Hyzélia : La légende d'Azula (French Edition)

Episode 5

 

 

La demande d'Alexander

 

« Je ne peux me permettre de quitter la ville, poursuivit Alexander en parlant à Miki. Si jamais ce fameux Salmahor venait avec une armée et l’envoyait sur Hyzélia, je me dois de rester ici pour assurer la défense de la région. De plus, je sens un danger plus grand encore pour Hyzélia et pour tout Fotalia que ce Salmahor.

- Lequel ? demanda Miki.

- J’ai le sentiment que Genoff est sur le point de revenir. Et je sens aussi que s’il revient, rien ne pourrait stopper sa soif de conquête et de pouvoir.

- Je ne vois toujours pas où vous voulez en venir votre majesté. »

Alexander sourit en fermant les yeux et poursuivit.

« J’ai eu écho que dans un temple, situé dans la forêt interdite non loin de Kori, il y avait un livre sacré dans lequel on pouvait trouver un moyen de vaincre définitivement le mal. Comme je te l’ai dit tout à l’heure, je ne peux me permettre de quitter la ville. Mais ma fille a ton âge aujourd’hui. Je pense qu’elle peut voyager désormais. Voir les beautés d’Hyzélia lui serait bénéfique. Je souhaite donc qu’elle aille dans ce temple à ma place. Et je veux que tu l’accompagnes pour la protéger des éventuels dangers entourant ce voyage. Acceptes-tu ? »

Miki baissa la tête et réfléchit quelques secondes avant de répondre :

« C’est d’accord votre majesté. Je veux bien accompagner votre fille jusqu’au temple. »

Alexander, satisfait de la réponse de Miki, sourit de joie et conclut :

« Parfait. Je ne me suis pas trompé en te faisant venir ici. »

A peine eut-il fini sa phrase que le soldat et la princesse entrèrent dans le bureau. Cette dernière demanda à son père :

« Vous m’avez fait demander Père ?

- Oui Hélyze. Soldat, veuillez raccompagner ce jeune homme jusqu’aux jardins je vous prie. Je le reverrai après. Il faut que je discute avec ma fille. »

Le soldat et Miki quittèrent la pièce laissant ainsi Alexander et sa fille seuls.

« Que me voulez-vous Père ? demanda Hélyze. »

Alexander se leva de son bureau et marcha lentement vers sa fille, située au centre de la pièce. Il tendit la main pour lui caresser le visage et dit :

« Ma fille, je n’aime pas tellement le service que je vais te demander. Mais je n’ai guère le choix. Ecoute attentivement ce que j’ai à te dire ! »

Pendant qu’Alexander expliquait à Hélyze tout ce qu’elle devait savoir, Miki venait de sortir du château, avec le soldat, et arrivait sur le petit parvis symbolisant l’entrée de l’enceinte entourée par les superbes jardins.

« Puis-je vous demander quelque chose ? demanda le soldat à Miki.

- Bien sûr, répondit ce dernier, je vous en prie.

- Protégez la princesse Hélyze de toute votre âme, s’il vous plait ! Sa majesté le roi tient à elle beaucoup plus qu’à son royaume. Depuis le décès de la reine des suites d’un très mauvais mal, il n’a de cesse de la protéger. »

Miki marqua un léger silence et répondit avec bravoure :

« N’ayez crainte ! Je vous promets, ainsi qu’au roi, que la princesse reviendra dans ce château saine et sauve. »

Le soldat, rassuré de la conviction et de l’assurance du jeune homme, sourit et conclut :

« Je vous fais confiance jeune homme. Je ne saurais pas dire pourquoi, mais je sens que vous êtes un homme de parole. Je vous laisse, je retourne près de la porte du bureau, ne vous éloignez pas trop je vous prie.

- Pas de problème, répondit Miki, je reste ici. »

Le soldat s’exécuta et retourna à son poste, laissant Miki dans l’attente.

