Hyzélia : La légende d'Azula (French Edition)
Episode 21
Les questions d'Hélyze
Pendant qu’Hélyze répondait aux questions saugrenues du chef du village, Miki et Marie retenaient Zélina, toujours aussi saoule, qui continuait de se débattre en hurlant :
« Laissez-moi ! Il va la violer ! Faut que j’aille l’aider !
- Mais non, il va pas la violer ! réfuta Miki. »
Throon, lui, restait immobile. Il regardait la scène, surpris et sans vraiment comprendre ce qui se passait. Miki le regarda et lui annonça :
« On va l’emmener faire un tour dehors pour la calmer et la faire décuver.
- Ok ! »
Il commença à s’avancer vers eux quand Miki le stoppa :
« Non, Throon ! Tu vas rester ici en attendant Hélyze. Comme ça elle ne nous cherchera pas.
- Ben, pourquoi moi ?
- Parce que nous, on tient cette furie pour l’empêcher de faire une connerie.
- Ah ? Ok ! »
Miki et Marie commencèrent à trainer Zélina vers l’extérieur. Arrivés au niveau de la porte, Zélina agrippa cette dernière en hurlant :
« Non ! Laissez-moi y aller ! Bande de cons ! »
Miki lui assena un coup derrière la nuque pour qu’elle lâche la porte. Ils réussirent finalement à sortir de la maison. Elle continuait de hurler en se débattant. Miki revint fermer l’entrée en lâchant à Throon :
« Je te fais confiance ! Si il y a un problème, tu fonces aider Hélyze !
- Compte sur moi ! assura ce dernier. »
Miki ferma alors la porte, laissant seul son compagnon dans l’entrée. Throon entendait Zélina hurler à la mort et ses deux autres amis tenter de la calmer de leur mieux. Il s’interrogea :
« Pourquoi c’est moi qui dois attendre ? Et puis… »
Il se tourna ensuite vers l’escalier qu’avait emprunté Hélyze pour suivre le chef du village et finit sa phrase en regardant vers l’étage supérieur, dubitatif :
« Ca veut dire quoi « violer » ? »
Pendant ce temps, Hélyze cherchait la réponse à la dernière question du vieil homme. Elle était désormais assise sur une chaise en bois se tenant devant le bureau du chef, ce dernier étant installé sur son fauteuil, de l’autre côté du grand meuble en chêne. Il était accoudé dessus et se tenait les mains, attendant la réponse de la princesse.
Si les quatre premières énigmes avaient été une simple formalité pour Hélyze, la cinquième lui posait nettement plus de problèmes. En effet, cette ultime réflexion lui demandait beaucoup de concentration. Elle avait la tête baissée, perdue dans ses pensées. Elle finit par répondre :
« Oui. »
Le vieil homme la regarda dans les yeux. Elle redressa la son visage et le fixa pour poursuivre :
« Si cela devait arriver, je le ferai. »
Le chef du village remit en place ses lunettes et lui sourit.
Throon attendait, immobile, aux pieds des escaliers. Soudain, il entendit la porte s’ouvrir avec fracas et Hélyze descendre à toute vitesse en sautillant. Elle se jeta dans ses bras, follement heureuse, et lui agrippa le cou. Extrêmement étonné, il la rattrapa au niveau de la taille pour ne pas qu’elle chute. Elle lui annonça, paraissant fière :
« J’ai réussi ! J’ai gagné le défi ! »
Throon sourit. Elle le lâcha et lui montra la chevalière, ornée d’un saphir, comme preuve de sa victoire. Elle était si joyeuse et ajouta :
« On a plus qu’à aller ouvrir la porte. »
Elle se calma et regarda autour d’elle. Constatant un manque, elle demanda au jeune garçon :
« Ben, où sont les autres ?
- Ils sont partis dehors parce que Zélina était « bourrée », répondit ce dernier.
- Ah bon ! Viens ! On va les rejoindre pour leur annoncer la nouvelle. »
Elle le prit par la main et l’entraina vers l’extérieur pour rejoindre le reste du groupe.
Ils retrouvèrent leurs compagnons qui félicitèrent tous, y compris Zélina qui avait apparemment retrouvé ses esprits, Hélyze pour sa réussite. Ils décidèrent de retourner à l’auberge pour diner en son honneur. Une fois le repas, par précaution sans alcool, terminé, ils allèrent se coucher, les garçons dans une chambre et les filles dans une autre.
Le lendemain matin, Throon et Miki sortirent de leur chambre. Hélyze ouvrit la porte de la sienne et leur demanda, d’un ton inquiet, d’y entrer. Ils pénétrèrent et virent Zélina assise au chevet de Marie, encore allongée. Throon s’approcha à vive allure du lit et demanda :
« Qu’est-ce qui se passe ?
- Je sais pas, répondit Zélina. Elle a l’air malade. »
En effet, Marie était dégoulinante de sueur et semblait fiévreuse. Elle avait les yeux fermés et respirait très fort. L’aubergiste, qui était au courant de son état de santé, entra dans la chambre avec un seau rempli d’eau froide. Il y trempa un petit linge blanc qu’il mit ensuite sur le front de la jeune femme. Throon, très inquiet pour son amie, déclara à cette dernière :
« T’en fais pas Marie ! On va bien s’occuper de toi. »
Marie ouvrit alors péniblement les yeux et lui rétorqua difficilement :
« Non, c’est bon ! Vous avez plus important à faire que de vous occuper de moi.
- Non, c’est faux !
- Si ! Vous devez aller à Hyzélia ouvrir cette porte.
- Mais, et toi ? »
Marie sourit et tourna sa tête vers l’aubergiste. Elle répondit :
« Ce beau jeune homme s’occupe déjà de ma santé. Vous n’avez pas besoin d’être plus nombreux à le faire. Allez-y ! Je vous rejoindrai quand ça ira mieux.
- Mais…
- Il n’y a pas de « mais », Throon ! Ne t’inquiète pas pour moi ! Je vous rattraperai ! C’est promis ! »
Hélyze mit sa main sur l’épaule du jeune garçon. Il la regarda et elle lui fit un sourire. Il se réorienta vers Marie pour lui dire :
« D’accord ! Mais tu nous retrouves dès que tu te sens mieux.
- Je te l’ai dit, Throon ! C’est promis ! »
Ils quittèrent alors la chambre, laissant Marie seule dans son lit. Avant de partir, Throon lança un dernier regard à son amie de toujours qui lui répondit en faisant un grand sourire. Il en fit de même, puis quitta la pièce pour rejoindre les autres, qui avaient pris un peu d’avance.
OceanofPDF.com