Cœur de draconienne (French Edition)
Chapitre 24
Ainsi tapies dans l’obscurité, et soulagées de savoir le roi mort, nous nous autorisons un instant pour évacuer notre peine. Nous pleurons en silence, mais nous ne nous cachons pas pour autant. Je pleure pour la vie de ma sœur, mais également pour celles de Fred et de Maya qui ont été prises sous les ordres de cet homme qui n’est plus.
Quant à Miroslawa, celle-ci laisse s’envoler sa peine des huit dernières années. Ce tyran a fait de sa vie un calvaire et, aujourd’hui, elle en est enfin libérée. Elle sait que plus jamais une telle calomnie ne pourra se reproduire.
Le bruit de pas précipités qui accourent dans notre direction nous oblige à nous redresser, afin de pouvoir nous mettre sur notre garde dans le cas où il s’agirait d’une nouvelle attaque. Néanmoins, je suis légèrement soulagée de voir apparaître Paragon et Damian. J’ai un faible sourire, bien que mon visage soit baigné de larmes.
Paragon se fige en apercevant le corps défunt du roi. C’est plus fort que lui : un cri de victoire franchit ses lèvres, et d’autres hommes accourent à leur tour à sa suite. Ils se mettent tous à acclamer les elfes qui ont réussi leur destinée. Nous ne pouvons que comprendre leur joie, puisque c’était notre but ultime et que nous l’avons atteint après tous nos efforts et nos sacrifices, mais je me fiche pas mal de cette reconnaissance en cet instant. Tout ce que je désire, c’est que ma sœur soit en vie. Et, bien que la magie soit présente sur ces terres, je sais pertinemment que je ne pourrai pas ramener une personne à la vie ainsi.
Une partie de moi se souvient pourtant de l’avoir fait pour sauver Allan, le fils d’Athaan et de Danae, mais je me rappelle également qu’il venait à peine de cesser de respirer, et que je m’étais contentée de déloger ses voies respiratoires.
Ici, non seulement Maddi est morte depuis un bon bout de temps désormais, mais en plus de cela, son corps est déchiqueté en des milliers de morceaux. Elle est mutilée de toute part. Et le pire dans tout cela, c’est que je n’ai pas pu participer aux derniers instants de sa vie, puisque je courais après son assaillant.
Je jette un rapide coup d’œil vers la Polonaise et ne suis pas étonnée de constater que celle-ci m’observe déjà. Nous échangeons un regard complice, conscientes que nous partageons une peine bien similaire, puis nous focalisons de nouveau notre attention vers les personnes qui peuplent de plus en plus le couloir sombre.
Des murmures commencent à s’élever et à former un brouhaha qui m’horripile au plus haut point. Je sais que ce ne sont que des curieux qui n’ont en rien participé au massacre qui a eu lieu au sein de ce château, mais je ne supporte pas de les entendre, de savoir qu’ils respirent, qu’ils sont en vie, alors qu’eux n’ont pas cherché à rendre l’existence d’autres personnes meilleure.
Mon attention se porte alors de nouveau sur Paragon. S’il a été en mesure de deviner la forme du roi dans la pénombre, c’est pour la simple et bonne raison que Nuussak a brisé l’un des pans de murs, laissant filtrer une faible lumière provenant de pièces adjacentes à ce dédale infernal.
Soudain, le calme revient sur la bâtisse. Même les murmures cessent. J’ignore pourquoi, et je ne m’en soucie guère. Peu m’importe que le peuple n’ait plus l’envie de discuter, le silence me sied en cet instant.
Paragon nous fixe tous les trois à tour de rôle, tandis que je tente de voir, au-dessus des têtes, quand Abby daignera faire son apparition. Mais mon attention se focalise sur le draconien, qui pose le genou au sol. Il s’incline face à nous, deux femmes et un homme qui n’ont pas l’apparence d’êtres humains, et ce, sans la moindre hésitation. J’aimerais ouvrir la bouche, pour lui dire que le moment est mal choisi, que cela peut attendre que l’ordre soit revenu, mais j’aperçois le faible mouvement de la main à peine perceptible que Damian effectue à mon encontre. J’inspire donc profondément, m’étonnant de constater que, quelques secondes plus tard à peine, tous les autres individus présents se pressent de suivre le mouvement du rebelle.
