Comment on Prononce le Français Traité complet de prononciation pratique avec le noms propres et les mots étrangers
2º De quelques nasales intérieures, disparues ou conservées
4º [339] Parfum.
Dans tous les autres mots, l’m final se prononce à part, mais d’ailleurs
tous ces mots sont des mots étrangers, prononcés comme ils sont écrits, ou
des mots latins: [340] hare m, intéri m, albu m, etc..
2º De quelques nasales intérieures, disparues ou conservées
Outre les finales en m, il y a encore d’autres syllabes qui ont perdu en
français le son nasal. On parlera plus loin des finales en -en. Je veux parler ici de certaines syllabes intérieures, où la nasale n ou m était suivie d’un autre n ou m.
Nous avons déjà vu précédemment la nasale primitive se réduire à une
voyelle dans [341] fla (m)-me et fe (m)-me. Il en fut de même de beaucoup
d’autres mots, notamment [342] gra (m)-maire.
Beaucoup de personnes conservent encore, très malencontreusement, le
son nasal dans an-née, dans solen-nel et solen-nité, ou dans les adverbes en
-amment [343] ou -emment. Dans tous ces mots la décomposition est définitive depuis longtemps; et comme la nasale avait partout le son an, c’est l’a qui a prévalu partout après décomposition; c’est pourquoi impudemment et abondamment se prononcent de la même manière,
impudent [344] et abondant ayant la même finale pour l’oreille.
Il est resté toutefois quelques spécimens de cette catégorie de nasales.
Par exemple, il faut bien se garder de remplacer néan-moins par néa-moins, qui est devenu une prononciation purement dialectale; néant, qui a gardé ici son n à défaut du t, a gardé aussi sa prononciation. Le son nasal s’est maintenu également dans tîn-mes et vîn-mes, formes exceptionnelles et bizarres, dont l’orthographe et la prononciation sont dues à l’uniformité de la conjugaison.
Mais surtout le son nasal s’est maintenu dans les mots de la famille d’en-
nui et dans les composés de la préposition en: en-noblir, em-mener, em-
ménager [345] , etc., y compris le vieux mot em-mi.
Il y a mieux, et voici une observation capitale: la préposition en a gardé
parfois le son nasal, non seulement devant n ou m, mais même devant une voyelle, dans des composés d’origine purement française, sans que l’n se soit doublé: en-ivrer. Ce n’est pas sans peine, car le voisinage de mots tels que énigme, énergie, énoncer, tend continuellement à décomposer la préposition. La présence d’un h contribue peut-être à la maintenir dans