Hyzélia : La légende d'Azula (French Edition)
Episode 16
Le Ginmo, c'est un sport d'homme
« Ginmo ! Ginmo ! Ginmo ! »
Les habitants de Ginuva répétaient, avec un ton guerrier, ce mot sans discontinuer. Miki se sentait nettement moins confiant que tout à l’heure, lorsqu’il avait décidé de combattre Zélina.
Soudain, cette dernière plia les genoux et posa ses mains dessus. Elle ouvrit la bouche d’une étrange façon et poussa un cri tout aussi particulier. Miki eut, d’un coup, un tic oculaire à l’œil droit qui faisait sautiller ce dernier. Il se crispa et s’inquiéta :
« Mais, elle fait quoi là ? »
Throon, Marie et Hélyze avaient une réaction à peu près similaire.
« On dirait un singe, constata Hélyze.
- C’est bizarre en effet ! ajouta Marie.
- C’est quoi un singe ? demanda Throon qui n’obtint pas de réponse. »
Zélina cessa de crier et se remit droite. Elle fixa Miki et fonça subitement sur lui en lui donnant un violent coup de poing dans le nez, ce qui le fit reculer.
« Oh putain, la droite ! s’exclama puissamment Throon, épaté par l’intensité du choc. »
Miki toucha son nez avec sa main droite et constata en regardant celle-ci qu’il saignait. Il réagit en déclarant :
« Alors ça tu vas me le… »
Il n’eut pas le temps de finir se phrase que Zélina revint à la charge. Miki esquiva son coup de poing et s’écartant sur la gauche. Elle ne se découragea nullement et continua de l’attaquer. Il se contentait d’esquiver ou de parer ses coups. Néanmoins, au bout d’un moment, elle réussit à le toucher et le faire tomber.
« Merde ! lâcha-t-il. »
Il la regarda. Elle attendait qu’il se relève. Ce qu’il fit.
Et c’était reparti pour un tour. Elle fonça sur lui, le harcelant de coups divers et variés qu’il se contentait d’éviter ou de bloquer à nouveau. Throon, trouvant cela ennuyeux, s’exclama :
« A ce tarif là, il est foutu ! »
Hélyze le regarda puis reposa les yeux sur le cercle. Elle fronça le regard et adhéra, désabusée :
« Mouais, ça c’est clair ! »
Au même moment, Miki reprit un nouveau coup en plein visage et bascula vers l’arrière avant de tomber au sol une fois de plus. Il se tint alors la tête. Zélina lui conseilla :
« Tu devrais arrêter là ! Tu n’es pas de taille contre moi ! »
Miki ne réagit point. Il orienta ses yeux vers ses compagnons qui le regardaient. Il pensa alors qu’ils seraient déçus s’il perdait. Que la suite de leur voyage dépendait de lui. Que s’il ne gagnait pas cette chevalière, tout serait terminé et qu’ils rentreraient chez eux, chacun de leur côté. Il se releva alors et dépoussiéra ses vêtements en répondant à Zélina :
« Il n’en est pas question, ma petite ! »
Cette dernière fit de gros yeux, surprise.
« Il faut que je te batte à ce truc pour obtenir ta chevalière et pouvoir continuer mon voyage avec eux, poursuivit-il. Et je ferai tout pour ça. »
Zélina sourit et lâcha :
« Comme tu voudras ! »
Elle fonça sur lui pour lui donner un nouveau coup de poing. Mais cette fois-ci, c’est elle qui en reçut un au visage et tomba au sol. Miki semblait avoir soudainement repris du poil de la bête.
« Ouais c’est bien Miki ! l’encouragea Throon, le poing levé. Continue ! »
Zélina se releva et réattaqua. Miki para le coup en croisant ses bras devant sa tête et en baissant légèrement les jambes. Il lui donna ensuite un coup de genou dans le ventre, ce qui la fit se plier. Il la frappa alors avec un nouveau coup de poing au visage. Elle bascula vers l’arrière et lui fit une balayette avec sa jambe droite. Miki en fut déséquilibré. Elle tendit alors sa jambe gauche et lui donna un violent coup de pied qui le fit décoller vers l’arrière et sortir du cercle en retombant fermement sur le sol.
