Ætrium (French Edition)

Walter Welles · Chapitre 20 sur 20

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Ætrium (French Edition)

CHAPITRE 21 : Le Tout pour le Tout

 

Je reprends connaissance sur mon lit, sans aucune idée de l’heure qu’il est ni du jour que nous sommes. Mon corps en entier est endolori. Ma bouche est pâteuse, aussi engourdie que le reste de mon corps. Je reprends peu à peu mes esprits ainsi que ma mobilité en faisant bouger mes orteils et mes mains. Je crie difficilement pour appeler Talia, elle accourt pour me rejoindre et se jette dans mes bras en évitant ma blessure.

Dans le montant de la porte, j’aperçois King et son frère avec les jumeaux mais aussi Jaina et sa fille. Ils me regardent tout sourire et ont l’air content de me voir ouvrir les yeux.

- Il s’est passé quoi après que je me sois endormi, et combien de temps suis-je resté comme ça ?

- Rien de particulier. Quand tu as perdu connaissance, tout le monde était déjà neutralisé. On est rentrés ici, j’ai envoyé King chercher du matériel médical et je t’ai soigné. Tu es endormi depuis quelques jours, m’explique ma création.

- Merci, vous m’avez sauvé la vie encore une fois.

- On leur a mis une belle correction, ils ne sont pas près de s’en remettre ! Crie King hilare.

- Allez dans le salon et ne faites pas trop de bruit, on doit le laisser se reposer ! S’exclame ma partenaire.

Tous sortent de la pièce et ferment la porte me laissant seul avec Talia.

- J’ai une question.

- Oui Dante, je t’écoute.

- Pourquoi tu nous as laissé seuls dans la maison quand tu es sortie ?

- J’ai remarqué que plusieurs d’entre eux n'étaient pas présents. Notamment Vassilis, Sloane et Arys. C’est comme ça qu’ils opèrent. Sloane s’est mise à me tirer dessus mais je ne voulais pas qu’elle vous touche. Je me suis attaquée à elle en priorité. Vassilis et Arys se trouvaient tous les deux dans un véhicule. J’ai retourné ce dernier et les ai enfermé dedans en le déformant. Ils n’ont pas de chef, certes, mais ils communiquent via des implants intra-auriculaires et ils échangeaient des informations de la sorte. Le fait que je les neutralise les a un peu déstabilisés.

- Je comprends mieux, tu as eu raison, c’est une très bonne initiative. Quel jour on est ?

- On est le 22 janvier, pourquoi ?

- Merde, passe-moi mon téléphone, je dois passer un appel.

- Je te donne ça tout de suite.

Talia prend sur le bureau le téléphone qui n’a pas dû bouger depuis mon arrivée ici. Elle me le tend tout en s’installant de l’autre côté du lit comme pour veiller à mon chevet. Dans le répertoire, j’accède à la lettre H et lance l’appel.

- Allo, qui est à l’appareil ? M’interroge l’interlocuteur.

- C’est Dante.

- Tout le monde te pense mort. Kami est persuadée de t’avoir tué.

- Et bien non, elle se trompe. La réunion a toujours lieu aujourd’hui ?

- Oui, 17 h à l’hôtel comme je te l’ai dit.

- Comment on peut y accéder et comment être certain que tu ne nous tends pas un piège ?

- J’aurais très bien pu donner l’adresse de votre planque à mon équipe.

- Tu sais où on se trouve ?

- Bien entendu, vous avez un appartement sur Anold Estate à Undercity. Tu ne pensais quand même pas que je ne vous trouverais pas ?

- Tu nous as retrouvés comment ?

- Sache que tu n’es pas le seul à être pleins de ressources. J’ai ma petite idée sur comment vous faire participer à la réunion. Je porterai un micro et vous aurez droit à un live.

- Non, je veux assister à la réunion personnellement.- C’est trop dangereux, quelques-uns d’entre nous ont des interrogations concernant ton histoire et celle de ton bot. Mais les autres, s’ils vous voient, ils ne vous laisseront pas vous échapper.

- Je dois assister à cette réunion coûte que coûte, il faut que je sache la vérité.

- Ok, je t’aiderai à y accéder, mais je ne te garantis pas que vous en ressortirez vivants. Retrouvez-moi au Paris Café, c’est en face de l’hôtel. Prenez vos masques, vous en aurez besoin pour entrer. Venez pour 17 h.

