Asphyxie

Amy McCulloch · Chapitre 2 sur 57

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Asphyxie

Chapitre 2

– 2 –

 

Un minuscule Union Jack en poche, Cecily regagna l’hôtel. Lorsque la porte coulissante s’ouvrit, elle se trouva nez à nez avec un téléphone brandi.

– Et voici une de mes équipières ! s’exclama Zak.

Dès son retour dans sa chambre, la veille, après la soirée au bar, elle avait effectué une recherche sur Internet le concernant, qui lui avait appris qu’il était le P.-D.G. de TalkForward, une société produisant des appareils de communication high-tech et établie à Petaluma, en Californie.

– Dis « bonjour », Celia !

– Je m’appelle Cecily, rectifia-t-elle en agitant la main à l’intention des gamins blonds tout sourire sur l’écran du mobile.

Zak passa un bras sur l’épaule de Cecily et l’attira contre lui, de façon qu’ils soient tous deux dans le cadre.

– Je ne suis pas encore bien remis du décalage horaire ! Les enfants, je vous présente Cecily ! C’est une journaliste de classe mondiale, elle écrit un article sur Charles.

Cecily tressaillit en entendant cette description on ne peut plus éloignée de la réalité, mais elle ne reprit pas Zak, qui ne parut pas remarquer sa gêne.

– L’homme des montagnes ! brailla le plus jeune des garçons.

– C’est ça, champion : notre héros de l’Himalaya ! Je vous aime, les enfants, mais je dois filer. Les montagnes m’attendent !

Il coupa la communication et soupira bruyamment.

– C’est peut-être la dernière fois que je leur parle avant longtemps, ça fait tout drôle… Et toi, tu as appelé tes proches ?

– Je crois qu’ils préfèrent recevoir de mes nouvelles quand je serai de retour saine et sauve, à vrai dire.

– Normal. Oh ! Regarde qui arrive ! s’exclama Zak, désignant l’ascenseur par-dessus l’épaule de Cecily. C’est Charles, non ?

La jeune femme se retourna et sentit instantanément un creux se former dans son estomac.

– Exact.

On repérait facilement Charles McVeigh en n’importe quel lieu, bien entendu, mais même ici, dans un hall d’hôtel rempli d’alpinistes sur le point de se lancer en expédition, il se démarquait. Loin d’être élancé comme la plupart, ce grand type était assez baraqué. Il portait une doudoune bleu ciel, avec le logo TalkForward sur le bras et ses initiales – CM, le M formant une chaîne montagneuse stylisée – sur la poitrine et sur sa casquette.

Cecily sentit Zak se redresser, se faire aussi grand que possible, ce qui ne le ferait même pas atteindre l’épaule de Charles – mais elle comprenait ce réflexe de se montrer sous son meilleur jour. Dans le monde de l’alpinisme, Charles McVeigh était déjà une célébrité. Et très bientôt, il entrerait dans la légende. En effet, il était tout près d’être le premier à accomplir un exploit sans précédent, presque impossible : gravir les quatorze sommets de plus de huit mille mètres de la planète sans oxygène supplémentaire et en style alpin – et ce en l’espace de un an.

Il avait nommé son projet « Mission : les 14 sans assistance ».

La plupart des alpinistes – comme Cecily, Zak et le reste de l’équipe – s’élançaient en style expédition, ou style himalayen, c’est-à-dire qu’ils s’autorisaient toutes les aides possibles – porteurs, cordes fixes, échelles, tentes pour dîner, bouteilles d’oxygène, une longue période d’acclimatation et un sherpa personnel pour s’occuper de chacun d’eux – afin d’atteindre le sommet et d’en redescendre en toute sécurité. Charles, lui, se refusait tout cela, privilégiant l’alpinisme sous sa forme la plus pure.

Si Cecily se trouvait à Katmandou, elle le devait à Charles, qui lui avait promis une interview exclusive dès lors qu’il aurait bouclé sa mission. Cet article serait de très loin le plus retentissant de sa carrière, un tournant décisif.

Dès qu’elle aperçut Charles, Cecily chercha son calepin et son stylo dans son sac, songeant à l’enthousiasme de Michelle, sa rédactrice en chef, lorsqu’elle lui avait annoncé avoir décroché l’interview. Publier un entretien avec le plus célèbre alpiniste au monde serait une véritable aubaine pour le

magazine Wild Outdoors1.

Or la joie de Michelle s’était rapidement estompée :

– Tu t’en sens vraiment capable ?

Cecily ne doutait pas un instant que Michelle aurait préféré, et de loin, confier ce job à quelqu’un comme James, journaliste d’aventure renommé et, à l’époque, compagnon de Cecily. Or c’était elle – avec sa réputation de ne jamais parvenir au sommet des montagnes qu’elle gravissait – qui avait été choisie par Charles. Cependant, ce dernier avait ajouté une condition non négligeable. Cecily n’aurait droit à la fameuse interview qu’après avoir atteint le sommet du Manaslu avec lui. Les doutes de Michelle étaient légitimes.

