Ætrium (French Edition)

Walter Welles · Chapitre 10 sur 20

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Ætrium (French Edition)

CHAPITRE 10 : Infiltration et Séjour Champêtre

 

Narration de Talia : Dante se repose sagement dans la voiture il est temps pour moi de repartir en mission seule. Je marche le long du bâtiment de Cykorps et descends par l’entrée du niveau souterrain. Je repère les caméras et les neutralise en leur jetant les rétroviseurs des voitures que j’arrache. Comme Dante me l’a expliqué, je cherche la voiture du directeur Recherche et Développement. Son nom étant inscrit en grandes lettres pour lui réserver sa place, je trouve sans difficulté. Il a un gros SUV noir aux vitres teintées. Je les brise toutes. L’alarme se met en route et je cours me réfugier derrière la voiture la plus proche de l’entrée.

Quelques secondes suffisent pour qu’une armada de gardes armés déboulent et commencent à ratisser la zone en mettant la main sur les nombreux rétroviseurs que j’ai arrachés. Je me redresse et m’avance doucement vers le garde le plus proche pour lui asséner un coup dans la tête et l’assommer. Je le retiens avant qu’il ne tombe et l’emporte pour le déposer derrière la voiture où je m’étais réfugiée.

Je lui prends sa radio et sa carte d’accès, puis je me dirige vers l’ascenseur. Un cyborg s’avance vers ma direction, je lui demande de me suivre dans l’ascenseur car j’ai besoin de lui pour de la logistique. Il entre avec moi, j’appuie sur le bouton du niveau 2 et bloque l’ascenseur quelques minutes le temps de reprogrammer le cyborg, beaucoup plus rapidement que la formation que j’ai dispensée à Dante.

La reprogrammation terminée, il obéit sans poser de question. Je relance l’ascenseur. Une fois arrivée, je descends et demande au cyborg de me suivre. Un garde se tient un peu plus loin devant moi, assis sur un petit bureau, il mange des chips en regardant son téléphone portable. Une porte me sépare de la salle d’archives quand, tout à coup, une voix retentit, elle provenait de la radio que j’ai piquée mais aussi de la radio du garde d’en face. Je baisse discrètement le son de celle-ci.

- On a une infiltration dans le bâtiment, tout le personnel en poste dans les secteurs non sensibles est invité à se rapprocher des étages supérieurs. Ils participeront à la sécurisation des bureaux des dirigeants du groupe et les autres seront affectés aux zones de stockage des armements.

Il lève la tête et prend son téléphone portable, tout en laissant son paquet de chips sur la table. En s’avançant dans le couloir, il se présente devant nous, passe sa main sur sa bouche et s’essuie les mains contre sa tenue pour enlever la présence de celles-ci un peu partout sur lui, il m’adresse la parole :

- Bonjour madame, je n’ai pas le temps de vérifier votre laissez-passer, vous avez entendu le message.

- Bonjour, très bien. De toute façon, tout est en règle, nous venons juste récupérer quelques archives.

- Allez-y avec le bot, passez juste votre badge devant la porte.

- Merci, bonne fin de journée.

- A vous aussi madame.

Ce fût encore plus facile que ce que je pensais, je me tenais prête à l’assommer mais finalement ce n’est pas nécessaire. Je fais ce qu’il me dit et j’arrive dans la grande salle d’archives avec des étages remplis de cartons. Les allées sont numérotées. Dante m’a donné le numéro C17, j’envoie le bot descendre les cartons des étagères. Pendant ce temps-là, je lui envoie un SMS puis je place le drone dans ma main. Quelques secondes plus tard, ce dernier s’élève et fonce rejoindre le cyborg qui a descendu les cartons. Il y a énormément de choses archivées ici il m’aurait été difficile de trouver ce qu’il veut.

Je mets en place le drone juste à côté des objets et prototypes qu’il veut que j’emporte. Je remplis un carton complet et demande au drone de le porter et de me suivre. Nous sortons de la salle et nous retournons prendre l’ascenseur. Arrivée au rez-de-chaussée, des regards se posent sur moi. Les employés ont l’air un peu en panique mais je décide de continuer mon chemin, comme si de rien n’était. Tout se déroule sans encombre jusqu’à la sortie en emportant avec moi le cyborg et le carton remplit des jouets de Dante. Une fois de retour au parking, je neutralise le robot et lui mets la radio dans la poche.

