Marie ou L’esclavage aux États-Unis
Chapitre XX
« Ce n’est pas qu’aux États-Unis on manque d’auteurs ; mais les auteurs n’ont point de public.
« On trouverait encore des écrivains pour faire des livres, parce que c’est un travail que d’écrire : ce sont les lecteurs qui manquent, parce que lire est un loisir.
« Le public réagit sur l’auteur, et vous ne verrez point celui-ci s’obstiner à produire des oeuvres littéraires, quand le public n’en veut pas.
XXI
« Supposez un poète inspiré, que le hasard fait naître au sein de cette société d’hommes d’affaires : pensez-vous que son génie fournisse sa carrière ? Non, le génie lui-même subit l’influence de l’atmosphère qui l’environne. Nul n’exprime bien l’enthousiasme devant des êtres qui ne le sentent point ; on ne chante pas longtemps pour des sourds… La verve du poète et l’inspiration de l’écrivain, qu’échauffent les sympathies, se glacent dans l’indifférence et la froideur.
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