- Mais il sera trop tard tu ne crois pas Haydan ?

- La réunion commence à 17 h effectivement, cependant j’ai pour habitude de toujours arriver en retard, dit-il fièrement.

- Très bien, je te fais confiance. A tout à l’heure.

Je raccroche, et Talia me fait les gros yeux avant de s’adresser à moi :

- C’est un très mauvais plan, je ne sais pas ce que tu as derrière la tête mais on n’ira pas là-bas.

- Si il faut que l’on y aille, on aura enfin les réponses à nos questions.

- Mais à quel prix ? Tu es encore blessé et on ne pourra jamais sortir de là vivants.

- Ils ne nous tueront pas devant la délégation Strigoï. Dara et Virgile seront présents, ce sont eux notre porte de sortie. Fais-moi confiance, on va s’en sortir.

- D’accord, mais c’est toi et moi, on n'embarque ni King et son frère, et encore moins Jaina.

- Ok, c’est juste toi et moi.

Je me lève avec difficulté, et me faufile dans la salle de bain. Mon visage est encore tuméfié au niveau de l’œil droit. J’ai dû me faire ça pendant la chute. Je me prépare et me déplace en gardant ma main contre mon ventre, la douleur est très présente. Il me faut un peu plus de temps que d’ordinaire pour me déplacer, les autres me regardent en ne comprenant pas ce que je fais déjà debout. Je demande à Talia de leur expliquer ce que nous projetons de faire pendant que je fais mon sac.

Ils ne comprennent pas non plus le but de cette mission-suicide et ne sont pas d’accord avec notre projet.

Après des « au revoir » sous des airs d’adieu, l’atmosphère est tendue. Comme si on leur avait annoncé que nous avions contracté une maladie incurable dont la mort était la seule issue.

Dans la voiture, Talia est au volant. Je me situe sur le siège passager. La position allongée dans le lit était bien plus confortable que celle assise dans la fourgonnette de King. On a préféré prendre son véhicule car le nôtre doit être activement recherché. Sur les coups de 17 h 10, nous arrivons au café. Haydan y est attablé avec Arys, ils sirotent des boissons qui ressemblent à des cafés. Nous nous asseyons à leur table et la discussion commence.

- Tu connais Arys, il est avec nous lui aussi. Il n’a pas apprécié de se faire manipuler par le gouvernement.

C’est la première fois que je peux voir Arys d’aussi près, il est métis avec des origines Africaines. Je ne saurais pas dire de quel pays, avec ses cheveux coupés courts et son visage peu expressif il m’est très difficile de savoir ce qu’il pense.

- Pourquoi vous nous aidez ?

- Il y a des trucs qui clochent depuis le début. Ça a commencé par Rebirth. C’est louche qu’ils se fassent tuer dans leurs locaux par des Strigoï sur notre territoire. Ajoutez à cela les multiples attentats qui ont persisté alors que les membres de Rebirth sont tous morts. Ils nous ont menti concernant la création de ton bot.

A ce moment-là, Arys fait un signe de la tête en direction de Talia.

- Ensuite, on n’a jamais été d’accord avec ce qu’ils font aux humains emprisonnés. On est contre ces accords. Nous ne sommes pas que des tueurs, et là clairement il y a quelque chose qui ne va pas.

- Ca nous suffit pour vous faire confiance, on y va quand ?

- Numéria m’enverra un message quand on pourra y aller. Vous avez pris vos masques ?

- Oui, on les a toujours sur nous. Vous êtes combien à nous aider ? Demande Talia.

- Arys ici présent, Numéria, Prima, Vassilis et moi-même. Ca ne sera pas suffisant si on doit vous faire sortir en force ! S’exclame Arys.

- Et Xan, vous avez des informations sur lui ? Leur demandai-je.

- Plus personne n’a de nouvelles de lui depuis qu’il fut renvoyé du groupe pour le meurtre de tes parents. Bien qu’il soit le meilleur, il n’a pas toujours été comme ça. Je me souviens une fois où il est allé à Undercity pendant plus d’un mois. Personne ne l’a vu puis il est réapparu soudainement, comme si de rien n’était, en acceptant la mission qui concernait tes parents, mais il semblait très perturbé. Après, tu la connais la suite, m’explique Haydan.

