Coup d'envoi

Amy Lane · Chapitre 9 sur 18

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Coup d'envoi

Gagner et perdre.

 

SKIP ÉTAIT emmitouflé et portait son écharpe et son chapeau pour assister au match, heureux qu’il ne pleuve pas. Richie et Carpenter l’avaient tous les deux menacé de l’attacher au lit s’il pleuvait et, bien que pour son petit ami, cela ait pu compter comme une idée sexy et jusqu’ici inexplorée, en ce qui concernait son ami, c’était de la frustration pure.

Les Scorpions rencontraient une équipe d’une force à peu près égale à la leur, donc Carpenter, tenant le poste de défenseur, faisait une réelle différence dans le reste de l’équipe qui jouait.

Skipper marchait le long de la ligne de touche, incapable de crier des directives, mais de temps en temps Richie l’observait et il pointait quelqu’un et faisait des gestes et son coéquipier arrivait à lire sans problème son esprit.

Cela semblait fonctionner correctement ainsi. L’équipe avait été très heureuse de le voir et il avait profité de beaucoup de claques dans le dos et de blagues sur les Kleenex, mais une fois qu’ils étaient arrivés sur le terrain, ils s’étaient focalisés sur le jeu. C’était une chose qu’il appréciait à leur propos, aucun d’eux n’avait demandé pourquoi on ne les avait pas appelés pour s’occuper de lui et il n’était pas certain de savoir comment expliquer « Je babille et j’ai enfin un secret à dire. »

Ils étaient à égalité, deux partout, à la mi-temps et Skip réussit à leur donner des directives rouillées lorsqu’ils vinrent tous boire de l’eau et se rassembler pour discuter de la suite du match. Il expliqua à McAllister qu’il devait laisser Carpenter tranquille parce qu’il faisait son travail et il dit à Galvan et Owens qu’ils devaient cesser de se parler au milieu du terrain parce que leurs adversaires écoutaient et découvraient ce qu’ils allaient faire.

— Bonne chance ! cria-t-il ensuite en les renvoyant sur le terrain.

Ils venaient de reprendre le jeu lorsque deux personnes peu familières errèrent sur le terrain.

Oh, merde.

Ils erraient vraiment sur le terrain.

Skip réussit à éviter de crier pendant la moitié d’une action de jeu, mais il inspira ensuite et hurla.

— Sortez du terrain, nous jouons ici.

Il se plia ensuite en deux pour tousser, mais il reconnut le visage étonné qui se tournait vers lui alors qu’il le faisait.

Oh, bon sang.

Quelques minutes plus tard, les deux personnes qui étaient sorties précipitamment du terrain en firent le tour et se rapprochèrent de lui. Il dut se battre pour ne pas siffler lorsque l’odeur de la fumée de cigarette le frappa.

— Bonjour, monsieur Scoggins, dit-il faiblement en tendant la main.

Il se sentit soulagé lorsque le père de Richie serra sa main et que sa belle-mère lui accorda un signe de tête plutôt réservé derrière son épaule.

— Heureux de vous voir, Skip, déclara Ike Scoggins d’une voix mesurée.

La journée était venteuse et froide et Skip sentit ses joues chauffer même ainsi.

— Oui, eh bien, Richie et Carpenter n’ont pas voulu me laisser jouer, dit-il en espérant être charmant. Ils ont dit qu’après tout le travail qu’ils avaient fait pour me remettre sur pied, ils m’étrangleraient si je détruisais tout en jouant ce match.

C’était les mots de Carpenter, en fait. Ceux de Richie avaient été « Bon sang, si tu m’aimes, tu vas tout simplement te battre pour aller mieux. »

— Eh bien, maintenant que vous allez mieux, mon fils peut cesser de passer tout son temps chez vous, déclara Ike

Skip haussa les épaules.