– Je ferai de mon mieux, avait répondu Cecily.

Michelle avait soupiré.

– Essayer, c’est bien, mais… Écoute, j’ai discuté avec la rédaction, nous voulons cet article, mais tu ne seras payée qu’à la livraison de ton texte.

Cette nouvelle lui avait fait l’effet d’un coup de poing.

– Tu plaisantes ? Dans ce cas, je n’ai pas les moyens de me rendre là-bas. Il me faut de quoi régler le billet d’avion et financer mon entraînement, sans parler du matériel et des frais de l’expédition.

Ce n’était pas tout, mais Cecily avait pris garde de ne pas paraître trop désespérée, désireuse de conserver un semblant de professionnalisme.

– Je peux peut-être t’obtenir une avance pour le voyage, voire un peu plus si tu nous envoies des comptes rendus en cours d’expédition, mais pour le reste… Je suis navrée, Cecily, il faudra que tu te débrouilles.

– Tu as pris en charge tous les coûts de l’expédition de James en Antarctique ! Mon interview sera nettement plus lue que son article. Tu as toi-même dit que c’était le papier d’une vie !

– James fait partie de nos journalistes de premier plan et n’a plus rien à prouver, tandis que toi…

– Moi je n’ai encore rien accompli.

Michelle n’avait pas contredit cet état de fait, ce qui avait donné lieu à un silence gênant. Réfléchissant à toute allure, Cecily s’était rappelé qu’elle avait besoin de cette interview pour lancer sa carrière. Malheureusement, elle devrait manifestement tout miser sur ce coup-là.

– Et si j’y arrive ?

– Si tu réussis, tu seras payée et nous te rembourserons tes frais, bien sûr, et tu auras droit à des royalties. J’en serais ravie, crois-moi, plus j’aurai de femmes de couleur dans mon équipe, mieux ce sera. Franchement, si tu nous ponds un bon papier, je pense que ça donnera davantage qu’un article pour Wild Outdoors. On pourrait tirer un livre ou un film de cette expérience. C’est typiquement le genre de portrait qui peut tout changer dans ta carrière, de telles occasions ne se présentent pas si souvent.

Cecily était rassurée, et sa respiration avait retrouvé son rythme normal. Il était bon de savoir que Michelle la soutenait, même si c’était parce que son visage plutôt clair – elle pouvait presque passer pour une Blanche – et son nom de famille hérité de son père chinois faisaient d’elle l’incarnation la plus facilement acceptable d’une certaine diversité.

Malgré cela, les mots de sa rédactrice en chef résonnaient encore désagréablement en elle, non à cause de l’occasion unique qui s’offrait à elle, mais du revers de la médaille, qui avait été tu lors de cette conversation ; si elle se plantait, sa carrière de journaliste d’aventure serait terminée. Elle se retrouverait à la case départ, contrainte de se battre pour décrocher des articles minables qui lui permettraient tout juste de se nourrir. Si elle échouait, ce serait un coup dur qui ne se résumerait pas à un nouveau revers sur les flancs d’une montagne.

Sa carrière en devenir se conclurait sur cet échec.

Idem concernant son rêve de disposer de quoi verser l’acompte nécessaire pour louer son propre appartement : là encore, un échec.

« Mise en échec » deviendrait un titre réducteur : ce serait la vie de Cecily, de façon générale, qui alors serait un échec.

Charles se dirigea vers quelques fauteuils en cuir regroupés dans un coin du hall de l’hôtel.

– Allons lui dire bonjour avant qu’il ne soit assailli par ses fans, proposa Zak, qui s’élança avant même d’avoir achevé sa phrase.

Cecily resta en retrait, cherchant encore son stylo. Revoir Charles pour la première fois depuis des mois lui fit un peu plus prendre conscience de l’exploit qu’elle s’apprêtait à tenter.

Son premier pic de plus de huit mille mètres. L’un des plus hauts sommets de la planète.

L’un des plus mortels, également.

Elle s’arracha à l’emprise de la peur qui avait fondu sur elle et rejoignit Zak.

– Quel bonheur d’être ici, mec ! s’extasia ce dernier, en admiration, et serrant énergiquement la main de Charles. C’est un honneur pour moi de faire partie de l’équipe, vraiment.

– Tout l’honneur est pour moi, répondit la star des montagnes, une main sur le cœur. Asseyez-vous, tous les deux, je vous en prie. Ça me fait plaisir de te revoir, Cecily.

– Plaisir partagé. J’ai du mal à croire que le grand moment soit enfin arrivé.

Elle sortit son calepin.