Je retrouve Dante dans la voiture et pose le matériel dans le coffre. Nous reprenons la route et nous passons voir King avant notre départ.

Narration de Dante : Ma partenaire nous a conduits sur le parking de la boite de nuit.

Avant d’entrer dans le club je prends une boîte noire marquée d’un gros X blanc au-dessus. C’est la chose la plus importante qu’il me fallait. J’emporte aussi l’argent pour payer le reste de l’armement.

Pour la deuxième fois, je suis dans son bureau. King nous rejoint, il a laissé de côté le reste de la cargaison le temps que je lui apporte l’argent.

- Ton frère se porte bien ? Lui demande Talia.

- Oui, il se remet tranquillement aux affaires, il va surtout falloir qu’il reprenne la muscu et mange comme quatre. Bordel, il est aussi maigre que toi, s’exclame King en me désignant du regard.

- King, on a besoin de deux visas pour Undercity. Il faudra aussi refaire tous les documents que tu nous as déjà fournis. J’ai quelque chose pour toi, mais tu ne devras révéler à personne ce que je te montrerai.

- Vous deux, vous arriverez toujours à me surprendre. Montre-moi ton petit secret, je verrai s’il mérite de rester entre vous et moi. Par contre, pour les papiers, ça va te coûter un bras.

Talia me regarde, elle non plus ne sait pas de quoi je parle. Personne n’est au courant hormis quelques anciens collègues, nous étions très peu à travailler sur ce projet. J’ouvre la boîte avec le X marqué dessus et en sors deux petits capteurs transparents. Je m’en colle deux sur chaque partie du front, à gauche et à droite de celui-ci. Ils me regardent en se demandant ce que je peux bien faire. Je prends deux autres petits capteurs que je place sous mon visage au niveau de mon cou, et de chaque côté également.

- Mais tu joues à quoi le clown, tu me fais perdre mon temps avec tes conneries en revanche tu arrives aussi à me faire rire.

- Laisse-moi finir, tu ne seras pas déçu.

Je prends dans la boite un petit écran tactile pliable, je le lève et capture en photo le visage de King en lui demandant de ne pas bouger. Puis je mets ma main dans la boîte et en sors une membrane totalement transparente. Je la dispose dans ma main à plat et viens la plaquer contre mon visage. Aussitôt, en contact avec les capteurs, des petits éclairs parcourent le masque et mon visage prend la forme de celui de King.

- Oh putain de merde. Alors là, je suis assis mais tu m’as mis sur le cul. C’est quoi ton truc, il m’en faut absolument un. Tu en veux combien ? Donne-moi ton prix. Tu peux prendre ce que tu veux. Le reste de l’armement que tu dois prendre, je te l’offre, ainsi que les documents.

- Moins vite, calme-toi je vais t’en donner un. C’est un prototype sur lequel mon équipe et moi travaillions avant qu’ils ne coupent le projet. Cela doit rester entre nous car Talia et moi allons avoir recours à ce subterfuge le temps que les choses se tassent. Je veux le reste de l’armement, plus l’IEM et les nouveaux documents avec nos nouveaux visages. C’est compris ?

- Ok, tout ce que tu veux. Ça fonctionne comment ?

- Tu peux changer de visages comme bon te semble. Dans cet écran il y a une IA qui peut générer des visages à volonté, ou tu peux copier le visage de quelqu’un simplement en le scannant via l’appareil. Concernant les capteurs ils peuvent rester en permanence sur ton visage, ils sont transparents et peuvent prendre l’eau. Personne ne pourra les remarquer, il y a déjà plus d’un millier de visages d’hommes et femmes à disposition dans ce petit écran. Ils ont été développés par nos soins et on s’en est servi pour les tests donc il nous fallait un grand nombre de variables. D’ailleurs si tu as fait partie des moutons qui ont utilisé l’application OLDME tu as contribué au développement des visages. C’est nous qui l’avons créée car nous devions entrainer l’IA. Ce sont donc de parfaits inconnus. Pour l’enlever, il te suffit de faire comme ça.

Je place ma main sur mon visage, j’attrape la membrane et la retire. Cela produit encore quelques éclairs bleus le long du gadget que je repose dans son emplacement, le socle de celui-ci fait office de chargeur.

- J’en ai dix comme ça dans cette boîte, je ne t’en donnerai qu’un seul. Mais si tu le perds, l’abime ou autre, je ne te le remplacerai pas ou alors ça va te coûter très cher.