— Nous jouons aux jeux vidéo, déclara-t-il. Carpenter aussi. Lorsque le temps s’améliorera, ils vont m’aider à réparer la cour pour que je puisse avoir un chien.

Sa cour était déjà réparée, mais il était en train d’agoniser à cet instant, sous ce souffle parfumé à la nicotine, à fixer Ike Scoggins. Ce dernier avait les mêmes pommettes étroites que son fils, sa mâchoire osseuse et sa couleur rousse, sauf que la peau du père était plus foncée que celle de son fils. Mais il n’avait pas les yeux brillants et rieurs. Et la douceur qui coupait parfois le souffle à Skip.

— Vous semblez beaucoup compter sur la gentillesse des étrangers, déclara Kay d’une voix moqueuse. Un jour, vous devrez rester seul.

— Comme Paul et Rob ? rétorqua-t-il avec acidité.

Il savait très bien qu’ils habitaient tous les deux avec Ike et Kay, alors que Richie payait un loyer pour vivre au-dessus du garage et prétendre qu’il avait sa propre vie.

— Les appartements décents sont difficiles à trouver, déclara leur mère.

Skip voulut lui répondre : « Ils le sont avec ce que vous voulez payer ! ». Mais son équipe avait besoin de lui.

Les changements étaient rapides, juste assez longs pour une conversation avec deux personnes qui semblaient haïr son courage, mais brusquement, l’autre équipe récupéra le ballon et ils firent des incursions contre le point le plus faible des Scorpions.

— Carpenter ! Tiens-toi plus près du but et utilise ton corps ! le héla Skip.

Son joueur hocha la tête, mais ne le regarda pas. Bon gars. Un joueur intelligent. Il deviendrait plus rapide avec le temps.

— Vous avez vraiment confiance dans ce gros homme pour être un défenseur ? demanda Ike.

Skip dut prendre sur lui pour ne pas lui exploser le nez.

— Cet homme a pris soin de moi pendant une semaine, alors que je ne savais même plus quel jour nous étions, dit-il. Montrez un peu de respect pour mes joueurs.

Il leva ensuite la voix.

— Cooper, va vers lui et porte-lui secours ! Jefferson, sois prêt pour la passe de Cooper.

La toux l’interrompit brusquement.

Il ignora tout et tout le monde dans son effort pour respirer et lorsqu’il réussit à retrouver sa respiration, son équipe avait de nouveau la balle. Richie et McAllister avançaient.

— Vas-y, Richie, fonce ! croassa-t-il.

Son coéquipier ne leva pas non plus les yeux, mais il exécuta exactement le mouvement qu’ils jouaient ensemble. Il fit un appel à McAllister juste avant que le défenseur remonte afin qu’il se positionne pour tirer.

McAllister se retourna et répondit, mais ils avaient dépassé le défenseur et se retrouvaient en position de hors-jeu.

— McAllister, espèce de crétin, murmura Skip. Tu aurais dû tirer au but. Il te l’avait servi sur un plateau.

Ce dernier se retourna vers lui et leva ses mains avec le classique haussement d’épaules « C’est de ma faute » et Skip lui retourna son geste.

Le regard que Richie lui adressa était beaucoup plus précis et Skip fut heureux qu’ils n’aient aucune mèche des cheveux roux de McAllister à proximité ou il y aurait eu des poupées vaudou dans sa maison. Puis, son petit ami aperçut ses parents et l’expression de profond dégoût et d’irritation sur son visage pouvait être vue de l’autre côté du terrain.

— Il ne semble pas content de nous voir, constata Kay.

Cependant, on aurait dit que cela l’exaltait en fin de compte. Skip aurait tout donné à ce moment-là pour prendre sa voiture, rentrer chez lui et se coucher avec Hazel, mais il était venu avec Richie et n’avait même pas son véhicule.

— Il ne s’attendait pas à avoir un public, dit-il en essayant d’être aimable.