– Tu permets que je te pose quelques questions en attendant d’embarquer dans l’hélicoptère ?

– Tu n’essaierais pas de m’arracher une interview, par hasard ? plaisanta l’alpiniste. Ce n’est pas ce qui est convenu…

Cecily tenta de l’amadouer avec un sourire vainqueur :

– Je me disais que, puisque nous ne sommes pas encore en montagne, je ne transgresserais pas les règles en te posant quelques questions d’« avant-ascension ».

Charles secoua la tête, insensible à l’effort de Cecily.

– Range ce calepin. Si je t’ai fait venir ici, c’est pour que tu expérimentes la vie au sein d’une expédition.

Il se pencha et haussa les sourcils avant de conclure dans un souffle.

– Profites-en à fond.

– Charles ? intervint une voix teintée d’un accent plus ou moins germanique.

Il s’agissait d’une femme d’un certain âge, qui s’approcha du petit groupe. Charles se leva et lui fit la bise.

– Vanja ! Comment allez-vous ? Je vous présente Zak Mitchell, P.-D.G. de TalkForward, une start-up techno, et Cecily Wong, la journaliste que j’ai choisie pour m’accompagner jusqu’au Manaslu. Elle va même me suivre dans l’ascension, pour ne rien en rater ! Pas d’interview avant le sommet, n’est-ce pas, Cecily ?

Le sourire de Cecily s’effaça, et elle dut laisser passer quelques secondes avant de réagir :

– Exact.

– Impressionnant, dit Vanja, jaugeant la jeune femme.

– Cecily, je te présente Vanja Detmers, la responsable de la base de données des ascensions himalayennes, qu’elle gère ici, à Katmandou. C’est elle qui a confirmé tous les sommets népalais que j’ai atteints.

– C’était un plaisir, Charles.

Cecily serra la main de Vanja et nota son nom sur son calepin.

– Je suis là pour prendre note des détails concernant chaque membre de l’expédition, pour pouvoir par la suite confirmer qu’ils ont atteint le sommet. Je peux commencer avec vous, Cecily ?

Vanja s’installa à côté de la journaliste et posa son ordinateur portable sur la table basse.

– Oh, je ne sais pas si…

– Vous n’allez pas laisser passer l’occasion d’avoir votre nom dans les livres d’histoire, tout de même ?

Cecily laissa filer quelques secondes avant de répondre :

– Non, bien sûr… Enfin, si je parviens là-haut.

– Ça ne fait aucun doute ! Vous aurez Charles à vos côtés, vous ne pourriez vous trouver entre de meilleures mains. Si vous avez le moindre souci, il volera à votre secours.

– C’est gentil de dire ça, Vanja, mais j’aimerais autant que cette ascension se déroule sans problème, après ce qui s’est passé sur le Cho, sourit l’intéressé.

– Ah ! Vous êtes trop modeste, Charles. Rien ne se vend mieux qu’un bon vieux sauvetage, pas vrai ? répliqua Vanja, qui lui lança presque un clin d’œil.

Elle ouvrit son ordinateur et fit voleter ses doigts sur les touches. Cecily se pencha, sa curiosité attisée ; la base de données des ascensions himalayennes avait pour objectif de répertorier l’ensemble des alpinistes se lançant à l’assaut d’un sommet népalais de plus de huit mille mètres.

– Britannique ?

Cecily hocha la tête. Pianotant toujours sur son clavier, Vanja fit apparaître à l’écran la liste des femmes britanniques ayant gravi le Manaslu depuis la première d’entre elles, en 2008. Cecily cligna des yeux, choquée par la maigreur de cet effectif. Si elle atteignait le sommet, elle ne rejoindrait qu’une poignée de compatriotes. C’était là encore un rappel de l’énormité du défi qui se dressait face à elle.

– Que signifient les astérisques qui suivent certains de ces noms ? s’enquit-elle.

– Cela veut dire que ces alpinistes n’ont atteint que l’antécime. Certaines années, il est trop difficile de fixer une corde jusqu’au véritable sommet.

– Nous y parviendrons cette année, ne vous en faites pas, assura Charles.

– Cecily ?

C’était Mingma, qui lui faisait signe de le rejoindre. Il était accompagné d’une jeune femme en top de sport jaune fluo et leggings violets, ne portant en guise de maquillage qu’un rouge à lèvres vif.

Cecily fut aussi surprise qu’enchantée de reconnaître Élise Gauthier, qu’elle suivait sur Instagram depuis une éternité, depuis ses toutes premières recherches sur l’univers de la montagne. Influenceuse et alpiniste québécoise, Élise était réputée pour ses tenues aux couleurs vives et les bijoux qu’elle portait même en haute altitude. Dotée d’un œil remarquable, elle proposait à ses followers des photos et des vidéos saisissantes et parfaitement composées.

