Hyzélia : La légende d'Azula (French Edition)
Episode 3
Azula
Il se retourna lentement et lui demanda :
« Tu nous écoutais Marie ? »
La jeune femme sourit et répondit :
« Tu sais bien que je suis curieuse. Mais réponds-moi s’il te plait ! Pourquoi tu ne l’as pas suivie ? »
Le visage de Throon sembla soudainement attristé. Il répondit à Marie :
« Je l’ai vue mourir devant moi. Je n’ai rien pu faire pour la sauver. Je ne veux plus revivre ce genre de choses.
- Je m’en doute Throon, affirma-t-elle en lui souriant, mais tu ne souhaites pas la venger ?
- Bien sûr que si Marie. Mais ça ne la fera pas revenir pour autant.
- C’est vrai. Mais à ta place, je me refuserais que sa mort reste vaine. »
Throon se figea. De son côté, Marie conclut :
« Bon, il se fait tard. Je rentre. Bonne nuit Throon. »
Elle se leva et partit vers la forêt, le laissant seul avec ses pensées. Il monta alors l’échelle du temple et s’assit sur le rebord. La nuit tomba alors lentement. Il pensait, pensait, pensait encore. A quoi pensait-il donc ?
Le lendemain matin, Marie arriva au temple. Elle y entra et se rendit dans la pièce où Throon avait l’habitude de se réfugier. Elle ne le vit point. Elle l’appela alors, sans succès. Elle sortit du bâtiment et se plaça devant l’entrée, sans descendre de l’échelle, et l’appela de nouveau. Toujours pas de réponse. Le vent se mit à souffler et balaya délicatement les cheveux de la belle jeune femme. Elle sourit alors joyeusement, comprenant qu’il ne répondrait jamais.
En effet, il était parti. En trois jours de marche, il arriva devant les portes de la ville d’Hyzélia dans laquelle il pénétra. Il arriva sur la place du temple de Naru, bondée de monde, l’ignorant malgré ce qu’il était, et stoppa sa marche, aux pieds de l’énorme escalier de pierres qui permettait d’accéder à l’entrée, pour contempler l’édifice. Il grimpa ensuite ces marches et entra. Dans le hall, quelques personnes étaient en train de prier la déesse des déesses. Throon ne décida pas pour autant de revenir ultérieurement pour accomplir ce qu’il était venu faire. Il traversa le hall et commença à ouvrir la porte cachant l’épée devant le regard des priants, médusés, qui n’osèrent pas l’empêcher d’entrer dans cette pièce sacrée. Une fois celle-ci ouverte, il pénétra à l’intérieur, toujours aussi déterminé, et se stoppa devant le socle en fixant l’épée.
Soudain la porte se referma d’elle-même, ce qui ne le fit pas réagir. De l’autre côté, dans le hall, la surprise des priants était de plus en plus grande. Comme s’ils venaient de comprendre ce que désirait Throon.
Ce dernier continuait de fixer l’épée. Il était désormais seul devant elle. Personne ne pouvait le déranger là où il se trouvait. Après quelques minutes de réflexions supplémentaires, il tendit sa main gauche et se saisit de l’arme, index vers le bas. Il la tira lentement pour l’extraire de sa base. On pouvait entendre le bruit de la lame frottant contre le granit de son socle. Une fois qu’il l’eut sortie, un tourbillon de lumière bleue dégageant un bruit angélique l’entoura, faisant bouger ses cheveux dans tous les sens. Une lumière vive apparut dans son dos et dessina la forme d’un fourreau, qui se matérialisa peu à peu avec une couleur dorée, accroché à lui par une bande en cuir passant diagonalement autour de son buste. Il tendit alors la tête vers l’arrière en fermant les yeux. Le tourbillon, encore présent, pénétra progressivement, par le torse du jeune homme, à l’intérieur de son corps. Il sentit alors la puissance des déesses l’envahir.
Une fois cette étrange cérémonie terminée, il tomba sur ses genoux, laissant tomber l’épée, les mains sur le sol et se mit à respirer très fort, épuisé. Il se redressa et approcha ses deux mains de son visage pour les regarder. Il s’exclama :
« Elles… Elles sont toutes là. »
Il ressaisit ensuite l’épée et se releva. Il plaça l’arme, d’assez grande taille, dans son fourreau et rouvrit la porte. De l’autre côté, il se rendit compte que les priants étaient toujours là et qu’ils le regardaient, médusés. L’un d’eux lui demanda d’une voix frêle :
« Vous êtes l’élu ? »
Throon le regarda et lui répondit d’un air désolé :
« Oui, je suis l’élu de Naru. »
Le visage du priant s’illumina. Il le questionna de nouveau :
« Alors, c’est vous qui nous avez sauvés du mal, il y a deux ans. »
Throon, terriblement gêné, répondit simplement :
« Oui. C’est moi qui ai vaincu Genoff. »
Une voix se fit entendre de l’autre bout du temple pour s’exclamer :
« Je savais que tu reviendrais un jour. »
Throon orienta alors son regard vers l’entrée et vit Miki s’approcher puis s’arrêter au milieu du hall. Ce dernier demanda aux personnes se trouvant à l’intérieur :
« S’il vous plait messieurs, mesdames. Veuillez nous laisser seuls je vous prie. »
Ils s’exécutèrent et quittèrent tous le temple sans pour autant détourner leurs regards de l’élu. Le lieu sacré était désert à présent. Miki notifia alors à Throon :
« Ca fait vraiment plaisir de te revoir. »
Ce dernier sourit et répondit :
« Moi aussi je suis content de te voir Miki. Tes cheveux ont beaucoup poussé depuis la dernière fois.
- C’est vrai, répondit-il en riant. Mais ça, ce n’est qu’un simple détail. »
Il s’approcha de son ami et le questionna :
« Mais, dis-moi Throon ! Zélina est venue te voir ?
- Oui, répondit l’élu, elle est venue dans la forêt.
- Elle n’est pas avec toi ?
- Non, je l’ai envoyée promener. J’aurais pas dû. Elle avait raison. En fait, c’est Marie qui m’a donné le courage de partir.
- Je vois. Elle est partie seule dans le monde du dessous.
- Sûrement.
- Ca ne m’étonne pas. Elle est si têtue. »
Miki toucha l’épaule de Throon avec sa main droite et affirma :
« Je suis content de te revoir porter Azula. »
Throon sortit l’épée de son fourreau et la regarda sans montrer aucune joie à l’avoir en main. Il rétorqua à Miki :
« Tu sais, si cette maudite épée n’avait pas existé, Hélyze serait sûrement toujours en vie. »
Miki sourit avec compassion et tenta de le réconforter :
« Je pense qu’elle serait heureuse de la voir entre tes mains. Je crois qu’elle avait vu que tu étais quelqu’un de grand dès le jour où nous t’avons rencontré. »
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