L’Ampoule n°16 - Audace & Irrévérence

Cette rubrique fonctionne sur le principe du…

Cette rubrique fonctionne sur le principe du roundrobin : deux auteurs écrivent une nouvelle à tour de rôle en quatre parties chacun (1), au cours de laquelle s'affrontent deux personnages.

Auch, le 20 avril 2015

Cette lettre ne commencera par Ma chère petite fille, ni même Ma chère Irène et tu sais pertinemment pourquoi, je n’ai pas besoin de te faire un dessin...

Chère petite ingrate,

Avec tout ce que j’ai fait pour toi (je t’ai élevée, nourrie, logée, blanchie, torchée, pendant trentecinq ans), tu oses me traiter comme tu le fais... j’espère que tu as honte. Que la honte te poursuive et t’empêche de dormir en paix, aussi longtemps que je serai en vie et même audelà de ma propre mort, qui ne saurait tarder, espéronsle, car je n’ai pas tellement envie de m’attarder sur cette terre pourrie.

La directrice de l’établissement « Les jours joyeux » me dit que tu refuses de la payer. Or, dans la mesure où tu as refusé de faire l’effort de me prendre chez toi, et que tu es ma fille unique (Dieu soit loué : je n’en aurais pas voulu d’autres conçues sur le même modèle que toi)... il va bien falloir que tu t’acquittes des frais, je te le concède assez exorbitants, de la maison de retraite médicalisée, pour ne pas dire le mouroir, où je finis tristement ma vie.

Ne saistu pas que dans la vie nous avons tous des obligations ? Croistu que c’est par plaisir que je me suis occupée de toi toutes ces années, malgré ma santé défaillante, mes problèmes de cœur, ma faiblesse nerveuse et la misère financière qui était la mienne ? Non, figuretoi que ce n’est pas par plaisir que j’ai fait tout cela mais par sens du devoir. Encore un mot dont tu ignores le sens, ma pauvre fille... Si au moins tu avais été bonne à l’école, on aurait pu faire quelque chose de toi. Je ne sais pas moi, institutrice ou fonctionnaire... Mais non, mademoiselle était bête comme un balai, une vraie bourrique avec ça, têtue et puis malpolie, sale et j’en passe. Que j’ai eu honte de toi, ma pauvre fille, honte d’être ta mère, d’avoir donné naissance à ça ! Si tu avais été jolie au moins, on aurait pu faire quelque chose de toi, on t’aurait trouvé un gentil mari pas trop pauvre. Mais non, tu es laide comme cela n’est pas permis sur cette terre.

1 Marianne Desroziers a écrit les paragraphes sur fond blanc, Emmanuelle M.

Bova ceux sur fond noir.

Je vais m’arrêter là car mes palpitations reviennent.

Dépêchetoi d’envoyer un chèque de 1967,53 euros à l’ordre des « jours joyeux », et de me faire parvenir la bague en or et améthyste que tu m’as volée.

Je ne te dis pas à bientôt. Ne viens pas me voir.

Evelyne, ta mère

P.S. : On me dit que tu as récupéré mon chat : essaie de ne pas le laisser crever comme tu as fait avec Praline.

Toulouse

01/05/2015

Chère Evelyne, ma mère,

Je suis sincèrement désolée de la précarité matérielle dans laquelle tu te trouves. Je pourrais te venir en aide, je sauterais illico dans ma Chevrolet. Cependant, tu l’as noté avec pertinence, je ne suis qu’une pauvre fille sans grande qualité. Tu m’as assurément conçue dans de fort mauvaises conditions. À tel point que je suis, à mon tour, dans un embarras, qui m’empêche de venir en aide à ma pauvre vieille mère quasi édentée. C’est incroyable, tu fais preuve d’une acuité sans pareille quant à ma capacité à trouver un bon mari. Jugesen par toimême (en la matière, je t’accorde toute ma confiance), mon compagnon depuis une dizaine d’années est un célèbre producteur de télévision qui mène grand train. Un dévoyé amoral qui a certainement eu pitié de moi en m’ouvrant sa couche, confortable et très animée, si je puis me permettre de te faire une telle confidence. Malgré ses incessantes demandes, nous ne sommes pas mariés car ainsi je deviendrai solvable. Moi qui n’aspire qu’à être soluble dans l’air.

