Ætrium (French Edition)

Walter Welles · Chapitre 16 sur 20

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Ætrium (French Edition)

CHAPITRE 17 : Questions Réponses

 

De retour à la voiture, je regarde mon téléphone et mets l’adresse dans le GPS.

Nous roulons depuis une bonne vingtaine de minutes. L’entrepôt ne se trouve pas si loin que ça étant donné que la boîte de King ne se situe pas dans le centre-ville mais plutôt assez proche du périphérique. Ma partenaire et moi ne parlons pas car nous ne voulons pas leur donner d’informations qui pourraient nous compromettre.

Arrivés sur place, les deux membres de l'Orchestra sont bien réveillés. Ils nous suivent sans opposer aucune résistance, leurs bras étant toujours immobiles dans leurs dos. L’entrepôt est grand et comprend plusieurs zones de stockage de matériel. La plupart sont vides. Nous cherchons un endroit adéquat pour les maintenir en détention.

Après cinq bonnes minutes, nous trouvons l’emplacement idéal pour les installer. En l’occurrence, une salle de sport remplie d’équipements flambants neufs. Talia prend deux grosses chaines que les sportifs aiment utiliser durant leurs séances et les attache avec. Même avec leurs bras de nouveaux opérationnels, je ne pense pas qu’ils puissent se détacher aisément.

Je m’isole avec mon amie et lui pose la question qui me brule les lèvres depuis un moment :

- Tu vas bien ? Il faut que je regarde tes blessures.

- Des blessures superficielles. Je suis résistante ne t’en fait pas, continuons la mission.

- Il faut que l’on rentre, je dois te réparer.

- Je vais bien vraiment, j’ai eu le temps de faire un diagnostic complet durant le voyage. On aura le temps de faire ça plus tard.

- Ok, je te fais confiance. Tu sais si King est en vie ?

- Il n’était pas sur les lieux. En revanche, beaucoup de ses hommes de main sont morts.

- Pourquoi ils s'en sont pris à lui à ton avis ?

- On va le découvrir. On devrait commencer l’interrogatoire.

- Oui, dépêchons-nous, Jaina arrive dans deux heures.

Nous rejoignons nos nouveaux amis et j’entame la conversation :

- Vous allez être coopératifs ou nous forcer à vous faire du mal ?

Les deux se regardent, la femme en or porte toujours son masque. Ils rigolent comme si nous n’étions pas là, puis Haydan se met à parler :

- Je ne vous ferai la proposition qu’une seule fois. On ne veut que le bot, toi on s’en fout, on ne te connaît même pas. Bon, Sloane a un peu la rage contre toi. Peut-être qu’elle te tuera mais pour nous c’est ok, donc libère-nous.

- On vous libérera quand vous nous aurez répondu, lui dit Talia.

- Les autres vont venir nous chercher, ils se sont déjà aperçus que l’on a disparu et vont rapidement nous retrouver. Je vous garantis que vous ne voulez pas tomber sur les dix autres membres, rétorque la femme en or.

- Je pensais que vous étiez treize, lui demandai-je.

- Non, on est douze maintenant, répondit Haydan avec un air très sérieux.

Je commence à perdre patience, ils bluffent peut-être mais il y a de grandes chances pour que les autres membres nous retrouvent. J’ôte mon masque et le glisse dans ma poche. Haydan me regarde avec les yeux grands ouverts et un air assez étonné.

- Oh ! Mais quelle agréable surprise, te voilà Dante Wells. Tu vas rire nous avons reçu un avis de recherche « mort ou vif » contre toi, mais aucun d’entre nous ne l’a accepté. Je pense que là, tu viens de te faire douze nouveaux amis. Tu sais que ta prime est à dix millions ?

- On vous a croisé deux fois et on vous a battu deux fois, pourquoi tu penses que vous allez finir par nous avoir ? Le questionne Talia.

- Parce que tu n’as pas encore vu les plus terrifiants, répondit la femme en or.

- Répondez à mes questions et, selon vos réponses, vous pourrez vivre. Qui a rempli le contrat sur Victoria Wells et Arthur Wells le 17 octobre ?- Ça, je peux te répondre. On est tous innocents. Le contrat est tombé le 16, on l’a tous refusé. Personne ne voulait tuer des humains innocents, ce n’est pas dans nos habitudes. Mais Xan a quand même voulu l’exécuter sans notre accord, c’est pour cela qu’on l’a renvoyé de l’Orchestra. On n’a plus de nouvelles de lui, voilà pourquoi nous sommes douze membres. Je ne sais pas s'il est resté en solo. Peut-être a-t-il regagné les rangs d’une autre équipe. Tout ce que je sais, c’est qu’il ne fait plus partie de nos effectifs, et on n’aurait jamais tués des innocents.