- Je m’occuperai de lui plus tard. Je dois d’abord confronter les personnes qui ont manigancé tout ça et les exposer.

- Tenez, prenez ça et enfilez-les. Ce sont des vestes appartenant au groupe. Si vous portez ça, personne ne vous posera de questions quand vous allez nous suivre.

Arys nous tend deux vestes types bombers noirs avec leurs fidèles logos as de pique apposés dans le dos. Au même moment, il reçut le fameux message de Numéria. Ma partenaire et moi enfilons nos masques avec nos nouvelles vestes et entrons dans l’hôtel pour assister à la réunion, puis nous sortons du café pour rejoindre l’hôtel. Des hommes et femmes armés protègent les accès. Nous suivons les deux amis. Vu de derrière, nous avons une vue sur eux et leurs démarches nonchalantes, à la limite de la lassitude.

 

Aucun barrage, aucun contrôle n’est effectué, ces hommes sont définitivement intouchables. Tout le monde les connait ici. Les regards se tournent vers eux, agrémentés de chuchotements. On peut même lire la peur sur le visage de certains d’entre eux. Après avoir pris l’ascenseur, la porte d’entrée de la salle se trouve droit devant nous. Mon cœur ne s’emballe pas. Je n’ai qu’une hâte, c’est de découvrir ce qui se trame dans cette salle. Arys et Haydan ouvrent les portes puis nous entrons à notre tour dans l’immense salle de réunion.

Toutes les têtes se tournent vers nous. Je les compte. Les trente invités ici présents nous dévisagent. Dara est debout aux côtés de Virgile, ils sont tous deux de part et d’autre de l’écran du vidéoprojecteur. Ce dernier a l’air de diffuser une vidéo qui, pour le moment, est en pause.

Un général, au regard de sa tenue, s’adresse à Arys :

- On a commencé sans vous, vous daignez enfin vous montrer. Puis-je savoir qui sont les personnes que vous avez emmenées avec vous ?

Haydan et Arys s’écartent pour qu’ils puissent nous voir. Quant à Talia et moi, nous enlevons nos masques que nous enfouissons dans nos poches.

- Mais pour qui vous prenez vous ?! S’écrie un autre général.

Arys et Haydan restent silencieux et me laissent avancer pour prendre la parole. Je me lance en tenant ma main droite contre ma blessure et commence à m’adresser à eux :

- Je ne sais pas pourquoi vous êtes tous réunis ici mais je fus accusé à tort du meurtre de mes parents.

Je les pointe du doigt pour les désigner et continue ma phrase.

- Vous tous autant que vous êtes, vous avez mis un contrat en ligne sur le darknet qui a été exécuté par Xan. Je veux savoir pourquoi vous avez fait tout ça.

Virgile se déplace à la vitesse-éclair pour se tenir devant moi, mais ma création est aussi rapide que lui et elle s’interpose. Il est plus grand qu’elle, comme la statue de lui dans le centre-ville d’Undercity. Il est à la fois imposant et charismatique, son teint pâle lui va parfaitement. Tellement bien qu’on pourrait l’associer aux elfes, ces créatures fictives des histoires fantastiques. Ses cheveux sont longs et d’un blanc étincelant. Il porte une veste mauve de très haute qualité ainsi qu’une chemise noire, et un pantalon noir aussi. Il fixe ma protectrice et prend la parole :

- Vous faites erreur.

- Reculez-vous ou je vous décroche la tête, le menace Talia.

 

- Impétueuse enfant, tu ne sais pas à qui tu t’adresses, lui répondit un des généraux de Virgile.

Celui-ci recule pour prendre ses distances, souris, lève le doigt comme pour demander le silence, puis reprend la conversation.- Ne vous interposez pas général Aldéric je vais finir ce que j’ai commencé. Nous ne sommes pas les instigateurs de tes malheurs Dante. Nous aurions pu gérer la situation autrement certes, mais nous devions faire des choix accompagnés de sacrifices.

- De quoi vous parlez, vous avez sacrifié mes parents pourquoi ? Lui demandai-je. Mes yeux commencent à rougir et mes larmes à s’écouler le long de mes joues.