- C’est bon, tout ce que tu voudras. Dante tu m’as conquis, je savais que je gagnerais plus à ne pas te trahir. Allons faire les photos, nous dit-il en se frottant les mains comme à son habitude.

Je remets tous les équipements dans la boîte, la referme, et le suis en la gardant sous le bras. Talia me dit :

- Je ne savais pas que tu avais autant de ressources, ça va être bien plus compliqué pour eux de nous retrouver maintenant.

- Oui, sans ça, ce serait vraiment plus difficile de leur échapper cependant il faudra être vigilant.

Après un court trajet, nous sommes au sous-sol. Il demande à tout le monde de quitter la pièce quelques temps. Talia et moi enfilons nos masques et nous choisissons différents visages. Elle prend celui de quelqu’un de beaucoup plus âgé, une quarantaine d’années et donc plus mature avec quelques rides d’expression sur le visage. Mais toujours une femme séduisante. Elle a aussi un tas de perruques qui peuvent aller avec ce visage. Pour ma part, je décide donc de la suivre et prends celui d’un homme qui a la cinquantaine, quelqu’un qui passe partout et qui est assez conventionnel, j’ai suffisamment attiré l’attention pour des décennies.

- Je sens que je vais adorer ce nouveau gadget Dante, merci, c’est un plaisir de faire des affaires avec toi, avoue King. J’ai le sens des affaires mais toi tu sais comment me faire plaisir ahah.

- Au fait, je ne t’ai pas dit, mais la contrainte c’est que je veux ces nouveaux documents maintenant.

- Attends, comment ça maintenant ?

- Tu m’as compris, le deal ne tient que si tu nous fournis les papiers maintenant, sinon je trouverai un autre faussaire. On quitte la ville ce soir.

- Je vais voir ce que je peux faire.

La séance photo terminée, il nous fit patienter deux longues heures. Durant ce temps-là, j’en profite pour discuter avec Talia au sujet de l’endroit où nous allons aller.

Le temps écoulé, il revint avec les documents au complet. Exactement ce qu’il nous fallait. Les cartes en poche, nous voilà de nouveaux citoyens lambda. L’heure des adieux a sonné, nous nous séparons de King et nous allons nous installer dans la voiture avant le grand départ.

- Écoute Talia, à partir de maintenant, on ne sort plus en public sans nos masques, tu as compris comment le porter ?

- Oui ça devrait aller.

Je lui ouvre la boîte et la pose au milieu de l’habitacle de la voiture. Nous effectuons simultanément les mêmes manipulations, premièrement avec les écrans, et dans un deuxième temps avec les membranes qui font office de masque. Nous nous regardons, un peu surpris du résultat, mais finalement soulagés de pouvoir fuir discrètement.

Il nous faut des vivres pour quelques temps, donc nous remplissons le coffre d’eau et de nourritures mais aussi les sièges arrières de la voiture avec du matériel de camping. Nous emportons également un générateur à énergie solaire, réchaud et autres accessoires utiles. Avec la somme d’argent que nous avons, on peut s’équiper comme il le faut, étant donné que finalement King n’a pris comme paiement qu’un seul masque.

Nous roulons vers la sortie de la ville pour nous enfoncer dans le no man’s land. Il y a tellement de villes ou villages abandonnés que nous avions énormément de choix. Mais quand j’étais enfant, et que mes parents me racontaient des histoires, ils m’ont parlé d’un lieu où mes grands-parents ont vécu. Mes parents aussi sont originaires de ce lieu, ils ont passé une grande partie de leur enfance dans ce drôle de village nommé Villers-Cotterêts avant de rejoindre la ville. Qui sait peut-être ressentirai-je des émotions différentes en vivant quelque temps à l’endroit où mes parents ont grandi et se sont rencontrés.

 

Le village abritait à peine un millier d’habitants à l’époque où il était habité, il se situe à une quarantaine de kilomètres d’Undercity dans une vaste zone boisée, il y serait plus difficile de nous retrouver. Il était très éprouvant et dangereux de vivre dans tous ces villages le temps de la guerre. Tout le monde a déserté ces zones au fur et à mesure pour habiter dans les villes et ainsi participer à l’expansion des mégalopoles. Bien que la vie y sera un peu plus rustique, nous serons plus à même de nous préparer, et moi de m’entrainer pour poursuivre l’objectif que nous avons.

