Histoire de la République de Gênes

Emile Vincens · Chapitre 13 sur 13 · partie 1/3

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Histoire de la République de Gênes

Chapitre VII. - Progrès, tendance au gouvernement aristocratique.

Ce chapitre est long, il est donc découpé en 3 parties.

Noblesse.

1 Nicétas, lib. 7, ch. 1er.

2 Cette monnaie répondait à 15 sous d’or, ou aux trois quarts d’une once.

M. Serra, en se bornant à la comparaison de la valeur du métal sans rapport avec le prix comparé de la monnaie aux choses vénales, trouve que 500 perperi de ce temps correspondent à 37,500 liv. de la monnaie génoise moderne (31,250 fr.). Il note à cette occasion, que, suivant les cotes des notaires à cette époque, un vaisseau marchand coûtait 16 livres ou génuines, et une galère 5 liv. Tome I, page 385.

3 Le traite est imprimé parmi les documents du 2e vol. de l’histoire de la colonie de Galata, de M. Louis Sauli, page 181, et l’engagement corrélatif des Génois, pris en plein parlement, page 182. Le document est fait au nom des consuls et de tout le peuple, et juré en plein parlement par les consuls, et pour le peuple, par le crieur public (cintracus).

4 Mém. de Semino.

5 «Tunc non erant nobiles et de populo divisi: imo omnes erant de uno nomine. Sed qui progeniti sunt ex ipsis magistratibus, nobiles postea nuncupati sunt.»

M. de Sismondi a cru voir des seigneurs féodaux parmi les premiers consuls de Gênes. Mais il n’en a d’autres preuves que les dénominations de vicecomes (Visconti) et de marchio, qui dans les fastes consulaires sont accolés à deux ou trois noms. Il en a conclu des comtes, des vicomtes et des marquis. Mais tout dément cette supposition; comme tant d’autres prénoms ou surnoms bizarres et sans rapports avec les saints du calendrier, qu’on a si longtemps affectés en Italie, ces appellations accompagnant des noms d’individus, on ne les retrouve pas deux fois dans les mêmes familles et jamais elles ne se lient à des noms de lieux. De toutes les familles génoises encore illustres, celle de Spinola est la plus anciennement signalée dans les chroniques; et son nom n’est pas celui d’une terre, d’un bourg ou village, qui, comme il est arrivé si souvent, ait servi de désignation à une race, parce qu’elle en était originaire. Jamais, dans ces temps anciens, les Spinola n’ont porté un titre de seigneurie. Dans le cours de leur plus grande importance, ils sont nommés Spinola de Lucoli et, Spinola de Saint-Luc; ce sont simplement les noms des rues ou les deux branches de la famille avaient rassemblé leurs palais.

M. Serra se contente de remarquer que si l’on n’a pas de preuve directe que les consuls fussent pris dans un ordre de noblesse distingué, deux fortes inductions le lui persuadent. 1° Les premiers mémoires génois donnent le titre de noble et même de très-nobles, à divers consuls et autres personnages considérables du temps. Nous avons exactement indiqué les passages où ces épithètes honorables se rencontraient, et nous persistons à croire qu’avant 1157 elles ne peuvent donner l’idée d’une caste noble reconnue. 2o Tous les anciens gouvernements de Gênes, même populaires, ont reconnu pour nobles les familles consulaires. Ce dernier point est incontestable; mais faut-il conclure qu’une noblesse a précédé le consulat, ou que la noblesse n’est venue qu’après le consulat, et qu’elle en est née? Le noble historien moderne semblerait pencher pour la préexistence de la noblesse. Par les motifs que nous venons de puiser dans les chroniques contemporaines, nous croyons que la noblesse ne dérive que du consulat et qu’elle n’a pas d’autre origine que celle que lui assigne Stella.

Nous ferons mention, au 10e livre, ch. 7, d’un écrit de la jeunesse de l’historien Foglietta, publié en 1559 au milieu d’une violente querelle, et qui était comme le manifeste d’un parti. Le but peut avoir influé sur les assertions de l’écrivain; mais son point de départ se rapportant à l’objet de la présente note, il convient de le discuter ici.

Foglietta prétend que le nom de noble a été pris à Gênes seulement lorsque ayant appelé des étrangers pour gouverneurs annuels sous le nom de podestats, on leur donna des adjoints génois: on voulut que ceux-ci eussent un titre honorifique qui les mît au moins de pair avec les chevaliers que le podestat amenait comme ses lieutenants. Le titre aurait donc été simplement personnel ou inhérent aux fonctions. Il est vrai que peu à peu les enfants prirent l’habitude de se décorer de la distinction acquise à leurs pères. Quand, après une révolution arrivée en 1270 et que l’auteur déplore, la séparation entre le peuple et la noblesse fut arrivée, chaque magistrat, à son entrée en charge, déclara s’il acceptait ou refusait la noblesse pour sa postérité; et c’est ainsi que l’on retrouve, dans les rangs des plébéiens, des races aussi illustres que les plus nobles familles.

Les monuments et les dates démentent ce système. L’établissement du podestat est de 1190. Il n’y a eu d’adjoints qu’à partir de 1196. Or, avant cette époque, en 1174, le chancelier de la république dédiait ses chroniques à l’émulation des nobles: et déjà, en 1162, les Génois, dans une lettre de défiance adressée aux Pisans, leur reprochaient l’assassinat non de gens obscurs, mais de nos nobles. Certainement à ces dates la noblesse était fondée et reconnue.

Le fait de 1270, employé pour établir la séparation de la noblesse et du peuple, est mal choisi. Nous verrons qu’alors le peuple se souleva contre l’usurpation déjà consommée par la noblesse depuis plusieurs années; et nous verrons aussi que le concours populaire ne servit qu’à mettre le pouvoir entre les mains de deux capitaines de la plus éminente noblesse, à la place d’autres nobles leurs émules. Ce fut une intrigue dont le peuple fut l’aveugle instrument; ce ne fut pas une révolution.

Enfin Foglietta n’a pu voir nulle part que tout nouveau magistrat eût le choix d’appartenir à la noblesse, ou ne restât plébéien qu’en vertu de sa déclaration: il n’y en a point de traces, tandis qu’on trouve des options officielles pour être guelfe ou gibelin.

