Contes des fées

Robert de Bonnières · Chapitre 11 sur 31

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Contes des fées

Chapitre IV

—Et ce disant, il se prit à baiser

A deux genoux sa main mignonne et fine, Et puis voulut sur l'heure à la Dauphine

Présenter Sauge avant de l'épouser:

Il lui fit faire un peu de belle flamme

Pour la sécher d'abord. Tant de beauté,

De naturel et de simplicité

En cet état le touchait jusqu'à l'âme.

Il fit venir perles, saphirs, rubis,

Bijoux montés et beaux luths de Vérone.

Il fit de même apporter la couronne

Et préparer des merveilleux habits.

 

IV

 

COMMENT SAUGE-FLEURIE FIT AU PRINCE UN NOBLE ET TOUCHANT DISCOURS

 

Sauge admira ces objets sans envie

Et dit:

«Seigneur, les beaux jours sont comptés. Aimez-moi bien, et jamais ne doutez

Du bel amour dont j'ai l'âme ravie.

Est-il pour moi besoin de tant d'apprêt?

N'aimez-vous point la belle solitude,

Et des amants n'est-ce plus l'habitude

De mieux s'aimer quand l'amour est secret? Restons ici sans plus, si bon vous semble;

Nos yeux pourront se parler à loisir,

Et nous n'aurons de si charmant plaisir Que seul à seul à demeurer ensemble.