– Mon Dieu… Élise ? laissa échapper Cecily, incapable de contenir le grand sourire spontanément apparu sur ses lèvres.

– Oui, c’est bien moi ! confirma la Canadienne, rayonnante, avant de relever ses lunettes de soleil et de les caler dans ses cheveux. Nous nous connaissons ?

– Oh, pardon ! Non, je m’appelle Cecily Wong, je te suis sur Instagram, et je dois dire que ce que tu y publies est très inspirant pour moi ! Tu es ici pour gravir le Manaslu ?

– Oui, j’accompagne Charles. Toi aussi, non ?

– Exact. Quelle merveilleuse surprise que tu fasses partie de l’équipe !

– Moi aussi, je suis ravie que tu sois là ! dit Élise, qui se pencha et fit la bise à Cecily, avant de lui serrer le bras. Je m’imaginais déjà entourée de mecs, comme toujours en montagne. Nous grimperons ensemble, si tu veux.

– J’ai quelque chose pour vous deux, dit Mingma.

Il sortit de son sac deux écharpes orange couvertes de symboles bouddhistes et en passa une autour du cou de Cecily.

– C’est une khata, précisa-t-il. Pour que ton séjour en montagne se passe au mieux.

Cecily fit courir ses doigts sur le tissu soyeux. Après avoir quelque peu appréhendé sa rencontre avec les autres membres de l’équipe dans l’avion, elle avait eu l’agréable surprise, la veille au soir, de découvrir un Zak assez sympathique, malgré sa légère arrogance. Et maintenant surgissait Élise, véritable rayon de soleil dont la seule présence lui réchauffait le cœur. Avec de tels équipiers, elle avait bon espoir d’atteindre son objectif.

La porte coulissante de l’hôtel s’ouvrit sur Doug :

– Les voitures sont là.

L’index levé, il compta silencieusement, puis fronça les sourcils.

– Mingma ! Il n’est pas descendu ?

– Je ne l’ai pas vu.

Doug consulta sa montre, le regard noir. Il était 11 heures passées de quelques minutes.

– Il manque quelqu’un ? demanda Cecily à Mingma.

– Oui, nous avons une autre personne dans l’équipe, qui a été ajoutée au dernier moment. Il s’appelle…

Mingma ne put achever sa phrase, le tintement de l’ascenseur résonna, puis un individu affublé de lunettes à verres réfléchissants sortit de la cabine, un appareil photo reflex numérique de luxe autour du cou. Il se dirigea droit vers la machine à café installée dans un coin du hall. Doug l’intercepta en chemin :

– Pas le temps, Grant. Il faut y aller. Tout de suite.

– Sérieux ? Juste une tasse de café et je serai prêt…

Cecily haussa les sourcils. Elle n’était manifestement pas la seule ressortissante britannique de l’équipe, ce type avait à peu près son âge, peut-être même était-il plus jeune qu’elle, mais son accent très « british » tranchait avec son allure débraillée. On aurait juré qu’il sortait tout juste d’une virée dans un bar. Il fit la moue, puis son expression changea du tout au tout dès que son regard se posa sur Charles :

– Ah, tu es là, mon pote ! Cool de te voir. J’étais bourré comme un coing hier soir, je t’ai perdu dans la boîte et je me suis réveillé dans un restau pourri. Normal. Prêt pour la montagne ?

– Plus que jamais, répondit Charles, la mine quelque peu fermée et sans aller serrer la main de Grant, contrairement à ce qu’il avait fait avec Zak.

Cette indifférence ne parut pas troubler Grant ; les deux hommes se connaissaient assez bien, c’était évident. La sensation de confort éprouvée peu auparavant, à propos de son équipe, vacilla quelque peu dans l’esprit de Cecily, à qui l’allure et l’attitude de Grant rappelaient les mecs snobs et arrogants qu’elle avait côtoyés à la fac et qui se croyaient partout chez eux. Cela étant, peut-être se laissait-elle influencer par la désapprobation de Doug à l’encontre de Grant, qui crevait les yeux – et dont ce dernier semblait se moquer éperdument.

– J’ai hâte de te filmer, je ne louperai aucun moment, affirma Grant.

Doug toussota et donna le signal du départ :

– Allez, on y va.

– Un instant ! dit Élise. Vanja, pourriez-vous prendre le groupe en photo ?

Ils se serrèrent les uns contre les autres, telle une équipe soudée, tandis que Mingma distribuait les dernières khatas orange. Charles se positionna au centre, dépassant tout le monde de la tête et des épaules. Se connaissant à peine, ces sept individus ne se quitteraient plus un mois durant, s’attaquant à un sommet comptant parmi les plus élevés et les plus dangereux de la planète.

Cecily ne pouvait qu’espérer être prête pour cela.

1. Que l’on pourrait traduire par « Nature sauvage ». (Toutes les notes sont du traducteur.)

 

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