6 Il y a pourtant une phrase pour 1152: «Sous ce consulat, il se fit plusieurs boucheries dans la ville; une près du môle, l’autre au quartier de Sussiglia.» Il faut faire comme les historiens génois postérieurs qui n’ont vu de ce récit que l’expression au propre, et qui, ne faisant que traduire Caffaro en style rajeuni, n’ont pas trouvé extraordinaire qu’en quatre ans, que les récits suivants nous donnent comme de temps de crise, il ne se soit rien passé dans Gênes de plus notable, de plus digne d’être transmis à la postérité, que l’ouverture de deux étaux de bouchers. C’est peut-être dans un sens beaucoup plus sinistre qu’on pourrait entendre ces tristes paroles et ce mot de boucherie 7 Tout n’a pas été dit, quand nous avons constaté l’existence de la noblesse et son avènement au pouvoir. Il nous manque la solution de plusieurs questions importantes.

Comment les meilleurs se réparèrent-ils du vulgaire? Comment une supériorité, qui ne dut être d’abord que dans l’opinion et dans les habitudes, est-elle devenue un fait légal et reconnu? A quelles conditions cette reconnaissance a-t-elle constitué un ordre de l’État?

Les nobles avaient envahi le consulat, mais le possédaient-ils exclusivement? Les populaires restèrent-ils réduits à leurs votes dans le parlement public, sans plus avoir de part au maniement des affaires?

Comment s’est dressée la liste primitive des nobles? comment a-t-elle été close? Les magistratures, les consulats ont-ils continué à ajouter au patriciat de nouvelles races, et jusqu’à quelle époque?

Nous ne pouvons lever tous ces doutes; voici ce que nous savons: Nous trouvons qu’en 1270 les plébéiens voulaient avoir, pour les défendre, un tribun sous le nom d’abbé du peuple. Cette précaution, ce remède nouveau prouve qu’alors les nobles tenaient seuls le gouvernement.

En 1339, un plébéien fut élever à l’improviste à la tête de la république; ce qui fut considéré comme une révolution d’une portée immense, et c’est à la noblesse qu’on disputa d’abord et qu’enfin on arracha le pouvoir.

A la suite de cette révolution un décret très-solennel, en 1356, exclut les nobles des conseils et spécialement de la première place du gouvernement: exclusion souvent modifiée, mais inflexiblement maintenue pour rendre tout noble incapable de présider l’État. Il est évident qu’alors non-seulement la noblesse était un ordre dans cet État; un corps compacte et circonscrit qui se maintenait sans pouvoir plus s’accroître; car si l’exercice des hautes magistratures y avait donné accès, soit par le passé, soit jusqu’à ce moment, du jour où le titre de noble devenait incompatible avec le pouvoir, il n’y avait plus ni de moyen d’acquérir ce titre ni d’ambitieux pour le rechercher. Nous voyons, au contraire, quelques familles très-illustres déclarer alors, afin de se soustraire à la prohibition antinobiliaire, qu’elles n’entendaient point être nobles. En un mot, il n’y a point d’anoblissement qui ait pu être postérieur à 1356 au plus tard; et les choses ont duré ainsi jusqu’à 1528, année d’une réorganisation de tout l’État.

 

LIVRE II. - FRÉDÉRIC BARBEROUSSE. - GUERREPISANE. - BARISONE. - AFFAIRES

DE SYRIE. - COMMERCE ET TRAITÉS. - FINANCES. (1157 - 1190) CHAPITRE I. - Frédéric Barberousse.

1 Alexandre III le leur ordonnait par ses lettres, afin de pouvoir venir se mettre en sûreté parmi eux. Serra, tome I, page 392.

2 Partant, au levant, du pied de l’élévation de Sarsan et du même point où le mur primitif touchait à la mer, la nouvelle muraille serpentait sur les hauteurs au delà des églises et des monastères de Saint-André, Saint-Dominique, Sainte-Catherine et Saint-François. Elle redescendait de l’église Sainte-Agnès à l’église de Sainte-Sabine. C’était un accroissement immense. Les belles églises des Vignes et de Saint-Cyr cessaient d’être reléguées hors de la ville. Au bord de la mer, la limite au couchant était jadis attenante à Saint-Pierre de Banchi; elle était reculée près de l’emplacement où est aujourd’hui la Darse, au lieu où est conservé le nom de porte des Vacca. Encore voyons-nous qu’au delà de cette nouvelle circonscription, le bord de la mer, occupé par des chantiers et peuplé de familles de matelots et de pêcheurs sous le nom de Bourg du Pré, commençait à former un prolongement extérieur de la ville.

Le mur achevé eut en tout cinq mille cinq cent et vingt pieds: il fut couronné de mille soixante et dix créneaux. L’année suivante on compléta l’oeuvre en élevant des tours de distance en distance. Tout fut bâti en pierres de taille cubiques; et les parties qu’on en voit encore attestent la régularité et la solidité de l’ouvrage.

 

CHAPITRE II. - Guerre pisane. - Barisone.

1 M. Serra, d’après quelques annalistes du XIIe siècle, égale le marc à une livre d’argent. (On entend toujours à Gênes la livre de 12 onces, très-près d’un tiers de kilogramme.)

 

CHAPITRE III. - Suite de la guerre pisane.

1 Hist. gén. du Languedoc.

2 Albaron, Ce lieu est encore nommé le Baron.

3 Bouche, tome II, page 158. Guillaume de Sobran alla quérir la paix à Gênes.

4 Papon, tome II, page 18. Preuve 19.

5 Nostradamus, 141. Une famille Doria est restée aussi en Provence.

6 On a retrouvé un diplôme par lequel, après la paix, Frédéric donne la seigneurie de Milan et de Gênes à Obbizzo d’Este. Mais cet acte resta secret, et rien ne fut essayé pour le mettre à exécution. Serra, page 418.

7 Semino, trompé par le nom de Césarée, avait rapporté ce traité aux affaires du Levant.

 

CHAPITRE IV. - Suite des affaires de la terre sainte. - Relations extérieures et traités. - Administration des finances.

