C’est dans la poche n°7
Chapitre 16
Fiction étrangère
Haruki Murakami :
écrire et courir
Sur sa tombe, s’il en a une, Haruki Murakami commun. Le talent ne voudrait qu’on inscrive : « Ecrivain (et suffit pas : la coureur). Au moins, jusqu’au bout il n’aura persévérance, voire pas marché » . On comprend cette volonté. Il aura l’obstination, sont donné le meilleur de lui-même dans la course de aussi des qualités
fond, sans jamais se prendre pour un champion. indispensables au
Avec la même discipline stricte qu’il applique à romancier. À l’écrivain l’écriture, il parcourt des kilomètres à de fond, pourrait-on
l’entraînement avant de participer à son marathon dire. Autoportrait Haruki Murakami annuel, doublé souvent d’un triathlon. Il se Pour connaître Haruki de l’auteur
demande pourquoi il en est arrivé à considérer cet Murakami, la lecture de en coureur de fond
exercice comme une nécessité, malgré ses Traduit du japonais cet ouvrage est
contraintes. La course est devenue à ses yeux une par Hélène Morita indispensable.
métaphore de la vie, et une activité parallèle à 224 pages, 7,40 € 10/18, n° 4420
l’écriture, avec laquelle elle a beaucoup en
Le blognovela de Hernán Casciari
Il faut arrêter de rêver : Mirta Bertotti n’existe rebondissements, comme dans tout bon roman pas. Heureusement, en un sens. Elle a populaire qui se respecte. L’auteur a de tellement de problèmes que personne ne l’imagination, est capable d’appuyer sur les voudrait l’aider à les supporter. Ce personnage de ressorts dramatiques, histoire de faire rebondir
fiction est pourtant devenu l’héroïne populaire l’action dans une direction inattendue, puis de
d’un blog créé, imaginé par Hernán Casciari. rattraper son sujet au vol et de le relancer ailleurs.
Après la télénovela brésilienne ou mexicaine, Cela se lit sans déplaisir et, si l’on est bon public,
voici donc le blognovela argentin. Pourquoi pas ? on rira même deux ou trois fois. Mais on est dans
Cette femme qui a la cinquantaine et qui vit dans le divertissement, pas une famille de fous à l’intérieur de laquelle elle dans la littérature.
fait presque figure de mère raisonnable raconterait
donc son quotidien, agrémenté de sel et de poivre,
voire de piment, ingrédients sans lesquels tout cela
serait bien fade.
Au fil des jours et des « posts », Mirta se construit
donc. Décrit ses trois enfants, son mari, son beau- Hernán Casciari père, tous les proches qui l’entourent et Un peu de respect,
l’envahissent. Raconte sa pizzeria, son voyage en j’suis ta mère !
Traduit de l’espagnol
Patagonie. Fournit tous les détails que vous (Argentine) n’aviez pas demandés sur la sexualité des uns et par Alexandra Carrasco des autres. Le Livre de poche,
On comprend très vite que la forme – le blog – est n° 32107 ici très secondaire. Seuls comptent les 384 pages, 6,95 €
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