Arrivés sur place, nous remarquons que les lieux sont complétement déserts. Nous enlevons les masques pour les remettre dans la boite. Les habitations sont toujours présentes, la nature ayant repris ses droits nous pouvons même les visiter tels des vestiges d’une ancienne civilisation.

Nous avons l’étendue du choix concernant notre logement. Je laisse Talia choisir la maison qu’elle veut, elle opte pour l’une de ces maisons sur plusieurs étages disposant d’un grand jardin totalement recouvert d’hautes herbes avec une ancienne balançoire qui dépasse. Tout est resté en place comme si le monde s’était arrêté de tourner. Au vu de la taille du village il va m’être assez difficile de retrouver la maison de ma famille mais sait-on jamais.

Sans électricité, Internet ou même eau courante, le stage d’aguerrissement débute dès notre arrivée. J’envoie ma protectrice chercher du bois pendant que j’installe nos affaires, vide le coffre et effectue un peu de rangement pour nous faire de la place.

Talia me rejoint en portant quelques morceaux de bois ainsi que la hache qu’elle a utilisée. Elle jette celle-ci qui se plante dans le mur non loin de moi et me dévisage en entamant la conversation :

- Si tu veux te renforcer, ça commence maintenant. J’ai pris assez de bois pour lancer le feu, mais à partir de maintenant, tu iras chercher le bois par toi-même tous les jours.

- On se calme, on vient à peine d’arriver, laisse-moi m’installer avant.

Elle me fixe toujours avec ce même regard désinvolte et me dit :

- Tu veux que je te mette dans le coffre de la voiture et que je te dépose à quelques kilomètres d’ici ?

- Non merci, c’est bon, je vais y aller. Fait attention que je ne te prive pas de batterie.

- J'ai une autonomie d’une semaine et je peux rapidement courir jusqu’à Undercity pour trouver une borne de recharge.

- J’aurais dû négliger un peu plus la durée de vie de ton autonomie, bon finis les sarcasmes, j’y vais.

Elle finit par arborer un sourire et me regarde partir pour le petit bois. Avant mon départ, elle me glisse quand même un petit tacle.

- Si tu as peur ou s’il se passe quelque chose, tu peux crier et je viendrai.

- Ahah très drôle, j’ai dit finis les sarcasmes.

Depuis notre arrivée ici, elle s’est transformée, ça ne me fera pas de mal mais le changement radical de personnalité n’augure rien de bon.

J’explore un peu le village, rien de bien intéressant aux alentours. Je ne peux que constater les ravages de la guerre. Les herbes se dressent dans toutes les parcelles de terrain, elles sont tellement denses qu’il n’est pas impossible que des animaux sauvages y soient dissimulés. Les routes goudronnées à l’origine, sont éclatées à certains endroits laissant place à des cratères béants, probablement des impacts dus aux combats qui ont fait rage jusqu’ici. On peut voir les conséquences une fois l’Homme absent depuis plusieurs décennies. Le froid est beaucoup plus intense dans cette province qu’à Suncity. Vivement que je puisse me réchauffer auprès de la cheminée.

À l’entrée du bois, je commence à m’atteler à la tâche. Après une bonne heure passée à taper maladroitement contre des arbres pas trop épais, je me rends compte que mes mains me brulent, je pose la hache pour y jeter un œil. Des rougeurs recouvrent la paume de mes mains. Je n’ai jamais connu cela. Même en pratiquant des sports de combat, je n’en suis jamais arrivé à ce stade car je n’ai jamais rencontré de difficultés physiques quelconques.

Je décide de continuer à couper les arbres en tapant de plus en plus fort, le tout en pensant à mes parents assassinés et à la dernière fois que j’ai vu leurs visages sur la table du salon.

Ces sombres pensées ne me conviennent guère car je m’écroule à genoux et fonds en larmes en laissant la hache plantée dans l’arbre après un dernier coup. Rester imperturbable n’aura duré que très peu de temps. Le retour à la réalité, cette réalité qui est mienne, se fait dans la douleur et les sanglots.

Comment vivre en ayant ces images en mémoire. Tout se bouscule dans ma tête. Je pose mes mains ensanglantées sur mon visage tandis que mes pleurs s’intensifient. Mon souffle s’accélère, je ne contrôle plus mon corps ni mes émotions.

Pourquoi eux, pourquoi moi, qu’avons-nous fait pour mériter cela. Il me faut des réponses, la vengeance m’anime mais ce n’est pas suffisant, il faut que je sache pourquoi.

