Marie ou L’esclavage aux États-Unis

Gustave de Beaumont · Chapitre 19 sur 52

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Marie ou L’esclavage aux États-Unis

Chapitre XIII

« Les Américains convoitent l’argent, sont orgueilleux d’argent, jaloux d’argent… Et si quelque marchande de New York se livre à des galanteries, qu’importe son nom au monde ? quel reflet ses amours répondront-ils sur l’avenir ?

 

XIII

 

« Il existe, à la vérité, en Amérique quelque chose qui ressemble à l’aristocratie féodale.

 

« La fabrique, c’est le manoir ; le manufacturier, le seigneur suzerain ; les ouvriers sont les serfs ; mais de quel éclat brille cette féodalité industrielle ? Le château crénelé, ses fossés profonds, la dame châtelaine et le féal chevalier n’étaient pas sans poésie.

 

« Quelle harmonie le poète moderne puisera-t-il dans les comptoirs, les alambics, les machines à vapeur et le papier-monnaie ?

 

XV

 

« Aux États-Unis, les masses règnent partout et toujours, jalouses des supériorités qui se montrent et promptes à briser celles qui se sont élevées ; car les intelligences moyennes repoussent les esprits supérieurs, comme les yeux faibles, amis de l’ombre, ont horreur du grand jour. Aussi n’y cherchez pas des monuments élevés à la mémoire des hommes illustres. Je sais que ce peuple eut des héros ; mais nulle part je n’ai vu leurs statues. Washington seul a des bustes, des inscriptions, une

 

– 179 – colonne ; c’est que Washington, en Amérique, n’est pas un homme, c’est un dieu.