Les espionnes à Paris la vérité sur Mata-Hari, Marguerite Francillard, la femme du cimetière, les marraines, une grande vedette parisienne, la mort de Marussia
Chapitre XII
LA MORT ETRANGE DE MARUSSIA
PREMIÈRE AFFAIRE «BIEN PARISIENNE» DU SERVICE DES RENSEIGNEMENTS.—L’ACTRICE ET LE ROUMAIN.—LE DRAME DE GENÈVE.
«…Et si vous rencontrez dans l’escalier un marchand de charbon, ou un garçon épicier, qui vous dévisage, ne vous en étonnez pas: ce sont des gens à nous.»
Sur ces mots, le «patron», après une vigoureuse poignée de main, referma la porte de son bureau sur son visiteur.
Celui-ci longea le couloir, tourna à gauche, descendit trois étages, et se trouva sur le boulevard Saint-Germain. Il arriva bientôt devant la Chambre des Députés, traversa le pont, la place de la Concorde, et s’installa sur un banc dans les Tuileries. Il alluma une cigarette et réfléchit aux événements de la journée.
Que s’était-il passé?
Il était chez lui, bien tranquille, le matin, quand il reçut un coup de téléphone d’une femme qu’il ne connaissait que de date récente… et peu.
—C’est moi, Marussia.
—Marussia?
—Vous savez bien…
—Ah! oui, je vous écoute, chère amie.
Elle s’excusait de le déranger et de lui demander un service, qu’elle regrettait de solliciter par une voie aussi peu discrète que le téléphone.
Voici ce qu’elle attendait de lui: ayant au cours d’un récent voyage en Suisse, souffert de difficultés rencontrées à la frontière, elle espérait qu’il voudrait bien lui envoyer, vers l’époque fixée pour son retour, un télégramme la réclamant à Paris où sa présence serait indispensable pour la répétition d’une pièce—imaginaire—dont il serait, lui, l’auteur, et elle «la principale interprète»…