Les autres venaient avec leurs femmes ou leurs petites amies, mais pas toujours. La plupart du temps, ils étaient juste entre eux et la pizza et la bière étaient leurs cotisations dans un petit club exclusif d’intérêt et d’amitié partagés sans risque de se retrouver « impliqués » comme c’était le cas pour Richie, Carpenter et lui.

— Il me priait de venir voir ce qu’il fabriquait, déclara Ike, tristement.

Skip se sentit mal pendant un moment. Il leva les yeux en pensant qu’il pourrait dire quelques paroles de réconfort, puis il se rendit compte que s’il disait la moitié de ce que Richie ressentait à propos de son père, ce serait trop d’informations pour celui-ci.

— Il est juste surpris, dit-il doucement.

Puis l’équipe eut besoin de lui et il ignora les parents du jeune homme parce qu’il ne pouvait pas les changer.

Ils finirent par perdre, mais l’équipe l’aida à se sentir mieux en assurant que c’était parce qu’ils avaient besoin de lui sur le terrain et en pleine capacité pulmonaire. Il rit et il eut droit à beaucoup de taquineries gentilles à propos de lui chantonnant « Oooh ! » sur tout le trajet pour rentrer chez lui le mardi, puis Owens donna le signal du départ.

— Skip, nous sommes heureux que tu aies pu venir, mais tu as l’air rincé. Laisse Scoggins te ramener chez toi et te nourrir d’une soupe ou d’autre chose, d’accord ?

— Tu restes chez Skip encore une fois, Richie ? demanda son père à ce moment-là.

Skip vit que l’attention de toute l’équipe se concentrait sur le visage de son petit ami et sur ses yeux verts vraiment écarquillés. Impressionnant.

— Oui, en fait, je l’ai conduit ici.

— Tu rentres ce soir ? demanda sa belle-mère. Je vais cuisiner.

Skip eut envie de gémir en voyant son petit ami passer d’un adulte triomphant à un petit garçon réprimandé en deux secondes.

— Nous verrons, dit-il. Cela dépend si Skip est bien ou pas. Comment tu te sens, Skip ?

Celui-ci regarda Carpenter qui lui retourna un regard du genre : « Fais quelque chose, bon sang », donc il lui obéit.

Il se lança rapidement dans une toux si brutale qu’elle le fit vomir.

 

IL AVAIT presque retrouvé sa respiration au moment où ils arrivèrent à sa porte tandis que Richie n’arrêtait pas de s’excuser.

— Je suis tellement désolé, dit-il pour la énième fois en ouvrant la porte.

Il avait maintenant son propre jeu de clés, ce qui était génial, mais cela n’améliorait pas ce moment.

— Bon sang, j’aurais juste dû leur dire. Juste là-bas, tu sais ? Simplement leur dire, je reste chez un ami cette nuit, cela vous pose un problème ? Mais tous nos équipiers nous regardaient et tout ce à quoi je pouvais penser, c’était combien je voulais ce week-end, tu vois ?

Skip était aphone. Il n’aurait pas pu faire un bruit, même si sa maison brûlait. Cependant, son système de défense de Richie fonctionnait très bien.

Il ferma la porte derrière lui, tendit la main et saisit son homme par le devant de son coupe-vent.

Celui-ci se tourna, le fixa alors que Skip s’adossait à la porte en souriant faiblement.

— Quoi ? demanda-t-il avec suspicion.

Le jeune homme désigna sa gorge et haussa les épaules. Il avait effectivement essayé de parler dans la voiture, mais il n’avait réussi à produire que de l’air. Il avait eu l’impression de se chuchoter à lui-même.

— Tu ne peux pas parler, maintenant ? demanda Richie, donnant l’impression que c’était la goutte faisant déborder le vase.

— Non, répondit-il en secouant la tête.

— Eh bien, merde alors ! Mon père se méfie. Il nous a presque démasqués devant toute l’équipe de football et tu as une laryngite ? Que sommes-nous supposés faire maintenant ?

