Contes des fées

Robert de Bonnières · Chapitre 8 sur 31

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Contes des fées

Sauge-Fleurie

 

I

 

COMMENT SAUCE-FLEURIE AIMA LE FILS DU ROI

 

Alors vivait sans crédit ni richesse

Une Fée humble et seule; car il est

Des rangs parmi ces Dames, s'il vous plaît,

Comme, chez nous, de vilaine à duchesse. Bien qu'elle n'eût ni renom ni pouvoir

Et qu'elle fut pauvre en sa confrérie,

Pauvre jusqu'au besoin, Sauge-Fleurie

—Tel est son nom—était charmante à voir. Au bord d'un lac tout fleuri de jonquilles,

Elle habitait le tronc d'un saule creux

Et ne quittait son réduit ténébreux

Plus que ne font les perles leurs coquilles. Mais un beau jour que, chassant par le bois

Avec sa meute un superbe équipage,

Le fils du Roi menait à grand tapage

Du bois au lac un dix cors aux abois,

Pour voir les chiens et la belle poursuite Et les pourpoints brillants des cavaliers,