Sur les terres de Kianah - 1

Amelie Dube · Chapitre 4 sur 16

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Sur les terres de Kianah - 1

Chapitre 3

 

La princesse Illah s’entraînait avec beaucoup d’ardeur sous un soleil de

plomb. Ce petit bout de femme massacrait littéralement le mannequin de

bois sur lequel elle donnait de plus en plus de coups d’épée.

Son maître d’armes habituel étant sur le champ de bataille, la princesse

devait se contenter de s’entraîner avec le mannequin. Aucun soldat de la

garde royale n’aurait osé s’entraîner avec la princesse, de peur de la blesser

et de s’attirer les foudres de la reine par la suite.

Un jeune homme de grande taille et à la stature imposante rappelant celle

du roi, s’approcha de la princesse lentement. Lorsqu’il fut à portée de voix,

il cria :

– Princesse Illah, ne vaudrait-il pas mieux pour ce pauvre bout de bois

que vous vous entraîniez avec quelqu’un d’autre ?

Elle ne cessa pas de frapper le mannequin, mais riposta à son

interlocuteur :

– Je voudrais bien pouvoir m’entraîner avec un soldat de chair plutôt

qu’avec cette chose de bois, mais aucun soldat ne veut se risquer à

s’entraîner avec moi.

– Je me doute bien de la raison de ce refus.

– Oui, moi aussi, dit la princesse à bout de souffle lorsqu’elle cessa de

frapper le mannequin. Ils ont peur de me faire mal et de se faire tancer par

ma mère. Bande de poltrons !

Le jeune homme éclata de rire. Le visage de l’étranger ranima des

souvenirs d’enfance chez la princesse et elle reconnut son interlocuteur.

– Édouard ? C’est bien toi ? s’écria-t-elle.

– Oui, princesse terreur, c’est bien moi.

La princesse se jeta au cou de celui qu’elle adorait : son plus cher ami,

son cousin, le fils de son oncle Éthan, Édouard.

Il était parti avec l’armée faire ses classes dans le nord du pays depuis

quelques années. Il en revenait transformé et avait même une cicatrice qui lui barrait l’œil droit.

Illah le regarda dans les yeux et revit tous ses merveilleux souvenirs

qu’ils avaient partagés ensemble. Elle lui prit la main et l’emmena s’asseoir

sous un grand chêne. Puis elle le bombarda de questions :

– Qu’est-ce qui t’est arrivé ? Comment était-ce, le Nord ? Qu’as-tu appris

de nouveau ? Qu’est-ce qui est arrivé à ton œil ?

Le jeune homme leva les mains en demandant grâce devant le flot de

questions, puis il dit en riant :

– Tu n’as pas changé, ma cousine, tu es toujours aussi curieuse et aussi

directe. Je vais répondre à tes questions, mais seulement si tu acceptes un

défi.

– De quel genre ?

– Je vois que tu as appris à manier l’épée de façon admirable, et puisque

tu en as marre de te battre contre un mannequin de bois, je te propose un

match amical contre moi. Si tu me bats, je réponds à tes questions, si je te

bats, tu réponds aux miennes.

– D’accord, déclara la jeune femme trop heureuse de ce défi. Prépare-toi

à souffrir, mon cousin ; ton père a été un maître très exigeant et il ne m’a

pas laissé la moindre chance parce que j’étais une fille. J’attends la même

chose de ta part.

– Tu ne veux pas que je te laisse une toute petite chance ? demanda

Édouard.

– Non. Ton père m’a dit et répété pendant mes leçons qu’un ennemi qui

se bat pour sa vie n’a qu’un seul objectif : prendre la vie de l’autre. Donc, je

ne dois pas te laisser la moindre chance, et toi non plus. J’y tiens.

– D’accord, mais sache que je ne te ferai pas de mal, du moins pas

volontairement…

– C’est parfait, je n’en attendais pas moins de ta part.