1 Bertrand, trésorier, pages 135 et suiv.

2 Il paraît que le commandement supérieur de la flotte fut tiré au sort et échut aux Pisans. Serra, 424.

3 Archives de Gênes. Ier mémoire de Semino. 1190-1191.

4 Ibid. 1190-1192.

5 Ibid. Il y a, en 1187, un privilège donné par le corps des barons du royaume.

6 Liv. 1, ch. 4.

7 Sylv. de Sacy. Mém. de l’acad. des inscr, et bell.-lett., tome XI.

8 Sylv. de Sacy. - Saint-Martin, XI. Semino, trompé par une fausse date, avait cru que ce traité, qui existe aux archives de Gênes, remontait à 1002.

9 M. Louis Sauli (Colon. di Galata, tome I, page 23, et tome II, doc. 4, 5, p. 188) a donné le traité négocié par Morta (oct. 1178), et celui qui y fut substitue au second voyage du même ambassadeur. Il fait remarquer que quoiqu’on déclare que l’empereur ne fait pas un nouveau traité, mais confirme purement et simplement celui qu’il avait fait, les deux actes ne sont pas absolument semblables. Le deuxième omet une clause du premier, où l’alliance était déclarée perpétuelle nonobstant toute excommunication ecclésiastique, ou toute défense d’homme couronné ou non couronné. M.

Sauli croit, avec une grande apparence de raison, que la république n’osa pas braver si ouvertement les excommunications. M. Serra, tome I, page 461, croit à son tour qu’on aurait craint d’offenser Frédéric en s’exposant ostensiblement à mépriser les défenses de tout homme couronné ou non couronné. Mais il suppose que les Grecs avaient glisse frauduleusement la clause dans la rédaction: ceci est bien peu probable.

10 Sauli, II, 183, donne aussi les instructions d’un Grimaldi, également envoyé à Constantinople en 1175, pour réclamer les subsides qui n’arrivaient pas, et pour obtenir justice d’un grand nombre de torts faits à des particuliers. On le charge de solliciter un secours pour achever la construction de la cathédrale de Gênes. L’ambassadeur est soumis à rendre compte de tout ce qu’il recevra sans en rien retenir; il ne pourra expédier ni rapporter des présents pour une valeur de plus de 10 livres.

 

LIVRE III. - DISSENSIONS DES NOBLES ENTRE EUX. - INSTITUTION DU PODESTAT.

- FRÉDÉRIC II. (1160 - 1237)

CHAPITRE I. - Établissement du podestat.

1 En latin potestas. On voit quelle idée d’autorité renferme ce nom.

2 M. Serra a retrouvé dans les archives des notaires de Gênes le règlement des podestats. Il est certain cependant qu’il ne fut pas rédigé tel qu’il le donne dès le premier moment de l’institution.

3 En 1216 les consuls des plaids furent supprimés et, par les mêmes raisons d’impartialité qui avaient fait appeler un podestat de dehors, le jugement des procès civils fut délégué à des juges étrangers amenés par le podestat. Cet usage a dure jusqu’en 1797.

 

CHAPITRE II. - Henri VI.

1 Il était Milanais.

2 Il en subsiste des restes curieux, particulièrement la tour des Embriachi.

 

CHAPITRE III. - Guerre en Sicile. - Le comte de Malte. - Finances.

1 M. Serra dit qu’Allaman della Costa était un émigré de Candie. Tome II, p. 14. On trouve entre les nobles, signataires ou jureurs d’un traîté d’alliance avec Arles, Nicolas comte de Malte, et Jean Allaman, parent sans doute d’Allaman della Costa.

2 Voici en quels termes Nicétas parle de la conquête de Candie: «

Certains corsaires génois qui n’étaient qu’un vil excrément de la terre, ayant mis ensemble cinq vaisseaux ronds et vingt-quatre galères, arrivèrent à un port de l’île de Candie, où, ayant été reçus en marchands, ils agirent bientôt après en soldats. (Hist. de Baudouin, ch.

11, 2, traduction du P. Cousin.)»

3 Après l’établissement des Latins à Constantinople, le marquis de Montferrat obtint Candie dans son partage. Il traita avec les Génois de la vente de cette île: mais ils se laissèrent gagner de vitesse par les Vénitiens, qui couvrirent leurs offres et restèrent maîtres de l’île.

Serra, tome II, page 10.

4 Baluze. Lettres d’Innocent III, tome II, page 329. Il dit avoir ordonné aux Pisans, pour préalable de l’arbitrage, d’indemniser les Génois des derniers préjudices dont ceux-ci ont à se plaindre ou de donner caution idoine d’y satisfaire.

5 On nous donne l’énumération suivante de ces droits: péage de Gavi, de Voltaggio, de Porto-Venere; gabelles de Chiavari et de Voltri, revenus des droits de pesage et de vente du pain.

6 On changea du moins la proportion des destinations primitives. On ne réserva qu’un demi-denier pour les travaux du port; cinq et demi furent employés à rendre libre l’impôt du sel.

 

CHAPITRE IV. - Frédéric II. - Guelfes et gibelins. - Guerres avec les voisins.

1 Bernard, trésorier, et les chroniques génoises donnent les détails qu’on va lire.

 

CHAPITRE V. - Entreprise de Guillaume Mari.

1 Papon, Hist. de Provence, tome II, preuve 51, donne ce traité tel qu’il est conservé à Arles. Il le rapporte à l’an 1232; c’est une erreur: l’acte est fait au nom du podestat de Gênes Oldrati, qui exerça en 1237.

Cette année est donc la véritable date. On trouve aussi (ibid.) preuve 31, le traité d’alliance des communes de Gênes et de Grasse en 1198, renouvelé plusieurs fois jusqu’en 1420.

2 Le traité avec Arles (1237) dont on vient de parler, parait le renouvellement d’un traité de Baldini.

 

CHAPITRE VI. - Frédéric II. - Expédition de Ceuta.

1 Les Milanais prirent à leur tour pour leur podestat Pierre Vento.

Serra, 62.

2 Ad brevia seu ad sortem. Ch. de Bartolomeo. On alléguait cette forme à l’empereur comme une excuse de plus. On peut croire que c’était une élection où l’on tirait au sort sur des noms choisis et mis dans l’urne, comme on l’a fait longtemps à Gênes pour choisir les juges des rotes, et même les sénateurs depuis 1528.