Skip mima un gros baiser en cul de poule avec ses lèvres et Richie craqua.

— Non, répliqua-t-il en riant. Tu as de telles valises sous les yeux que je pourrais t’expédier à New York en colis spécial. Pas de baisers pour toi.

Skip leva ses sourcils et produisit son meilleur visage de pauvre petit chiot.

« Soupe », articula-t-il silencieusement.

Richie rit doucement et entra dans ses bras.

— Bien sûr, dit-il calmement. Je vais te faire de la soupe. Tu vas te coucher et je vais m’occuper de ça. Carpenter et moi avons fait des courses pour toi jeudi soir. Je pense pouvoir te faire une soupe vraiment savoureuse.

Skipper mima le maniement d’un ouvre-boîte. Puis, il mit ses bras autour de Richie et fit plus de baisers avec ses lèvres.

— Tu n’as qu’une chose en tête, Skip, constata son compagnon en bécotant ses lèvres. Non, je vais vraiment te faire une bonne soupe et je vais bien m’occuper de toi. Si ma famille devient totalement bizarre et s’ingère dans ma vie personnelle, je vais le gérer.

— Pourrais-je avoir un cookie après la soupe ? râla le malade en croisant ses bras avec un lourd soupir.

— Tu as réussi à me calmer et à m’empêcher de devenir cinglé. Tu peux avoir ce que tu veux, répondit le jeune homme en prenant sa joue dans sa main.

Skip sourit, se nicha dans la paume de sa main et se traîna jusqu’à son lit.

Mais, intérieurement, il se disait que des ennuis se préparaient avec les parents de Richie, l’équipe, le monde entier, qu’il n’allait pas pouvoir régler et que peut-être son petit ami n’était pas prêt à faire face.

Bon sang. Il était vraiment heureux d’avoir attrapé ce foutu virus. Au moins, cela lui donnait l’occasion de reporter la vie réelle pour une autre semaine, peut-être deux. Ils pourraient tenir jusqu’après Thanksgiving, n’est-ce pas ?

CE SOIR-LÀ, il observa Richie, après avoir reçu l’ordre de se cantonner au canapé, pendant que celui-ci courait partout, balayait, aspirait et faisait les poussières.

— Je ne suis pas impotent ! tenta-t-il de protester.

Cependant, sa voix n’était toujours pas revenue et Richie lui assurait qu’il ressemblait à un téléviseur sans le son. Finalement, il accepta l’aide et posa son menton sur son poing en regardant un quelconque programme. Richie prit une douche rapide après avoir fini de briquer la salle de bain, puis il revint dans le salon et s’assit à côté de lui pour regarder le programme.

Après environ une demi-heure de silences et de douces caresses, Richie mit le téléviseur sur pause et commença à parler, fixant l’écran comme s’il fonctionnait toujours.

— Carpenter m’a dit que tu serais avec lui pour Thanksgiving. C’est bien, je ne peux pas être avec toi, alors je suppose que c’est bien. Je pense que certains pourraient présumer que tu ne peux pas tomber amoureux de lui parce qu’il est gros, mais je te connais. Tu as un grand cœur. Donc, même s’il est hétéro et que cela ne peut vraiment pas arriver, je veux que tu saches que c’est pareil lorsque Kay essaie de me coller avec une fille. Je n’apprécie pas ça, d’accord ?

— D’accord, murmura-t-il. Rien d’autre ?

Richie se tourna vers lui, puis il fit ce geste de caresser la joue de son amant. Au début, celui-ci avait pensé que c’était juste comme ça ou parce qu’il était malade, cependant, à présent, il se rendait compte que c’était son truc. Il le caressait là lorsqu’il voulait se rassurer.

C’était tellement doux.