Oui, mère, évanescente je suis, voire inconséquente. Ma négligence est telle que j’ai donné de la mortauxrats à Nougatine, zut… comme avec Praline, je prends tes chats de gouttière pour de vulgaires muridés. Zoé et Paul (qui n’ont pas la joie de te connaître) en ont été chagrinés. Sois sans crainte, Philippe et moi leur avons acheté un magnifique chat angora, que nous avons baptisé Moustafa. Je n’évoque pas son prix avec toi, cela te ferait rager et je souhaite, à tout prix, épargner ton charmant mais néanmoins vieux cœur essoufflé.

Je ne retiens pas plus longtemps ton attention, je te sais fragile. Je te laisse aux joies de ton établissement médicalisé. Quant à moi, je file au « Goût Thé » où quelques amies m’attendent. J’aurai le plaisir ineffable de parler de toi.

Merci, chère Mère, d’avoir rempli ma vie d’anecdotes si piquantes à partager avec mes amies (qui en sont le plus souvent effarées). Cela fait toujours son petit effet. Au bout d’un certain temps d’intimité, je dévoile même quelques cicatrices. Fulgurant !

Je ne t’embrasse pas, je pique.

Irène

Auch, le 23 juillet

Irène, ma petite fille,

S’il te plaît, ne fais pas ta méchante.

Je suis ta mère après tout et tu pourras dire tout ce que tu veux comme horreurs sur mon compte, tu restes ma fille. J’ai été transportée aux urgences de l’hôpital après avoir lu ta lettre. J’ai eu comme qui dirait un choc, figuretoi. Faut croire que mon cœur n’est pas complètement de pierre...

J’implore désormais ta pitié et tu sais bien que ce n’est pas mon genre et que ça me demande beaucoup d’efforts. Voilà, je ravale mon orgueil et te demande pardon, ma fille, pour le mal que je t’ai fait, sans le vouloir, soisen certaine, juste par inadvertance, par maladresse, par bêtise aussi.

Oui, je le dis, je l’écris, noir sur blanc : j’ai été bête, voilà, tu es contente j’espère.

Je reconnais que j’ai été dure avec toi mais saistu seulement ce que c’est que d’élever un enfant pour une femme seule, sans mari ni compagnon, une « fillemère » comme on disait à l’époque ? Surtout dans la campagne reculée où je vivais. Je peux te dire que les rumeurs allaient bon train à mon sujet et que les hypothèses les plus farfelues ont circulé concernant l’identité de ton père. Croismoi, il était bien mieux pour toi de ne pas le connaître. C’était un affreux jojo, si je puis dire... et pourtant, pauvre de moi, je l’aimais comme une folle. Oui, c’est ça, j’étais folle.

Tant mieux pour toi si tu es heureuse avec ton producteur poly toxicomane aux mœurs dissolues. J’espère que vos enfants ne sont pas contaminés par vos déviances et qu’ils grandissent à peu près normalement (mais rien n’est moins sûr). J’attends toujours le chèque. Cette somme ne représente rien pour toi, donnelamoi s’il te plaît.

À bientôt,

Ta Mère (coupable, odieuse, égoïste, mais ta mère quand même... jusqu’à ta mort tu n’en auras pas d’autre alors fais avec, ma fille !)

