La chambre obscure

Hildebrand · Chapitre 31 sur 33

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La chambre obscure

Deuxième Édition

Voilà une longue histoire pour une seule faute d'impression. À la page 101, il y a bragt au lieu de bracht. Cela vient de la prétention d'épeler avec Bilderdyck. Pas de précipitation, mon digne ami, je vous en prie. Je respecte chacun qui suit avec conviction une autre règle d'épellation, comme je respecte l'habileté et les mérites de chacun. Mais nous demandons pour nous la même liberté que nous accordons aux autres: Hanc veniam petimusque damusque vicissim.

Mais, quelques fautes d'impression et autres qu'il y ait dans ce livre, et bien qu'elles puissent montrer l'inexpérience et l'incompétence d'Hildebrand à faire imprimer, à écrire ou à épeler, je sais que la dédicace de ce petit volume vous sera agréable. C'est du moins quelque chose, mon ami, et si le livre vous plaît, j'ose espérer qu'il plaira à la plupart. S'il vous ressemblait seulement un peu, il serait plein d'une observation spirituelle, gaie et bonne, qui n'hésite pas à se renfermer en soi-même; de ce bienveillant sourire qui n'a rien du ricanement; il aurait alors un ton d'agréable urbanité, qui fait qu'on se sent à son aise et qui enchaînerait le lecteur et l'occuperait, et le disposerait à une sereine satisfaction et une gravité sans affectation! C'est seulement un vœu, mon cher ami!

J'ai conservé la dédicace pour la fin. C'est bien contre l'ordre, mais il en est ainsi. Il y a tant de lecteurs qui commencent un livre par la dernière page, ce qui revient presque au même!

 

[1] Voir cette citation dans l'introduction.

[2] Je ne doute pas qu'il ne se trouve des gens qui se plaindront de ce qu'il n'y a pas assez, d'accents circonflexes et de commas dans mon livre. J'avais songé à placer ici comme conclusion toute une page de ces signes, afin qu'on pût les distribuer sur les diverses pages à son gré; mais j'ai réfléchi, et en dernière analyse j'ai craint que cela ne fût trop joli.

 

DEUXIÈME ÉDITION

Voilà ce que j'écrivais il y a six mois. Un seul mot encore.

On m'a reproché qu'il n'était pas bien d'avoir transformé l'ami auquel j'ai dédié mon livre, en un véritable patient, à propos de fautes d'impression. On s'est beaucoup ingénié à désigner les originaux des personnages que j'ai mis en scène, et que vu à ma grande satisfaction que dans chaque ville, que j'y sois jamais allé ou non, on m'a su nommer six ou sept personnes qu'on affirmait très-formellement avoir posé pour tel ou tel de mes portraits. Je ne croyais vraiment pas que, dans ce bas monde, tant de nurks et de stastok exhibassent leurs aimables qualités, et suis étonné du zèle obligeant qu'on met à les montrer du doigt. Toutefois, je ne puis interdire ce plaisir au bon public, ni m'en formaliser; mais je prends la liberté de rappeler les paroles de l'anonyme dans son livre toujours inédit, et de déclarer en conscience que ma Chambre obscure est toujours placée sans intention malicieuse, et que je ne la tourne ni la retourne, et ne lui imprime jamais le moindre mouvement avec le dessein de la pointer d'une façon indiscrète. Que je n'aie encore pu l'installer au sommet du Godesberg, ni sur le dôme de Milan, j'en suis particulièrement fâché pour ceux qui aiment les choses grandioses et étrangères; mais il est évident pour moi que le plus grand nombre s'est montré satisfait de mes petits tableaux, de mes tableaux hollandais. Il faut savoir que, grâce aux vivants et aux morts, nous connaissons si bien les étrangers, que ç'a été une chose pleine de charmes que de remarquer dans nous-mêmes nos propres changements.

Je saisis cette occasion pour m'excuser auprès d'un vieil ami que je connais depuis neuf ans, de l'accusation relative au Mouchoir bigarré de la page 4. Il a déclaré qu'il n'en avait jamais possédé un, et je soulage ma conscience en signalant ici sa rectification. Les acclamations des mères hollandaises pour l'éloge de leurs enfants, du professeur Vrolyk, à propos d'Une Ménagerie (bien que ce dernier morceau ne paraisse pas le meilleur), et surtout votre approbation, sont des augures favorables qui ne peuvent être que flatteurs pour moi.

Me demandez-vous maintenant si j'ai le dessein de parler encore au public dans ce genre d'écrire? Je réponds qu'après avoir reçu autant d'encouragements que je pouvais espérer d'en recevoir, il y aurait étrangeté et aussi véritable ingratitude à abandonner ce genre; attendez-vous donc avec le temps à de nouvelles représentations de la Chambre obscure, et toi, mon ami, accepte pour la seconde fois la dédicace de ce volume.