Mon regard se tourne vers Talia. Elle comprend exactement ce que j’attends d’elle.

- Il ne ment pas, il dit la vérité sur ce qui s’est passé.

- Bien sûr que je dis la vérité, je suis un homme de parole. La seule personne qui nous intéresse ici c’est toi le cyborg.

Il soulève la tête pour m’indiquer ma création.

- Vous ne l’aurez jamais, vous devriez abandonner cette idée, lui affirmai-je.

- Tant que le contrat est actif, on ne s’arrêtera pas. Vous pouvez quitter la ville, le pays, le continent, on vous trouvera.

- Comment on enlève ce contrat ?

La tête de mort se remet à parler :

- C’est une mission spéciale du gouvernement. Leur bot s’est échappé, ils veulent la récupérer, point barre. Pourquoi tu viens jouer les héros en la protégeant ?

- On vous a menti, je n’ai pas été créée par le gouvernement. Mon créateur se trouve juste devant vos yeux, dit Talia d’un ton moqueur.

Elle me désigne de la main. Les deux me regardent. Je ne vois pas les yeux de la personne portant un masque en or mais je peux imaginer qu’elle a, à peu près, le même regard que celui d’Haydan : de l’étonnement.

- C’est toi qui as créé cette machine à tuer ?

- Oui, elle évolue toute seule mais c’est bien moi qui l’ai mise au monde.- Comment un mec comme toi a pu créer une chose pareille ? S’étonne tête de mort.

- On n’est pas ici pour parler de ça. J’ai encore quelques questions pour vous avant de vous libérer.

- J’ai une question pour toi, tu penses que vous allez réussir à sortir d’ici en cinq minutes ? Me demande Haydan.

- On va rester ici un bon moment si vous ne répondez pas, lui dis-je.

- Non, je pense que dans moins de cinq minutes…

Tête de mort l’interrompit pour finir sa phrase.

- Je dirais plutôt quatre minutes Haydan.

Je regarde Talia, elle me confirme qu’ils ne mentent pas.

- On devrait y aller Dante. On aurait dû les fouiller. Ils ont peut-être des traceurs sur eux.

- Il faut que je trouve ce Xan, donnez-moi des informations le concernant.

Tête de mort reprend la parole :

- Tu devrais fuir pendant que tu en as encore le temps, les autres arrivent.

- Viens, on y va Dante, on n’a plus le temps.

- Non, je ne pars pas tant que je n’ai pas obtenu ce que je veux savoir sur Xan.

Ma partenaire commence à me prendre par le bras. Je résiste, je ne veux pas partir maintenant. On aura bientôt fini. Encore quelques minutes.

- Ils sont en route. Ils ne mentent pas, on n’arrêtera pas les dix autres, dit Talia.

Je tâche de me ressaisir, me tiens la tête et essaie de me concentrer pour prendre la bonne décision.

- Ok, on y va, on fouille Haydan pour vérifier qu’il n'a pas de traceur et on le prend avec nous. Quant à l’autre, on la laisse ici.

Elle commence à le fouiller et sort ce qu’il a dans les poches : son téléphone portable, une vingtaine de billes, des papiers d’identité, et une carte de membre de l’Orchestra avec un as pique dessus identique à celui sur la tenue de tous ceux que l’on a croisé. Ces affaires posées sur les jambes de sa partenaire dorée, elle l’embarque pour l’installer dans la voiture pendant que je reste ici avec tête de mort.

- Pourquoi tu ne m'as pas enlevé mon masque ?

- Je me moque de savoir à quoi tu ressembles. Votre identité ne m’est d’aucune utilité, je garde ton amie pour lui poser quelques questions et je le libérerai.

Après l’avoir déposée, ma partenaire me rejoint, tout à coup comme si tout était synchronisé, les vitres du toit se brisent et volent en éclat pour s’abattre dans l’immense salle de sport. La pluie tombe en même temps que les morceaux de verre, ma partenaire me protège à nouveau et me met à genoux pour se mettre au-dessus de moi.

- Les voilà, on vous aura prévenu, ricane la fille au masque.

 

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