Hyzélia : La légende d'Azula (French Edition)
Episode 66
La détresse de Throon
Zélina continuait, épaulée par les soldats hyzéens, de massacrer uns à uns les hommes à la peau grise se dressant devant elle. Lassée et irritée par cette tuerie, elle se plaignit :
« Putain, mais qu’est-ce qu’ils foutent ? Ils en mettent un temps pour la libérer. »
Toutefois elle poursuivit son combat et élimina tous les ennemis se présentant à elle.
Throon, quant à lui, souffrait beaucoup du coup que venait de lui porter Genoff. Il trouva la force de lever sa jambe gauche et de donner un impressionnant coup de pied au géant qui fut éjecté vers le centre de la pièce, extrayant par la même occasion l’épée plantée dans son bras.
La plaie saignait abondamment et il posa sa main gauche, tenant toujours fermement Azula, sur celle-ci. Il ne céda pas à la souffrance et décida de foncer sur son adversaire, qui se relevait, en criant à la jeune reine :
« Sauve-toi Hélyze ! Va-t-en d’ici ! »
Cette dernière, bien que paniquée, refusa de la laisser seul dans ce moment plus que difficile. Elle le regardait combattre vainement Genoff qui bloquait ses coups les uns après les autres.
Soudain, le géant donna un violent coup de genou à Throon qui se plia et cracha du sang. Ensuite, il tendit son poing gauche et frappa férocement le crane du jeune garçon en s’écriant de rage :
« Comment est-ce qu’un gamin aussi frêle que toi peux être aussi fort ? »
Throon percuta violemment le sol, de nouveau assommé par ce terrible coup. Il se mit sur ses genoux, mains posées contre le sol, et tenta vainement de se relever. Genoff leva son épée, prêt à l’achever, en l’injuriant :
« Enfoiré de môme ! Cette fois, c’en est fini de toi ! »
Hélyze, effrayée et horriblement soucieuse pour Throon, se sentit alors dans un curieux état. Elle se rappela les questions que le chef d’Helz lui avait posées lorsqu’elle avait obtenu la dernière chevalière. Elle se remémora l’étrange quatrième question que le vieil homme lui exposa :
« Avez-vous une personne dans votre cœur ? »
A ce moment-là, elle lui avait répondu timidement :
« Je crois que oui. »
Elle se souvint qu’il enchaina immédiatement avec la cinquième et dernière question :
« Et, si cette personne était en grand danger, sur le point de mourir. Seriez-vous prête à vous sacrifier pour elle et la sauver ? »
Elle se souvint de sa longue réflexion. Elle était devenue toute rouge et avait répondu fermement :
« Oui. »
Et de la suite de sa réponse :
« Si cela devait arriver, je le ferais. »
Elle reprit alors ses esprits et vit avec effroi Genoff commencer à descendre son épée pour tuer Throon. Elle fonça vers eux et s’interposa, recevant du même coup la lame du géant dans l’épaule gauche, ce qui lui fit fermer les yeux et hurler de douleur.
Genoff, surpris, retira son arme du membre de la jeune fille et lui assena une terrible manchette qui la propulsa quelques mètres plus loin, sur la gauche du géant, en lui proférant :
« Dégage gamine ! Ce n’est pas toi qui m’intéresse ! »
Throon, étonné et horriblement inquiet pour elle, la regarda chuter au sol telle une simple pierre. Effrayé, il cria :
« Hélyze ! »
Il voulut la rejoindre, mais avant qu’il ne puisse faire quoi que soit, Genoff le mitrailla de violents coups de pieds sur tout le corps. Il tentait de se débattre en vain. Il encaissait, de plus en plus difficilement les attaques de son adversaire. Il souffrait le martyre et hurlait à chaque impact.
Hélyze se releva péniblement, se tenant son épaule blessée. Elle regarda, impuissante, Throon se faire lyncher. Cette vision d’horreur et de détresse l’affecta terriblement. Elle commença à pleurer en s’excusant de tout son cœur :
« Pardonne-moi Throon ! Je ne peux rien faire contre lui. »
Elle se sentit alors traversée par une mystérieuse puissance. Cette sensation se mit à réchauffer et envahir son frêle et magnifique corps. Elle ne comprenait pas ce qui lui arrivait.
Soudain, un disque de lumière jaune apparut autour d’elle, sur le sol. Ce disque commença à l’entourer en montant doucement vers le haut. Elle se demandait ce que cela pouvait être.
C’est alors que le disque fit subitement apparaitre autour d’elle une immense colonne de lumière jaune qui s’envola à une vitesse ahurissante loin, très loin vers le ciel, déchirant l’obscurité environnante, créant un éblouissement intense et un bruit assourdissant, divin, stoppant Genoff qui voulut voir ce qui se passait.
La splendide colonne lumineuse était visible de tous les hommes qui s’affrontaient en et en dehors de la ville. Ils stoppèrent tous le combat et baissèrent leurs armes, abasourdis et interrogatifs. Zélina, qui avait fait de même, s’exclama calmement :
« C’est quoi ce truc ? »
Au sommet, Throon et Genoff avaient les yeux rivés sur Hélyze. Le jeune élu, semblant reconnaitre ce genre de spectacle lumineux s’étonna :
« Non ! C’est pas possible ! Pas elle ! »
Une boule de lumière sortit alors de l’éclatante colonne et fonça sur Genoff, le propulsant farouchement contre une colonne.
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