3 Fréd. Raumer, Hist. (en allemand) de la maison de Hohen-Staufen, tome IV, page 14. Il renvoie à la lettre même de Frédéric, recueillie par Hahn, Collectio veterum monumentorum et litteroe principum, tome II, lett.

21.

 

CHAPITRE VII. - Concile convoqué à Rome.

1 Nous avons vu les Avocati en guerre avec les Volta (liv. 2), nous les trouvons maintenant ensemble dans le parti gibelin.

 

CHAPITRE IX. - Saint Louis à la terre sainte.

1 Bernard trésorier: il parle aussi fréquemment des événements d’Europe.

2 Joinville, page 304, éd. Petitot.

 

LIVRE IV. - PREMIÈRE RÉVOLUTION POPULAIRE. - GUILLAUME BOCCANEGRA CAPITAINE DU PEUPLE. - CAPITAINES NOBLES. - GUELFES ANGEVINS. - GUERRE

PISANE, GUERRE AVEC VENISE. - GUERRE CIVILE. - SEIGNEURIE DE L’EMPEREUR

HENRI VI; - DE ROBERT, ROI DE NAPLES. - LE GOUVERNEMENT GUELFE DEVIENT

GIBELIN. - SIMON BOCCANEGRA, DOGE. (1257 - 1339) CHAPITRE I. - Guillaume Boccanegra, capitaine du peuple. - Guerre avec les Vénitiens. -Rétablissement des empereurs grecs à Constantinople.

1 Navageri, Hist. veniz.; Muratori script. tome XXIII, page 999.

2 Gregoras, lib. 4, 5, page 97. Éd. de Bonn. 1829.

3 Les Génois furent d’abord envoyés à Héraclée, puis transférés à Galata.

Pachymère, liv. 1, ch. 32, 35.

4 Gibbon, ch. 62, page 402. Éd. Philadelph. 1802.

5 Dans la ratification du traité fait à Gênes le 10 juillet 1260, nous trouvons le nom des puissances que les Génois déclarent amies: savoir, les rois de France, de Castille, d’Aragon, d’Angleterre, les princes, barons chrétiens et les ordres religieux de la terre sainte, les rois de Chypre et d’Arménie; mais en outre ils déclarent leurs alliances avec le soudan d’Egypte, de Damas, d’Alep, avec le soudan des Turcs et avec le roi de Tana, souverain des Palus Méotides. L’on voit qu’à la faveur de ses établissements dans les villes chrétiennes de la côte en Syrie, Gênes n’avait pas néglige le commerce des mahométans, bravant les excommunications qui l’avaient défendu si souvent.

6 Gregoras, de Zaccaria a fait Icarus. Plus tard sous Andronic, Zaccaria perdit l’Eubée et obtint Chio.

7 Ducas, ch. 25.

8 Gregoras, lib. 13, 12, page 683.

9 Stella.

10 Gregoras, lib. 13, 12, page 683.

 

CHAPITRE II. - Capitaines nobles. - Charles d’Anjou, roi de Naples.

1 Continuation de Guill. de Tyr, 558.

2 Les historiens grecs n’ont pas parlé de cet incident.

3 Foglietta en parlant des nobles, promoteurs de ce soulèvement populaire, dit: «Regimen civitatis universo populo asserentes;» et il met contre eux ce reproche dans la bouche des guelfes: «Regimen populare appellent quod, civibus ablatum, in se ipsi privatim verterint.

» Lib. 5, page 197. Niehbur (Instit. Rom., tome II, pages 141, l52), dit en passant que dans le moyen âge, le mot peuple s’entendait de l’union d’une aristocratie avec une commune, celle-ci ne contenant que le populaire. Conformément à cette définition, il y aurait ici réunion de tous les ordres de citoyens, du moins en apparence. Mais comme l’aristocratie avait usurpé sur la démocratie, faire le peuple était, dans cette occasion, rendre au peuple les droits dont on l’avait privé, bien entendu que l’usage de ces droits ne consiste qu’à changer de maîtres parmi les nobles.

 

CHAPITRE III. - Démêlés avec Charles d’Anjou.

1 La publication récente d’un premier volume de Documents inédits de la collection du gouvernement nous donne le moyen d’éclaircir ce passage.

Dans les Documents maintenant publiés, on voit 26 pièces relatives aux affrètements ou aux achats de navires que saint Louis fit faire à Gênes de 1268 à 1270, quand il préparait son second pèlerinage. Ces actes, réunis en un recueil oublié, ont été retrouvés par M. Michelet aux archives du royaume. Il les a communiqués à M. Jal, qui les a annotés, et M. Champollion-Figeac les a admis dans la collection dont la direction lui est confiée.

Le saint roi n’affréta pas de galères à Gênes; il y acheta des vaisseaux de plusieurs particuliers. On en construisit un certain nombre sur ses ordres; la république se chargea de la construction de deux de ceux-ci, et intervint comme garant dans les contrats passés avec d’autres constructeurs. Les dimensions furent exactement fixées; et essentiellement, on s’attacha à rendre ces navires propres à l’embarquement des chevaux. La description des bâtiments et l’inventaire exact de l’armement inséré dans chaque contrat rendent ces pièces très-curieuses sous le rapport technique de la navigation du XIIIe siècle.

Il y a des affrètements simples; mais souvent le roi s’y réserve l’option d’acheter les navires. Tous devaient être rendus à Aigues-Mortes (quelques-uns seulement à Toulon) le 8 mai 1270; le voyage ultérieur n’était pas déclaré. Il est stipulé que le roi pourra, dans le lieu où il les aura conduits, les garder un mois, et durant ce temps s’en servir pour passer ailleurs. Le prix du fret est réglé à forfait pour ce voyage, tout incertaine qu’en est la durée; seulement ce prix sera augmenté si le roi fait hiverner les vaisseaux.

Parmi les 26 actes, il y a des quittances des frets payés: les marchés ont donc eu leur effet.

(Note de l’auteur, placée en tête du second volume de l’édition de Paris.)

