C’est dans la poche n°7
Chapitre 00
Poche, numérique,
édition quand même
Et si le numérique était l’avenir du poche ? De nombreuses voix s’élèvent, à juste titre, contre les prix imposés par des réédition électronique en fonction du coût de l’édition originale, sans l’aligner sur celui de la réédition au format de
poche. Alors que tout le monde – en particulier les lecteurs, qui
sont aussi les acheteurs – s’accorderait sur une barre placée moins
haut, du côté des petits prix…
Il semble que ce discours raisonnable commence à être entendu
même chez les partisans du livre électronique cher. Nous
trouverions donc assez naturel qu’une réédition en poche
s’accompagne de son équivalent, côté tarif, sous la forme de
fichier à emporter sur sa liseuse.
Certes, nous n’en sommes pas encore là.
En attendant, C’est dans la poche continuera à se concentrer sur
les livres papier, avec dans ce numéro un coup de projecteur sur
quelques nouveautés d’une collection dont la vocation est de
publier des ouvrages d’auteurs classiques. Deux séries de GF
Flammarion montrent comment l’éditeur, quoi qu’en disent ceux
qui croient pouvoir s’en passer grâce au miracle de la diffusion
mondiale à laquelle on accède en créant simplement un blog, joue
un rôle essentiel dans l’existence des livres.
Le travail des universitaires spécialistes d’une œuvre reste en
effet essentiel pour expliquer celle-ci. L’improvisation n’a pas sa
place ici. Il y faut des années de fréquentation en profondeur d’un
écrivain, ou d’une époque littéraire. Au terme de ces années, il
devient possible de fournir des éclaircissements sur les points
obscurs d’un texte dont les références sont éloignées dans le
temps, de concevoir des dossiers explicatifs, voire de rassembler
des articles et des chroniques qui n’étaient pas conçus, au point
de départ, pour devenir des livres.
Autre axe éditorial, toujours dans la même collection : demander
à des écrivains contemporains quel est leur regard sur des
classiques. Et rafraîchir ainsi, dans une approche moins austère,
notre (re)découverte de Flaubert ou de Dostoïevski. Entre
autres…
Pierre Maury