Dans les geôles de Poutine
3 - Le procès
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Le procès
Mon procès eut lieu le 17 mars 2021. Si ma grand-mère maternelle avait toujours été de ce monde, elle aurait célébré ce jour-là son quatre-vingt-sixième anniversaire. Une chance que Dieu l’ait rappelée à lui l’année précédente, car je ne doute pas que ce spectacle pitoyable l’aurait anéantie. Quelques semaines plus tôt, à la suite de mon arrestation à Vladivostok, j’avais été inculpée pour manifestation non autorisée, et finalement assignée à résidence.
Le reproche le plus courant fait à la justice par les peuples du monde est sa lenteur. Qu’il soit français, thaïlandais ou américain, un justiciable, lorsqu’il doit y faire face, souffre toujours de la lenteur de l’appareil judiciaire. La plupart du temps, elle s’explique par le manque de moyens ou de personnel qualifié pour rendre en temps et en heure un verdict. En Russie, cette lenteur n’est souvent pas la conséquence d’un manque, mais une volonté politique. La justice russe ne traîne pas. Elle prend simplement son temps. Elle le prend pour fouiller, explorer, disséquer la vie d’un inculpé, pour éclairer le moindre de ses défauts, exhumer le plus petit de ses écarts.
Lorsque l’inculpé est un ennemi du Kremlin, le temps de l’instruction est encore prolongé. Il ne s’agirait pas de passer à côté de quoi que ce soit.
Chez moi, l’on a toujours eu coutume de dire qu’un dissident politique était arrêté pour un délit et condamné pour dix crimes. Une idée que j’ai moi-même, et plus d’une fois, pu vérifier. Sous Brejnev, mon grand-père paternel avait été arrêté pour avoir « arraché ou corrompu des affiches à la gloire du régime soviétique et pro-Parti unique », autrement dit pour vandalisme. Une nuit dans la cellule d’un poste de police, un transfert dans un psikhushka – un hôpital psychiatrique – dans l’attente de son procès, qui n’arriva que quatre mois plus tard. Quatre mois d’investigations, de fouilles, quatre mois de fabrications, d’inventions, de constructions de preuves, pour aboutir à une condamnation disproportionnée, une condamnation pour tout sauf pour vandalisme, une condamnation à deux ans de camp de travail.
Plus de soixante ans plus tard, la justice russe fait encore preuve des mêmes méthodes. La Russie de Poutine est conservatrice. Le 17 mars 2021, j’appris par le biais de mon avocat qu’outre ma participation à cette manifestation non-autorisée, la justice me reprochait d’avoir antérieurement à ce fait enfreint la loi une multitude d’autres fois. En deux mois, une poignée d’enquêteurs zélés avaient ainsi mis au jour des preuves et des indices suffisants pour m’accuser d’avoir, entre autres, contrevenu à la loi fédérale no 135-ФЗ interdisant toute propagande homosexuelle, et d’avoir offensé le sentiment religieux des croyants. En fouillant mon passé, ils avaient apparemment mis la main sur des textes que j’avais rédigés et publiés plus tôt, des textes parlant de manière positive du mariage entre gens du même sexe – un acte on ne peut plus scandaleux dans la Russie ultraorthodoxe de Poutine.
Captures d’écran à l’appui, mon représentant avait également été informé d’une accusation pour diffusion de propos offensants. J’étais accusée d’avoir quelques années plus tôt, au cours d’une des « Lectures Maïakovski » – lectures publiques de poésie sur la place Triumfalnaïa de Moscou –, récité publiquement quelques vers « à caractère insultant ou obscène envers les autorités moscovites ». Un comble, s’il en est, lorsqu’on sait la raison même de ces rassemblements.
Créées à la fin des années 1950, ces « Lectures » ont toujours visé à offrir aux dissidents politiques une tribune pour leur permettre de s’exprimer et contester, sur la place publique, l’ordre établi. Interdits trois ans après leurs créations par Khrouchtchev, ces rassemblements ont repris en 2009. Chaque dernier dimanche du mois, au pied de la statue de l’illustre poète futuriste, des dizaines de jeunes gens se retrouvent pour citer, réciter leurs propres créations ou des classiques devant une foule plus ou moins fournie.
Quels vers avais-je alors moi-même récités, je ne m’en souviens pas. Mais la Russie de Poutine est susceptible. Elle n’aime pas qu’on souligne ses travers. Pour preuve, et pour tenter de s’en préserver, elle a fait passer en 2014 une loi bannissant les insultes dans les arts et les médias. Quelles insultes sont précisément visées, nul ne le sait vraiment. Il en est à chaque fois laissé à l’appréciation des autorités et d’un panel d’experts en obscénités. Mais d’aucuns savent que toute critique de l’État est obscène aux yeux du Kremlin.