2 Guillaume Vento était un des nobles génois dévoués aux Angevins. Il avait suivi Béatrix, femme de Charles, à la prise de possession de Naples. Au reste, il apparaît comme possesseur de Menton sous la seigneurie de la république génoise, dans un traité fait en 1260 avec le comte de Provence (Charles). Par ce traité on partage le comté de Vintimille. Charles a la Briga; Gênes a Vintimille, Menton, Roquebrune.

On convient que les Génois ne pourront faire aucune acquisition du Rhône à la Trébie, ni Charles sur le territoire génois. Nostradamus, pages 226, 230, 238.

3 On trouve des élections d’archevêque à Gênes par délégués (1163), par 12 électeurs (1188); la confirmation du pape est exprimée en 1233: elle était probablement toujours réservée: on a vu que le pape la refusa à l’élection de saint Bernard pour le destiner à de plus grandes choses.

Les chroniques en général donnent peu de détails sur les procédés électoraux.

4 Gibbon, ch. 62, page 412.

 

CHAPITRE IV. - Guerre pisane.

1 On éleva les revenus de l’État, au moyen de nouvelles taxes, à 140,000

livres, M. Serra croit qu’alors la livre valait un quart d’once d’or, somme qui (toujours sans rapport avec sa puissance vénale) répond à 3,300,000 livres de la monnaie moderne de la république de Gênes (2,750,000 francs). Tome II, page 179.

2 Suivant M. Serra, au contraire, les prisonniers pisans imitaient le dévouement de Régulus et écrivaient à Pise de ne pas céder. Tome II, page 203.

3 A côté de cet effroyable tableau, Dante s’écrie: «O Génois! hommes étrangers à tout bien, charges de tous méfaits, que n’êtes-vous dispersés parmi le monde!» C’est à l’occasion d’une infernale invention poétique.

Le poete voit aux enfers le Génois Branca Doria, damné parmi les traîtres au plus profond du gouffre. Il se récrie, car il a laissé ce perfide sur la terre en pleine santé. On lui explique que Branca est réellement mort et damné, celui qui est sur la terre est un démon qui tient la place du défunt. Guelfe blanc, exilé de Florence par les guelfes noirs, Dante ne pouvait être favorable à Gênes, tantôt gibeline, tantôt guelfe angevine.

4 M. Serra (page 204) place cette résignation au 13 juillet 1293. Mais (pages 205, 206) il raconte les événements du 1er janvier 1289 (1290) et il attribue les troubles de cette époque à ce changement même. Il introduit Hubert arrivant de la campagne et parlant au peuple en qualité de simple particulier. Il faut que la date de 1293 donnée à la subrogation du fils au père, soit erronée.

5 M. Serra dit 160,000 livres: il ajoute que la livre était alors à peu près le sixième d’une once d’or.

 

CHAPITRE V. - Perte de la terre sainte. - Caffa. - Commerce des Génois du XIIIe au XIVe siècle.

1 Publié par M. Silvestre de Sacy: il remarque que la double rédaction des engagements réciproques était fort usitée chez les négociateurs de ces temps. (Mém. de l’acad. des inscrip. et belles-lettres, tome VI, page 94.) - Nous en avons cité un exemple, liv. 3.

2 M. Depping, tome II, page 133, prend le traité de 1250 pour le plus ancien de ceux entre Gênes et Tunis; tandis qu’il cite, page 133, un traité des Pisans, de 1239, qui fait mention des privilèges accordés aux Génois par les Tunisiens.

3 On trouve la même concession dans un traité fait à Péra, en 1387, par l’ambassadeur d’un prince bulgare nommé Juanco, qui désirait attirer les Génois à commercer dans ses États; et pour exprimer cette idée le rédacteur du traité a emprunté ces mots du prophète Ézéchiel, ch. 18, v.

1: «Les dents des enfants ne seront pas agacées des raisins verts que leurs pères auront mangés.» Ce traité a été publié par M. Silvestre de Sacy (Mémoires de l’acad. des inscr. et belles-lettres, tome VII, page 294). Ce Bulgare était chrétien grec, ainsi qu’une partie de ses sujets.

Au reste, on ne trouve aucun détail sur le commerce auquel le traité se rapporte. Il n’a dû être cultivé que par les colons de Péra; et la métropole n’en aura pas conservé de traces.

4 La commune de Gênes avait alors 670 voiles indépendamment des armements privés. Sauli, tome I, p. 145. Pegolotti nous apprend qu’on payait le fret des marchandises sur les galères non armées, moitié moins que sur les galères armées.

5 Le bois rouge de l’Inde était nommé brésil, bien avant la découverte de l’Amérique. C’est ce bois qui a donné son nom à la contrée américaine remarquable par ses forêts de cette espèce.

6 On peut remarquer, dès les premières pages de la Pratica della mercatura de François Balducci Pegolotti, qu’il fait partir de Caffa et de Tana l’itinéraire pour aller en Chine à l’achat des soies. C’est aussi au poids de Gênes et de Tana qu’il rapporte les poids des soies achetées en Chine. Il s’occupe beaucoup des usages du commerce des colonies génoises; il indique les routes et les transits qui l’alimentent et le propagent de tous côtés. Il fixe à huit mois au moins la durée du voyage de Tana à Cambalu, soit par les caravanes, soit pour le commerçant qui part avec son interprète et un domestique. Pegolotti était associé ou voyageur de la fameuse maison Bardi de Florence. Il était dans le Levant en 1335.

7 Gregoras, liv. 4, ch. 7.

8 Rymers, passim.

9 Nous savons que plus tard, au mariage de Charles le Téméraire (1468), cent six Génois établis à Bruges parurent dans le cortège, uniformément vêtus de velours violet, portant sur leurs habits la représentation de saint George. Olivier de lu Marche, page 309. Éd. Petitot.

10 Il y a aux archives du royaume des réclamations du gouvernement de Gênes contre ces vexations, contre l’augmentation des impôts sur le commerce, etc. On envoya même des ambassadeurs pour porter plainte au roi. Ces démarches sont de 1333 et 1337. La première est faite au nom du sénéchal de Sicile, gouverneur de Gênes pour le roi Robert, et au nom de l’abbé du peuple et des douzes sages. La seconde est au nom du podestat, de l’abbé du peuple, et des capitaines Raphael Doria et Galeotto Spinola.