– Toutefois, princesse, nous allons prendre les épées d’entraînement. Je

veux bien te donner une bonne raclée, mais si je devais te blesser

sérieusement, c’est mon père qui me botterait les fesses…

– Je comprends, Édouard. Prends celle-là, lui dit la princesse en lui

lançant une épée qui n’était pas aiguisée et dont le bout était arrondi. En

garde, mon cousin ! Prépare-toi à défendre ton honneur.

– Avec plaisir, princesse terreur… dit le jeune homme taquin.

En entendant encore une fois le surnom que son cousin lui donnait

lorsqu’ils étaient enfants, la jeune femme eut une toute petite hésitation, qui

fut suffisante à Édouard pour l’attaquer sur son flanc droit, là où elle ne s’y

attendait pas.

Elle para le coup à la dernière seconde et se concentra totalement sur

celui qui se tenait devant elle. Elle commença par le jauger. Elle le testa

pour trouver sa faiblesse et elle lui fit quelques feintes afin de voir jusqu’où

il était prêt à aller.

Édouard était plus grand qu’elle d’un peu plus d’une tête, donc sa portée

était très longue. Mais la jeune femme était rapide et petite, donc une cible

difficile à attraper. Elle fit courir le jeune homme, le fit tourner, l’obligea à

la poursuivre. La princesse était en excellente forme physique et elle avait

du souffle. L’adrénaline lui donnait une vigueur extraordinaire. Édouard dut

quelques fois reculer devant sa cousine. Il devait bien reconnaître qu’elle

était très douée et qu’Éthan l’avait bien entraînée.

La jeune femme changea tout à coup son épée de main, ce qui changea

aussi son jeu de pieds. Le jeune homme fut pris au dépourvu pendant un

court instant. « Elle est ambidextre, d’accord… elle va être un peu plus

coriace que prévu », se dit-il intérieurement. Illah se mit à faire tournoyer

son épée au-dessus de sa tête à une vitesse vertigineuse. Édouard fit l’erreur

de quitter la jeune femme des yeux pour regarder l’épée. Elle en profita

pour lui envoyer un bon coup de pied à l’estomac, ce qui fit perdre

l’équilibre au jeune homme. Mais il ne se laissa pas avoir si facilement. Il

se remit d’aplomb juste au moment où la jeune femme envoyait son épée

vers son cou. Il para l’attaque et la désarma. Le coup fut si puissant que

l’épée de la princesse lui glissa des mains. Édouard posa sa lame sur la

gorge de la jeune femme et lui dit :

– Vaincue, princesse terreur ?

– Oui, Édouard, tu m’as battue, dit-elle, déçue.

Le jeune homme fut tout de même galant. Il ramassa l’épée et la lui tendit

en offrant son bras à la princesse. Ils retournèrent s’asseoir sous le vieux

chêne, où ils passèrent l’après-midi à se raconter leur vie durant les

dernières années.

La reine Iza-Mel avait assisté au combat entre sa fille et son neveu depuis

la fenêtre de son bureau. Elle avait souri de fierté en voyant Illah envoyer

un coup de pied au ventre du jeune homme. Elle avait bien failli vaincre son

cousin, un si grand jeune homme. La reine était également très fière que sa

fille ait bien pris la défaite. Un comportement digne d’une reine, se dit Iza-

Mel.

Toutefois, la reine ne se faisait pas d’illusion : la princesse ne serait

jamais reine de Ganthal, même si elle avait tout ce qu’il fallait pour remplir

avec brio ces fonctions exigeantes. Et Iza-Mel devait reconnaître que sans

l’intervention de la princesse, Lord Lebel ferait encore la pluie et le beau

temps au conseil. Sa traîtrise n’aurait jamais été mise au jour.

La reine sourit en pensant que c’était son enfant qui avait réussi à clouer

le bec à celui qui avait été pendant des années à l’origine de bien des

conflits au conseil. Grâce au tempérament emporté de Illah, plus personne

n’aurait peur de ce conseiller traître et couard.

