Hyzélia : La légende d'Azula (French Edition)
Episode 13
Les voleurs
Le groupe reprit ensuite la route vers le village de Ginuva. Ils passèrent, sans s’y arrêter, le long des douves d’Hyzélia que Throon dévisagea, émerveillé par l’immensité des remparts. Hélyze le regardait, souriante et amusée, croyant avoir en face d’elle un petit enfant. Throon demanda discrètement à Marie :
« T’es déjà venue ici toi ?
- Oui, répondit-elle. J’y suis déjà venue quelques fois. »
Il reposa ses yeux sur les remparts et s’exclama :
« C’est super grand ! »
Peu à peu ils s’éloignaient de la ville et replongeaient dans les grandes plaines d’Hyzélia. Leur but n’était plus qu’à quelques jours de marche.
En arrivant à quelques kilomètres du village, ils décidèrent de s’arrêter pour souffler un peu. Ils s’installèrent non loin d’un petit bosquet, légèrement au nord de leur position, et s’assirent. Hélyze se posa sur un rocher à proximité de ce dernier, s’isolant un peu du reste du groupe, sans doute pour se perdre dans ses pensées, et se mit à tourner son bracelet. Miki, Throon et Marie restèrent, quant à eux, proches les uns des autres. Ils commençaient à discuter paisiblement. Soudain, Throon cessa de converser avec ses deux amis qui continuèrent de parler sans prêter attention au soudain silence de ce dernier.
Il regarda vers le bosquet et Hélyze. Ils continuaient de parler. Il le fixait. Ils ne sentaient rien. Hélyze tournait son bracelet en le scrutant, le regard vide. Il n’entendait plus ses voisins discuter.
Soudain, il se leva et se jeta sur Hélyze, la prit dans ses bras, la fit tomber au sol, lui se trouvant sur elle. Elle hurla, surprise, tout comme Miki et Marie :
« Qu’est ce qui te prend ? »
Au même moment, un couteau vint se planter dans le sol juste à côté du rocher. Les regards de tous les membres du groupe convergèrent alors vers le petit bosquet. Throon se releva et tendit la main pour aider Hélyze à en faire de même, ce qu’elle fit en lui prenant. Miki et Marie s’étaient levés également. Quatre hommes sortirent du bosquet, l’air menaçant envers eux et armés de petites épées. Un cinquième apparut et resta en retrait par rapport aux autres. Ce dernier s’adressa au groupe, l’air confiant :
« Bonjour messieurs dames. »
Miki sortit son épée du fourreau qu’il portait dans le dos, sentant que le dialogue allait être de courte durée. Marie, quant à elle, se saisit du carquois, qu’elle enfila autour d’elle, et de l’arc de Throon, que ce dernier avait laissé près d’elle avant de sauter sur Hélyze. L’homme poursuivit en souriant :
« N’essayez pas de résister ! Donnez-nous simplement votre argent et vos biens et nous vous laisserons partir sains et saufs ! »
Miki le fixa méchamment et serra ses deux mains sur son énorme arme. Il répondit aux menaces de son interlocuteur :
« Je crois que tu devras nous passer sur le corps avant d’espérer nous voler. »
L’homme se mit à rire intensément. Il riait, riait, riait à s’en faire mal à l’abdomen. Il finit néanmoins par se calmer et à déclarer :
« Alors soit ! Vous allez mourir ici. »
Miki soumit alors, s’adressant à sa voisine :
« Marie, tu tires sur eux s’ils s’approchent !
- Pas de problème chef ! confirma-t-elle en sortant une flèche du carquois et en tendant celle-ci sur l’arc, prête à tirer.
- Throon, tu protèges Hélyze !