11 Il fut décapité à Nîmes pour avoir comploté, avec Baldo Doria, de livrer la ville au sénéchal de Provence qui faisait alors des excursions de brigandage. Histoire de Nîmes, tome II, page 200.

12 Hist. de Languedoc et Hist. de Nîmes passim, surtout aux preuves.

13 Voyez ci-dessus, liv. 2. Suivant l’histoire de Languedoc, la lettre du doge Boccanegra est aux archives de Nîmes. Cependant l’historien de cette ville ne la rapporte pas.

14 Hist. de Languedoc, tome IV, page 517.

15 Pétrarque, qui se vante dans sa correspondance d’avoir été deux ans l’hôte des Génois, écrit dans une autre lettre: «Transiebis Apenninum, visurus Januam nec immerito: nulla enim animosior, nulla hodie verius regum civitas dici posset, si civilis inde concordia non abesset.» Var.

Epist. 33.

 

CHAPITRE VI. - Guerre avec Venise. - Intrigues des guelfes angevins. -

Variations dans le gouvernement de Gênes.

1 Il avait succédé à Michel son père.

2 Pachymère, liv. 9, chap. 20, 21; Gregoras, liv. 6, chap. 11.

3 Serra, tome II, page 228. Navagera apud Muratori, Script. ital. tome XXII, page 1011.

4 M. Serra indique un manuscrit conservé a Gênes dans lequel Nicolas Castiglione, en idiome et en vers génois, adresse au capitaine Conrad Doria des reproches et des leçons: il l’avertit de la défaveur populaire qu’il s’attire; tome II, page 221. Lamba était capitaine du peuple à l’époque de son triomphe à Cursolo.

 

CHAPITRE VII. - Le gouvernement pris par les Spinola et disputé entre eux et les Doria.- Seigneurie de l’empereur Henri VII. - Nouveau gouvernement des nobles guelfes. - Les émigrés gibelins assiègent la ville.

1 Gregoras, VII, c. 5.

 

CHAPITRE VIII. - Seigneurie de Robert, roi de Naples. - Guerre civile.

1 Gregoras VIII, tome I, p. 286.

2 Sauli suppose que c’est Gazi-Celebi et attribue cette trahison au désir de faire des choses agréables à Andronic. Tome I, page 229.

 

CHAPITRE IX. - Nouveau gouverneur. - Capitaines gibelins. - Boccanegra premier doge.- Nobles et guelfes exclus du gouvernement.

1 Stella.

2 Déjà sous Philippe le Bel, on trouve au nombre des amiraux francs Reinier Grimaldi, 1306. Sainte-Marthe, Hist. généalog. de la maison de France, tome II, page 978.

3 On trouve, aux archives du royaume, le contrat d’affrètement des vingt galères de Gênes demandées pour le service du roi, concurremment avec vingt galères de Monaco. Ce contrat est passé par-devant notaire à Paris le 25 octobre 1337. Antoine Doria stipule pour les propriétaires de Gênes. Les galères partiront le 1er avril 1338 au plus tard, et le 1er février, si le roi le demande. On payera pour chaque galère armée 900

florins d’or par mois; l’engagement est pour trois mois de service et un mois de retour, calculé à raison de vingt jours pour aller du cap de Finistère à Aigues-Mortes, et dix jours de là à Gênes. Le service sera contre tous ennemis, et en conséquence, si à l’expiration du terme, les galères se trouvaient en Romanie ou en Syrie, le mois alloué pour le retour compterait jusqu’en Sicile, et il y serait ajouté dix jours pour revenir de Sicile ou de Naples à Gênes.

Sur les 3,600 florins que chaque galère gagnera dans les quatre mois que le traité embrasse, le roi avancera 1,000 florins dès le 1er décembre, et si avant le 1er février il contremandait l’expédition, 500 florins lui seraient rendus: les autres 500 resteraient aux armateurs en indemnité.

Outre le fret, le roi abandonne la moitié des profits qui se feront sur ses ennemis, sauf les châteaux, héritages et prisonniers qui lui appartiendront exclusivement. Il s’engage à ne faire ni paix ni trêve avec l’Angleterre, sans y comprendre Doria, les galères et la commune de Gênes.

Doria se fait allouer 100 florins par mois: il y aura sur la flotte un chirurgien génois qui recevra 10 florins mensuellement. Sur la liste des noms des capitaines des vingt galères, il y en a neuf du nom de Doria, quatre Spinola, deux Squarciafico, etc., y compris un Grimaldi. Ce dernier nom prédomine, au contraire, parmi les capitaines de Monaco.

4 C’est par le récit de Froissard, et par les chroniques que cite Dacier, que nous connaissons le commandement de Barbavera dans ces compagnes maritimes.

5 Froissard, ch. 80.

6 Ibid., ch. 122, et note de M. Dacier; Éd. de Buchon, pages 339, 340.

7 Barbavera est qualifié de sergent d’armes dans un compte, arrêté en 1346, du désarmement d’une autre flotte où se trouvaient des galères génoises. (Voyez liv. 5, ch. 2.) Il paraît qu’alors il avait au-dessus de lui un amiral et deux vice-amiraux français.

8 Malgré une remarque de M. Buchon, page 338, ce reproche de Froissard n’est pas en contradiction avec celui de la grande chronique de France, qui accuse les capitaines génois de n’avoir sur leurs galères que des poissonniers au lieu de gentilshommes, c’est-à-dire des marins et non des guerriers. Mais on lit dans un règlement sur les finances et sur les gens de guerre du 6 décembre 1376, article 20 (Ordonnances de France, tome V); «Nous avons entendu que les capitaines et les arbalestriers génevois (génois) étant à présent à notre service, n’ont pas tenu dans le temps passé et ne tiennent pas à présent le nombre d’hommes dont ils ont eu les gages, et aussi en ont eu en leurs compagnies qui n’étoient pas Génois, comme autres qui n’étoient pas arbalestriers, mais gens de petit état et de petite valeur, lesquels ils avoient par petit profit: et avec ce, la moitié et plus d’iceulx qui avoient été reçus comme arbalestriers ne le sont mie.» En conséquence, afin de pourvoir aux cautèles et malices des dessusdits, le roi nomme Marc Grimaldi, écuyer, capitaine général de tous les arbalétriers. Il en choisira huit cents des meilleurs et cassera tous les autres: il divisera les huit cents en compagnies; il les baillera aux capitaines, et ils passeront en revue tous les mois.

