Études sur l'Islam et les tribus Maures: Les Brakna

Chapitre V: Zemarig

CHAPITRE V

 

ZEMARIG

 

1.—Historique.

 

Si administrativement les Zemarig constituent une tribu

indépendante, on a vu ci-dessus qu'ethniquement, ils sont des Dieïdiba. Depuis l'heure où leur ancêtre éponyme Chems ed-Din, dit Zemrag, c'est-à-dire «le fort», rejoignit ses cousins Atjfara Brahim et Atjfara (Bekkaï) dans le Brakna, ils ont vécu avec les Dieïdiba et ont fait partie intégrante de la tribu. C'est de nos jours seulement qu'ils se sont détachés d'eux.

La chronique des Zemarig commence donc avec Chems ed-Din,

originaire comme ses cousins, des Dieïdiba ou Id Eïleb du Hodh. Une tradition le fait proprement le fils d'Atjfara (Bekkaï). Voici le tableau généalogique de la tente du commandement:

 

Zemrag.

 

Tegueddi. Baba Imijan.

 

Taleb Brahim. Ba Ahmoud Agd Eïlek. Atjfara Mohammed, (Zmarig). Saloum. descendance

chez les

Oulad Bou

Sif.

Mohammedden. Quelques tentes

chez les Oulad bou

Sif, le reste chez les

Zemarig.

Amar.

 

Abd El-Qader.

 

Mohammed. Mostafa.

 

Sidi-l-Mokhtar. Chibani.

 

Mohammed Sidi, Tofaïl. Limam, chef ex-chef. actuel.

 

C'est par suite d'un phénomène d'ordre économique qu'un certain

nombre de tentes Zemarig se sont agglutinées aux Oulad Bou Sif. Propriétaires de chameaux, elles ne purent suivre les autres Dieïdiba dans leur lent fléchissement vers le Sud. Obligées de vivre loin du fleuve, elles se groupèrent auprès des Oulad Bou Sif pour être protégées, mais elles sont restées en bonnes relations avec leurs cousins et ne renient pas leurs origines.

Les Zemarig ont toujours été considérés un peu comme des

parents pauvres par les autres Dieïdiba.

Les Id ag Fara Brahim étaient la fraction qui avait le

commandement politique. Les Id ag Fara possédaient l'autorité religieuse et judiciaire. Les Zemarig, tiers état, n'avaient plus qu'à obéir. Ils se lassèrent de cette situation, et après des luttes fréquentes avec les Id ag Fara Brahim, ils s'éloignèrent d'eux et vinrent se fixer à Chabour, dans le Chamama. Chassés par les Toucouleurs, ils vinrent vers Boghé et nomadisèrent entre Boghé, Al-Meriché, la rivière de Mal, et Cascas. Ils entrèrent dans le système politique de l'équilibre local en contractant alliance avec les Toucouleurs de Boghé et en luttant contre ceux du fleuve. Leur dabaï était installé près de Boghé.