Toutefois, la découverte de la traîtrise de Lord Lebel amenait un autre

problème. Le code était clair quant à la sanction donnée pour le crime de

haute trahison : la peine de mort. Iza-Mel devait informer le roi que le

président du conseil avait été déchu de son titre et qu’il était accusé de

crimes graves envers le royaume, mais elle devait le faire en catimini.

Si l’ennemi avait réussi à mettre la main sur un homme comme Lord

Lebel, il devait y avoir d’autres espions. Iza-Mel devait faire attention à ce

que la nouvelle de la mise en état d’arrestation du conseiller ne soit pas

ébruitée, sinon Trévor saurait que son espion avait été pris. Les informations détenues par Lord Lebel n’auraient après cela plus aucune

valeur.

La reine demanda qu’on lui envoie Lord Korin des Services secrets. Elle

avait besoin de savoir certaines choses et elle voulait lui demander quelques

conseils.

Iza-Mel regarda par la fenêtre à nouveau. Sa fille était toujours assise

sous le chêne avec son cousin et ils semblaient tous les deux en grande

conversation. Cela rassura la reine : elle ne voulait pas que sa fille se sente

mal d’avoir perdu son combat contre le jeune homme. Illah avait un

caractère très vif et elle était très orgueilleuse. Une défaite aurait bien pu

faire tomber l’atmosphère du château en entier sous le coup d’un orage

caractériel de la princesse.

Des petits coups discrets frappés à la porte du bureau ramenèrent Iza-Mel

à la réalité. Lord Korin entra dans la pièce de sa démarche féline et

silencieuse. Il s’inclina devant la reine et prit place dans un fauteuil

confortable devant le bureau. La reine lui offrit une tasse de thé, que le

conseiller accepta, puis elle lui demanda :

– Lord Korin, dites-moi depuis combien de temps durait le manège de

Lord Lebel et pourquoi vos services ne se sont aperçus de rien.

Le conseiller changea de position dans son fauteuil, signe traduisant que

la question ne lui plaisait pas. Il y répondit tout de même.

– Majesté, nos services ont pour fonction d’espionner l’ennemi. Nous

n’avions aucune raison de douter de la franchise d’un membre du conseil.

Nous avons toujours tenu pour acquis que ceux qui étaient nommés

conseillers étaient au-dessus de tout soupçon, surtout le président du conseil

en personne.

– Je vois. Donc, vous avez été berné par un homme en qui nous avions

tous entièrement confiance. J’ai été bernée, moi aussi, mais un point me

trouble particulièrement, Lord Korin.

– Lequel, Majesté ?

– Lorsque Lord Castille a avoué la supercherie de Lord Lebel, on a dit

que vous aviez été tous menacés de représailles sur vos familles. Pourquoi à

ce moment-là n’avez-vous pas mis quelques-uns de vos espions sur le cas

de Lord Lebel ?

– Je l’ai fait, Majesté. J’ai fait mon devoir, répondit le maître-espion avec

conviction, irrité par les questions de la reine.

– Bien, et qu’avez-vous appris ? demanda la reine.

– Eh bien, Majesté, j’ai appris par mes agents de l’ombre que Lord Lebel

avait des habitudes que je pourrais qualifier de singulières et qu’il

rencontrait une personne mystérieuse dans une maison close du village de

Ziro, tout près de la zone de guerre.

– Avez-vous identifié cette personne ?

– Non, Majesté. Malheureusement, mes agents ont seulement pu

identifier la jeune femme avec qui Lord Lebel avait des entretiens privés.

L’autre personne, qui était un homme, nous sommes convaincus de ne pas

pouvoir l’identifier. Chaque fois qu’un de mes agents s’approchait

suffisamment pour l’apercevoir, le mystérieux personnage s’en allait et

disparaissait sans laisser de traces.