9 Niceph. Gregoras, dans le style méprisant dos Grecs de Constantinople, ne manque pas de dire que les Génois, pour se donner un doge, allèrent prendre Boccanegra (il l’appelle Tuzus) ab ligone, à la bêche, à la charrue. Liv. 13, ch. 13.

 

LIVRE V. - LE DOGE BOCCANEGRA DÉPOSSÉDÉ. - UN DOGE NOBLE. - ACQUISITION

DE CHIO. - GUERRE VÉNITIENNE. - SEIGNEURIE DE L’ARCHEVÊQUE VISCONTI ET DE

SES NEVEUX.- BOCCANEGRA REPREND SA PLACE. - 1er ADORNO ET 1er FREGOSE, DOGES. - GUERREDE CHYPRE. - CAMPAGNE DE CHIOZZA. (1339 - 1381) CHAPITRE I. - Premier gouvernement du doge Boccanegra. - Jean de Morta, doge noble.

1 En 1488 on voit des actes où l’office dont il s’agit est appelé Dit des huit, et on y trouve des noms populaires. Serment au duc de Milan, Bibl.

R., ms. Collection Dupuis, 159. Dans le système de Foglietta, quand il écrivait contre la noblesse dans sa jeunesse, le nom de Noble était attaché à la magistrature des finances sans impliquer une distinction de race parmi ceux qui l’exerçaient temporairement.

2 Quatuor gentes, expression consacrée pour désigner Spinola, Doria, chefs des gibelins; Grimaldi, Fieschi, chefs des guelfes.

3 On dit que le peuple s’obstina à voir des chaînes et des carcans préparés dans la maison de Boccanegra: c’étaient les colliers de ses chiens et les anneaux auxquels ses chevaux étaient attachés. Serra, tome II, page 316.

4 Expression de Stella.

 

CHAPITRE II. - Génois en France à la bataille de Crécy. - Acquisition de Chio.

1 Froissart, ch. 287.

2 Ducas, ch. 25. Pachymère, ch. 26. Cantacuzène, ch. 10, 11, 12 et 13. La concession à l’amiral répond environ à l’an 1275. L’expulsion de ses fils est de 1329.

3 Cantac, liv. 3, ch. 95. - Nic. Greg., liv. 15, ch. 6.

4 Ibid., liv. 2, ch. 29, 30, 31.

5 Suivant M. Serra, c’est à Chio que cette affaire fut réglée par l’amiral Vignoso en vertu de ses pleins pouvoirs: il dit que les officiers de la flotte achetèrent des possessions dans l’île ou s’y marièrent, et qu’après les 29 années les familles, à qui restaient acquis à perpétuité les revenus de Chio, se réunirent en une seule, et prirent le nom commun de Giustiniani. Tome II, page 325.

 

CHAPITRE III. - Valente doge. - Guerre avec Venise. - Seigneurie de l’archevêque Visconti, duc de Milan.

1 Nic. Grég., liv. 5, ch. 6.

2 Idem, liv. 15, ch. 8.

3 Greg., 17, ch. 1; Pachymère, 12, 9.

4 Greg. 17, 1. M. Sauli l’entend autrement. Les douanes de Constantinople ne rendaient que 30,000 pièces d’or, celles de Galata en produisaient 200,000 aux Génois. Tome I, page 293.

5 Greg. 17, 2.

6 Cantac, liv. 4, ch. 11.

7 Nicéph, Gregoras, 17, ch. 7, à la fin.

8 Ce qui inquiétait les Génois, c’est qu’on ne pouvait plus tirer les marchandises de l’Inde, de la mer Caspienne par la mer d’Azof. Ils ne pouvaient soutenir la concurrence de celles que les Vénitiens allaient chercher par cette route. (Matt. Villani, liv. 1, ch. 83.) A la rupture, Pétrarque adressa au doge de Venise André Dandolo une lettre pleine d’érudition et de rhétorique pour détourner Venise de la guerre. Le doge lui répond en louant son éloquence et l’engage à lui continuer le charme de sa correspondance quand il en trouvera la matière. Quant à la guerre contre les Génois, elle est juste et on la fera. Lettres famil. varior.

N. 1 et 2.

9 Matt. Villani met ce fait à Candie. Les chroniques génoises et vénitiennes (Daru, liv. 8, page 545) parlent de Négrepont. On croirait que ce nom a été commun en ce temps aux deux îles, à voir combien de fois Villani les confond.

10 Il paraît que l’amiral génois avait prévu la tempête et pris ses précautions (Sauli, liv. 1, page 352).

11 «Ce ne serait pas une tâche facile que de se charger de concilier les récits des Grecs, des Vénitiens et des Génois.» Gilbert, ch. 63. Il a raison. Cantacuzène accuse Pisani de lâcheté et d’incapacité avec une violence inouïe. Mais son récit (il parle de lui-même) finit par ces mots remarquables: «Il crut qu’on ne pourrait rien lui reprocher si après avoir été abandonné par ses alliés il s’accordait avec ses ennemis. Bien qu’ils fussent alors plus puissants que lui sur mer, ils ne laissèrent, pas que de consentir à la paix.» Liv. 4, ch. 31.

12 Sauli, tome XI, page 216.

13 Sauli. tome I, page 346.

14 Pétrarque assista à Milan à la réception des ambassadeurs génois. Il les trouva d’une contenance digne, où perçait la douleur du sacrifice de la liberté génoise. Il leur témoigna son regret de voir Gênes s’abandonner ainsi elle-même. Les ambassadeurs gibelins rejetèrent tout le mal sur l’amiral guelfe qui s’était laissé vaincre et qui, à Carthage, aurait été mis en croix.

 

CHAPITRE IV. - Boccanegra redevenu doge.

1 Les trois neveux de l’archevêque partagèrent ses seigneuries, mais celle de Gênes resta indivise «per non potersi dividere commodamente.»