Avec cela, les fins limiers du ministère de la Justice avaient encore découvert sur mon compte telle ou telle autre entorse à la loi. Pour l’ensemble de mon œuvre, j’échouai donc enfin dans un box des accusés d’une salle d’audience du tribunal de Tverskoï. Mon procès, longtemps attendu et d’autant redouté, n’allait guère durer. Je ne me faisais aucune illusion. Je savais que mon sort était déjà scellé, que ma peine avait été décidée plus tôt, ailleurs et par d’autres. Reste que cela ne m’empêchait pas de sombrer. Je croulais même sous le poids de la fatigue, de l’impatience, de l’exaspération et de la colère ; sous le poids de cette absurdité qui écrase tout et tout le monde, qui écrase la Russie tout entière depuis des années maintenant.
Dans ce box de quatre mètres carrés dont la vitre déformait les visages que j’apercevais au-delà, je m’employai vigoureusement à conserver mon calme. C’était une lutte de tous les instants, mais je ne pouvais lâcher. Il n’y a rien de pire, face à la justice russe, que de montrer ses faiblesses.
Faire face à la justice est une expérience unique. Chaque accusé la vit différemment. Et d’une façon toute particulière s’il est innocent. Tout du moins, s’il l’est de ce qu’on lui reproche. Car il va sans dire que personne n’est jamais entièrement innocent. Je ne connais d’ailleurs pas un seul opposant politique qui se targue de l’être de tout. Il n’empêche, les reproches que certains font aux dissidents russes sont souvent malvenus.
Combien de fois n’ai-je entendu de la bouche d’un Occidental qu’un tel « en situation de pouvoir ne serait pas mieux », qu’une autre « ne respecte rien ni personne », que certains « sont de véritables criminels », que d’autres encore « n’ont aucune morale ». Et des reproches sur des déclarations passées, sur des changements d’opinion.
Mais c’est oublier qu’on dit tous des conneries, qu’on fait tous des erreurs.
Le pire reste selon moi la propension de beaucoup à croire sur parole les accusations de la justice russe. Tel élément de preuve exposé par un enquêteur en fait forcément une réalité, et ce quand bien même cela n’a aucun sens. La longue tradition du kompromat en Russie – ces dossiers compromettants fabriqués de toutes pièces – ne semble pas éveiller les doutes.
Le jour de mon procès, en découvrant l’étendue des charges qui pesaient contre moi et tous ces improbables détails collectés pour me nuire, c’est accablée et plutôt écœurée que je me retrouvai face à mes adversaires plus nombreux, plus forts, mieux organisés et mieux préparés. Ils possédaient aussi des armes, certes ridicules, mais tranchantes. Mon impuissance m’exaspérait. Par chance, et bien malgré lui, le juge en charge de mon dossier, un dénommé Kourkov, m’aida à ne pas sombrer. À la manœuvre depuis mon arrivée dans cette salle d’audience, ce haut magistrat et fidèle serviteur du Kremlin distillait sa partie d’un ton si monocorde qu’il endormait un peu mon angoisse autant que le public présent, une audience alors clairsemée.
Des procès comme le mien ne sont plus rares en Fédération de Russie. On sait à présent que la justice en abuse souvent pour remplir les caisses de l’État. Une manifestation non autorisée, ce pour quoi j’avais été initialement inculpée et ce pour quoi je comparaissais en théorie ce 17 mars, n’a toujours été qu’une simple infraction administrative. Elle expose le contrevenant à une amende variant, selon l’humeur du pouvoir et l’état des finances du pays, de 10 000 à 300 000 roubles. Guère de quoi, donc, attiser la curiosité ou la furie des foules.
Dans ce public, il n’y avait certainement personne curieux de mon affaire. Il est fréquent, lors de procès d’opposants, que des partisans du Kremlin assistent aux audiences, mais là ils étaient soit en avance pour soutenir un proche, soit en retard pour narguer un adversaire. Ils s’endormaient par conséquent sans mal. Reste que le juge Kourkov, loin de ces constats qui étaient alors les miens, parlait bel et bien sans relâche mais sans nuance, et me soulageait ainsi de mes troubles. Je l’écoutai finalement d’une meilleure humeur arpenter notes et dossier, commenter à haute voix le moindre mot qui attirait ses yeux. La comédie était lente, l’acteur principal, mauvais ; la pièce était d’un profond ennui, mais elle se laissait suivre. C’était au moins cela, pensai-je. Dans l’assistance, après une demi-heure, cet ennui provoqua quelques réactions. Dans les premiers rangs, une dizaine de spectateurs commencèrent à bâiller, d’autres à chuchoter. Mais le juge, lui, ne cilla pas. Comme s’il était seul sur scène, seul en salle, il continua à dérouler sa partie.