Toulouse

05/08/2015

Chère Evelyne, ma mère,

Évidemment, mère adorée, j’accepte ton pardon. Je suis tellement contrite à l’idée de te savoir à l’hôpital alors que nous sommes à l’aube de nous retrouver. La vie est parfois injuste mais rien ne sert de lutter contre, il est des évidences à accepter. En toute sérénité. Malgré mon chagrin, je suis forcée d’admettre que tu es en train de réaliser ton vœu le plus cher. Toi qui désires en finir avec ta lamentable vie, tu n’as jamais été aussi près de ton but. Je suis soulagée, l’hôpital est l’endroit tout à fait adapté. Je serais, en effet, bien ingrate de ne pas te soutenir dans cette juste et logique perspective. C’est un moment difficile, certes, mais à l’heure du bilan, être seule permet l’honnêteté et le lâcher prise. J’ai un formidable prof de yoga, LouisFerdinand (avec lequel je m’éclate total), qui m’inculque cela. Lorsque je lui ai parlé de toi, il a évoqué ce momentcharnière où il est doux et allégeant de se confronter librement à sa vie et conséquemment à sa mort sans autre influence que soimême. On est seul face à sa fin. Je ne veux surtout pas interférer dans ce processus qui t’appartient. C’est douloureux. Néanmoins nécessaire.

D’ailleurs, tu profites de ce moment fatidique pour évoquer mon père. Sujet ô combien tabou dont j’avais défense de parler ! Tu te souviens, les coups que j’ai pu me prendre à la seule évocation de son nom ? Je sais, pauvre mère, que ton seul souci était de me protéger de cet « affreux jojo ».

Dommage que je n’aie pas pu en juger par moimême.

Ceci dit, je te fais confiance, j’étais si stupide. Tu me diras, telle mère, telle fille. C’est sur cet adage que je te laisse réfléchir. Il semblerait qu’à l’heure du trépas, on voit sa vie défiler. C’est pour moi un soulagement. Tu me verras ainsi. Pas toujours en très bon état, certes, mais tu me verras.

Je pars à mon cours de yoga. Un régal, pour l’esprit. Et surtout pour le corps. LouisFerdinand est très impliqué.

Je ne t’embrasse pas, je sue.

Irène

Auch, le 6 août

Cette fois je t’écris vite car, cela va te ravir toi et ton prof de yoga à la gomme, mes jours sont comptés. Téléphone si tu ne me crois pas, les médecins te le diront. La fin approche.

Tu devras payer de toute façon, avant ou après ma mort. En payant avant et en acceptant de nous réconcilier, tu seras en paix avec toimême, tu pourras garder la tête haute devant tes enfants, retrouver un semblant d’honneur et de dignité... chose dont tu sembles il est vrai totalement dépourvue.

Irène, je sais que tu as toujours été jalouse de moi, de ma carrière de danseuse, à laquelle j’ai été obligée de mettre un terme à cause de toi. J’étais à deux doigts d’être nommée danseuse étoile quand tu as été conçue par une froide soirée d’hiver dans une mansarde, sous les toits de Paris.

Il s’appelait André, il était étudiant aux BeauxArts, sa chambre était pleine des tableaux qu’il avait peints, des nus exclusivement, féminins et masculins. Sur certains de ses carnets de croquis, on voyait même des jeunes gens copuler à trois ou à quatre. Tu vois que ces choseslà ne datent pas d’aujourd’hui, votre génération n’a rien inventé, je suis désolée de te l’apprendre...

Si tu veux savoir, ton père était très doué en matière de sexe. Pas du genre à sauter sur la femme et à lui faire son affaire en deux minutes. Non, ton père, lui, il prenait son temps, il y mettait les formes, il savait faire monter le désir. J’étais gâtée en préliminaires. On s’est vus pendant deux mois et puis j’ai compris qu’il me trompait avec tous ses modèles, et il y en avait pléthore. Je ne l’ai pas supporté, je l’ai quitté, il ne m’a pas retenue. Plusieurs semaines ont passé, je l’avais presque oublié quand j’ai été prise de nausée. J’ai fait le test et j’étais enceinte. Il était trop tard pour avorter. Je t’ai gardée car je n’avais pas le choix. Note quand même que je t’ai élevée alors que j’aurais pu t’abandonner, tu aurais été placée dans un orphelinat et avec la tête que tu avais déjà, sois certaine que personne ne t’aurait adoptée.