- Ne m’interromps pas ou je vais perdre mon sang-froid et tu n’aimeras pas la suite, dit-il en glissant sa main dans ses cheveux déjà parfaitement lisses. En effet nous sommes ceux qui t’ont accusé à tort, tu dois comprendre que nous n’avions pas le choix. Général Asmodée, relancez la vidéo depuis le début.

À l’unisson, les regards se redirigent sur l’écran. Une vidéo filmée via une caméra de surveillance qui, au vu de la date et des écritures en bas à droite, se situe sur Mars le 11 du mois de juin de l’an dernier, là où les colonies sont installées. Sur les images qui défilent, on remarque un immense vaisseau qui atterri non loin d’un des bâtiments abritant des colons.

Ce n’est pas un vaisseau humain, ils font défiler les images jusqu’au moment où des humains sortent de nos bâtiments pour aller à la rencontre du vaisseau, ils remettent la vidéo en lecture normale. Un faisceau lumineux blanc très fin sort du vaisseau pour passer au travers d’un des soldats et reste accroché à lui. Aussitôt fait, l’homme armé se met à tirer sur les personnes qui l’ont accompagné à la rencontre du vaisseau. Il les tue tous et retourne dans le bâtiment de la colonie. Dans la vidéo on peut voir le faisceau de lumière s’étendre et suivre le soldat comme un lien qui le connecte à quelque chose au vaisseau.

L’image passe sur une des caméras à l’intérieur dans un couloir. L’homme armé fait irruption dans toutes les salles et les caméras changent au fur et à mesure pour nous montrer le massacre. Le faisceau quant à lui se scinde en d’innombrables branches qui vont se coller sur certaines personnes. Les branches se multiplient à une vitesse ahurissante et de manière exponentielle. Les individus contaminés tuent des dizaines d’autres personnes tandis que le lien continue de se répandre pour en affecter d’autres, autant de civils que de militaires, tous sans distinction. Le sang coule à tous les niveaux, cela dure dix bonnes minutes de massacre et de contamination. L’image retourne sur le vaisseau, trois personnes sortent de l’appareil.

Celui du milieu a la main tendue, le lien initial sort de sa main, étendu sur une longue distance telles les racines d’un arbre, il contrôle à distance plus d’une cinquantaine de personnes. Eux trois s’avancent vers la station des colons, ils s’introduisent dedans et au fur et à mesure de leur progression les soldats qu’il a corrompus se prosternent devant lui et conservent une position de soumission.

Depuis les caméras à l’intérieur de la station on voit beaucoup mieux les équipements qu’ils arborent. Les trois ont des combinaisons d’un noir profond et identique, ils ont aussi l’air de faire la même taille et les mêmes corpulences. Leurs combinaisons font penser à des tenues de jeux vidéo, impossible de dire s’il s’agit d’hommes ou de femmes à l’intérieur ou encore d’êtres humains. L’armement qu’ils ont utilisé n’a rien de terrestre.

Les trois individus progressent et pénètrent dans la salle des communications, l’un des corrompus les a rejoint après s’être prosterné puis utilise l’ordinateur.

Soudain, Dara prend la parole pour la première fois :

- À ce moment-là, ils ont communiqué avec nous via l’un des ingénieurs sur place et nous ont piratés en même temps. Ils ont eu accès à absolument toutes nos données, c’est aussi comme ça qu’ils ont pris connaissance de Talia. Nous n’étions nous-mêmes pas au courant de son existence, mais il ne leur a fallu que quelques minutes pour qu’ils la trouve et nous demandent de la livrer. Nous avons refusé, car nous ne savions même pas de quoi ils voulaient parler et ils avaient déjà tué tout le monde sur la colonie. Nous savions que peu importe notre réponse, ils viendraient à nous.

La vidéo continue, nous pouvons voir le corrompu terminer ses manipulations sur l’ordinateur, c’est lui qui leur a donné accès à absolument tout. La personne avec le lien lève au-dessus de sa tête son poing et le ferme aussitôt, tous les faisceaux de chacune des personnes contaminées devinrent rouges écarlates en partant de la base de chaque individu pour se déplacer à vitesse grand V jusqu’au point de départ, le poing absorbe comme de l’énergie. Les personnes contaminées tombent en même temps, plus de cinquante personnes venaient de perdre la vie en s’écroulant au sol, tout ça en moins de cinq secondes. Toutes excepté l’ingénieur corrompu qui utilise la console, lui est resté là à pianoter comme si de rien n’était.