Les heures s’écoulaient. Miki n’avait toujours pas été redemandé par Alexander qui devait sans doute être encore en train de parler avec sa fille. Le soleil était de plus en plus proche de l’horizon. Le crépuscule allait apparaitre d’ici quelques minutes.

Devant cette interminable attente, Miki s’impatientait. Il tournait, tournait et tournait encore en rond sur le parvis qu’il connaissait désormais, bien malgré lui, mieux que sa poche. Soudain, le soldat revint le chercher. Miki s’arrêta alors de marcher.

« Le roi veut vous voir, dit-il. »

Les deux hommes retournèrent dans le château et se rendirent à nouveau dans les bureaux d’Alexander. Miki vit que ce dernier était assis dans son fauteuil, les bras posés sur son bureau, situé juste devant l’énorme fenêtre par laquelle il regardait à l’arrivée du jeune homme. Le soleil couchant donnait un aspect très intimidant à la situation. Miki vit aussi qu’Hélyze se tenait debout au centre de la pièce et regardait en direction de son père. Il marcha lentement et se mit juste à côté d’elle.

« C’est décidé, affirma le roi. Vous allez partir tous les deux, accompagnés d’une dizaine d’hommes, qui seront sous le commandement de Miki, pour le temple de la forêt. Honnêtement, je ne sais pas où il se trouve exactement. Ce que je peux vous dire, c’est qu’il est situé quelque part dans la forêt interdite, à l’est d’ici. Ne soyez pas effrayés, les habitants de Kori ne vous serons sûrement pas hostiles. Ils sont juste un peu méfiants depuis la dernière guerre. N’hésitez pas à demander à parler à leur chef, Mado. Si les guerriers refusent, dites que vous venez de ma part et n’hésitez pas non plus à leur exposer la situation. »

Le roi se leva de son fauteuil et poursuivit :

« Miki, tu dormiras ici ce soir. Nous allons te donner une de nos chambres d’amis pour la nuit. En attendant, restaure-toi à ta guise et profite de la beauté de ce château ! Votre départ aura lieu demain matin à l’aube. Je vous souhaite bon courage à tous les deux et une bonne nuit. Vous pouvez partir maintenant. »

Miki et Hélyze quittèrent alors la pièce quand Alexander interpella sa fille :

« Hélyze ! »

Cette dernière se retourna et regarda son père qui lui demanda avec tendresse :

« Fais bien attention à toi s’il te plait ! »

Hélyze sourit et répondit :

« Ne vous en faites pas Père ! Je ferai bien attention. »

Et ils quittèrent tous le bureau, puis se séparèrent en attendant le départ.

Le lendemain, à l’aube, Miki, Hélyze, Alexander et les dix soldats se retrouvèrent à l’entrée du château. Les soldats hyzéens étaient vêtus de linges en tissu blanc recouverts de genouillères en fer brillant, d’un plastron du même matériau sur lequel était peint, au niveau du cœur, le symbole de la famille royale d’Hyzélia. Ils avaient pour arme une grande lance qu’ils gardaient à la main et une épée rangée dans un fourreau qu’ils portaient près de leurs hanches attaché à une ceinture. Ils portaient également, dans de gros sacs accrochés à leurs dos, des tentes et des vivres. Alexander souhaita une dernière fois bon courage à tous les membres du voyage et se dirigea vers sa fille. Il posa ses deux mains sur les épaules de la jeune fille et la regarda droit dans les yeux avec amour en lui faisant remarquer :

« Tu es vraiment aussi belle que ta mère tu sais. Reviens-moi en pleine forme ! D’accord ?

- Je vous le promets, répondit la princesse. »

Alexander retira ses bras et recula de quelques pas. Il ajouta :

« Allez ! Partez et trouvez-moi ce livre ! »

Le groupe partit à pieds, traversa la ville d’Hyzélia pour en sortir par l’énorme grande porte en bois entourée par les colossaux remparts de la cité. Puis il traversa le pont surplombant les douves qui entouraient ces derniers avant de partir vers l’est sous l’œil d’Alexander qui les regardait s’éloigner par un des nombreux balcons du château.

 

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