HAÏKAÏ

Matsuo Baschô et disciples · Chapitre 10 sur 19

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HAÏKAÏ

Jôçô(1662 – 1704)

JÔÇÔ

 

(1662 – 1704)

 

La cigale d’automne

morte à côté

de sa coque vide76.

Inerte

la grenouille flotte

à la surface de l’eau77.

J’arrive heureux.

Fête des fleurs.

Je ne trouve que le gardien78.

 

76 En automne, nous l’avons déjà noté, la cigale se dépouille de sa coque.

77 Image de la vie. Que sommes-nous ? un jouet sur les flots.

– 68 –

À Ohara,

Même le papillon sort et danse.

Lune voilée79.

Sur la mer, très loin,

où va-t-il

le vent vert et brumeux ?…

Ils ont vu

le fond de l’eau

les petits canards heureux !

Que de personnes

ont passé à travers la pluie d’automne

sur le pont de Séta80 !

 

78 Sans réfléchir, le poète a frappé à la porte d'une maison amie, le jour de la fête des fleurs. Naturellement, le maître est sorti admirer les fleurs et le visiteur ne trouve qu'un domestique, gardien de la maison.

79 Ohara, un des endroits les plus exquis du Japon.

– 69 –

Parmi tant de fleurs

le pivert cherche

un arbre mort.

Plus rien.

La neige a effacé

et le marais et la colline.

 

80 Le poète est sur le pont, admirant la nature. À travers chaque ondée de nuages passagers, des piétons passent rapidement, devançant même la pluie : image du temps qui fuit.

– 70 –