— Si, mais je n’ai pas de mots pour cela. Simplement… j’aimerais que le prochain week-end soit déjà là. Nous allons être ensemble toute la journée de demain et je partirai lundi matin, mais, brusquement, j’ai peur de te laisser seul.

— Je ne suis plus malade, dit Skip d’une voix râpeuse.

— C’est purement et simplement une connerie, répliqua Richie en levant les yeux au ciel. Mais, c’est plus qu’être malade et être trop stupide pour rester à la maison. C’est que tu ne pensais pas que quelqu’un s’occuperait de toi si tu restais chez toi.

— Je sais que c’est différent, maintenant, assura-t-il.

Il se fit plaisir et passa sa main sous le sweat-shirt de son petit ami. Ah, la peau. Il aimait la sensation soyeuse de la peau sur la hanche de Richie.

— C’est vrai ? demanda celui-ci, toujours inquiet. Tu promets que tu appelleras quelqu’un si tu es malade, blessé ou que ta voiture tombe en panne…

— J’appellerai le service d’assistance, plaisanta Skipper.

— Tu sais ce que je veux dire ! rétorqua son amant en fronçant les sourcils, pas amusé.

Skip caressa le ventre de Richie avant de remonter sa main pour pincer ses tétons. Le souffle retenu du jeune homme en valait peine.

— Je t’appellerai, murmura-t-il. Veux-tu être mon contact d’urgence ? Je ferai de toi ma personne à prévenir ?

— Plus que ça ! s’exclama Richie sur un ton particulièrement dur. Arrête ça, Skipper !

Il frappa la main baladeuse, mais Skip avait réussi à la glisser avant sous la ceinture de son pantalon.

— Quoi en plus ? demanda-t-il afin de le distraire.

— Sois honnête, répondit son ami en inspirant. Skip !

Celui-ci venait de glisser sa main sous le caleçon de Richie et commença à taquiner son sexe. Il était fatigué de discuter sur la manière dont il avait besoin de prendre soin de lui-même. Il voulait caresser Richie nu !

— Comment ça, être honnête ?

Richie arqua son dos et se poussa dans la paume de Skip et celui-ci accepta l’invitation, enroulant ses doigts autour de son sexe et le serrant.

— Pas ce que je… Oh, bon sang, Skipper. Ce que tu…

Ce dernier fit glisser le pantalon de Richie tout en bas de ses jambes et s’agenouilla devant lui, brusquement lassé d’être fatigué, malade et endolori. Merde, il le désirait et il voulait juste plus que le taquiner. Il ne pouvait pas participer à la conversation, mais il pouvait très bien être une bonne compagnie.

Il caressa le sexe de son petit ami de la base jusqu’au gland, puis il le prit dans sa bouche et commença à le masturber.

— Nous devrons…

La voix de Richie retentit alors que Skip hésitait à le prendre profondément dans sa bouche et déglutissait pour soulager sa gorge.

— … avoir…

Il remonta rapidement vers le gland de Richie et le lécha.

— … une discussion…

Il redescendit et le prit presque jusqu’au bout à nouveau. Il glissa sa main entre les jambes de Richie et caressa ses testicules.

— … plus tard ! gémit-il abandonnant et bougeant lentement, avec précaution dans la bouche de Skip.

Ce dernier le pressa, l’absorba, le lécha, le caressa et Richie passa ses mains dans les cheveux de son amant.

Skip se détandit sous cette caresse, se demandant quand être à genoux devant Richie avec son sexe dans sa bouche était devenu une zone de confort. C’était un réconfort. Pas tellement son goût, puisqu’il ne pouvait pas vraiment le goûter de toute façon, mais la sensation de sa chair, solide, réelle, les bruits qu’il faisait et surtout le fait que Skip était le centre de son monde.