Je comprends que j’ai bien fait de suivre les indications de mon frère d’armes. Le moment n’est pas encore venu. Au contraire, nous devons garder la place qui nous incombe et laisser aux draconiens le temps de faire les appels et énonciations officielles. Je ne connais pas le monde de la cour. Tout ce que j’ai pu découvrir, c’était auprès de mes parents, et ils ont tout fait pour me préserver des protocoles, parce qu’ils savaient que j’allais partir et qu’il était inutile de m’inonder d’informations de couronne alors que ma seule préoccupation devait se porter sur le combat et la guerre que je me devais de mener. Ainsi, je me contente d’observer et de prendre des notes sur l’ensemble de la situation.
Je fais de mon mieux pour rester calme, alors que mon cœur pleure la mort de ma sœur et que mon esprit s’affole de ne toujours pas voir Abby nous rejoindre. J’espère sincèrement qu’elle se porte bien et qu’aucun malheur ne l’a touchée, elle aussi. Je pense que ce serait bien trop lourd à supporter. Ce règne n'a apporté que mort autour de moi, et je suis bien heureuse d’y avoir mis un terme. J’espère au moins l’avoir fait pour une succession meilleure, plus généreuse, et davantage humble.
Miroslawa partage mon trouble et ma peine et, fort heureusement pour nous, Paragon saisit notre hésitation à peine voilée, et prend enfin la parole.
― Aujourd’hui est le début d’une nouvelle aire, mes amis. Votre ancien roi, le tyran Tyorn, est mort des mains des quatre joyaux de la couronne ! Retenez bien ce jour comme étant celui de votre délivrance. Souvenez-vous de vos sacrifices, de nos sacrifices, et profitez pleinement de la nouvelle vie qui ne va pas tarder à s’offrir à vous.
Le peuple, tout comme nous tous, avons pris l’habitude de ressentir lorsque le soleil disparaît et que la lune prend sa place, ainsi, il penche légèrement la tête sur le côté, laisse son regard se perdre dans le vide, puis se redresse, le sourire aux lèvres :
― La nuit est encore loin devant nous, puisque les hostilités ont eu lieu à l’aube. Mais ne vous faites pas le moindre souci lorsqu’elle apparaîtra dans le ciel ce soir. Voyez, croyez, dégourdissez-vous les jambes dans la pénombre, ressentez l’air vivifiant de la nuit. Vous pourrez sortir librement, sans risquer de vous faire tuer pour un tel acte. Que mes mots résonnent en vous : vous êtes libres de vos chaînes, vous méritez le droit de vivre la vie que vous avez toujours voulu avoir.
Il nous observe avec un sourire et mon attention se porte alors sur Miroslawa, puis Damian. Si la première semble continuer de guetter l’arrivée de notre amie, le second a les yeux si rouges que mon cœur se serre une fois de plus. Il semble tellement peiné que ses prunelles ont abandonné leur si douce couleur vert émeraude. Le souffle me manque, et je perçois le tressaillement de la Polonaise à mes côtés. Nous venons de comprendre qu’Abby n’a pas survécu, elle non plus. Et c’est le discours de Paragon qui a fini par trahir le Canadien, qui souhaitait certainement attendre pour nous l’annoncer.
Ce dernier détourne le regard pour le poser sur les hommes qui nous font face. Puis, soudainement, il prend la parole, la voix forte et le timbre clair. Je suis époustouflée par sa capacité à se contenir, alors que je suis tellement brisée à l’intérieur que je me demande si mes jambes vont savoir me supporter encore longtemps.
― La bataille a été rude pour tous les combattants. Ne craignez pas de représailles si vous étiez du côté du roi Tyorn. Votre devoir désormais est de savoir dans quel camp placer vos convictions et vos espoirs. Nous ne souhaitons pas imposer la moindre dictature dans ce monde. Nous souhaitons une existence paisible, un temps pour nous remettre de la perte de nos proches. Nous avons tous beaucoup souffert, tant perdu au cours de ces derniers siècles.
