Le culte du moi 1: Sous l'oeil des barbares
Livre II
A PARIS
CHAPITRE QUATRIEME.—Concordance
Paris a vingt ans
CHAPITRE CINQUIEME.—Concordance
Dandysme
CHAPITRE SIXIEME.—Concordance
Extase
CHAPITRE SEPTIEME,—Concordance
Affaissement
Oraison
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EXAMEN DES TROIS ROMANS IDEOLOGIQUES
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A M. PAUL BOURGET
MON CHER AMI,
Ce volume, Sous l’oeil des Barbares, mis en vente depuis six semaines, etait ignore du public, et la plupart des professionnels le jugeaient incomprehensible et choquant, quand vous lui apportates votre autorite et voire amitie fraternelle. Vous m’en avez continue le benefice jusqu’a ce jour. Vous m’avez abrege de quelques annees le temps fort penible ou un ecrivain se cherche un public. Peut-etre aussi mon travail m’est-il devenu plus agreable a moi-meme, grace a cette courtoise et affectueuse comprehension par ou vous negligez les imperfections de ces pages pour y souligner ce qu’elles comportent de tentatives interessantes.
Ah! les cheres journees entre autres que nous avons passees a Hyeres! Comme vous ecriviez Un coeur de femme, nous n’avions souci que du viveur Casal, de Poyanne, de la pliante madame de Tilliere, puis aussi de la jeune Berenice et de cet idiot de Charles Martin qui faisaient alors ma complaisance. Ils nous amusaient parfaitement. J’ajoute que vous avez un art incomparable pour organiser la vie dans ses moindres details, c’est-a-dire donner de l’intelligence aux hoteliers et de la timidite aux importuns; a ce point que pas une fois, en me mettant a table, dans ce temps-la, il ne me vint a l’esprit une reflexion qui m’attriste en voyage, a savoir qu’etant donne le grand nombre de betes qu’on rencontre a travers le monde, il est bien penible que seuls, ou a peu pres, le veau, le boeuf et le mouton soient comestibles.
Et c’est ainsi, mon cher Bourget, que vous m’avez procure le plaisir le plus doux pour un jeune esprit, qui est d’aimer celui qu’il admire.
Si j’ajoute que vous etes le penseur de ce temps ayant la vue la plus nette des methodes convenables a chaque espece d’esprit et le gout le plus vif pour en discuter, on s’expliquera surabondamment que je prenne la liberte de vous adresser ce petit travail, ou je me suis propose d’examiner quelques questions que souleve cette theorie de la culture du Moi developpee dans Sous l’oeil des Barbares, Un homme libre et le Jardin de Berenice.
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