Les mouvements de Richie devinrent plus frénétiques, ses hanches commencèrent à pousser en petits mouvements et Skip se concentra uniquement sur le but de rendre son amant sauvage. Il se masturbait trois fois par jour habituellement, n’est-ce pas ? Eh bien, il avait un homme ici, sa bouche ouverte, son poing fermé, mourant simplement de… suppliant juste…

Richie noua ses doigts dans les cheveux de Skip qui commençaient à être longs et tira sa tête en arrière.

— Je vais jouir, murmura-t-il en frottant ses doigts sur le cuir chevelu de son compagnon. N’avale pas. Tu tousserais du sperme pendant une semaine.

Skip ouvrit sa bouche et équilibra la hampe de Richie sur sa langue, ses lèvres ourlées sur un sourire. Il se tint ainsi, faisant rebondir sa langue vers le haut et le bas et vice versa jusqu’à ce que son amant s’arque et se pousse en avant.

— Merde, Skip, tu crains !

Puis, Skipper le suça, il y mit toute sa force et Richie se répandit chaudement et amèrement dans sa bouche, la première saveur qu’il goûtait en une semaine.

Il avala, bien sûr.

Richie continua à agiter faiblement ses hanches comme s’il ne pouvait pas s’en empêcher et même lorsqu’il frissonna une dernière fois et s’immobilisa, Skip le lécha encore afin de s’assurer qu’il était tout propre.

Richie lui lança un regard sombre, même si Skip s’occupait de son pantalon, le remettait en place et réajustait son sweat-shirt, donnant l’impression qu’il venait de s’installer sur le canapé pour regarder la télévision et pas qu’on venait de le sucer.

— Cela ne change rien, déclara-t-il en essayant de maintenir la sobriété qu’il affichait avant la fellation.

Skip lui adressa un sourire éclatant et Richie abandonna son personnage et se mit à rire en ébouriffant ses cheveux.

— D’accord, d’accord. Je ne suis plus aussi tendu. Cependant, je veux toujours que tu m’appelles si quelque chose ne va pas. N’essaie pas de me raconter des craques, ne me dis pas que tout va bien alors que tu es trop malade pour bouger. Ne… ne prétends pas que tu n’es pas seul pour me protéger, Skipper. Je suis la seule personne au monde, Carpenter inclus, qui ne te laissera plus jamais seul.

Le sourire de Skip s’adoucit et il posa sa tempe contre la cuisse de son compagnon. Il tendit la main, le regardant avec espoir et celui-ci enlaça ses doigts avec les siens.

— Oui, dit, Richie en serrant un peu sa main. C’est ce que nous sommes.

Skip sourit encore plus et il serra à son tour. Oui, oui, ils l’étaient.

 

LE LENDEMAIN, il pouvait réellement parler… Hourra ! Et Richie était moins enclin à faire des conférences et plus à faire l’amour.

Ce qu’ils firent.

Beaucoup.

La deuxième fois, il prit Richie alors qu’il était plaqué contre la tête de lit, ses deux mains serrant les barreaux, poussant si fort en lui qu’ils n’auraient probablement pas entendu une bombe exploser.

— Baise-moi ! Baise-moi, Skip ! Baise-moi !

Le sexe de Skip enfin délivré des contraintes du sirop pour la toux et des analgésiques voulait baiser comme un prisonnier libéré voulait s’envoler.

La tête de Richie tombait en arrière sur les épaules de Skip, ses cheveux déversant glorieusement leur couleur automnale contre la peau pâle de son compagnon, Celui-ci pouvait voir les taches de rousseur sur son corps et il le voulait, aspirait à cela, ne pouvait pas le baiser assez. La hampe saillante du jeune homme heurtait les barreaux alors qu’il le martelait et chaque fois que cela arrivait, il suppliait pour encore plus et Skip lui obéissait.

Mais Skip devait jouir – et bientôt – ou son corps nouvellement guéri renoncerait pour lui.