Il marque une pause. Il prend le temps de dévisager tous les individus présents pour être certain de toujours retenir leur attention. Puis, il reprend avec plus de force :
― Vous, vos parents, et leurs parents encore avant eux. Ne gardez en tête que l’espoir que vos enfants grandiront dans un monde plus beau, délicieux. Pour le moment, je vous conseille de vous recueillir auprès de vos morts. Reposez-vous, prenez le temps de souffler, d’évacuer votre peine. Laissons passer la journée, mais aussi la nuit, pour que vous puissiez voir par vous-même à quel point vous êtes libres de tous vos mouvements. Demain, nous fêterons l’avènement de cette nouvelle époque, d’un temps prometteur. La peur est révolue. Je vous le promets avec toute la sincérité dont je suis fait. Vous pourrez dorénavant dormir sur vos deux oreilles.
J’ai toujours senti cette touche d’autorité en lui qui s’est pourtant toujours montré très discret. Ainsi, je ne suis pas surprise de le voir arborer une telle aisance. Je suis même émue. J’aimerais le remercier d’avoir parlé en notre nom ainsi. C’est lui qui aurait mérité de diriger notre troupe.
Les draconiens et les membres de la cour se lèvent et l’acclament. Puis, peu à peu, le couloir se vide. Il m’en coûte énormément d’attendre que tous soient partis. Dans ma tête, je n’ai qu’une seule et unique pensée : me rapprocher au plus vite de la dépouille de ma sœur. Toutefois, alors que je me mets en route à la suite des draconiens, Paragon m’attrape fermement le bras, m’incitant ainsi à me tourner vers lui. Son regard est dur, et légèrement voilé de tristesse.
― Nous avons tous beaucoup perdu, ce soir. Dans la salle où se trouve le corps de ta sœur, il y a également celui de Rascal, mais aussi celui de mon fils. Ma femme est blessée, mais s’en sortira, tout comme ma fille. Damian m’a prévenu aussi pour Abby, et j’en suis désolé. Je ne peux que très bien comprendre ce que tu ressens. Je voulais simplement te dire que tu n’es pas seule pour traverser cette épreuve, et que, comme tout le monde, tu mérites de te reposer. Prends le temps nécessaire pour faire ton deuil, tu en as besoin, tout comme le peuple qui pleure aujourd’hui la perte de nombreux des siens. Les prochains jours seront difficiles, mais il faut absolument que vous teniez le choc tous les trois. Vous êtes nos héros, et si vous flanchez, alors vos nouveaux sujets prendront peur à l’idée de ne pas être gouvernés comme ils se doivent de l’être.
Les mots du draconien sont forts, puissants. Tout ce que je suis en mesure de faire, c’est de le prendre dans mes bras. Je ne sais pas vraiment pour quelle raison je le fais, mais sans doute en ressens-je le besoin. Je soulage ma conscience en m’affirmant qu’il s’agit d’un moyen de le remercier d’être parvenu à rallier autant de draconiens à notre cause. Sans lui et Rascal, sans le courage dont ils ont fait preuve, les choses ne se seraient peut-être passées ainsi. Nous serions peut-être tous morts à l’heure qu’il est. Peut-être même que le roi serait toujours en vie, et que nous nous serions véritablement battus pour rien.
Je ne vois pas comment le remercier autrement.
L’homme se détache assez rapidement de moi. Il se racle la gorge, comme s’il était gêné, ou alors ému. Puis, tous deux reprenons notre chemin vers l’entrée du couloir. Du moins, c’est ce que le draconien pense, mais je m’arrête assez rapidement. J’opère un demi-tour pour m’approcher de Nuussak, qui n’est pas très loin, seulement resté en retrait. Celui-ci n’est pas reparti, pour la simple et bonne raison qu’il a saisi mon trouble depuis que j’ai compris le décès de ma sœur.
