C’est dans la poche n°4
Chapitre 19
Noir, policier, thriller
Les photos Un thriller cinématographique
prémonitoires par Simenon, fils de Georges de Kristin
vent dans On t’aura d’inconscience. À moins de voir dans Au nom du sang versé
S’appeler Pierre Simenon, être le fils de Georges et publier son
K ristin crie fort et sou- premier roman exige un certain culot, ou une bonne dose
prévenue. En effet, le fruit d’une leçon donnée par celui qui apparaît à la fin d’une liste
elle était pourtant prévenue. Y de personnes remerciées : « Et toi, mon dad, qui m’a transmis ta compris par son père, bien curiosité de tout vivre et de tout tenter, et, surtout, qui a été le meil-
qu’il soit mort… Mais com- leur père dont j’aurais pu rêver. » Tout tenter, donc, même le ro-ment la photographe pourrait- man…
elle s’attendre à trouver sur Pierre Simenon s’est éloigné du terrain occupé par son père. Il avait
ses négatifs les images de d’ailleurs prévenu dès 2003 ceux que cela pouvait intéresser, con-
meurtres qui n’ont pas encore fiant à un journaliste du Soir, lors de sa visite de l’exposition lié-été commis ? geoise Georges Simenon : « S’il est édité un jour, certains voudront Ce n’est là qu’une des bizar- certainement comparer avec l’œuvre de mon père. Or, ça n’a rien à
reries auxquelles elle est con- voir. »
frontées. La peur monte, dans En effet. un suspens auquel cependant La psychologie des personnages passe au second plan. En revanche,
on ne croit qu’à moitié tant la construction du récit, ses rebondissements et les scènes spectacu-
l’invraisemblable y occupe de laires font tout pour happer le lecteur dans un thriller à l’américaine
place. dont il n’est pas difficile d’imaginer le film qui pourrait en être tiré.
Une bonne distraction, à con- Les images sont là. Coûteuses à réaliser, pour certaines. Mais peut-
dition de se laisser manipuler être l’auteur y a-t-il déjà pensé. Puisque, après avoir été analyste
par James Patterson, auteur financier dans une banque privée genevoise, il était devenu avocat
sournois. spécialisé dans le cinéma à Los Angeles.
Un CV qui ressemble à celui de son héros, Antoine Demarsands. À la mort de sa mère, celui-ci retrouve Genève et la banque où tra-vaille toujours son frère. Il découvre en même temps une accusation inédite – et incongrue à ses yeux – portée contre son père : celui-ci aurait été impliqué, à la fin de la guerre, dans un transfert d’argent nazi plus que douteux. Décidé à prouver l’inexistence de ce fait, Antoine remue des affaires plus sensibles qu’il le pensait. Dès lors, la mort frappe autour de lui, avec une extrême violence. Si on ne se pose pas trop de questions sur un rythme soutenu parfois jusqu’à l’excès et qu’on aime ça, Au nom du sang versé est un livre plutôt réussi.
La couverture du livre
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ce numéro.
James Patterson
On t’aura prévenue Pierre Simenon
Traduit de l’anglais (États-Unis) Au nom du sang versé
par Philippe Voltarino J’ai lu, n° 9414
Le Livre de poche, n° 32049 380 pages environ, 7 €
352 pages, 6,95 € Parution le 5 janvier
Parution le 5 janvier
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