Benvenuto San Giorgio, page 522.

2 Navagera dit simplement que la navigation de la mer Noire fut libre aux deux nations, et qu’on se rendit les prisonniers, page 1042. N. B. Marino Faliero dans sa conspiration avait compté sur l’aide des prisonniers génois.

3 Matteo Villani, liv. l, ch. 5.

4 M. Sauli a donné, à la tête de son 2e volume de l’histoire de la colonie de Galata, un excellent précis du régime de cette colonie à la fin du XIVe siècle. A la suite de la restauration de Paléologue, les Génois eurent un château à la pointe du Bosphore d’Asie; ils possédaient Chio et Mételin et convoitaient Ténédos. Mais, sous prétexte que les Vénitiens exigeaient qu’on leur rendit cette île, l’empereur se défendit de la céder aux uns ni aux autres. Sauli, tome II, pages 42, 43.Ducas, ch. 12.

5 Foglietta, liv. 7, page 143, dit expressément qu’on priva «nobilitatem omnem, non modo publicis muneribus et honoribus, omnique procuratione reipublicae, ac facultate naves ad bellum armandi, sed etiam privatae negociationis causa comparandi.»

M. Serra soutient que les nobles ne furent pas exclus alors des places de conseillers, et il cite textuellement, à ce qu’il semble, le décret même de 1357 qui les exclut de la dignité de doge, de celle de vice-doge (place qui ne fut pas remplie) et de suprêmes syndicateurs, et des fonctions de podestat ayant droit de sang: et comme on ajoutait, par forme d’ironie (ainsi dit M. Serra), que si, en les admettant aux emplois, on a fait quelques exceptions, c’est autant pour leur bien que par zèle populaire: puisque le décret se tait sur les places du conseil, on doit conclure (c’est toujours M. Serra qui parle) qu’elles ne leur étaient pas interdites. Le décret, si M. Serra l’a bien lu, doit l’emporter sur le témoignage postérieur de Foglietta. Mais M. Serra, sur ce même document, reconnaît que les douze conseillers devaient être six marchands et six artisans des meilleurs. Il n’y a pas là place pour les nobles. Dirait-on que les nobles étaient marchands eux aussi? Les étrangers les confondent souvent sous cette dénomination; mais chez les écrivains et les annalistes du pays, les marchands, ce sont toujours les gros populaires par opposition aux nobles et aux artisans. Serra, tome II, page 385.

6 Le marquis de Montferrat, ayant emprunté 17,000 ducats de la commune de Gênes, lui livra pour gage, le 29 janvier 1359, la ville et le territoire de Novi, pour les garder jusqu’à restitution de la créance. Benvenuti San Giorgio, page 540.

7 L’impression de cet ouvrage en était ici quand nous avons tardivement connu l’existence d’une nouvelle histoire de Gênes en huit volumes dont les deux derniers imprimés en 1838 ne nous sont pas encore parvenus. Elle a été élégamment écrite en italien par M. Charles Varese de Tortone.

Comme nous, il a fait usage des matériaux connus fournis par les anciens écrivains génois. Seulement il paraît avoir pensé que la dignité de l’historien ne permettait pas de rien emprunter aux naïvetés des vieilles chroniques.

Nous regrettons qu’en alléguant l’insuffisance des documents antiques, il ait évité de s’étendre sur certaines circonstances importantes. Il semble avoir peine à avouer l’extrême faiblesse des commencements de la république. Il ne s’explique pas sur l’origine de la noblesse génoise.

Enfin, cette histoire si étendue est presque exclusivement militaire et politique; aussi s’y livre-t-on à de très-grandes excursions dans l’histoire générale de l’Italie. Le point de vue en est donc bien éloigné du nôtre. Au temps où nous avons vu un peuple navigateur et marchand même quand il a les armes à la main, que l’intérêt commercial fait prospérer et grandir, l’auteur italien signale déjà (ce sont ses termes) des Achilles pour le combat, des Nestors pour le conseil, des Ulysses aux paroles emmiellées pour les traités.

Nous ignorons encore dans quel esprit il a rendu compte des événements récents. Mais il est juste de reconnaître qu’à l’occasion des combats que les Génois, au dix-septième siècle, ont eus à soutenir contre l’ambition des princes de la maison de Savoie, M. Varese s’exprime avec une libérale impartialité.

 

CHAPITRE VI. - Guerre de Chypre. - Nouvelle guerre avec les Vénitiens. -

Guarco, doge.

1 M. Serra égale à cette époque le florin d’or (monnaie qui est restée toujours assez uniforme) à une livre et un quart de la monnaie de Gênes: à ce compte le florin répondant aujourd’hui à 12 francs environ, la livre de Gênes de 1370 équivaudrait à 10 francs de notre monnaie actuelle. La somme accordée pour les frais de la guerre me paraît excessive. Mais M.

Serra cite textuellement la convention recueillie, dit-il, par Carlo Speroni. Serra, tome II, pages 379 et 403.

2 On a remarqué que c’est dans l’expédition de Ténédos qu’on trouve la première notion certaine de l’emploi des bombardes sur les galères de Gênes, 1377.

3 André Gattaro, Ist. Padovan. apud Murat. Script. Ital., tome XVII, page 214.

 

CHAPITRE VII. - Campagne de Chioggia. - Prise de la ville.

1 M. Sauli a imprimé un traité du 2 nov. 1382 dans lequel l’empereur Jean fait avec les deux Andronic un nouveau traité de paix et de partage de l’empire, dont le podestat et le conseil de Péra se portent pour garants au nom de la république de Gênes. Ils promettent de prendre les armes contre celui des trois princes qui envahirait le lot des autres ou leur susciterait l’inimitié des Turcs.

Et à la suite de la copie découverte de ce traité, on voit une déclaration de l’empereur Jean. Il proteste contre les infractions que les Génois ont laissé faire à ces pactes par les deux Andronic: ceux-ci ont pris des châteaux qui ne leur appartenaient pas, négocié avec les Turcs, etc. La colonie de Péra leur a fait accueil, loin de tenir la promesse de réprimer ces voies de fait. L’empereur Jean, au contraire, passant à Péra, n’y a pas reçu les honneurs accoutumés. Della colonia de’

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