La créature s’allonge sur le sol, et je prends place sur ses pattes, collant mon corps brisé et meurtri contre son flanc chaud. Je suis toujours blessée, j’ai besoin de soins, et son contact semble me guérir de l’intérieur. C’est salvateur. Ici, à ses côtés, j’ai le sentiment d’être en sécurité, dans un lieu que personne ne peut me retirer. Le combat est terminé, et pourtant il est toujours présent, et je possède encore ma pierre au beau milieu de mon front. Je pense que les choses ne changeront pas vraiment de ce côté-ci. Les dieux continueront certainement de nous bénir encore longtemps.
Mais tout ceci est éphémère. Je ne peux pas me permettre de rester trop longtemps. Si je ne pars pas assez vite, alors quelqu’un prendra la dépouille de Maddi, et je ne pourrai même pas avoir la chance de faire mon deuil.
Je ne reste donc que quelques minutes à peine logée ainsi contre Nuussak. Le temps nécessaire pour reprendre un peu de forces. Je n’ai pas besoin de me justifier auprès de lui : il sait déjà. Le dragon n’a qu’à lire dans mes pensées pour savoir ce qui me trotte dans la tête. Il ne peut pas m’en tenir rigueur et, pour m’inciter à ne pas attendre plus longtemps, il s’éloigne de lui-même de moi, prenant son envol pour retourner dans le ciel.
Aucun mot n’a été échangé entre nous, pas même mentalement. Mais la présence de l’un a suffi à apaiser le cœur de l’autre. Le temps que je ne visse pas le corps de ma sœur du moins.
Alors, je prends mon courage à deux mains et m’engouffre dans le dédale de couloirs, retournant le plus rapidement possible vers la pièce où j’ai retrouvé Maddi en compagnie de Tyorn, au beau milieu des femmes et des enfants et où des fidèles étaient lâchement cachés en attendant mon arrivée.
Lorsque j’aperçois ma cadette ainsi étalée sur le sol, le corps maculé de sang, je sens mon cœur se briser en des milliers de grains de verre qui me lacèrent de l’intérieur. Un nœud naît dans ma gorge, me coupant tout accès à l’air environnant. Une boule de culpabilité s’est logée dans mon ventre, et je m’en veux énormément de ne pas avoir insisté pour qu’elle reste au royaume du Nord.
Tremblante, les jambes lourdes, je marche d’un pas lent et douloureux vers elle. Un peu plus loin, postée en retrait, j’ai bien vu que Miroslawa est là. La Polonaise ne pleure plus, mais je sais qu’elle a profondément mal de voir sa bien-aimée éteinte.
Toutefois, le Topaze a eu un peu de temps pour lui faire ses adieux alors que j’étais auprès de Nuussak, et, désormais, elle me laisse le temps de faire mon deuil.
Je pose les genoux au sol lorsque je ne suis plus qu’à quelques centimètres du corps de Maddi, et laisse mes fesses retomber lourdement sur mes talons. Je n’ose pas toucher la jeune femme. Je sais que si je le faisais, alors je ne parviendrais pas à retenir le flot de larmes qui menace déjà de pointer le bout de son nez.
Malgré tout, j’inspire profondément, faisant fi de l’odeur métallique du sang qui me monte aux narines, et saisis la tête de ma sœur entre mes paumes. Je la cale contre mes cuisses, et caresse délicatement ses cheveux bruns. Mes yeux, clos désormais, ne reverront plus jamais cet éclat lumineux qui lui allait si bien. Jamais plus je ne l’entendrai rire ou pleurer. Jamais plus je n’aurai d’occasion de voler ou de m’entraîner avec elle. Et, jamais plus je n’aurai la chance de voir la beauté si particulière de son regard.
Je penche la tête et plaque mon front contre celui de ma sœur. Dans mon dos, j’entends Miroslawa remuer, s’arrêter un instant, puis s’enfuir en courant de la salle.
Il ne reste plus personne. Les femmes et les enfants ont été emmenés dans un endroit plus stable, moins dangereux qu’entre ces murs qui menacent encore de s’écrouler tant le bâtiment a été ébranlé. Seuls les cadavres, dont celui de Maddi, jonchent ce sol poisseux de sang.
