et nous ne saurons jamais qui il est.
– Pourquoi ne pas interroger Lord Lebel à ce sujet, Majesté ?
– Parce que vous croyez qu’il va nous le dire comme ça ?
– Non, Majesté, mais il existe des moyens de faire parler les gens…
– Non, non et non, Lord Korin, s’indigna la reine en se levant d’un bond.
Le roi est le seul qui puisse ordonner qu’un interrogatoire soit fait sous la
torture. Je ne peux me résoudre à faire cela en son nom.
– Majesté, vous devez savoir que plus vite nous ferons parler Lord Lebel,
plus vite nous découvrirons l’identité de cet individu mystère et plus vite
nous trouverons les autres espions, car je suis au regret de vous informer
qu’il doit y en avoir d’autres.
– Je sais, Lord Korin, je suis parfaitement consciente de ce fait. Il nous
faut donc connaître la personne mystère.
– En effet, Majesté. Que faisons-nous ?
– Interrogez Lord Lebel, mais de grâce, ne le torturez pas. S’il ne parle
pas, nous aviserons. Je veux un rapport détaillé de tout ce qu’il vous dira.
– Oui, Majesté.
Lord Korin s’inclina devant la reine et quitta la pièce. Iza-Mel retourna à
la fenêtre. Un sombre pressentiment croissait en elle. Des jours sombres
s’annonçaient au Ganthal.
*
Lord Korin se rendit au cachot où il trouva Lord Lebel solidement attaché
par des chaînes dans une cellule presque trop basse pour pouvoir se tenir
debout et qui empestait l’urine.
Lord Lebel leva la tête pour voir qui était son visiteur et éclata de rire
lorsqu’il reconnut le chef des Services secrets.
– Tiens, tiens, je me doutais bien que la reine ne me laisserait pas croupir
ici bien longtemps, dit le prisonnier en souriant, dévoilant ses dents
pourries.
– Détrompe-toi, mon cher, je ne suis pas ici pour te libérer.
– Alors pourquoi es-tu ici, Korin ?
– Tu le sais très bien ; donc, avant que je ne sois forcé d’utiliser des
manières que je trouve indignes sur un homme qui ne peut même pas se
défendre, peut-être accepteras-tu de répondre à mes questions ?
Lord Lebel rit de plus belle, d’un rire sadique et sans humour. Puis il
regarda Lord Korin et dit :
– Tout ce que je sais, tu le sais aussi, j’en suis persuadé ; donc que dois-je
savoir que tu ignores ?
– Qui est l’homme que tu rencontrais à Ziro ?
– Ooooooh ! Mais tu te trompes, ce n’est pas un homme que je voyais à
Ziro, mais une charmante demoiselle…
– Arrête de te moquer de moi ! s’écria Lord Korin avec colère. Écoute-
moi bien, Lebel, la reine pourrait te faire exécuter sur-le-champ et tu le sais
très bien, donc ne me donne pas de motif de l’aider dans ses démarches…
– Tu n’en as pas besoin. Mais pour être tout à fait franc, je ne vois pas
vraiment de qui tu parles, Korin.
– Menteur ! Dis-moi ce que je veux savoir, sinon ce pourrait bien devenir
une conversation beaucoup moins civilisée.
– Pff… des menaces ! Tu n’as pas le courage de faire cela. Ne perds pas
ton temps avec moi. Je n’ai rien à te dire.
– Parfait, Lebel, comme tu voudras, tu vas regretter de ne pas m’avoir
écouté. Tu aurais dû me parler tant que tu en avais la chance.
– C’est ça, pauvre petit imbécile, tu crois que tu sais tout, mais tu ne sais
rien, rien de rien, cracha l’ancien conseiller. Il est trop tard pour vos petites
manigances. Maintenant, le royaume de Ganthal est en perdition. Ce n’est
qu’une question de temps avant que ce royaume de pacotille ne soit perdu.
Si j’étais toi, je prendrais mes affaires et je filerais vite et très loin.
Korin s’en alla sans rien ajouter. Il devait aller faire son rapport à la reine.
Elle le reçut dès qu’il en fit la demande, comme si elle l’attendait ; et,
comme de fait, dès qu’il s’inclina devant elle, elle dit :
– Alors ?
Lord Korin relata fidèlement sa conversation avec Lord Lebel. La reine
demeura songeuse pendant quelques minutes. Elle n’arrivait pas à se
résigner à la torture pour faire parler le conseiller déchu. Toutefois, si le
traître disait vrai et que le pays tout entier était menacé, n’avait-elle pas le
devoir de tout faire pour le protéger ? On lui avait enseigné, lorsqu’elle était
plus jeune, que la fin justifie les moyens dans des cas extrêmes.
– « Perdu », qu’entendait-il par là ? lui demanda-t-elle.
– Je n’en sais rien, Majesté.
– J’ai besoin de réfléchir pendant un moment, Lord Korin.
La reine tournait et retournait tout cela dans sa tête sans grand résultat.
Lord Korin ne bougeait pas et observait la reine. Il était un fin
observateur, et la posture de la reine, cette manière de se ronger les ongles
devant la fenêtre, cette imperceptible raideur au niveau de la nuque, la
mèche de cheveux blonds qu’elle tortillait lorsqu’elle cessait de se ronger
les ongles, tout en elle dénotait le dilemme intérieur qui la tenaillait.
Puis, après avoir jeté un dernier regard à l’extérieur où sa fille se trouvait
toujours, elle déclara :
– En tant que reine d’une nation que nous disons être civilisée, je ne puis
me résoudre à faire torturer un homme. Je suis désolée, Lord Korin, mais je
ne peux pas. Le roi décidera du sort de Lord Lebel à son retour.
– Comme il vous plaira, Majesté. Toutefois, avec votre permission,
j’aimerais retourner voir le prisonnier ; peut-être qu’il finira par dire
quelque chose de suffisamment concret pour que je puisse m’en servir
contre lui et contre l’individu mystère.
– Je vous accorde cela, conseiller, mais qu’il soit bien clair qu’aucun
châtiment physique ne devra être administré au prisonnier, sauf si, par
malheur, il devait tenter de s’échapper. Si cela devait arriver, je vous laisse
juger des conséquences et des châtiments qui pourraient lui être
administrés.
– Bien, Majesté, il sera fait selon vos désirs, dit Lord Korin en s’inclinant.
La reine retourna à sa fenêtre en se demandant qui serait le messager qui
passerait parfaitement inaperçu pour rejoindre le roi sur le champ de
bataille. Une question épineuse, qui restait sans réponse. Rien n’est jamais
simple, à ce qu’il paraît.
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