Donc tu as toujours été jalouse de moi, de mes yeux bleus, de mes cheveux blonds, de mes traits fins, de ma ligne irréprochable. Toi, tu étais tout l’inverse, ma pauvre, la nature ne t’avait pas gâtée mais qu’y pouvais je ?

Je te revois encore, avec ta mine mauvaise, devant les photos de moi en tutu et chaussons roses qu’il y avait un peu partout dans le salon, la chambre, la cuisine. Elles étaient belles, ces photos. J’étais belle dessus, jeune, avec l’avenir devant moi. Pourquoi les auraisje cachées dans mes tiroirs sous prétexte que ma fille était un laideron ?

Je t’en prie, croismoi : il n’est plus temps aujourd’hui pour ces mesquineries puériles. Viens me voir où il sera trop tard et tu le regretteras toute ta vie.

Evelyne

Toulouse

08/08/2015

Chère Evelyne, ma mère,

Tu es absolument extraordinaire. Voilà une belle qualité que je dois te concéder. Tu es l’exception aux règles, aux clichés les plus répandus définissant une mère. C’est intéressant de mettre à mal les images trop attendues. Alors que l’on reproche souvent aux mères de trouver leurs enfants « les plus beaux du monde », tu m’as effectivement toujours considérée et traitée de laideron. Tu as été constante en la matière. Il n’y avait d’ailleurs que ces belles photos de toi sur les murs de notre modeste maison. Jolie danseuse, il est vrai. Étrangement, j’en ai toujours été fière. Lorsque tu n’étais pas à la maison et que des amies venaient (en cachette, car je n’avais pas le droit), j’étais si heureuse de leur montrer combien ma maman était jolie. J’avais le bonheur de les entendre me dire que je tenais de toi, qu’elle comprenait pourquoi j’étais si jolie. Oui, j’espère ne pas te faire trop de peine : tu es la seule à me trouver laide. Je peux même me targuer d’avoir toujours reçu de beaux compliments quant à mes formes, la couleur de mes yeux, de ma peau, de mes cheveux. Cependant, j’ai mis beaucoup de temps à y croire. Dans le miroir, c’était ton jugement, ton regard, tes mots cinglants que je voyais et non le reflet d’une charmante petite fille devenue femme. Tu as arrêté ta carrière prometteuse à cause de moi... Moi, le fœtus qui habitait ton ventre ? Je ne me souviens pas à ce moment précis avoir été douée de parole, d’une quelconque influence possible sur ta raison, sur tes prises de décision. Tu as fait le choix de me mettre au monde. De ne pas m’abandonner à de méchantes femmes. Une seule suffisait à mon malheur. Peutêtre étaisje le souffredouleur de ta frustration de ne pas être danseuse étoile (l’auraistu été ?), d’avoir été le jouet d’un mari volage (qui ne t’a pas préférée malgré ta grande beauté) ?

Je te remercie, de tout cœur, d’avoir fait ces choix. Aussi douloureux ontils été. Pour toi comme pour moi. Car si tu n’es pas sortie de ton marasme âcre et amer, moi je suis en vie. Terriblement, intensément. J’ai eu la chance, très jeune, d’avoir ouvert les yeux et les oreilles, toute ma sensibilité en fait, vers d’autres voix, d’autres attitudes, d’autres générosités d’adultes qui, en définitive, m’ont élevée. Odette, notre chère voisine, mamie adoptive, si joyeuse, vorace de livres, d’amies, de fantaisies, qui m’a tellement aimée et fait découvrir tant de choses. Madame Lemoine, ma professeur de Français, si passionnante, qui m’a donné le goût des mots et des livres dans lesquels je me suis plongée pour mieux comprendre le monde et les gens, dont toi. Puis tous ceux de passage, qui m’ont enrichie, m’ont donné confiance, en moi, et conséquemment aux autres.