J’entends des bruits de pas, quelqu’un se dirige vers moi et en courant à toute vitesse. C’est Talia, elle voit le sang sur mon visage, mes mains, et me questionne tout en s’agenouillant en face de moi :

- Tu t’es déjà blessé Dante ?

- Non, j’ai coupé du bois comme tu me l’as demandé.- Alors pourquoi tu pleures ?

- J’ai perdu mes parents.

Elle prend ma tête et m’allonge sur le sol contre ses jambes.

- Tu ne vas pas esquiver le bois en faisant ça tu sais ? Dit-elle en rigolant.

Je tente de rire, mais la seule chose qui sort de ma bouche, dont je ne suis que peu fier, c’est du liquide provenant de mon nez, et toujours des pleurs.

- Ne t’en fais pas, ça va aller, je suis là pour toi et tu peux me parler.

- Justement, il n’y a plus que toi, j’ai tout perdu, mes parents, mes amis, mon travail, ma vie. Je suis désormais un fugitif. Je n’ai plus d’identité, je vais devoir fuir toute ma vie.

- Nous retrouverons ton identité, je te le promets.

A l’issue de quelques minutes, avec les doigts de Talia qui passent dans mes cheveux, je parviens à me calmer, à reprendre le contrôle de mon corps. Elle est restée là, sans parler. Elle tenait juste à m’accompagner et à me calmer. Talia finit par me relever avec elle et pose ses deux mains sur mes épaules :

- C’est bon, on peut rentrer, tu finiras demain matin.

Je peux voir sur son visage qu’elle a pleuré aussi, elle m’a accompagné dans ma souffrance sans le montrer, sûrement pour que je ne sombre pas plus encore. Je la prends dans mes bras et lui dit :

- Tu peux rentrer, je continue à m’occuper du bois. Merci pour tout.

Je la regarde prendre la direction du village sans dire un seul mot jusqu’à ce qu’elle ne soit plus dans mon champ de vision. Quant à moi, j’ai repris le découpage du bois avec, cette fois-ci, une motivation à toute épreuve. Malgré la douleur, la seule chose qui m’arrête c’est la nuit qui ne me permet plus de voir convenablement. Je décide de rentrer en emportant avec moi la hache et un maximum de bois.

Une fois mon chemin retrouvé jusqu’à la maison, je dépose tout ce que j’ai collecté dans le salon. Mon acolyte a rangé la maison de fond en comble, je ne sais pas combien d’heures j’ai passé dans le bois mais ça lui a suffi pour rendre cette maison bien plus qu’habitable. Après tout, elle n’éprouve pas la fatigue, elle est plus rapide, plus forte, et optimise à la perfection ses actions. Je reste quand même surpris de la qualité de son travail.

- Franchement bravo pour tout ce que tu as fait, tu m’impressionnes.

- Non c’est normal, et puis j’ai quand même un avantage considérable par rapport à vous autres humains.

- Ah bon et lequel ?

- Je suis parfaite, dit-elle en rigolant.

- Ohla attend tu es parfaite uniquement parce que c’est moi qui t’ai créé, donc respecte un peu ton créateur.

Nous avons ri un moment avant de nous installer près du feu pour que je mange au chaud.

- À partir de demain, je te réveillerai tous les matins à 6h précise. Nous partirons courir dix kilomètres, ensuite nous ferons une séance de renforcements musculaires. Tu prendras ta douche froide et je te ferai des instructions et entrainements au tir avec les armes que tu as achetées. Tu auras ton repas à midi, puis nous enchainerons sur l’apprentissage des techniques de différents sports de combat, cela durera deux heures. Et pour finir, il y aura deux autres heures ou tu vas devoir mettre à profit ce dont je t’ai appris lors d’une chasse.

- Chasse à quoi ?

- Demain matin, quand tu seras occupé à faire de l’assemblage d’armements, j’irai kidnapper quatre cyborgs auxquels j’enlèverai les traceurs pour les emporter avec moi ici. Ensuite je vais les reprogrammer, dans le but de leur donner pour mission de te traquer dans le village et dans la forêt. Je pourrais aussi te donner des objectifs à réaliser tout en neutralisant les cyborgs. Il faut que tu sois autant opérationnel en zone urbaine que dans la faune.

- Et bien ça promet. Sur ces bonnes paroles, je pense que je vais reprendre des forces. Bonne nuit Talia.

- Bonne nuit Dante.

Elle s’installe sur le matelas à côté de moi et se mit en veille.

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