Je me balance d’avant en arrière, berçant ma cadette avec attention, bien que son esprit soit sans doute déjà loin depuis tout ce temps. J’inspire profondément, souffle longuement, tente de trouver un moyen pour parvenir à contrôler ce flux important d’émotions et de sentiments qui me submerge de part en part.
Quelques instants plus tard, la Polonaise fait son retour. Près d’elle se tient Damian. Les deux individus s’approchent de moi, et je réalise qu’en réalité, plusieurs heures ont filé. Mes mains, sèches désormais, collent contre le crâne froid de Maddi, et mes jambes me brûlent lorsque j’essaie à contrecœur de me relever. J’aimerais rester auprès de son corps pour l’éternité, mais je sais que c’est impossible.
― Damian va rester avec toi, demain. Moi, je pars chercher Jnad. Je ne supporte pas de rester ici. Si tu souhaites toujours m’accompagner en Pologne, alors je reviendrai par ici lorsque j’aurai retrouvé mon vieil ami.
Je ne sais pas quoi répondre. Une fois de plus, je m’en veux parce que je lui avais promis que je l’accompagnerais pour chercher après son dragon. Mais les choses étant ce qu’elles sont, je me dois de rester et d’endosser mon rôle de meneuse.
Je hoche la tête lentement.
― Grilkoad et Dazziss ont perdu la vie en même temps que leur draconienne. Ainsi va la vie, ajoute-t-elle dans un souffle. C’est la raison pour laquelle je m’en vais avec Shayphody.
J’acquiesce une seconde fois. Je veux parler, mais aucun son n’est capable de franchir mes lèvres. Elle hésite un instant, puis s’approche de moi pour déposer un baiser sur mon front. Puis, avant de s’en aller, elle me murmure ces quelques mots :
― Offre à cette femme le plus beau des enterrements. Elle le mérite grandement. Son courage et sa vivacité d’âme l’ont menée jusqu’à nous, et sa force de caractère lui a permis de passer du stade du simple humain à celui de draconien.
Elle paraît hésiter, se mord la lèvre inférieure tout en fermant très fort ses paupières, me délivrant ainsi toute sa souffrance intérieure, puis elle se focalise de nouveau sur moi.
― Je sais… ou du moins savais. Mais toi tu ignores toute la réalité qui englobe la mort de votre père. Maddi ne l’a pas tué. Elle m’a confié avoir menti pour que tu n’en veuilles jamais à Paul, et que tu puisses te défouler sur elle. Tu devrais… tu devrais lui pardonner. Ou quelque chose dans ce genre. Je ne sais pas comment on pardonne un innocent…
Je me fige, mais hoche la tête. Je suis tétanisée par ce qu’elle vient de m’annoncer, et je me sens encore plus monstrueuse d’avoir haï inutilement ma sœur pour quelque chose qu’elle n’avait pas fait. Un instant, je lui en veux de m’avoir menti, parce que cela nous aurait évité de nombreuses prises de tête, mais de l’autre, je ne peux que l’admirer pour sa bravoure et sa force. Je ne peux toujours pas parler, et je pense que mon amie n'attend aucun mot. Je sais déjà quel enterrement je prédestine à ma sœur, et je sais qu’Abby aura le droit à la même reconnaissance.
La Polonaise opère alors un demi-tour et s’éloigne de nous après un dernier regard envers Damian. Nous ne lui en voulons pas de partir dans un tel moment. Nous avons tellement perdu qu’il est légitime qu’elle puisse retrouver ce qu’elle a toujours cherché, son compagnon de cœur et d’esprit.
Nous avons remporté le combat, et par conséquent, nous sommes sortis victorieux de cet assaut contre l’ancien roi de la Terre. Miroslawa a bien le droit de prendre du temps pour elle. Elle doit se réparer, surmonter cette terrible épreuve d’amour, de cœur. Tout comme je me promets de véritablement prendre soin d’elle par la suite, lorsque j’aurai enfin tenu tous mes engagements.
Je n’oublie certainement pas la promesse que j’ai faite à Maddi, et je compte bien tenir parole.
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