– Depuis le moment où vous avez mis vos espions sur la piste de Lord

Lebel jusqu’au conseil où il a été démasqué, vous n’avez jamais identifié ce

personnage mystère ?

– Non, Majesté, pour mon plus grand déplaisir, je dois le reconnaître. Je

ne suis pas fier de mon échec, mais je ne cesserai pas de chercher.

La reine quitta son siège et retourna à la fenêtre pour réfléchir. La

situation était encore plus complexe qu’elle ne le pensait. Si le mystérieux

inconnu apprenait la disgrâce de Lord Lebel, que se passerait-il ? Il

disparaîtrait et il serait impossible de connaître son identité. La reine reporta

son attention sur Lord Korin qui n’avait pas bougé d’un poil, mais qui

observait la reine de son œil scrutateur. Elle lui dit :

– Lord Korin, il faut trouver un moyen de prévenir le roi de la traîtrise de

Lord Lebel, et ce, sans délai. Nous devons trouver une astuce discrète, sinon le personnage que vous n’avez pas réussi à identifier va se volatiliser

dans la nature, et nous ne saurons jamais qui il est.

– Pourquoi ne pas interroger Lord Lebel à ce sujet, Majesté ?

– Parce que vous croyez qu’il va nous le dire comme ça ?

– Non, Majesté, mais il existe des moyens de faire parler les gens…

– Non, non et non, Lord Korin, s’indigna la reine en se levant d’un bond.

Le roi est le seul qui puisse ordonner qu’un interrogatoire soit fait sous la

torture. Je ne peux me résoudre à faire cela en son nom.

– Majesté, vous devez savoir que plus vite nous ferons parler Lord Lebel,

plus vite nous découvrirons l’identité de cet individu mystère et plus vite

nous trouverons les autres espions, car je suis au regret de vous informer

qu’il doit y en avoir d’autres.

– Je sais, Lord Korin, je suis parfaitement consciente de ce fait. Il nous

faut donc connaître la personne mystère.

– En effet, Majesté. Que faisons-nous ?

– Interrogez Lord Lebel, mais de grâce, ne le torturez pas. S’il ne parle

pas, nous aviserons. Je veux un rapport détaillé de tout ce qu’il vous dira.

– Oui, Majesté.

Lord Korin s’inclina devant la reine et quitta la pièce. Iza-Mel retourna à

la fenêtre. Un sombre pressentiment croissait en elle. Des jours sombres

s’annonçaient au Ganthal.

*

 

Lord Korin se rendit au cachot où il trouva Lord Lebel solidement attaché

par des chaînes dans une cellule presque trop basse pour pouvoir se tenir

debout et qui empestait l’urine.

Lord Lebel leva la tête pour voir qui était son visiteur et éclata de rire

lorsqu’il reconnut le chef des Services secrets.

– Tiens, tiens, je me doutais bien que la reine ne me laisserait pas croupir

ici bien longtemps, dit le prisonnier en souriant, dévoilant ses dents

pourries.

– Détrompe-toi, mon cher, je ne suis pas ici pour te libérer.

– Alors pourquoi es-tu ici, Korin ?

– Tu le sais très bien ; donc, avant que je ne sois forcé d’utiliser des

manières que je trouve indignes sur un homme qui ne peut même pas se

défendre, peut-être accepteras-tu de répondre à mes questions ?

Lord Lebel rit de plus belle, d’un rire sadique et sans humour. Puis il

regarda Lord Korin et dit :

– Tout ce que je sais, tu le sais aussi, j’en suis persuadé ; donc que dois-je

savoir que tu ignores ?

– Qui est l’homme que tu rencontrais à Ziro ?