De nouvelles notes, un nouveau dossier. Je bâillai à mon tour. Ce rythme avait certes le don de calmer mes sursauts, mais cette comédie n’avait déjà que trop duré. Le haut magistrat réagit-il à mon humeur ? Je l’ignore, mais il passa la parole à sa voisine, une jeune juriste à la voix haut perchée qui entreprit d’énumérer, sur un rythme beaucoup plus rapide et dur, tout ce que la justice me reprochait précisément – tout ce dont mon avocat avait d’ailleurs été informé. Et moi de soudain me demander si j’avais vraiment fait tout ce qu’elle prétendait. Sans aucun doute. Oui, j’avais manifesté mon soutien à cet opposant politique jadis empoisonné. J’avais par le passé et à plusieurs occasions aussi manifesté mon mécontentement. J’avais tout autant publiquement critiqué telle ou telle action du Kremlin. Et oui encore, j’avais écrit qu’un Russe était un Russe, qu’importe sa religion ou son orientation sexuelle. Oui, à l’évidence, j’avais ainsi offensé quelques étroits d’esprits, croyants ou non, par mes propos. Mais étais-je pour autant coupable de quoi que ce soit ? Je ne pouvais le penser.
Être coupable, c’est commettre une faute. Commettre une faute, c’est manquer à son devoir. Je n’avais certainement pas à ces occasions, ni même jamais, manqué à mon devoir humain. Avec une patience que je ne me connaissais pas, je continuai dès lors à prendre sur moi. La fin de cette farce était proche, je la sentais venir. À l’extérieur de la salle d’audience, un brouhaha venait juste de naître. Sans doute l’inculpé suivant était-il arrivé et attendait son tour. Le juge Kourkov le remarqua lui aussi. Je le devinai lorsqu’il interrompit la juriste pour me demander ce que je souhaitais plaider. Mon unique droit à la parole m’était donné, je pris le temps de l’apprécier.
Quelques secondes avant d’être jetée dans ce box et que cette comédie ne débute vraiment, mon avocat m’avait dit de tenir ma langue. « Ne dis rien, ne montre rien, ne sois rien ! » m’avait-il soufflé ; une recommandation brutale mais vitale. Elle m’avait d’ailleurs dans une certaine mesure rappelé une des règles d’or que m’avait enseignées papa : « Dans la vie, il faut toujours bien parler, bien écouter, viser juste et courir vite. »
Comme quoi, souvent, l’essentiel est simple comme bonjour.
Mon droit à la parole apprécié, je plaidai finalement coupable, non par conviction, mais comme entendu avec mes représentants judiciaires qui, à l’extérieur du box, me soutenaient du regard. De toute façon, je n’avais guère le choix. La question était posée pour la forme uniquement, autant que l’était ma réponse. Je plaidai donc coupable sans envie mais sans crainte non plus. La loi fédérale était pour moi claire, je ne m’exposais qu’à une amende. Tout du moins si cette loi était respectée à la lettre. Qui ne respecte la loi de son pays ne respecte pas son pays : c’est là une vérité universelle. Mais quid si son pays ne respecte pas sa propre loi ? Voilà bien une question qui ne me quitte plus.
Ce 17 mars 2021, dans cette salle d’audience du tribunal de Tverskoï, et malgré la loi, le juge Kourkov décida de me priver de liberté. Ma surprise, forcément, fut totale, comme celle de mon avocat, de son conseiller et des quelques spectateurs qui ne s’attendaient certainement pas à ce coup de théâtre. Interdite, je les scrutai toutes et tous par-delà la vitre claire. Je croisai quelques regards déformés, quelques mines incrédules. Mon avocat, qui en avait certainement vu d’autres, ne put s’empêcher d’afficher un profond étonnement. Il n’y comprenait à l’évidence plus rien. À cette histoire, déroulée depuis quarante minutes, pas plus qu’à l’institution de la justice ni au droit russe qu’il avait pourtant passé sa jeunesse à étudier, sa vie à disséquer.
Incompréhension, doutes, perdition ; le naufrage fut total et violent.
Mon avocat tenta bien d’objecter, mais sa riposte tomba à plat. Il était lui aussi là pour la forme et la forme uniquement. On touchait à l’absurde. La débauche de moyens pour dérouler toutes ces farces judiciaires m’a toujours profondément scandalisée. La justice coûte cher, quand bien même elle est parodiée. Quel gaspillage d’argent public ! Encore aujourd’hui, à chaque nouveau « procès » d’opposants politiques en Russie, je ne peux m’empêcher d’intérieurement bouillir. Et plus ils évoquent le passé, plus ils nous ramènent inlassablement vers les heures sombres du pur soviétisme.