Il avait perdu. Les habitants du village crièrent de joie à la vue de la victoire de leur chef. Il se redressa pour s’asseoir et se toucha la tête en balançant de déception :
« Et merde ! »
Zélina s’approcha de lui, sans sortir de l’arène. Elle lui dit :
« T’as perdu ! T’as vu, le Ginmo, c’est un sport d’homme ! »
Elle regarda autour d’elle et ordonna :
« Tout le monde au boulot ! Allez hop ! On se bouge, la fête est finie ! »
Les villageois quittèrent peu à peu la place pour retourner à leurs tâches quotidiennes, tout en discutant du combat auquel ils venaient d’assister. Zélina se retourna vers Miki pour lui dire :
« Avant de partir, venez me voir dans ma maison pour le verdict ! »
Puis elle partit dans celle-ci avec son portier, laissant Miki et ses trois compagnons seuls sur la place.
Il se releva, déçu de sa défaite. Throon lui sauta dessus en criant :
« Youhou Miki ! C’était un beau combat !
- Mais j’ai perdu ! contredit-il, surpris de la réaction de ce dernier.
- Peut-être ! répondit Hélyze. Mais tu t’es bien battu.
- Tu as fais ce que tu pouvais, conclut Marie. Elle est très forte cette jeune fille. »
Devant le réconfort que ses amis montraient envers lui, Miki sourit, la larme à l’œil en reprenant son épée, et dit :
« Et si on allait voir ce qu’elle veut nous dire avant de nous en aller.
- Oui allons-y ! approuva Hélyze. »
Ils entrèrent dans la maison de Zélina. Elle était assise dans son fauteuil, son garde du corps se tenant à sa droite, les mains dans le dos. Hélyze s’approcha plus que les autres pour lui parler. La chef de Ginuva lui affirma :
« Vous avez perdu.
- Oui, répondit la jeune princesse. On a vu ça.
- Je ne peux donc pas vous donner la chevalière.
- Oui. »
Zélina ferma les yeux et sourit avant de les rouvrir. Elle ajouta :
« Par contre, si vous le voulez, je peux vous accompagner et vous la prêter lorsque vous serez prêts à ouvrir la porte du temple de Naru. »
Le garde du corps de Zélina fit de gros yeux et la regarda. Il était, tout comme les quatre membres du groupe, fort surpris de la décision de son chef.
Hélyze se retourna vers ses amis et leur demanda :
« Euh… On fait quoi là ?
- Ben, t’as qu’à dire oui ! répondit spontanément Throon.
- De toutes façons, on a pas trop le choix ! ajouta Marie. »
Miki, quant à lui, approuva en faisant un geste de la tête. Hélyze refit alors face à Zélina et lui répondit :
« C’est d’accord alors ! Si tu veux venir avec nous, on veut bien. »
La barbare semblait heureuse du choix du groupe. Mais son portier était, lui, inquiet.
« Zélina ? demanda-t-il. Si tu pars qui nous dirigera ?
- Ne t’en fais pas Bafor ! répondit-elle. Je connais un mec qui fera un bon remplaçant durant mon absence.
- Et, qui donc ? »
Elle le fixa et fit un grand sourire. Il demanda en se pointant du doigt, fortement étonné :
« Moi ?
- Oui, toi ! Tu es là, avec moi, depuis que papa est mort. Tu m’as conseillée et guidée pour être un bon chef. Je vois donc pas pourquoi tu n’en serais pas un toi-même. »
Il la remercia, humblement, en esquissant simplement un sourire.
« Bon allez ! s’exclama-t-elle. »
Elle se leva de son siège, prit sa hache qu’elle mit sur son épaule d’un geste violent, tout en affirmant l’air ravie et déterminée :
« Helz, c’est pas la porte à côté ! On trace ! »
Les quatre membres du groupe se mirent à rire. Elle avança vers Hélyze et lui dit :
« Je vous suis… »
Cette dernière la regarda droit dans les yeux. Zélina semblait si heureuse et finit sa phrase d’un ton solennel :
« Votre majesté ! »
Ils quittèrent alors le village et firent alors route vers le sud en direction du village d’Helz, où se trouvait la dernière chevalière.
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