Hyzélia : La légende d'Azula (French Edition)

Episode 30

 

 

Les sulifaras

 

Throon se réveilla tranquillement. Il émergeait peu à peu. Il vit, surpris, qu’Haléxya était endormie, par terre, à côté de lui. Il se demanda pourquoi elle dormait à cet endroit alors qu’elle s’était couchée dans son lit la veille. Il ôta sa couverture et la posa sur elle pour qu’elle n’ait pas froid, puis la regarda se reposer paisiblement. Il avait été touché par ce qu’elle lui avait raconté au sujet de son village et de ses parents. Il se disait que sous cette armure de chair, en apparence survoltée, se trouvait en réalité une jeune fille avec un douloureux souvenir, un peu comme lui.

Il décida de la laisser tranquille et de sortir se dégourdir les jambes. Il franchit alors la porte de la maison d’Haléxya, puis la referma doucement pour ne pas la réveiller. Le soleil illuminait les ruines de Fanilia. Il regarda unes à unes les habitations dévastées du village en se disant que c’était un horrible gâchis.

Soudain, il sauta sur sa gauche et fit une roulade pour lui permettre de se relever aussitôt. Pendant qu’il effectuait cette manœuvre, une lance vint se planter dans la porte de la maison devant laquelle il se trouvait. Il orienta alors immédiatement son regard vers l’endroit d’où venait ce projectile et vit une bonne dizaine d’hommes en armure. Ils portaient, par-dessus cette dernière, un tabard de couleur bleue sur lequel un symbole doré, représentant un aigle, était cousu au niveau du torse.

Throon, se sentant légitimement menacé, sortit alors Azula de son fourreau quand un homme apparut de derrière les restes d’une maison, en retrait des autres soldats, en disant à ces derniers :

« Je vous avez bien dit que j’avais entendu une explosion hier.

- Oui mon lieutenant ! acquiesça l’un d’eux. »

Throon fixait avec obstination cet homme. Il portait une armure quasi-similaire à celle des autres. Il portait aussi le même tabard. Mais il le trouvait différent, plus inquiétant. Il était assez grand, avait de longs cheveux blonds et les yeux bleus. Il avait les oreilles pointues, à l’instar Haléxya, tout comme ses soldats. Il appuyait sa main gauche sur le fourreau de son arme, sans doute une épée. Il demanda à Throon :

« Que viens-tu faire ici ?

- Je suis de passage ! répondit Throon d’un ton méfiant. »

L’homme sourit, puis déclara :

« Tu es sur les terres du sultan de Sulifara.

- Et alors ?

- Alors, nous allons devoir t’éliminer. »

Throon sourit à son tour et affirma :

« Si vous pensez que votre nombre me fait peur, vous vous trompez !

- Vraiment ! Voyons cela étranger ! Vous deux, tuez-moi cet arrogant ! ordonna-t-il en désignant deux de ses soldats. »

Les deux soldats s’approchèrent alors de Throon. Ce dernier était prêt à les recevoir. Il se sentait obligé de se battre pour protéger Haléxya qui dormait juste derrière lui.

Les soldats le chargèrent alors. L’un deux tenta s’assener un coup d’épée horizontal à Throon, mais celui-ci sauta pour éviter l’attaque et riposta en donnant un coup de pied à son agresseur qui tomba en arrière. En atterrissant, Throon lui planta Azula dans le bas-ventre. Le second, arrivé légèrement après son compagnon, fut décapité tout de suite après. Throon déchira alors son tabard et s’en servit pour retirer le sang accumulé sur Azula.

Le chef des soldats reconnut, s’adressant au jeune hyzéen :

« Pas mal ! Tu te défends bien, étranger.

- Oui, je sais ! répondit fièrement Throon en continuant d’essuyer Azula.

- Je constate qu’il va me falloir utiliser la manière forte contre toi. »

Soudain, la porte de la maison s’ouvrit. Il s’agissait d’Haléxya qui se plaignit :

« On peut vraiment pas dormir peinard avec toi. T’es vraiment un… »

Elle ne finit point sa phrase, remarquant les deux corps près de Throon, épée à la main, et les autres soldats à quelques mètres de lui. Elle s’écria :

« C’est quoi cette merde ?

- C’est des mecs qui veulent se battre contre moi. »

Leur chef, surpris de voir la jeune fille, demanda aussitôt à celle-ci :

« Tu es une élifara ? »

Haléxya le fixa alors et bloqua ses yeux sur son tabard. Elle le reconnut tout de suite.

« Oui, répondit-elle. Et vous, vous êtes un sulifara, n’est-ce pas ?

- En effet ! »

Haléxya se tourna vers son partenaire et lui chuchota :

« Tu allais te battre contre eux ?

- Oui, affirma ce dernier.

- Euh… J’ai une idée sinon.

- Ah oui, laquelle ?

- Reste derrière, et laisse-moi faire ! »

Throon accepta, bien qu’il ne comprenne nullement pourquoi Haléxya voulait prendre le relai. Elle s’avança de quelques pas et planta son bâton dans le sol. Au même moment, le chef des sulifaras ordonna violemment à ses hommes :

« Tuez-moi ces deux là ! Exécution ! »

Le reste des soldats fonça sur les deux compagnons. Haléxya ferma les yeux, tendit doucement la main gauche vers son bâton et dit :

« Quand les nuages t’oppressent, tu les chasses. Quand l’obscurité te gêne, tu la fais disparaitre. Ô astre céleste, de sombres nues m’assaillent. Aide-moi et fais-leur découvrir… »

Les soldats s’approchaient de plus en plus. Throon, inquiet pour Haléxya, était prêt à les attaquer. Elle lui cria alors :

« Ferme les yeux Throon ! »

Il stoppa, surpris, et fit immédiatement ce qu’elle lui demandait. Elle termina son incantation en hurlant :

« The bite of the sun ! »

La boule au sommet de son bâton se mit à briller, puis elle dégagea une lumière si intense qu’elle aveugla tous les soldats. Haléxya ouvrit alors les yeux, retira son arme du sol, fonça sur Throon en lui attrapant la main et lui criant :

« On se casse ! »

Ils se mirent alors à courir et s’échappèrent en direction du nord.

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