- D’accord ! répondit-il en fixant le groupe de voleurs et se mettant devant la princesse inquiète. »
Miki fixa les cinq hommes et conclut :
« Et moi, je vais leur faire gouter la douleur des coups de l’épée de Granaf. »
Le chef des voleurs sourit de nouveau et ordonna à ses hommes :
« Tuez-moi ces jeunes ignorants ! »
Les quatre sous-fifres commencèrent à courir vers le groupe en poussant des cris bestiaux quand soudain une voix proche venant de l’ouest les fit s’arrêter :
« Tiens ! Comme on se retrouve ! »
Tout le monde tourna sa tête vers la direction de celle-ci. Il s’agissait d’une jeune fille, aux beaux yeux verts, aux cheveux bruns coiffés mi-longs laissant dépasser deux mèches bouclées à l’anglaise sur chaque côté de son visage, vêtue d’un pantalon de cuir et d’une chemise sans manche en tissu rouge maintenue par une ceinture noire en tissu également, qui se tenait appuyée, le corps légèrement à la diagonale, de manière fort grossière et détendue sur le bout du manche d’une hache monstrueuse dont la lame, de forme à peu près similaire à celle d’un huit, semblait tranchante de chaque côté. Elle ajouta :
« Alors les lopettes, ça roule ? »
Le chef des voleurs, surpris, marqua un temps avant de lui répondre :
« Ca se passait pas mal en effet, jusqu’à que tu arrives. »
La jeune fille sourit s’excusa ironiquement :
« Oh, excuse-moi ! Je ne voulais pas de déranger dans l’exercice de ton noble métier.
- Ne t’en fais pas ! Ca ne nous fera qu’une personne de plus à tuer. »
Elle se mit alors à rire, puis elle fixa le chef des voleurs avec un regard méprisant, donnant à ses yeux verts un effet peu rassurant. Elle se tourna ensuite vers le groupe et leur ordonna :
« Restez en retrait ! Ces gars-là et moi, on a un petit compte à régler.
- Tu comptes t’occuper d’eux seule ? s’interrogea Miki.
- Ben… Ouais ! conclut la jeune fille. »
Elle réorienta alors son regard vers les voleurs et leur fonça dessus, brandissant sa hache en criant. Elle donna, à un premier voleur, un coup de cette dernière qui coupa le corps de celui-ci en deux au niveau des intestins. Un second tenta de lui porter un coup de son épée. Elle le fixa et coupa son bras avec son arme, le faisant hurler de douleur. Elle décida d’abréger ses souffrances en lui coupant violemment la tête. Elle acheva les deux derniers avec des attaques du même type. Il ne restait plus que leur chef, regardant la scène, terrifié. Elle le fixa un instant, sa hache ensanglantée plantée dans sol et tenant celle-ci le dos courbé. Il tenta de fuir, désespéré. Elle lui fonça dessus, en poussant un cri monstrueux de détermination, et planta sa hache, tête vers le bas, dans le dos, l’immobilisant. Elle se servit ensuite de son arme pour le faire passer au-dessus d’elle et le tuer ventre à terre et traversant le reste de son corps. Elle retira sa hache du cadavre et posa la lame sur le sol tenant, avec sa main gauche, le grand manche par le haut. Elle tendit ensuite son poing droit vers le corps sans vie pour faire un doigt d’honneur et conclure le combat en crachant dessus, l’insultant :
« Bien fait pour toi ! Connard ! »
Elle tourna ensuite son regard vers le groupe. Ils la contemplaient tous avec de gros yeux, traduisant un étonnement incroyable et un grand sentiment de peur.
« Elle est si petite, se stupéfia Miki, si frêle, et elle utilise cette monstrueuse hache comme si c’était un hochet. »
La jeune fille sourit et s’approcha du groupe qui recula un peu, effrayé par ce qu’il venait de voir. Elle les rassura :
« N’ayez pas peur ! Vous m’avez rien fait, vous ! »
Throon, qui était le seul à ne pas avoir été trop impressionné, la complimenta :
« Mais, t’es super forte dis donc !
- Merci.
- Comment tu fais pour manier ce gros truc aussi facilement ?
- Ben, j’ai l’habitude !
- Et tu connaissais ces hommes apparemment ? questionna Miki.
- Oui. Ca faisait quelques temps qu’ils pillaient les environs de Ginuva. »
Elle marqua une pause avant de poursuivre :
« Mais maintenant, ils ne nous emmerderont plus. Hé hé ! »
Elle arracha un bout de vêtement sur un corps et l’utilisa pour nettoyer sa hache qu’elle posa par la suite, d’un geste franc, sur son épaule droite avant de dire :
« Bon, allez j’vous laisse ! A plus ! »
Elle partit alors vers l’ouest et disparut un peu plus loin au-delà des arbres et des vallonnements alentours.
Hélyze, toujours sous le choc de ce qu’elle venait de voir, proposa :
« Euh… Et si on partait ? J’aime plus tellement cet endroit.
- Oui, approuva Marie, je suis d’accord avec toi. L’ambiance est plutôt malsaine dans le coin.
Le groupe se remit alors en marche et poursuivit sa route vers Ginuva, laissant les cinq corps sans vie gésir sur le sol.
OceanofPDF.com