Sous Staline, on y trouvait les mêmes ingrédients. Outre les trois tristement célèbres « procès de Moscou », des centaines d’autres farces impliquant des dirigeants locaux et appelées « procès agricoles » ont occupé le quotidien de la Russie profonde tout au long des années 1930 et de la Grande Terreur. Il y allait de la nécessité et de l’ordre, du spectacle et de l’apprentissage. Soigneusement fabriqués, ces procès visaient à donner matière à réfléchir au petit peuple, à le faire naturellement rentrer dans le rang. Et qu’importe si les accusés étaient innocents, qu’importe s’ils allaient être, pour la cause et l’exemple, fusillés ou déportés en camp. Pour la cause, pour l’exemple, pour la nécessité et l’ordre : des raisons absurdes qui guident certainement aujourd’hui et à son tour le maître actuel du Kremlin.
Dans la salle d’audience de Tverskoï, en ce jour de mars 2021, un vacarme naquit forcément de l’annonce du juge Kourkov. Les quelques-uns qui étaient au spectacle ne purent retenir leur surprise, leurs impressions et autres commentaires. Dans mon box, je perçus quelques remarques, étouffées. Cette sentence m’avait immédiatement plongée dans un étrange brouillard qui ne cessait plus de s’épaissir. Lorsque le ridicule touche à l’absurde, notre monde s’effondre. Et l’on se retrouve au milieu d’un chaos, entouré de débris, à chercher les morceaux, à tenter encore de les rassembler pour peut-être sauver ce qui peut l’être encore. Après l’effondrement que je venais tout juste de vivre, c’est le premier réflexe que j’eus. Je rassemblai mes idées, cherchai à comprendre et tentai de trouver une explication rationnelle à tout cela.
Le fait est que bien qu’accusée d’une multitude d’infractions, ce procès n’avait exposé les preuves irréfutables que de ma participation à la manifestation non autorisée de janvier 2021. Le reste n’avait été que dénigrements, suppositions ou conjectures. J’avais néanmoins connaissance de l’introduction en 2014 de la loi Dadine sanctionnant les violations répétées des règles relatives aux rassemblements publics – une loi punissant d’une peine de prison quiconque est interpellé à trois reprises pour manifestation non autorisée. Je savais donc que la justice condamnait de temps à autre les manifestants pour mieux les menacer plus tard de prison. Les autorités plaçaient ainsi une épée de Damoclès au-dessus de la tête de certains opposants, une épée pour refréner leurs actions futures et faire réfléchir les autres. Mais je n’avais dans ma vie été arrêtée que deux fois pour rassemblement interdit. Deux fois, pas trois.
Mon avocat, je crus l’entendre dans le brouhaha général, exposa cet état de fait. Je ne pouvais être emprisonnée, aucune loi ne l’indiquait. Mais à l’évidence, la Russie de Poutine ne se conforme pas à la loi, c’est la loi qui se conforme à la Russie de Poutine. Sans se départir de son ton monocorde, et sans la moindre hésitation, le juge Kourkov daigna tout de même offrir un semblant d’explication. Après avoir sifflé pour obtenir le silence, il évoqua ma dangerosité – quelle ironie – et l’impérieuse nécessité pour le ministère de me placer en détention pour un mois.
Expliquer l’inexplicable est au mieux ridicule pour celui qui s’y engage, au pire révoltant pour celui qui l’écoute. Et davantage lorsque c’est fait de manière si légère et effrontée. La justice russe venait sans la moindre gêne de reconnaître qu’elle avait transformé mon procès en spectacle de foire et une condamnation financière logique en une peine de prison ferme. Elle avait en vérité décidé de me priver de liberté sur la base de simples soupçons, l’hypothèse que j’aurais commis dans le passé un ou plusieurs véritables actes illicites dont elle soupçonnait l’existence seulement parce qu’elle m’avait au préalable jugée capable du pire. Une situation risible, certainement. Une aberration sans nom, aux précédents, hélas, déjà nombreux.
La décision étant sans appel, je lâchai cette fois complètement prise.
En un instant, tout par-delà la vitre devint flou et le vacarme disparut. Je me retrouvai seule au milieu d’un monde dégradé et trouble, détruit par trop d’abus. En Russe que je suis, et en condamnée certainement, c’est alors forcément à Alexandre Soljenitsyne que je pensai ensuite. Je pensai à lui et à son Archipel du Goulag que j’avais jadis lu trois fois, une fois par devoir, une autre par respect et une dernière par nécessité. J’y pensai et me souvins de ce passage, de son propos sur l’arrestation, propos que je ne pouvais désormais m’empêcher de ramener à ma condamnation, et qui est :
« L’arrestation ! Est-il besoin de dire que c’est une cassure de toute votre vie ? La foudre qui s’abat sur vous ? Un ébranlement moral insoutenable auquel certains ne peuvent se faire, qui basculent dans la folie ? »
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