— Masturbe-toi, Richie, râla-t-il. Vas-y, serre-le durement. Je veux te voir…

Oh, c’était tout ce qu’il fallait. Il le fit une fois, une autre et la semence blanche fusa de son gland et aspergea les coussins, les barreaux et les murs. Richie s’affaissa dans ses bras et Skipper frissonna, totalement excité par tout cela, du canal de son amant autour de son membre jusqu’à la vue de sa semence coulant sur le barreau en laiton du lit.

— Aaah… Argh !

Ce fut un moment intense. Cet orgasme ne fusa pas, il le déchira, l’ouvrit de l’aine au menton, le frappa d’une lumière blanche, le fit se répandre dans Richie et il le lui offrit afin qu’il le garde profondément dans son corps.

Ils s’écroulèrent tous les deux comme du beurre fondu sur le lit, transpirant dans l’air froid.

— Skip, haleta Richie après quelques instants de silence.

— Oui ?

— Je pense que nous nous améliorons.

— Je sais que quelque chose s’améliore, répondit-il, sa voix râpeuse. Mais quoi ?

— Je ne veux pas attendre jusqu’à…

Des coups sur la porte d’entrée de Skip les prirent tous les deux par surprise. Dans l’affolement qui suivit, Skip se retrouva à porter son propre pantalon en mode commando et le sweat à capuche de Richie sans tee-shirt en dessous. Celui-ci le serrait à la poitrine et laissait son estomac nu.

— Vas-y ! commanda Richie en allumant la télévision et montant le volume à fond.

Il courut vers le vaporisateur dans le coin de la pièce et Skip ne resta pas pour voir ce qu’il faisait ensuite parce que les coups sur la porte continuaient.

Il arriva à la porte, l’ouvrit et s’étouffa presque avec sa langue lorsqu’il vit le père de Richie.

Oh, bordel de merde. Avaient-ils été très bruyants ? De quoi avait-il l’air ? Avait-il tenté de coiffer ses cheveux pendant qu’ils se dépêchaient ?

— Monsieur Scoggins, dit-il d’une voix râpeuse et cordiale. Que venez-vous faire ici ?

— Je suis ici pour voir si Richie est enfin prêt à rentrer à la maison, dit Ike en le regardant.

Skip lui sourit en espérant qu’il ne ressemblait pas à l’homme qui venait de baiser le bébé d’Ike dans le matelas cinq minutes plus tôt.

— Je n’en suis pas certain, il prévoyait de faire des courses un peu plus tard, lui répondit-il.

Ils devaient acheter des décorations pour Thanksgiving, c’était tellement domestique, comme de vrais petits amis, mais il ne le dirait pas au père de son amant.

— Il fait vos courses alimentaires ? répliqua celui-ci, sa bouche se relevant sur un ricanement.

Skip décida de ne pas le laisser entrer.

— Il mange ici aussi, dit-il d’une voix très rude.

À ce moment-là, ce que Richie fabriquait avec le vaporisateur arriva dans le salon et Skip sentit son cerveau s’éclaircir pour la première ce jour-là et le père de son petit ami commença à cracher ses poumons.

— Qu’est-ce que…

Une toux, un autre, encore une autre.

— … C’est quoi, ce truc ?

— De l’eucalyptus, l’informa Skip en inspirant plus profondément. Waouh. Ça fonctionne merveilleusement bien.

Richie sortit de la chambre à coucher vêtu de son jean et du polo de travail de Skip, mais les pieds nus.

— Papa ? demanda-t-il, faisant comme si son père ne remarquait pas qu’ils portaient les vêtements de l’autre. Je t’ai dit que je serais là lundi matin.

— Qu’est-ce que tu fais ici, Richie ?

— Oui, désolé pour le Vicks Vaporub. J’en ai trop mis dans l’humidificateur… Ce n’est pas le résultat que je voulais atteindre.

— Tu plaisantes ? C’est génial, le rassura son compagnon, vraiment reconnaissant.

C’était comme s’il retrouvait le plein usage de ses sens pour la première fois depuis une éternité.

