Hyzélia : La légende d'Azula (French Edition)

Episode 33

 

La vie de Throon

 

Throon n’en revenait pas. Il avait une déesse en face de lui. Mais ce qui le choquait réellement n’était pas ce détail. Il s’exclama, extrêmement surpris :

« Marie ? »

Elle lui sourit. Après quelques secondes, elle lui répondit :

« Oui, c’est bien moi. »

Il n’en revenait toujours pas. La femme qui s’était occupée de lui, celle qui l’avait nourri, élevé, protégé durant toutes ces années était en réalité une déesse d’Hyzélia. Il lui demanda :

« Pourquoi tu m’en as jamais parlé ? »

Elle se justifia alors :

« Je n’en avais pas le droit, Throon. Personne ne doit savoir que je suis une déesse.

- Mais, Marie, j’en aurais jamais parlé. Tu le sais bien. »

Elle sourit de nouveau, à l’entente de son prénom, et ajouta :

« D’ailleurs, à ce sujet, je ne m’appelle pas vraiment Marie.

- Quoi ?

- Non, Throon ! Marie n’est qu’un nom que j’ai pris pour m’occuper de toi. Mon véritable nom est Maru. Je suis la déesse de la forêt.

- Maru, la déesse de la forêt ? »

Elle s’approcha du jeune élu et lui caressa tendrement la joue en lui affirmant :

« J’ai toujours su que tu deviendrais quelqu’un de grand. Je l’ai su dès l’instant où je t’ai vu.

- Dès l’instant où tu m’as vu ?

- Ecoute ce j’ai à te dire, s’il te plait ! »

Elle recula de quelques pas et raconta :

« Il y a seize années,

Il faisait nuit noire. La forêt était calme, comme à son habitude. Soudain, un bruit vint perturber la tranquillité de cet endroit. Intriguée par ces bruits, je suis sortie voir ce qui se passait. Là, j’ai aperçu une femme en train de courir vers le temple, et finir par s’écrouler devant, en trébuchant sur une branche. Bien que je n’aurais pas dû le faire, je suis allée à sa rencontre.

Elle était très belle. Mais, hélas, elle était gravement blessée, paniquée. Mais ce n’était pas tout. Elle était enceinte. Ses efforts, ses craintes et ses maux avaient sûrement poussé l’enfant à vouloir sortir de son ventre et elle commença à perdre les eaux. Je ne pus m’empêcher de l’aider à mettre son bébé au monde. Elle a énormément souffert et crié pour mettre bas. Néanmoins, elle et moi avons réussi à sortir l’enfant vivant et il poussa son premier cri. Je l’ai donc placé dans ses bras pour qu’elle le touche. Elle semblait alors si heureuse.

Mais cette tranquillité retrouvée fut annihilée par l’arrivée de soldats à la peau grise. Elle se mit à paniquer, sentant sa dernière heure et celle de son bébé arriver. J’ai alors fait abstraction de mon devoir de déesse pour éliminer ces hommes et ainsi calmer la pauvre femme. Ceci fait, je me suis approchée d’elle pour lui annoncer :

« Ils ne vous ennuieront plus, madame. »

Elle me sourit alors avec son visage rempli de sang. Elle me répondit :

« Merci beaucoup !

- De rien ! C’est naturel. »

Elle toussa alors et ajouta :

« Je suis si fatiguée. »

Je me suis sentie désemparée. Malgré mon statut de déesse, je ne pouvais rien pour elle. Elle poursuivit en regardant tendrement son enfant :

« Il n’aura même pas l’occasion de connaitre sa mère. »

Elle me fixa alors et me demanda :

« S’il vous plait, jolie demoiselle, élevez-le pour moi ! »

J’étais si surprise par sa requête. Je lui répondis :

« Je ne peux pas, madame.

- Je vous en prie. Prenez-le ! »

Devant son regard rempli de tristesse et de désespoir, j’ai fini par lui répondre :

« D’accord madame ! Je l’élèverai comme mon fils. Je vous le promets »

Elle me sourit alors et me dit simplement :

« Merci énormément. Que Naru vous garde ! »

Elle m’a alors tendu son enfant et je l’ai saisi pour le serrer contre moi. Je lui ai alors demandé :

« Comment voulez-vous que je l’appelle ?

- Je veux que vous l’appeliez Throon, s’il vous plait.

- Throon ?

- Oui. Cela veut dire espoir dans une ancienne langue de Fotalia. Le fait qu’il soit vivant m’a redonné espoir pour l’avenir d’Hyzélia. »

Elle commença à respirer de plus en plus lentement. Juste avant d’expirer pour l’ultime fois, elle me déclara :

« Taran serait si heureux de voir son fils. »

Elle mourut alors. Je me suis servie de mon pourvoir pour envoyer son corps et son âme là où ils le méritaient et ai emmené son enfant dans mon temple.

Quelques jours plus tard, Taran fut tué dans la bataille qui permit l’enfermement de Genoff. »

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