La Tosca: Drame en cinq actes
Acte IV
RIDEAU
Une chambre au château Saint-Ange. A gauche, pan coupé. Alcôve richement
décorée. Le lit au fond. Pan coupé, droite, large fenêtre avec bacon
praticable. Au fond, milieu, porte d'entrée, premier plan droite, secrétaire
ouvert. Premier plan gauche, console surmontée d'une glace. Au pied du lit,
dans l'alcôve, un prie-Dieu, avec crucifix d'ivoire.; Au milieu, vers la
gauche, une table couverte de sa nappe, et sur laquelle est servi un souper.
Un canapé à droite de la table au milieu de la, scène. Il faut encore nuit, et
la pièce n'est éclairée que par deux candélabres allumés placés sur console,
et une lampe avec abat-jour sur la table. Au lever du rideau, la fenêtre est
fermée. Un maître d'hôtel et un laquais font le service. Scarpia soupe, assis
entre la table et la console, à laquelle il tourne le dos.
Scène première
SCARPIA, SCHIARRONE, U ' , , COLOMETTI
.—Ouvrez la fenêtre, Colometti. L'air de cette chambre est étouffant.
(Colometti ouvre la fenêtre à droite toute grande.) Quelle heure est-il?... Schiarrone.
.—Excellence, on a chanté les matines.
.—La ville me paraît fort calme.
.—Très calme, Excellence... M. le gouverneur a fait doubler les
postes; et toute la garnison est sous les armes.
.—Précautions inutiles. Cette victoire des Français a moins échauffé
les têtes romaines que je ne l'aurais cru.
.—Plus d'étonnement que de joie, Excellence. Voilà, je crois le
sentiment général.