— Vraiment ? s’exclama Richie en lui souriant et ils purent pendant un instant faire comme s’ils n’avaient pas failli se faire surprendre à faire l’amour dans la chambre de la petite maison de Skip. Je m’en souviendrai.

— Tu dois rentrer à la maison, maintenant, aboya son père et le petit moment de plaisir de Richie se dégonfla.

— Non, dit-il calmement. Désolé, papa. Je n’ai rien de familial de prévu et mon temps est à moi, n’est-ce pas ?

— Ne le passe pas à…

Ike les regarda tous les deux comme s’il les défiait d’oser dire les bons mots.

— À quoi ? demanda Skip d’une voix rauque, mais ferme. Que pensez-vous que nous faisons, monsieur ? Nous sommes amis depuis des années… Que voyez-vous de si mauvais ici ?

— Ne vous moquez pas de moi, jeune homme, aboya-t-il. Vous deux… ce n’est pas sain. Vous ne pouvez pas vous en sortir avec ce que vous faites… Quelqu’un vous arrêtera !

Il se retourna et se dirigea vers sa voiture. Les deux jeunes gens fermèrent la porte derrière lui en tremblant.

— Oh, merde, dit Skip en s’appuyant contre la porte. Hazel est-elle sortie ?

— Non. Elle se cache sous le lit. Tu l’as entendu, Skip ? demanda Richie, lui aussi appuyé contre la porte, leurs bras se touchant.

— Oui, je ne sais pas à qui il pense lorsqu’il dit que quelqu’un nous arrêtera, murmura-t-il en fixant son petit ami, les yeux écarquillés. Je veux dire… il ne va rien faire, n’est-ce pas ?

— Tu veux dire comme saboter ta voiture ou brûler ta maison ? demanda sérieusement Richie.

— Le fait que tu puisses penser cela est vraiment effrayant. Le ferait-il ?

— Non, dit-il en secouant la tête. Non, je ne pense pas. Cependant… Rob et Paul pourraient ne pas être aussi intelligents. Bon sang, Skip. Je devrais partir…

— Non, s’exclama Skip, ses yeux étincelants brusquement. Non, qu’est-ce qui va se passer ? Tu vas rentrer chez toi et dire : « Désolé, papa, tu as raison, je ne jouerai plus avec Skip. ». Que se passera-t-il pour le football ? Pour nous ? Es-tu prêt à renoncer à tout cela ?

— Non, répondit doucement son compagnon en saisissant sa main et s’y accrochant. Non. Tu as raison. Nous allons faire nos courses comme prévu. Nous achèterons d’autres appareils à l’eucalyptus pour ta table de chevet afin que nous n’ayons pas à en mettre dans toute la chambre. Merde, je n’arrive pas à croire que ça ne te dérange pas.

— Ma tête ne s’est jamais sentie aussi bien depuis une semaine, confirma Skip. Mais nous devrions sortir d’ici de toute manière.

Il se redressa et sentit les restes de son orgasme coller dans son pantalon et l’air froid frapper son ventre.

— Mais d’abord…

— Oui. Nous devons absolument nous changer.

 

RICHIE PARTIT une nouvelle fois le lundi matin et, cette fois-ci, ils s’embrassèrent devant la porte aussi longtemps qu’ils le purent avant d’être tous les deux en retard.

Lorsqu’ils s’arrêtèrent, Richie était écrasé contre la porte et Skip soutenait les cuisses de son amant alors que celui-ci avait mis ses jambes autour de sa taille. Ils firent une pause, front contre front, inspirant pour trouver de l’air.

— Qu’est-ce que je dis à mon père ?

— Dis-lui que tu es amoureux.

— Je suis tellement amoureux de toi, affirma Richie en nichant son visage dans l’épaule de Skip

Celui-ci le serra contre lui pendant une seconde, puis une autre et il laissa finalement partir.

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