Contes des fées

Robert de Bonnières · Chapitre 10 sur 31

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Contes des fées

Chapitre III

Condamna Sauge, et sans rien ménager. Et pensez bien que la Fée amoureuse

Ne marchanda son immortalité,

Et que du coup, comme on me l'a conté,

Elle s'en fut-plus que vivante heureuse![1]

 

[Note 1: Voir la note à la fin du volume.]

 

III

 

COMMENT SAUGE-FLEURIE ALLA TROUVER LE PRINCE EN SON CHATEAU

 

Or nul pouvoir ne pouvait s'opposer,

Malgré l'arrêt de notre Vieille en rage,

Au libre emploi de son gentil courage

Non plus qu'au choix de son premier baiser. —Sauge, à pied donc comme en pèlerinage,

Alla trouver le Prince en son château,

Et tout le long de la route un manteau

Rude et grossier cacha son personnage.

Elle arriva par la pluie et le vent,

Sur elle ayant laissé crever la nue;

Et, si d'abord fut des gens méconnue,

Ne surprit point le Prince en arrivant.

 

—«Mon coeur, dit-il, vous attendait, Princesse; Du bois au lac, je vous cherchais, ma Fleur,

Et fatiguais du cri de ma douleur

L'onde et le ciel, n'ayant repos ni cesse.»