Contes des fées
Chapitre VIII
Qui n'est qu'aux choses éternelles!
De cela, vous ne doutez pas,
Comme il apparaît, ce me semble,
Qu'ils étaient réunis ensemble
Et passés de vie à trépas,
Dans le petit Castel de cire
Qui devint ainsi leur tombeau:
Et leur sort m'a paru si beau,
Qu'il m'a plu de vous le décrire.
VIII
COMMENT LES ABEILLES CHANTÈRENT, CE QUE L'AUTEUR EXPOSE EN MANIÈRE DE CONCLUSION
Le vieux conte que j'ai suivi,
Dit encore, entre autres merveilles,
Que sur ce les bonnes Abeilles,
S'empressant toutes à l'envi,
De miel et de cire embaumée
Vinrent murer le monument
Où notre glorieux amant
Dormait avec sa bien-aimée;
Et que notre Essaim tout autour
De cette belle sépulture,
Dont il avait clos l'ouverture,
Forma jusqu'au déclin du jour
Des chants faits de si doux bruits d'ailes,
Qu'il était plus croyable encor Qu'il célébrât les noces d'or
Des Epoux à jamais fidèles.