L’individu baisse son poing, se retourne et le tendit en direction de ses deux compères, il ouvre la main et délibère deux liens bleus, un pour chacun des individus à ses côtés comme s’il venait de leur transmettre quelque chose. La vidéo se bloque sur cette image.

Virgile repris là où Dara s’arrête :

- Ils la veulent à tout prix, c’est aussi eux qui ont mis le contrat sur le darknet pour tes parents. Concernant les contrats contre Rebirth cela fait partie des sacrifices que nous avons dû faire. Nous ne pouvions pas prévenir la population et leur dire que nous sommes impuissants. Ensemble nous avons décidé de masquer la vérité en essayant de leur livrer ton cyborg et en évitant une guerre. Nous n’avons fait que subir les attaques sans jamais pouvoir répliquer. Les attentats, les intrusions dans nos services, absolument tout vient d’eux. Nous en avons convenu que ce cyborg doit être entre nos mains, morte ou vive. S’ils la veulent c’est soit parce qu’ils en ont besoin, soit parce qu’ils en ont peur. L’ancien membre de l’Orchestra, Xan, est probablement à leur merci. En ce moment-même, lui et d'autres soldats d’élite effectuent des missions pour eux, afin de préparer leur arrivée. Voilà tout ce que l’on sait.

Je leur demande :

- Pourquoi m’avoir fait porter le chapeau et m’avoir fait condamner ?

- Comme je l’ai dit, il fallait faire des sacrifices. Nous avons commis des erreurs et nous ne voulions pas créer de panique dans le monde entier. C’est cruel mais vous auriez probablement fait la même chose.

- Vous savez quand ils arrivent ? Demande Orion.

- Ils sont déjà là, ils gravitent en orbite. Ce n’est plus qu’une question de temps avant qu’ils ne nous envahissent, dit Dara.

- Pourquoi vous ne les avez pas atomisés avec vos armes ? Continue Orion.

- Nous n’avons plus aucune arme de destruction massive disponible. Tous nos systèmes de défense sont hors-services, rétorque Dara. Nous sommes totalement acculés. La guerre est déjà à nos portes, une guerre qui s’annonce perdue d’avance.

Le bâtiment, dans son intégralité, se met à trembler. Personne ne panique mais tout le monde se lève et les regards se croisent pour tous converger vers les baies vitrées. Un des généraux de Virgile se met à la fenêtre pour regarder au loin et se tourne vers nous en disant :

- Ils ont décidé de se manifester aujourd’hui. Des dizaines de vaisseaux sont positionnés au-dessus de la ville. Ils viennent d’enlever leurs camouflages.

Autour de nous, toute activité s’arrête, puis, une coupure de courant survint. Par la suite, l’électricité se relance, sûrement grâce à un générateur de secours.

Ils n’ont pas menti, ils ont dit la vérité sur toute la ligne. Tout prend un sens, le mail échangé entre les généraux avec comme objet MA11RS ou plutôt MARS11 comme le onzième mois d’installation de la colonie. J’obtiens des réponses mais encore plus de questions. Tout à coup, tout devient logique mais se décompose instantanément, moi qui pensais détenir les vrais coupables j’étais loin d’imaginer qu’en fait j’ai probablement causé la mort de mes parents en créant Talia. Est-elle notre salvatrice ou notre destructrice ?

Au départ, la vengeance m'animait. Mais à présent, cela va bien au-delà de tout ça. S’il a été contaminé comme l’individu sur la vidéo, Xan n’est qu’un vulgaire pantin qui n’est même pas conscient de ce qu’il fait. Ils veulent Talia, personne ne sait pourquoi. Les Humains et les Strigoï vont-ils se tenir main dans la main pour faire face à cette menace. Nous sommes désarmés mais la clé de tout ceci est immanquablement en ma possession. Elle se trouve à mes côtés. Je m’avance pour me mettre à son niveau, lui prend la main et lui dis :

- Talia

- Oui Dante ?

- Je pense qu’il est temps de faire ta mise à jour !

À SUIVRE…

 

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