Le grand Batre
Le grand Batre
LEGRAND BATRE
Par Frédérique HÉBRARD
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En parler provençal de ce début de siècle « mener Grand Batre », c’est mener grand train.
1913. Une fête est donnée au château d’Azérac pour les quatre-vingt-dix ans d’Eugène et les dix ans de son arrière-petit-fils Guilhem. La Belle Époque scintille, les chevaux piaffent, les Arlésiennes jouent de l’ombrelle et de l’éventail, les félibres improvisent, la farandole s’élance… Pourtant, ce jour de gloire sera le dernier jour de bonheur pour les Cabreyrolle d’Azérac. L’ère industrielle leur a fait rencontrer l’argent et son terrible pouvoir. Pour la première fois, un Azérac va trahir la terre. Alors une malédiction terrible va précipiter cette puissante famille dans la ruine et le malheur. Tout semble perdu. Mais, à travers les épreuves, les Azérac, race de fer, dynastie de cavaliers et de cavalières, sauront rendre sa splendeur à la manade.
Frédérique HÉBRARD : Fille d’André Chamson, on a dit d’elle qu’elle était « née dans un encrier ». D’abord comédienne elle abandonne le théâtre pour la littérature après le succès de son premier roman, « Le mois de septembre », traduit en neuf langues. On lui doit 15 romans et de grands succès à la télévision « La demoiselle d’Avignon » (écrit avec Louis Velle), « Le mari de l’ambassadeur » (avec Louis Velle et François Velle), « Le château des Oliviers » (avec François Velle).
Les poèmes de l’Inconnu sont extraits du recueil Lou Ramas de Pin Negre, d’André CHAMSON.
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En memôri
de moun paire Andriéu Chamson,
écrivain français, pouèto prouvençau
e cavalié de la Nacioun Gardiano.
Souviens-toi des jours antiques,
Considère les années de chaque génération
Interroge ton père et il te parlera
Tes ancêtres, et ils te répondront.
(DEUT. XXXII, 7)
Le cheval frémit.
Les ténèbres sont trop profondes pour que l’on distingue sa robe blanche, mais le cheval sent le jour proche car l’Esprit se meut sur les eaux.
Une fois de plus Dieu créait le monde tel qu’il l’avait créé au commencement des temps.
Et le cheval attend, tranquille, vierge de nom. Nu. Libre…
Quand la lumière fut, le cheval la salua de son hennissement, puis il partit au galop rejoindre les siens.
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