Le Chasseur d’âme

Aaron Dembski-Bowden · Chapitre 25 sur 27

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Le Chasseur d’âme

Épilogue - Présages

ÉPILOGUE

 

PRÉSAGES

 

Dans les entrailles du Covenant of Blood, un père et une mère pleuraient.

L’équipage humain n’était pas sorti indemne des combats. Certains avaient été victimes des escouades d’abordage des Blood Angels, taillés en pièces alors qu’ils fuyaient la vertueuse indignation des meilleurs guerriers de l’Empereur. D’autres avaient péri dans les explosions qui avaient ravagé le vaisseau pris sous le feu des croiseurs impériaux. Et d’autres encore étaient morts lorsque les gangs du bord avaient profité du chaos de la guerre orbitale pour déclencher des attaques contre des rivaux avec lesquels ils partageaient jusque-là les ténèbres.

Un homme étreignait le cadavre de sa fille, serrant sa forme menue et sans vie contre sa maigre poitrine. Du sang marquait encore les lèvres et le visage de l’enfant, vestige de son dernier soupir ensanglanté, moins d’une heure auparavant. Ses yeux, assombris par les ténèbres perpétuelles, fixaient sans la voir la foule qui commençait à s’assembler.

Elle n’avait plus de jambes. Elle les avait perdues sous la lame tronçonneuse d’un Blood Angel lorsqu’un des héros de l’Imperium avait tenté d’exterminer l’équipage hérétique du Covenant. Sa lame grinçante avait pris bien des vies avant qu’il ne soit finalement abattu par un guerrier d’une des Griffes du Covenant.

Son père berçait ce qui restait d’elle tout en hurlant son chagrin.

Les témoins commencèrent à murmurer, évoquant à voix basse malédictions, augures et mauvais présages. Sur la poitrine de la petite fille, un médaillon de la légion luisait sous la lumière diffuse.

Son père tenait contre lui les restes de sa fille de dix ans, et hurlait vers les murs du vaisseau silencieux, tout autour de lui.

— Ce vaisseau est maudit ! Il est damné ! Elle nous a été volée !

De plus en plus d’humains sortaient des ténèbres, les yeux écarquillés et humides de larmes, tous emplis des mêmes pensées et des mêmes peurs que le père en deuil.

Taisha n’était pas en paix, malgré l’harmonie qui régnait dans le jardin.

Sous un dôme qui révélait toute la gloire de l’espace infini, sous les lumières scintillantes d’un million de soleils éloignés, Taisha venait dans ce jardin à la recherche de réponses. Ses pieds nus effleuraient le sol moelleux, l’herbe douce sous ses orteils. Une robe de soie miroitante, couleur de jade, collait à sa silhouette élancée tout en laissant une épaule découverte. Ses cheveux, du rouge du sang humain, assez longs pour tomber jusqu’à ses fesses, étaient relevés en un toupet serré.

Elle observait de ses yeux bridés un personnage agenouillé sur l’herbe. Ses robes à lui étaient noires comme l’espace infini entre les mondes. Il prit la parole sans la regarder.

— Bienvenue, fille de Khaine et de Morai-Heg.

Taisha inclina la tête selon l’angle approprié, reconnaissant ainsi poliment le rang supérieur de son interlocuteur et l’honneur qu’il lui faisait en lui adressant la parole en premier. Elle ne s’agenouilla pas à côté de lui. Agir ainsi aurait été briser le protocole. Au lieu de cela, elle resta à quelques mètres de distance, caressant légèrement du bout des doigts l’épée de moelle spectrale pendue à son côté. La pointe de la lame courbe atteignait presque le sol, tant l’arme était longue. La ceinture à laquelle l’épée était pendue était tout ce qui maintenait sa robe fermée.

— Salut à toi, noble prophète. Comment vas-tu ?

— Je vais bien, dit-il, toujours sans lever les yeux.

— Ai-je interrompu tes méditations ?

— Non, Taisha. L’eldar accroupi regarda le sol devant lui, où une poignée de runes de la taille de pièces de monnaie était étalée au milieu des pointes humides de rosée de l’herbe. Tu es venu chercher des réponses, n’est-ce pas ?

— En effet, noble prophète. Elle ne fut nullement surprise qu’il ait détecté son malaise, ou qu’il ait su qu’elle allait venir le voir.

— Mon repos est troublé, reprit-elle.

— Tu n’es pas la seule, Taisha.

— C’est ce que j’ai cru comprendre, noble prophète. Plusieurs de mes sœurs sont également mal à l’aise durant leurs heures de repos.

— Oh, mais l’agitation va bien plus loin que cela.

Cette fois, il avait relevé les yeux vers elle, ses yeux d’un bleu de glace semblables à deux cristaux gelés.

— La guerre menace le vaisseau-monde une fois de plus. Une guerre qui te verra verser le sang des mon-keigh, fille de la Déesse du Destin.

— Nous sommes Ulthwe. Elle inclina la tête à nouveau en signe de respect. Nous connaissons bien peu de choses en dehors de la guerre. Mais qui vient, noble prophète ? Qui parmi les mon-keigh ?

Le prophète ramassa ses runes répandues dans l’herbe du jardin, et sentit leur chaleur et leur puissance dans sa main.

— Le Chasseur d’Âme, Taisha. Celui qui croisera le fer avec le Traqueur des Abîmes.

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À PROPOS DE L’AUTEUR

 

 

AARON DEMBSKI-BOWDEN est un romancier anglais au nom à

moitié polonais, profondément fan de Warhammer 40,000 depuis

l’époque où il a saccagé sa boîte de Space Crusade en peignant les

figurines avec tout le talent qu’on est en droit d’attendre d’un

garçon surexcité de neuf ans. Il vit en Irlande du Nord avec sa

femme Katie et leur chat Loken, se cachant du monde au milieu de nulle part. Il passe le plus clair de son temps à lire tout ce qui

lui tombe sous la main et à aider les gens à épeler son nom.

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