En fait, je ressemble un peu à mon père qui a multiplié les relations, les curiosités, « ivres de femmes et de peinture ». Cette idée me plaît.

Je ne t’en veux plus mais ta colère n’est plus la mienne. Ton fiel peut encore m’atteindre, je le sais, je le sens. Je ne souhaite pas remuer cette glaise nauséabonde qui a fondé notre relation. Quant à l’argent, tu as raison, comme tu l’as fait pour moi, habillée, nourrie, logée, même mal, je te dois cela. Pourquoi pas ? J’envoie donc à la directrice de ton établissement l’argent dû et établirait un virement mensuel… jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Je dois dire qu’à mes yeux tu es déjà morte. Je ne souhaite pas te donner, encore, l’espace, le temps, de déchaîner ton désespoir sur moi. Je n’appartiens plus à cette histoirelà. Payer est juste une courtoisie, une politesse. En fait, tu ne m’as pas si mal élevée ?

Je ne t’embrasse pas, je ris.

Irène

Auch, le 12 août

Madame,

J’ai la tristesse de vous annoncer par cette lettre le décès de votre mère, Evelyne, et de vous présenter comme il se doit mes plus sincères condoléances. Sachez qu’elle n’a pas souffert, même si elle a eu le temps de se voir partir. Dans ses derniers instants, elle vous a réclamée, elle a prononcé votre nom à plusieurs reprises. Elle vous a demandé pardon. Elle a dit qu’elle vous aimait. Elle a laissé pour vous une enveloppe avec à l’intérieur le nom et les coordonnés de votre père. Pour vous également un album intitulé « Le livre de mon enfant », composé de photographies de vous bébé (vous étiez vraiment ravissante), de mèches de cheveux et de diverses anecdotes écrites de sa main sur votre première dent, vos premiers pas, la première fois que vous avez dit « maman », votre premier jour d’école, etc. Nous le tenons à votre disposition à l’accueil de notre établissement. Nous vous remercions d’avoir veillé à régler une grande partie des frais de séjour de votre mère avant son décès. Vous nous devez encore à ce jour 98,16 € (voire détails dans la facture cijointe). Le corps de votre mère repose au funérarium d’Auch :

Maison Funéraire d’Auch

31 rue de l’égalité

32000 Auch

Téléphone : 05 62 60 16 82

En tant que seule parente connue, il vous appartient d’effectuer les démarches nécessaires et de régler les frais liés aux obsèques.

Bien cordialement,

Martine Ducros, directrice de l’établissement « Les jours joyeux »

14/08/2015

Bonjour Monsieur André Chaicke,

Je me permets de vous contacter pour vous annoncer deux tristes nouvelles. Ma mère Evelyne Mate est décédée il y a deux jours. Peutêtre vous souvenezvous d’elle ? Vous avez tous deux vécu des moments très chauds dans l’hiver parisien en 1972, alors que vous fréquentiez les Beaux Arts et croquiez d’innombrables chattes. Sachez que vous en avez profité pour me concevoir… à l’insu de votre plein gré, il va de soi. Qu’importe, le mal est fait, ou le bien, tout ceci n’est qu’une question de point de vue. Loin de moi l’idée de vous en vouloir ou même d’avoir une quelconque curiosité à votre endroit. Ma vie est ailleurs, je l’ai inventée.

Cependant, ma mère m’a laissé pour héritage un carnet de naissance consignant les étapes de mon enfance, et un petit mot avec votre nom et votre adresse. Que faire de cet héritage ? Je vous sais (ou vous crois, c’est bien romantique) artiste. C’est la raison de cet envoi.

Ce carnet est maintenant vôtre. Il vous inspirera peutêtre une œuvre ? Ce serait là un joli clin d’œil à cette histoire. Si vous le souhaitez, vous pouvez m’en faire part.

Cependant, je n’attends rien, seules les surprises m’intéressent.

Je ne vous embrasse pas, je suis en deuil.

Irène Mate