La Tosca: Drame en cinq actes
Scène IV
, épouvantée.—Les Voici!
Scène IV
L , CECCHO, ANGELOTTI
, accourant.—Excellence!... Des hommes!... On frappe en bas!
M .—Parlemente et gagne du temps! (Il court à la fenêtre.) Angelotti!
(Angelotti paraît sur le seuil du jardin tandis que la Tosca écoute au fond.)
Découverts!... Ils sont là!...
A .—Je gagne les champs et me jette dans les ruines.
M .—Trop tard, la maison est cernée!... Au refuge, vite! vite!
A .—Ah! je vous jure Dieu qu'ils ne m'auront pas vivant!
Il disparaît.
M , à Floria.—Ils viennent... Et du sang-froid!... si tu ne veux pas me perdre
avec lui!
.—Ah! Dieu, et c'est moi qui ai fait cela!...
On entend et l'on voit au fond les agents paraître de tous côtés dans, le jardin, gardant toutes
les issues.
Scène V
FLORIA, MARIO, CECCHO, SCARPIA, LE MARQUIS ATTAVANTI,
SCHIARRONE, G , SPOLETTA, ALBERTI, A . M .—Rien de plus simple. La marquise Attavanti daigne me faire
Scarpia entre par le fond, ainsi que le marquis, Schiarrone, Alberti et ses aides, et descend
lentement.
M , allant à lui.—M'est-il permis de demander à monsieur le baron quel
motif me vaut, à pareille heure, l'honneur de sa visite?
, froidement.—Madame a dû vous en instruire.
M .—Madame—puisqu'il lui a plu de vous initier à ces détails intimes—
avait conçu des soupçons dont elle vient de reconnaître la fausseté. Mais, ce
sont là choses domestiques qui ne menacent pas la sécurité de l'Etat et où je
ne pense pas que votre vigilance ait à s'exercer.
.—Vous vous trompez. Je suis ici dans l'exercice de mes fonctions,
Son Excellence (Il désigne le marquis.) m'ayant prié de constater l'outrage fait à
son honneur par la présence, chez vous, à cette heure, de la marquise
Attavanti, sa femme.
M .—Ah! c'est la raison?... Monsieur fait erreur... Madame la marquise
n'est pas chez moi et n'a aucune raison d'y être... Et madame vient elle-
même de constater cette absence.
, vivement.—Oui!...
A , avec satisfaction.—Oh! si madame reconnaît?...
.—Je l'atteste!
A .—Quand je vous le disais, baron?... Monsieur est incapable... Nous
n'avons plus qu'à lui offrir nos excuses...
.—Pardon, monsieur le marquis... Mais vous me permettrez de ne pas
accorder tant de crédit aux affirmations intéressées de monsieur et
complaisantes de madame.
M .—Mais, je vous répète, monsieur...
, prenant l'éventail sur la table. Enfin monsieur, cet éventail entre vos
mains?... Expliquez cela, je vous prie.
l'honneur de poser pour l'un des personnages du tableau que je peins à
Saint-Andréa: elle a oublié son éventail au départ, voilà tout.
A .—Eh! sans doute!... Cela s'explique...
.—Et la preuve de ce que vous dites?
M .—Son portrait que tout le monde peut voir à Saint-Andréa, et l'absence
même de la marquise, qui n'a pu s'enfuir, vos hommes gardant toutes les
issues... Visitez cette maison, qui n'est pas grande... Si vous y trouvez la
personne que vous cherchez, je ne propose pas à monsieur le marquis de lui
faire raison, je l'invite à me passer son épée au travers du corps, sans autre
forme de procès! Ouvre toutes les portes. Ceccho, éclaire ces messieurs!
A .—S'il n'y a jamais que moi pour vous tuer, jeune homme!... (Au
baron.) Inutile, baron, parfaitement inutile, cet examen!
.—En effet, monsieur n'ouvrirait pas ses portes à deux battants si la
personne que nous cherchons était cachet derrière.
A .—Parbleu!... Je n'ai donc plus rien à faire ici, n'est-ce pas?
, tranquillement.—Rien. Votre Excellence peut rentrer chez elle. Elle y
trouvera sans doute la marquise qui n'a pas commis l'imprudence
d'accompagner ici monsieur son frère.
Mouvement de tous.
A .—Son frère! Ici?
.—Regardez monsieur, vous n'en douterez pas!
M , se remettant.—Moi, monsieur!... Je ne sais ce que vous voulez dire...
.—Pardonnez-moi... Nous nous comprenons très bien... Mais ceci doit
être l'objet d'un entretien particulier qui prolongerait péniblement la veille
de monsieur. Son rôle est fini, le mien commence.
A .—Oui, je l'avoue... Mon beau-frère... J'aime mieux me dispenser...