– Ooooooh ! Mais tu te trompes, ce n’est pas un homme que je voyais à

Ziro, mais une charmante demoiselle…

– Arrête de te moquer de moi ! s’écria Lord Korin avec colère. Écoute-

moi bien, Lebel, la reine pourrait te faire exécuter sur-le-champ et tu le sais

très bien, donc ne me donne pas de motif de l’aider dans ses démarches…

– Tu n’en as pas besoin. Mais pour être tout à fait franc, je ne vois pas

vraiment de qui tu parles, Korin.

– Menteur ! Dis-moi ce que je veux savoir, sinon ce pourrait bien devenir

une conversation beaucoup moins civilisée.

– Pff… des menaces ! Tu n’as pas le courage de faire cela. Ne perds pas

ton temps avec moi. Je n’ai rien à te dire.

– Parfait, Lebel, comme tu voudras, tu vas regretter de ne pas m’avoir

écouté. Tu aurais dû me parler tant que tu en avais la chance.

– C’est ça, pauvre petit imbécile, tu crois que tu sais tout, mais tu ne sais

rien, rien de rien, cracha l’ancien conseiller. Il est trop tard pour vos petites

manigances. Maintenant, le royaume de Ganthal est en perdition. Ce n’est

qu’une question de temps avant que ce royaume de pacotille ne soit perdu.

Si j’étais toi, je prendrais mes affaires et je filerais vite et très loin.

Korin s’en alla sans rien ajouter. Il devait aller faire son rapport à la reine.

Elle le reçut dès qu’il en fit la demande, comme si elle l’attendait ; et,

comme de fait, dès qu’il s’inclina devant elle, elle dit :

– Alors ?

Lord Korin relata fidèlement sa conversation avec Lord Lebel. La reine

demeura songeuse pendant quelques minutes. Elle n’arrivait pas à se

résigner à la torture pour faire parler le conseiller déchu. Toutefois, si le

traître disait vrai et que le pays tout entier était menacé, n’avait-elle pas le

devoir de tout faire pour le protéger ? On lui avait enseigné, lorsqu’elle était

plus jeune, que la fin justifie les moyens dans des cas extrêmes.

– « Perdu », qu’entendait-il par là ? lui demanda-t-elle.

– Je n’en sais rien, Majesté.

– J’ai besoin de réfléchir pendant un moment, Lord Korin.

La reine tournait et retournait tout cela dans sa tête sans grand résultat.

Lord Korin ne bougeait pas et observait la reine. Il était un fin

observateur, et la posture de la reine, cette manière de se ronger les ongles

devant la fenêtre, cette imperceptible raideur au niveau de la nuque, la

mèche de cheveux blonds qu’elle tortillait lorsqu’elle cessait de se ronger

les ongles, tout en elle dénotait le dilemme intérieur qui la tenaillait.

Puis, après avoir jeté un dernier regard à l’extérieur où sa fille se trouvait

toujours, elle déclara :

– En tant que reine d’une nation que nous disons être civilisée, je ne puis

me résoudre à faire torturer un homme. Je suis désolée, Lord Korin, mais je

ne peux pas. Le roi décidera du sort de Lord Lebel à son retour.

– Comme il vous plaira, Majesté. Toutefois, avec votre permission,

j’aimerais retourner voir le prisonnier ; peut-être qu’il finira par dire

quelque chose de suffisamment concret pour que je puisse m’en servir

contre lui et contre l’individu mystère.

– Je vous accorde cela, conseiller, mais qu’il soit bien clair qu’aucun

châtiment physique ne devra être administré au prisonnier, sauf si, par

malheur, il devait tenter de s’échapper. Si cela devait arriver, je vous laisse

juger des conséquences et des châtiments qui pourraient lui être

administrés.

– Bien, Majesté, il sera fait selon vos désirs, dit Lord Korin en s’inclinant.

La reine retourna à sa fenêtre en se demandant qui serait le messager qui

passerait parfaitement inaperçu pour rejoindre le roi sur le champ de

bataille. Une question épineuse, qui restait sans réponse. Rien n’est jamais

simple, à ce qu’il paraît.

 

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